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2.7.16

Lettres à Stella



À la nuit tombée, fuyant la violence de son compagnon, une jeune femme court dans les rues glacées de Londres. Jess n'a nulle part où aller. Surgissant dans une ruelle déserte, elle trouve refuge dans une maison abandonnée. Le lendemain matin, le facteur glisse une lettre mystérieuse par la porte. Incapable de résister à la tentation, Jess ne peut s'empêcher de la lire et se retrouve plongée dans une histoire d'amour d'un autre temps.
1943. Dans une église de Londres bombardée par le Blitz, Stella rencontre Dan, un aviateur américain. Très vite, ils sont irrésistiblement attirés l'un par l'autre. Leur histoire est a priori impossible. Rien ne joue en leur faveur : elle vient de se marier à un pasteur, lui n'a qu'une chance sur cinq de sortir vivant de cette guerre. Perdus et sans repères, la seule chose à laquelle les deux amants peuvent s'accrocher sont les lettres qu'ils s'écrivent, promesses d'un bonheur à venir.
Le temps a passé, le destin est cruel, mais Jess est déterminée à savoir ce qui leur est arrivé. Inspirée par cet amour, portée par son enquête, elle trouvera à son tour les clefs d'un avenir meilleur.


Mon avis
" La plus belle fin qui m'ait été donnée de lire ! "
★ ★ ★ ★ ★

Lorsque l'on ferme un roman parfois il peut se passer des semaines sans qu'on y pense et puis soudain, on se rappelle d'un moment, d'une partie et on se rend compte que le roman ne nous a pas laissé indifférent. C'est le cas avec ce roman de Iona GREY, l'année dernière je l'avais découvert en anglais sous le titre Letters to the lost (mon précédent avis) et bien que je l'avais littéralement dévoré, je ne l'avais pas classé comme coup de cœur. Pourtant une scène me hantait : la scène finale. Cette scène qui peut anéantir un roman comme le surélever. Au moment de ma relecture, je me rappelais encore de chaque détail, de chaque mot et de chaque sensation qui m'avaient parcouru en lisant ce passage...comme si je l'avais moi même vécu.

À l'occasion de sa sortie, les éditions Les Escales m'ont proposé de le relire en français. J'ai tout de suite accepté même si j'avais la crainte d'être déçue par la traduction, que l'histoire perd de sa surprise tout en ayant une seule envie : relire la fin de ce roman.
Et sans passer par quatre chemins, j'ai à nouveau dévoré ce roman. Je n'étais plus au stade de la découverte mais je dois vous avouer que la traduction est réussie. Certes rien ne vaut la plume originale de l'auteure est sur ce point, le roman sera toujours meilleur mais avec cette traduction, j'ai pu saisir plus rapidement certaines nuances qui m'avaient échappées auparavant et j'ai pu ainsi rentrée encore plus dans l'intrigue. Ma lecture m'a semblé plus fluide.
L'histoire bien que connue m'a à nouveau transportée. Deux parcours dans des temps différents qui se lient par la découverte d'une lettre. L'histoire de Stella qui se déroule durant une période fatidique de la Seconde Guerre Mondiale où la vie ne tient littéralement qu'à un fil. Son histoire avec Dan est sans fioriture, un amour simple mais qui persiste. L'histoire de Jess qui nous parle parce que l'héroïne est de notre génération. Elle connaît des déboires qui ne peuvent pas nous laisser insensibles. Une enquête tout au long du roman dont le lecteur a hâte d'en connaître le dénouement.

Mais pour ma part, avec cette relecture en français de Lettres à Stella, je savais que j'arrivai au moment temps attendu qui m'avait bouleversé...Inconsciemment en tournant les pages, j'avais mis en marche un compte à rebours, j'approchais de cette fin que j'avais classé « dans les plus belles qui m'aient été donnée de lire » et encore une fois, j'ai versé ma petite larme ! Ce n'est pas de la tristesse mais surtout des larmes de bonheur. C'est à ce moment là qu'on se rend compte que ce roman nous a malgré nous, marqué et c'est là que je me suis dis que Lettres à Stella était un coup de ❤ .

Pour me replonger dans l'histoire de Lettres à Stella et ne pas le laisser prendre la poussière (à tort) à côté d'autres romans, cette (re)lecture a été faite en commun avec Julie du blog Les petites lectures de Scarlett. Vous pouvez retrouver son avis et comme moi, vous verrez qu'elle n'a pas été insensible à ce roman :



Encore merci aux éditions Les Escales et plus particulièrement Jade pour m'avoir permis de me replonger dans cette histoire qui a traversé le temps mais aussi à Iona GREY pour avoir écrit un des plus beaux romans de ces dernières années.



DE : Iona GREY
ÉDITION : Les Escales (2016)
PAGES : 486
LANGUE : Français (traduit par Alice DELARBRE)
LIEUX : Londres, Cambridge, Southampton, Northampton (ANGLETERRE) | Maine (ÉTATS-UNIS)
PERSONNAGES : Stella Thornton, Dan Rosinski, Jess Moran...

21.5.16

Fall of Poppies : Stories of Love and The Great War



November 11, 1918. After four long, dark years of fighting, the Great War ends at last, and the world is forever changed. For soldiers, loved ones, and survivors, the years ahead stretch with new promise, even as their hearts are marked by all those who have been lost.

As families come back together, lovers reunite, and strangers take solace in each other, everyone has a story to tell.

In this moving, unforgettable collection, nine top historical fiction authors share stories of love, strength, and renewal as hope takes root in a fall of poppies.


Traduction du résumé
11 Novembre 1918. Après quatre longues sombres années de bagarres, la Grande Guerre touche à sa fin, et le monde est pour toujours changé. Pour les soldats, les premiers amours, et les survivants, les années vont vers de nouvelles promesses, même si leurs coeurs sont marqués par tous ceux qui ont disparu.

Alors que des familles se retrouvent, des amants se réunissent, et des étrangers trouvent du réconfort l'un avec les autres; chacun a une histoire à raconter.

Dans cette émouvante, inoubliable collection, neuf auteurs de fictions historiques partagent leurs histoires d'amour, de force et d'espoir retrouvé qui prend racine dans la chute des coquelicots.

Mon avis
" Un recueil de nouvelles émouvantes et captivantes "
★ ★ ★ ★ ★

11 heures, le 11 novembre. Les cloches sonnent à nouveau. On entend au loin « C'est la fin ! » mais la fin de quoi ?

Fall of Poppies, c'est le travail d'Heather Webb, auteure et passionnée d'Histoire qui entourait d'auteures, d'amies nous propose cette anthologie qui a pour thème : la Première Guerre Mondiale. Pas facile pour cette instigatrice de réunir autant d'auteurs de romans historiques reconnus et pour ces auteurs - en général - de donner son histoire, sa version de ce moment qui marquait la fin de cette terrible guerre.
Pourtant avec Fall of Poppies, le pari a été relevée haut la main, tant j'ai été séduite par les nouvelles même si toutes ne se valent pas. Chaque histoire traite un aspect différent de cette période sans entrer dans des détails rébarbatifs. On survole des thèmes que l'on n'aborde pas nécessairement à l'école. Dans ce recueil, c'est surtout l'histoire de cœur qui prime : l'amour d'une mère, d'une femme, d'une amie. Un véritable coup de cœur !

Cette anthologie est composée de 9 nouvelles. Sans mettre dans un ordre particulier - j'ai préféré conserver celui du livre - je vais vous laisser un résumé et vous dire en quelques lignes ce que j'en ai pensé de chacune. Mon TOP 4 (si on peut le dire) figure dedans, je mettrai un à côté.

The Daughter of Belgium par Marci JEFFERSON
Alors que les Allemands se retirent de Bruxelles, une jeune femme qui habite avec sa fille dans un hôpital pour les blessés de guerre, cherche un moyen pour quitter la ville.
Un très bon suspense tout au long de cette nouvelle mais dommage que la fin soit prévisible et trop rapidement achevée. L'impression que tout va trop vite.

The Record Set Right par Lauren WILLIG
Soixante ans après, une femme quitte le Kenya pour l'Angleterre et part retrouver un ami de longue date. C'est l'occasion de mettre fin à un malentendu.
Quelle surprise ! J'ai découvert la plume de l'auteure et j'ai été envoûtée. Je suis si triste qu'il ne s'agit pas d'un roman tellement il y avait matière à développer...Un coup de cœur ! Ça fait déjà 1 mois que je l'ai lu et j'y pense encore..C'est dire!

All for the Love of You par Jennifer ROBSON *
La rencontre entre Daisy, une américaine qui vit à Paris avec un soldat qui a perdu une partie de son visage. Bénévolement, elle aide à peindre sur les masques destinés à ces soldats.
Rencontrée dans le roman Moonlight Over Paris de l'auteure, j'étais curieuse de connaître plus sur ce personnage surtout connaissant déjà à l'avance d'autres éléments de cette intrigue. Comme le sentiment avec cette nouvelle que la boucle était bouclée et que ce roman était désormais entier. Une très belle histoire avec le souci coutumier de l'auteure sur les détails.

After You've Gone par Evangeline HOLLAND
Une femme fait la rencontre d'étrangers comme elle qui essayent de profiter de leur dernier instant à Paris avant de rentrer chez eux.
L'auteure donne les traits à son personnage d'une femme courageuse qui malgré les malheurs de la guerre, semble rester digne. Je n'ai pu m'empêcher d'imaginer Josephine Baker dans les traits de l'héroïne. Un point de vue inédit de la Guerre.

Something Worth Landing For par Jessica BROCKMOLE
Un jeune américain avant sa première mission décide d'épouser une inconnue qu'il a à peine rencontré.
Rythmée par des lettres de cette inconnue et la situation de ce jeune homme, cette nouvelle est touchante et drôle. On s'attache rapidement à cet américain qui s'est mis dans une situation pas si invraisemblable à cette période.

Hour of the Bells par Heather WEBB *
Une missive et c'est tout le monde de cette mère de famille qui s'écroule.
Une nouvelle qui met en avant l'amour d'une mère qui n'a en tête que le désir de vengeance. Jusqu'à la dernière ligne, on ne sait pas si elle va aller au bout de ses desseins et la fin m'a beaucoup ému.

An Americain Airman in Paris par Beatriz WILLIAMS *
Octavian est à Paris. C'est la fin de la guerre, il veut profiter de l'ambiance mais son passé semble le rattraper surtout depuis qu'il a perdu une photographie. Tout semble lié à cette photo.
Avec cette nouvelle, Beatriz WILLIAMS nous présente un des nouveaux personnages principaux de son prochain roman : A Certain Age. Une belle entrée en la matière qui m'a donné envie de me le pré-commander ! Ambiance années 20 au rendez-vous !

The Photograph par Kate KERRIGAN
Une photographie est retrouvée un siècle plus tard et l'histoire semble se répéter.
L'histoire ne m'a pas assez captivé, il manquait le petit plus qui fait la différence. Dommage.

Hush par Hazel GAYNOR *
Une sage femme met au monde un enfant le 11 novembre à quelques minutes de 11heures. Au même moment, on suit l'histoire de son fils qui est au front et dans les tranchés.
Le rythme est saisissant. On est en haleine. On espère, on a peur et c'est surtout la question de l'expression « Un mort, une naissance ? » va t-elle ici se concrétiser ?

Pour tous les auteurs où il y a une étoile (*), cela signifie que j'ai déjà chroniqué sur le blog, un de leur roman. Vous pouvez retrouvez la liste dans la partie En fonction de l'auteur.

  Challenge : Read in English #2
                                          DE : Heather WEBB et co.
ÉDITION : William Morrow (2016)
PAGES : 354
LANGUE : Anglais (pas encore traduit)
LIEUX :  New York, Mississippi (ÉTATS-UNIS) | Bruxelles (BELGIQUE) | KENYA | Paris, Romorantin, Belford, Strasbourg, Rembercour (FRANCE) | Londres, Brinsworth (ANGLETERRE) | Dublin (IRLANDE)
PERSONNAGE(S) : /
THÈMES : Anthologie | Amour | Grande Guerre

10.3.16

La Tante de Russie


Résumé de l'édition

Septembre 1899. La jeune Lucie quitte sa terre lorraine pour accomplir son fabuleux destin. Ou comment une orpheline née à Saint-Dizier à la frontière de la Meuse devient, à Saint-Pétersbourg, l'intime de la plus haute aristocratie impériale, la gouvernante des filles du dernier tsar de Russie, les princesses Olga et Tatiana, et l'amante passionnée du chef des cosaques du Don. Autant d'années lumineuses juste avant le chaos, la révolte d'un peuple acculé dont elle comprend pourtant la détresse. Et ses propres drames...

http://unevaliserempliehistoires.blogspot.fr/search/label/Les%20Irreguliers%20de%20Baker%20StreetMon avis                                      


"Kak uzor na okne. Snova proshloe rydom. Kto-ro pel pesnu mne. V zimny vecher kogda-to".
Cette chanson me trotte dans la tête depuis ma lecture...Donnez moi une chapka, une bonne de paire de gants et Peter me voilà (Peter c'est le nom que je donne à Saint-Pétersbourg). L'avez-vous reconnu ? Non ? Et si je vous dis que la version française a été chantée par Hélène Segara ? Mais oui, c'est la chanson du film d'animation Anastasia ! Pourquoi, je vous bassine avec ce dessin animé et quel est le rapport avec le roman ?! Ah ah...justement.

La tante de Russie, c'est l'histoire d'une journaliste Lise qui retrouve le manuscrit de sa tante Lucie. Une tante qui va quitter sa Lorraine natale pour l'inconnu et le froid glacial de la Russie.

Pour être honnête, cette lecture avait mal commencé...A plusieurs reprises j'ai même failli abandonner. Si ma sœur ne me l'avait pas offert (et fait dédicacer), j'aurai stoppé net ma lecture.
Mon reproche tient principalement aux 50 premières pages. L'auteure commence par nous narrer l'histoire de cette journaliste. On n'entre pas tout de suite dans le vif du sujet. Ça aurait pu ne pas être dérangeant. Après tout, on ne peut pas reprocher à l'auteure de vouloir mettre en place l'intrigue et de partager la découverte par l'héroïne de ce fameux roman ; mais ce qui m'a foncièrement gêné, c'est la familiarité du personnage. J'ai eu la sensation que l'auteure considérait que la narratrice était connue du lecteur. Je ne sais pas si c'est du au fait que ce personnage soit récurant dans ses œuvres (il y a des astérisques et des références aux autres romans) mais il ne faut pas oublier que c'est peut être la première fois que l'on fait la connaissance de Lise. Du coup, j'ai eu le sentiment de m'incruster dans la vie de quelqu'un et mon intérêt a vite disparu. Je m'ennuyais littéralement et je trouvais que le nombre de pages rien que sur ce personnage était trop long ! Le titre c'était La Tante de Russie mais où était-elle?

Heureusement, il y a la page 53. On fait un bond dans le passé et on découvre Lucie Thomas. Dès lors, j'ai pu enfin découvrir le talent d'Élise FISCHER. Une partie historique très bien exploitée et il y a une atmosphère qui m'a comme hypnotisée. J'ai même regretté que La tante de Russie soit si court (surtout avec le début que je considère comme du temps perdu). J'en voulais toujours plus !

C'est le parcours de Lucie Thomas qui est ainsi raconté et quel parcours ! Cette orpheline a fait du chemin pour devenir préceptrice. A Nancy, où tout commence, elle rencontre le comte Piotr Viola Narodov. Une histoire d'amour si romantique, si grandiose et peu commune. Des moments à Nancy où je vois avec clarté le parc de la pépinière, son kiosque...
Puis, le départ tant attendu pour la Russie. Un dépaysement totalement réussi. On fait des rencontres à la Une image vivifiante du faste de l'époque se matérialise devant mes yeux. Le point de vue de cette française qui a le privilège de faire la connaissance de la petite Anastasia entre autre, de la famille tsarine...Elle partage leur intimité et partage avec nous ses craintes, ses doutes, tout en ayant après le recul de la tragédie qui va toucher la Russie.
Cour du tsar, on partage des instants.
J'ai été tellement sous le charme de cette partie que j'ai même versé une petite larme.

La tante de Russie fut au final une très bonne découverte. Je ne regrette pas d'avoir persévéré. S'il n'y avait pas eu ce début qui représente quand même 20% du livre...J'aurai pu avoir un coup de cœur ! Ce roman est la preuve qu'il faut toujours laisser une chance à un livre.


                                          DE : Elise FISCHER
ÉDITION : Presses de la Cité (2014)
PAGES : 254
LANGUE : Français
LIEUX : Paris, Saint-Dizier, Nancy (FRANCE) | Saint-Pétersbourg, Tsarkoïe Selo/Pouchkine, Yalta, Lac Orega, île de Kiji (RUSSIE), Kiev (UKRAINE)
PERSONNAGE(S) : Lucie Thomas, Comte Piotr Volia Narodov, Lise...
THÈMES : Russie | Tsar | Témoignage

27.2.16

The Pieces We Keep


Résumé de l'édition

Two years have done little to ease veterinarian Audra Hughes’s grief over her husband’s untimely death. Eager for a fresh start, Audra plans to leave Portland for a new job in Philadelphia. Her seven-year-old son, Jack, seems apprehensive about flying—but it’s just the beginning of an anxiety that grows to consume him.

As Jack’s fears continue to surface in recurring and violent nightmares, Audra hardly recognizes the introverted boy he has become. Desperate, she traces snippets of information unearthed in Jack’s dreams, leading her to Sean Malloy, a struggling US Army veteran wounded in Afghanistan. Together they unravel a mystery dating back to World War II, and uncover old family secrets that still have the strength to wound—and perhaps, at last, to heal.


En français ?

Traduction personnelle

Deux ans, c'est peu pour soulager la douleur de la vétérinaire Audra Hughes de la mort prématurée de son mari. Décidée, pour un nouveau départ, Audra envisage de quitter Portland pour un nouvel emploi à Philadelphie. Son fils de 7 ans, Jack semble inquiet au sujet de ce vol - ce ne sera que le début d'une anxiété qui va le consommer.

Comme les peurs de Jack continuent à faire surface dans des cauchemars récurrents et violents, Audra reconnaît à peine le garçon introverti qu'il est devenu. Désespérée, elle trace les bribes d'informations qui sont mises à jour dans les cauchemars de Jack, l'amenant à Sean Malloy, un vétéran de l'armée Américaine blessé en Afghanistan. Ensemble, ils démêlent un mystère datant de la Seconde Guerre Mondiale, et découvrent de vieux secrets de famille qui ont toujours la force de blesser et peut être enfin, guérir.


Mon avis                      



Le bruit de jouets qui sont projetés dans la chambre, les hurlements...Le réveil brutal d'une mère chaque nuit qui doit faire face au cauchemar de son enfant. Que lui arrive-t-il ? Pourquoi dit t-il savoir des choses sur un événement qui s'est produit il y a plusieurs décennies et au matin, tout oublier ?

Dans The Pieces We Keep, Kristina McMORRIS aborde le sujet -discutable- du mort qui ne trouve pas le repos tant que la vérité n'est pas rétablie. Un sujet assez surnaturel qui par sa singularité  m'a poussé à acheter ce roman. Mon unique crainte était qu'il y ait un côté trop spirituel mais cela n'a pas été le cas, l'auteure n'est pas tombée dans ce travers. Ici, il s'agit ni plus ni moins qu'un prétexte pour remonter le fil de l'histoire. Le lecteur est libre de se pencher sur la question s'il le souhaite mais ce n'est pas nécessairement le but. Un point de départ original qui m'a fait tout de suite accrocher.

Dans ce roman, l'auteure se sert du passé pour éclairer le présent en nous emmenant un chapitre sur deux durant la Seconde Guerre Mondiale. Deux intrigues donc liées qui progressent en parallèle.

A travers l'histoire d'Audra qui se déroule de nos jours. On partage le quotidien de cette mère de famille qui doit depuis le décès de son mari, jongler entre sa vie professionnelle et sa vie de famille. Pour elle, les choses vont se compliquer lorsque son fils prétend connaitre des choses sur la Seconde Guerre Mondiale.
On ne peut qu'être touché par cette mère de famille qui ne veut pas faillir. J'ai eu une préférence pour cette intrigue. Cette histoire a beaucoup de nuances car en plus de tenter de percer le mystère autour de son fils, elle doit continuer à tout assumer. Un personnage sincère. Les cauchemars de Jack ne sont que les débuts d'une spirale infernale où tout le monde se sent impliquée : belle famille, école, voisin...
Kristina McMORRIS pense aux conséquences d'une telle situation et avec justesse, ne fait pas plonger le personnage d'Audra dans la caricature de la mère débordée et dépressive. Le ton employé par l'auteure est adéquat, mesuré. Une mère qui ne peut compter que sur le soutien d'une collègue mais aussi sur celui inattendu de Sean, un soldat revenu d'Afghanistan. D'autant plus que ce dernier, pourrait bien être le lien avec le passé.

Un passé que le lecteur découvre également et qui nous aiguille sur le présent. C'est l'histoire de Vivian James. Une jeune américaine qui tombe amoureuse à Londres mais qui est contrainte avec la guerre de rentrer aux États-Unis. Grâce au présent, le lecteur sait qu'il s'est passé un événement tragique - cette connaissance renforce le côté mélodramatique. On veut comprendre qui dans The Pieces We Keep tente de faire passer un message à travers Jack. A plusieurs reprises, j'ai tenté de deviner et j'avoue lors de la révélation, j'ai été surprise !
Même si ce n'est pas l'intrigue que j'ai préféré, ce n'est pas passé loin. Le début était prometteur, il y avait une certaine tension. Toute la partie à Londres a été à la hauteur, l'intrigue commençait à se tisser. Il y avait les premières alertes qui allaient annoncer une période sombre de la capitale. C'est lorsque l'intrigue se déroule aux États-Unis que j'ai moins apprécié. Pourtant, l'auteure a quand même réussi à aborder le sujet des américains qui espionnaient pour le compte de l'Allemagne ou s'est amusée le temps d'un passage à mettre en scène un des personnages de son roman Letters from Home. Mais à côté de cela, j'ai été rapidement déstabilisée par la tournure qu'ont pris les événements. J'avais cherché à trop anticiper et mon imagination s'était un peu emballée. Ça s'est avéré moins compliqué que je le pensais et j'ai été un peu déçue. Ceci dit, la fin sur cette histoire m'a quand même convenu et plus le temps passe et plus, je trouve que c'était la fin la plus appropriée - surement la plus rationnelle.

The Pieces We Keep est un roman qui est au fond un bel hommage aux mères célibataires. J'ai beaucoup apprécié cette lecture même si ce n'est pas le roman que j'ai préféré. Kristina McMORRIS n'a pas fini de me surprendre en abordant le thème de la Seconde Guerre Mondiale car à chaque fois, elle le fait de manière inaccoutumée. C'est une auteure que je continuerai à suivre avec plaisir.

                                          DE : Kristina McMORRIS
EDITION : Kensington (2013)
PAGES : 464
LANGUE : Anglais (pas encore traduit)
LIEUX : Londres (ANGLETERRE) | Portland, Wilsonville, Sherwoord, New York (ÉTATS-UNIS)
PERSONNAGE(S) : Audra Hughes, Jack, Vivian James, Isaak Hemel, Gene Sullivan...
THÈMES : Passé/présent | Seconde Guerre Mondiale | Âme

5.1.16

Le tort du soldat


Résumé de l'édition

Un vieux criminel de guerre et sa fille dînent dans une auberge au milieu des Dolomites et se retrouvent à la table voisine de celle du narrateur, qui travaille sur une de ses traductions du yiddish. En deux récits juxtaposés, comme les deux tables de ce restaurant de montagne, Erri De Luca évoque son amour pour la langue et la littérature yiddish, puis, par la voix de la femme, l’existence d’un homme sans remords, qui considère que son seul tort est d’avoir perdu la guerre…

Le tort du soldat est un livre aussi bref que percutant qui nous offre un angle inédit pour réfléchir à la mémoire si complexe des grandes tragédies du XXe siècle.

Mon avis

Un simple dîner et tout une vie peut basculer. Un simple échange de regard va prendre une tournure funeste.
Ce qui fait l'originalité du roman Le tort du soldat et qu'il s'agit d'un récit à deux voix. On ignore leur identité, ils n'ont pas de nom pour le lecteur. Dans ce très court roman, l'auteur veut apporter une touche mystérieuse au récit qui n'est pas inintéressante.

La première voix qui constitue une sorte de première partie est celle d'un amoureux des mots, de la langue. Depuis quelques temps et après avoir fait la visite de camps de concentration, il traduit en italien des textes en yiddish. Il ne veut pas que cette langue soit perdue. C'est un devoir de mémoire qui lui tient à cœur. Il mène une vie de solitaire. Son intérêt pour la traduction le pousse à prendre son travail partout et même au restaurant où il a coutume de venir. Il ignorait au moment où commence l'histoire pour le lecteur, que cette simple habitude va "déranger" une personne dans la salle.  
C'est le portrait d'un homme touchant. En quelques pages, le lecteur est saisi par la passion dévorante du narrateur. On pourrait presque penser que ce portrait est celui de l'auteur lui même, Erri De LUCA. En fait, un unique narrateur ne m'aurait pas déplu et on aurait pu ainsi en apprendre plus à son sujet.

La personne qui semble agacée est un homme assez âgé au comportant perturbant. Il rejoint sa fille qui n'est autre que le second narrateur de l'histoire. Cette narratrice tente de faire comprendre au lecteur pourquoi elle est restée proche de cet homme. Elle cherche à justifier sa position de "fille de", tout en n'essayant pas d'amoindrir le rôle de son père durant la Seconde Guerre Mondiale.

Elle revient sur sa vie et c'est là que j'ai ressenti ma première de déception. Elle nous partage ses souvenirs au côté de cet homme. Il vit dans la crainte d'être reconnu même s'il a changé physiquement. L'utilisation d'un personnage féminin ne semble pas être l'effet du hasard. L'auteur voulait peut être utiliser sa voix pour alléger l'atmosphère mais justement, je m'attendais plutôt a partagé le point de vue du criminel même si ça pouvait être dérangeant. Ce que je trouvais intéressant toutefois, était l'ajout de quelques anecdotes comme le fait qu'elle n'aie toujours qu'entendu son père chuchoter parce que dans les camps, les gens reconnaissaient les personnes par le son de leur voix.
En revanche, lorsqu'elle racontait sa vie intime, je trouvais que ça cassait un peu le rythme de l'histoire. L'auteur a voulu pousser plus loin dans l'analyse de son personnage pour qu'on puisse tenter de la comprendre mais avec aussi peu de pages, je me demandais si c'était franchement nécessaire.

La seconde déception est liée au fait qu'il n'y ait pas eu de confrontation directe entre les personnages. On ne fait que lire les points de vue. Aucunes paroles ne sont échangées. J'ai presque eu l'impression d'avoir été trompée mais en y réfléchissant, je sais que les dialogues n'aboutiraient à rien...C'est assez paradoxal comme sentiment.  J'en veux à l'auteur de ne pas avoir fait ce que j'aurai été incapable de faire.

Au final, Le tort du soldat n'a pas été aussi percutant pour moi que je le pensais. J'ai fini cette lecture avec un sentiment partagé. J'ai eu besoin de recul pour écrire cet avis. Ceci dit, il reste intéressant et il se peut que pour certain, ce roman plaise davantage.

Je tiens à remercier Livraddict d'avoir permis ce partenariat avec les éditions Folio que je remercie également !


DE : Erri De LUCA
ÉDITION : Folio (2015)
PAGES : 87
LANGUE : Français (traduit par Danièle Valin)
LIEUX :  Les dolomites, Ischia (île) (ITALIE) | Vienne (AUTRICHE)
PERSONNAGE(S) : /
THÈMES : Yiddish | Seconde Guerre Mondiale | Confrontation

8.12.15

Letters to the Lost


Résumé de l'édition

1943, in the ruins of Blitzed London...

Stella Thorne and Dan Rosinski meet by chance and fall in love by accident. Theirs is a reluctant, unstoppable affair in which all the odds are stacked against them: she is newly married, and he is an American bomber pilot whose chance of survival is just one in five...

He promised to love her forever

Sixty years later Dan makes one final attempt to find the girl he has never forgotten, and sends a letter to the house where they shared a brief yet perfect happiness. But Stella has gone, and the letter is opened by Jess, a young girl hiding from problems of her own. And as Jess reads Dan's words, she is captivated by the story of a love affair that burned so bright and dimmed too soon. Can she help Dan find Stella before it is too late?

Now forever is finally running out.


En français ?

Traduction personnelle

1943, dans les ruines du blitz londonien...

Stella Thorne et Dan Rosinski se rencontrent par chance mais tombent amoureux par accident. Leur histoire est imparable, vouée à l'échec, toutes les chances sont contre eux : elle est jeune mariée, et il est un pilote américain de bombardier où leur chance de survivre est seulement d'une sur cinq.

Il promettait de l'aimer pour toujours.

Soixante ans plus tard, Dan fait une dernière tentative pour retrouver la fille qui n'a jamais réussi à oublier, et lui envoie une lettre à la maison dans laquelle ils ont partagé un bref moment de bonheur. Mais Stella est parti, et la lettre est ouverte par Jess, une jeune fille se cachant de ses propres problèmes. Alors que Jess lit les mots de Dan, elle est captivée par leur histoire d'amour qui a brillé mais qui s'est assombrie trop tôt. Peut-elle aider Dan a retrouvé Stella avant qu'il ne soit trop tard ?

Maintenant le toujours est compté.


Mon avis                                    


Le choix. On se perd, on s'oublie. On lui fait confiance puis on le redoute. Jess a fait un choix, elle l'a suivi et maintenant, elle essaye de le semer. Son choix, c'est d'avoir cru celui qui lui faisait miroiter une vie de rêve, qu'elle serait une star de la chanson.
Courir pour le fuir, c'est sa seule alternative. Désespérée, elle entre dans cette maison qui semble inoccupée mais très vite, la réalité la rattrape et il suffit d'une lettre pour donner à Jess, un nouveau sens à sa vie, un espoir.
Cette lettre, c'est celle de Dan. À plus de 90 ans, il envoie cette ultime lettre pour retrouver celle qui n'a jamais oublié et qu'il avait aimé durant la Seconde Guerre Mondiale. Émue, Jess fait tout pour la retrouver.

Commence alors dans Letters to the Lost une quête : retrouver Stella. Iona GREY par un jeu habile de passé/présent, plonge le lecteur dans l'univers des années 40. Ce procédé n'est pas nouveau et de nombreux auteurs sont des maîtres du genre (Kate MORTON pour ne pas citer ou encore Beatriz WILLIAMS).
Dans ce roman, Jess part à la recherche d'indices sur cette femme, elle retrouve des lettres qu'échangeaient Stella et Dan. Jess cherche un but à sa vie qui est devenue assez misérable. L'aide que va lui apporter Will, un homme qui vie dans l'ombre d'un père célèbre et qui ne se plait pas dans son travail, est en quelque sorte sa bouée de sauvetage. Un petit duo bien qu'attendu mais efficace.

Les lettres permettent à l'auteure de nous raconter un moment, un instant durant ces années terribles. Les anglais redoutent le blitz mais plus encore, les jeunes femmes veulent s'amuser. De nombreuses références musicales ponctuaient ce roman. Les américains ont débarqué dans la Capitale. Stella, jeune mariée ignore encore que sa rencontre avec un de ces "ricains" va changer sa perception de la femme mariée.
L'auteure évoque avec justesse la condition de la femme à cette époque et le met en parallèle avec celui de Jess qui peut changer ce que Stella ne pourrait soupçonner. Le quotidien de Stella est bouleversé par la guerre mais c'est aussi ses fondamentaux qui sont mis en branle. Une scène notamment dans ce roman est vraiment dur. Une scène sûrement banaliser à cette époque et qui met bien en avant cette idée supposée et misogyne d'infériorité de la femme dans un couple.

La Seconde Guerre Mondiale est le fond historique du roman. L'Histoire ne peut changer mais l'auteure a choisi d'évoquer le cas des américains qui arrivent dans la capitale britannique. L'idée de parler des américains à Londres m'a de suite fait penser à de célèbres photographies de Ralph MORSE pour le LIFE magazine qui montre des jeunes couples américano-britanniques. En 1944, il y avait plus de 2 millions d'américains partout au Royaume-Uni.

- A Blissful Embrace (Getty images) -

- A Kissing under a tree (Getty Images) -

- Relaxing on the lawn in Hyde Park (Getty Images) -

On ignore si ces couples ce sont revus après la guerre mais l'idée du "peut être" me suffit...

La plupart sont jeunes et n'aspirent qu'à avoir des liaisons mais Dan n'est pas de ces hommes. Il est lui, un aviateur. Son rôle est de tout faire pour affaiblir les allemands. Iona GREY ne nous fait pas ignorer que ces soldats de l'air avaient 1/5 de survivre à plusieurs vols. Son personnage n'est pas un cliché du héros américain mais d'un homme avec des convictions et un amour indéfectible pour une femme.

Plus que tout, le concept de départ doit être fort pour pouvoir nous tenir en haleine. La recherche de son âme sœur est un très beau sujet mais on peut s'étonner que Dan attend autant d'années. De nos jours, il est plus aisé de retrouver quelqu'un mais là encore, l'auteure a de la suite dans ses idées et les éléments qu'elle nous donne se défendent bien et surtout sont en corrélation avec l'époque. Il y a une course contre le temps, les anciens amoureux sont âgés. Jess va-t-elle retrouver Stella ? Est-t-elle encore vivante ? Dan tiendra t-il le coup ? Autant d'éléments qui nous sert le cœur, plus on approche de la fin du roman.

En refermant ce livre, j'ai eu droit à ma petite larme. C'est une des plus belles fins que j'ai pu lire. Avec beaucoup de simplicité, l'auteure clore cette histoire et la dernière scène est comme gravée dans ma mémoire. Un très beau roman !

Munissez vous de vos agendas, les éditions Les Escales ont racheté les droits de traduction et il devrait sortir en mai 2016 sous le nom "Lettres à Stella". Je remercie les éditions d'avoir gentiment répondu à mon mail !


                                          DE : Iona GREY
EDITION : Simon & Schuster (2015)
PAGES : 560
LANGUE : Anglais (traduction prévue pour mai 2016)
LIEUX :  Londres, Cambridge, Southampton, Northampton (ANGLETERRE, Maine (ÉTATS-UNIS)
PERSONNAGE(S) : Stella Thornton, Charles Thornton Dan Rosinski, Nancy Price, Jess Moran, Will Holt...
THEMES : Seconde Guerre Mondiale | Amour | Lettres

30.7.15

The Winter Sea

                                          DE : Susanna KEARSLEY
EDITION : SourceBooks Landmark (2010)
PAGES : 544
LANGUE : Anglais (traduit aux Éditions Charleston)
LIEUX :  Crudon Bay, Aberdeen, Peterhead, Edimbourg, Leith, Kirkcurdbright, Slains Castle (ECOSSE)
PERSONNAGE(S) : Carrie Mc Clelland, Sophia Paterson, John Morey, Graham
THEMES : Investigation | Mystère | Romance
Résumé de l'édition

In the spring of 1708, an invading Jacobite fleet of French and Scottish soldiers nearly succeeded in landing the exiled James Stewart in Scotland to reclaim his crown.

Now, Carrie McClelland hopes to turn that story into her next bestselling novel. Settling herself in the shadow of Slains Castle, she creates a heroine named for one of her own ancestors and starts to write.

But when she discovers her novel is more fact than fiction, Carrie wonders if she might be dealing with ancestral memory, making her the only living person who knows the truth-the ultimate betrayal-that happened all those years ago, and that knowledge comes very close to destroying her...


En français ?

Traduction personnelle

Au printemps 1708, une flotte Jacobite de soldats Français et Écossais à presque réussi à faire débarquer en Écosse, James Stewart exilé, pour que celui-ci réclame sa couronne.

Maintenant, Carrie McClelland espère inclure cette histoire dans son prochain best-seller. Installée dans l'ombre du Chateau de Slain, elle crée une héroïne, nommée comme l'une de ses ancêtres et commence à écrire.

Mais lorsqu'elle découvre que son histoire est plus réelle qu'une fiction, Carrie se demande si elle pourrait être aux prises de la mémoire ancestrale, faisant d'elle la seule personne vivante qui connait la vérité sur l'ultime trahison qu'il y a eu ces quelques années auparavant et dont la connaissance est proche de la détruire...


http://unevaliserempliehistoires.blogspot.com/search/label/Ecosse%202015 Mon avis                          


Écoutez ces murmures, vous les entendez ? Non ? Approchez vous, de ces pierres, de ce lieu, ces bruits, alors vous les percevez ? Prisonniers du passé, ils n'attendent qu'une seule voix...et cette voix, c'est celle de Carolyn, une voix qui prend vie sous sa plume d'écrivain.

Rien ne laissait présager pour Carrie qu'au détour d'un chemin, son roman prenne une tournure qu'elle n'envisageait pas. Comme choisie, par les lieux, elle se doit de raconter l'histoire de l'une de ses ancêtres mais de nombreuses coïncidences avec son quotidien, vont faire prendre à sa vie une direction qu'elle ne soupçonnait pas...

Par un jeu de passé/présent, le lecteur fait un voyage dans le temps. Il s'arrêtera dans les années 1700. Une période au cœur de machinations pour redonner à l’Écosse, son propre Roi exilé en France. Susanna KEARSLEY, l'auteure, arrive très bien à nous expliquer cette période trouble où tout le monde doit se méfier de tout le monde et même si cette personne est un proche. C'est une période historique assez complexe en général mais pourtant ici, je trouve que le travail a été bien synthétisé.
Sophia, l'ancêtre de l'écrivain (Carrie) n'a que faire de ces intrigues mais pourtant qu'elle le veuille ou non, elle sera spectatrice de certains événements. C'est un personnage touchant qui a des aspirations très simple : être amoureuse, se balader librement le long de la plage...Malgré son rang, elle arrive très bien à s'intégrer au château de Slains et très vite, se lie d'amitié avec une jeune domestique.
Le château dans lequel l'histoire s'y déroule, existe vraiment. Cette touche d'authenticité rend davantage plausible cette histoire.
Sophia y fera des rencontres à l'intérieur de ces murs notamment John Morey...un personnage qui a des réparties séduisantes et une piraterie dans les traits qui séduiront plus d'une lectrice !
L'intrigue qui se développe dans cette partie tient le lecteur en haleine. Plus d'une fois l'auteure a joué avec mes nerfs. Un événement en particulier m'a vraiment peiné (quelques larmes ont même coulé) et c'est peut être ce qui a empêché le coup de cœur...D'ailleurs, lors de la partie présent, Susanna KEARSLEY revient sur cet événement et y glisse une sorte de justification...C'était vraiment astucieux de sa part ! 
Cependant, Sophia n'a pas le charisme de Carrie.

C'est d'ailleurs là où je trouve que l'auteure fait très fort, c'est sur son histoire parallèle. Lorsque je lis ce genre de roman, c'est surtout la partie historique qui a tendance à me plaire davantage or, ici, jusqu'à la fin, j'ai eu petite préférence pour la partie « présent ». Je ne dis pas que l'autre partie était moins bonne, ce n'était pas le cas mais les personnages du présent ont un charisme indéniable et nettement supérieur !
Que ce soit, Graham (le professeur d'histoire), Stuart, Jimmy, le Docteur Weir...Tous ont contribué au succès des recherches de Carrie mais surtout à rendre cette histoire...crédible !
Le métier de Carrie a aussi fait pencher la balance en faveur de cette partie.  En effet, celle-ci est écrivaine. Le lecteur entre dans l'intimité de l'écrivain. On découvre sa manière de procédé (à retenir), ses recherches...Elle fait un vrai travail d’investigatrice et cela donne du rythme à l'histoire.
Carrie est aussi plus âgé que son héroïne au moment où elle fait ses recherches, du coup, j'ai plus réussi à m'identifier à son personnage qu'à celui de Sophia. Autant de points positifs qui ont rendu cette partie indispensable à mes yeux !

The Winter Sea a été une bonne surprise, j'ai eu l'impression en refermant le livre d'avoir été envoutée par l'histoire...Encore aujourd'hui, je pourrai presque entendre le bruit d'une corne muse qui sifflerait une dernière fois sa mélodie !

Bonne nouvelle pour celles et ceux qui sont traumatisés par l'anglais, The Winter Sea sera édité en français par les éditions Charleston ! Marmelade de livres (lectrice Charleston et aussi ma jumelle) a pu déjà le découvrir, son avis.


 © Melleaurel

3.12.14

221B Baker Street

                                          DE : Graham MOORE
EDITION : Pocket
PAGES : 512
LANGUE : Français
LIEUX : Norwood, Hindhead, Millhead & Londres (ANGLETERRE) | New York (ETATS-UNIS) | Chutes de Reichenbach (SUISSE)
PERSONNAGE(S) : Arthur Conan Doyle, Bram Stocker, Harold White...
THEMES : Enquêtes | Sherlock | Historique
RÉSUMÉ DE L’ÉDITION
Octobre 1900, Londres. Après avoir reçu un étrange courrier, Conan Doyle se retrouve mêlé à la disparition de plusieurs jeunes filles dans les bas-fonds de la ville. Sur les traces d'un tueur en série, il demande l'assistance d'un de ses amis, l'écrivain Bram Stoker, auteur de Dracula.

Janvier 2009, New York. C'est un grand jour pour Harold White : son article mettant en parallèle les exploits de Sherlock Holmes et la naissance de la médecine légale lui vaut d'être intronisé dans la prestigieuse association des « Baker Street Irregulars ». C'est aussi un grand jour pour ladite association : Alex Cale, l'un de ses membres les plus renommés, vient de retrouver le « Saint-Graal » des fanatiques de Conan Doyle, le fameux tome perdu du journal intime de l'écrivain, couvrant les mois d'octobre à décembre 1900. C'est en effet à cette époque que Conan Doyle, après avoir fait mourir Sherlock Holmes sept ans plus tôt au grand dam de ses admirateurs, a décidé, pour une raison demeurée inconnue, de faire revivre le célèbre détective. Mais Alex Cale est assassiné avant d'avoir pu dévoiler le contenu du fameux journal et Harold, inspiré par l'art de la déduction de son illustre modèle, se lance sur la piste du meurtrier.
MON AVIS
          Bien que je connaissais de nom Sherlock Holmes et son auteur, Arthur Conan Doyle, je ne me suis jamais vraiment intéressée à ce détective et ni à cet auteur. Certes, je connaissais Sherlock et son acolyte par le biais de la série de BBC mais c'était tout. Je lis très peu de policier, alors forcément lorsque je pense en lire un, je m'attends à une enquête même si elle n'est pas extraordinaire, au moins étonnante !

          221B Baker Street avait tous les ingrédients pour être alléchant : un côté historique, la mise en scène de personnes ayant vraiment existées, deux enquêtes pour le prix d'une...Il n'en fallait pas plus !
Dans ce livre, le lecteur suit parallèlement à l'enquête que mène Arthur Conan Doyle en 1900, une autre en 2010 qui est menée par Harold White. Le lecteur se doute que les enquêtes sont liées.
Cependant lorsque l'on fait un tel choix, il faut vraiment avoir deux enquêtes qui tiennent la route et surtout deux enquêtes qui sont du même niveau. Or, dans l’œuvre de Graham MOORE ce n'est pas le cas. Ce qui était un point positif devient un élément qui tire le roman vers le bas ou pour être imagé, dans les tréfonds du Londres du début XXème.

          La première enquête est celle menée par Harold, un jeune membre des "Baker Street Irregulars" – un club qui existe vraiment ! Il cherche à retrouver le meurtrier d'un des membres du club car ce dernier serait en possession d'un journal disparu d'Arthur Conan Doyle. Un mystère plane autour de ce livre et le lecteur se demande mais qui a tué ce membre ? Est ce un autre membre ? Le descendant d'Arthur Conan Doyle qui est aussi à la recherche de ce journal ?
Cette investigation est celle qui est pour moi, la moins aboutie. Même si j'ai été bluffée par le dénouement de l'histoire, tout au long de cette enquête, ça manque cruellement d'actions.
Harold, le héros est fade, affublé d'un chapeau de chasse qui le  rend limite pathétique. Sa description du départ qui me faisait penser au stéréotype de l'adulte qui veut se prendre pour un adolescent, a été confortée au fil des pages. Graham MOORE a voulu en faire un héros alors qu'il n'y paraissait pas de prime à bord sauf qu'en jouant avec les clichés, il n'a pas réussi à le rendre crédible ! J'avais envie de lui dire "Bon, t'arrêtes une minute de jouer ?" J'ai eu du mal à le prendre au sérieux et je trouvais que même la manière de lui confier l'enquête était trop belle pour être vrai.
S'agissant de son acolyte Sarah, elle est amenée tellement de manière suspecte que même si on ne le veut pas, le lecteur est obligé de se méfier d'elle. Le lecteur sait qu'on va apprendre quelque chose sur elle et du coup, je me suis trop attachée à de petits détails la concernant pour apprécier pleinement certaines scènes.
          Quant à l'intrigue en elle-même, vers la fin, il y a eu un bon rebondissement mais tout au long, tout était prévisible. Le changement de lieu, passer des États-Unis à l'Angleterre, n'apporte rien ! Il y avait trop les codes d'une enquête classique que l'on retrouve dans les séries policières américaines : une poursuite, une filature, une scène clé qui a été vandalisée, une personne qui se déguise en ouvrier... Ça manquait cruellement d'originalité ! 
D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si Graham MOORE avant d'être écrivain était scénariste. De plus l'auteur, à un moment donné s'est trop attardé sur un détail anodin pour que moi lectrice (paranoïaque peut être) ne pense pas me méfier !
La trame de l'histoire était lisible, comme un mode d'emploi, on pouvait suivre étape par étape la manière de procéder de l'auteur.

       J'ai été soulagée de constater que conjointement à cette enquête et alternativement à chaque chapitre, il y en avait une autre, celle de 1900.
Dans cette enquête, c'est Arthur Conan Doyle qui joue le pseudo détective avec en guest-star Monsieur Bram Stocker (le papa de Dracula).
Le côté "réaliste" a un certain attrait même si les dialogues et quelques évènements n'ont pas existé ou comme l'auteur s'explique se sont déroulés quelques années après.
L'ambiance 1900 a joué un grand rôle dans le fait que cette enquête m'a beaucoup plu et que je n'ai pas renoncé à ce roman. Il y avait encore dans les rues de Londres, les lampes à gaz. Je m'imaginais bien cette lumière tamisée qui enveloppait les rues sinistres et les rues joyeuses de Londres. On est au début de l'évolution des techniques policières comme la prise des empreintes...
Conan DOYLE est victime d'un attentat par le biais d'une lettre piégée, il pense que son meurtrier veut attirer son attention car il aurait commis d'autres meurtres : ceux de filles suffragettes.
L'idée de départ était excellente, cela permettait de combiner l'histoire avec un grand H et l'enquête policière. Pourtant, cette enquête s'est essoufflée et le responsable est l'auteur lui même, qui a pris le partie de donner un caractère exécrable à Arthur Conan Doyle. Au départ, c'était amusant, à la longue épuisant !
J'ai été hors de moi lorsque "le personnage" d'Arthur Conan Doyle (voir photo) donnait ses impressions sur les femmes  – j'ai eu l'impression de découvrir un auteur misogyne ! Après quelques recherches, le point de vue d'Arthur Conan Doyle sur la place de la femme ressemblait un peu à ce que l'auteur nous décrivait dans ce livre. Pourtant, j'aime prendre du recul avec ce que la presse avait dit à l'époque et ce que l'auteur (Arthur) pensait vraiment. On ne le sera jamais mais bon, j'ai une certaine méfiance quand on voit, avec quelle facilité on peut en sortant du contexte vous faire dire des choses abominables !
Même si Graham MOORE a du faire de nombreuses recherches, a essayé d'être au plus juste sur le comportement du célèbre auteur, j'ai au fils des pages de moins en moins aimé Arthur Conan Doyle et fini par être un peu déçue ! Mais comme je le dis, précédemment, il faut prendre tout cela avec des pincettes !
Ensuite, j'ai regretté la manière dont l'enquête se clôture comme un soufflet qui monte dans le four et qui retombe à la sortie ! Que c'est dommage ! Pourquoi se donner autant de mal pour ne pas trouver un tueur à la hauteur de l'histoire !
Au final, j'aurai préféré que l'auteur se penche plus sur l'enquête de 1900. Comme, il a du inventer quelques faits, autant carrément oser une fin extraordinaire, non ?
[SPOILER] Pourquoi ne pas faire de Bram STOCKER, le tueur ? Ça aurait été osé mais aussi justifiable par sa quête d'histoires sanguinaires ! [SPOILER]

221B Baker Street est un bon roman qui plaira aux fans du célèbre détective mais il y a trop d'imperfections pour le rendre indispensable. Je ne pense pas lire d'autres romans de cet auteur – s'il y en a ;  mais pour autant, il m'a donné envie de me plonger dans les aventures de Sherlock Holmes. Alors, au moins avec cette lecture je n'aurais pas eu la sensation de perdre totalement mon temps.

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© Melleaurel