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10.8.16

La part des flammes



Mai 1897. Pendant trois jours, le Tout-Paris se presse à la plus mondaine des ventes de charité. Les regards convergent vers la charismatique duchesse d’Alençon. Au mépris du qu’en-dira-t-on, la princesse de Bavière a accordé le privilège de l’assister à Violaine de Raezal, ravissante veuve à la réputation sulfureuse, et à Constance d’Estingel, qui vient de rompre brutalement ses fiançailles. Dans un monde d’une politesse exquise qui vous assassine sur l’autel des convenances, la bonté de Sophie d’Alençon leur permettra-t-elle d’échapper au scandale ? Mues par un même désir de rédemption, ces trois rebelles verront leurs destins scellés lors de l’incendie du Bazar de la Charité.


Mon avis
« Ce roman est un classique avant même de traverser les siècles »
★ ★ ★ ★ ★

La fumée dense ne permet pas de voir à plus d'un mètre devant soi. Prises au piège, les malheureuses du Bazar de la Charité ne peuvent compter que sur leur bonne étoile.
D'après une histoire vraie, La part des flammes de Gaelle NOHANT remonte le temps et emmène le lecteur en mai 1897. Les distingués de la Capitale se presse pour cette vente de charité. Y être membre, c'est comme toucher du bout des doigts un rêve. On est reconnu et estimé. Pourtant en 1897, la tragédie va l'emporter : un feu s'y déclenche. Une partie des organisateurs et des visiteurs (la majorité des femmes) vont périr ou vont à jamais se retrouver mutilée. Avant ce roman, je n'avais jamais entendu parler de cette histoire, j'étais dans l'inconnu et dans l'attente. Un sentiment que c'était même tombé dans l'oubli. Depuis, j'ai fais quelques recherches et c'est effroyable de lire les coupures de journaux ou comme le témoigne la couverture Le Petit Journal.

Dans cette fiction de Gaelle NOHANT, c'est le destin de trois femmes que l'on découvre. Violaine de Raezal, tout juste veuve, elle est mise à l'écart par ses beaux enfants et la société. Être bénévole pour ce personnage serait l'occasion de prendre une petite revanche sur les qu'en-dira-t-on. Constance d'Estingel, impertinente et malheureuse, cherche un sens à ses aspirations. Au risque d'être à dos avec ses parents, elle rompt ses fiançailles avec le charismatique Lazlo de Nérac. L'auteure a su lui donner l'image d'un noble romantique et torturé, poète dans l'âme et aspirant à la République comme on pourrait se l'imaginer à cette époque. Sophie d'Alençon quant à elle est le seul personnage qui ait vraiment existé. Sans lui donner une personnalité qui ne concorderait pas avec ce que l'on pourrait savoir d'elle, ce personnage est mystérieux et c'est l'histoire avec un grand H qui la définit.

Durant la lecture de La part des flammes, on a l'impression d'être consumée par l'histoire, que seule la dernière page permettrait de reprendre son souffle. J'ai été de surprise en surprise car en lisant le résumé on peut se faire une certaine idée de l'intrigue. Je ne m'attendais pas à ça. L'intrigue parle en effet de l'incendie - les descriptions donnent le ton de cette tragédie mais plus que tout l'auteure traite avec justesse des conséquences de cette incendie sur nos personnages mais aussi sur la société. On y voit les excès, de ceux qui profitent de personnes affaiblies - je pense au psychiatre qui se sert de ce drame pour ces études.

Ce roman est plus qu'un roman historique, c'est un roman sur la société et la perception des gens sur un tel drame.
Au final avec La part des flammes, les 552 pages semblent peu et on regretterai presque que Gaelle NOHANT n'ait pas la plume prolixe de Victor HUGO. L'impression de tenir entre les mains, un classique avant même de traverser les siècles. Plus qu'un coup de coeur pour un roman, est-ce possible ?

J'ai partagé cette lecture avec Fanny du blog Dans le Manoir aux livres. Je vous invite à retrouver son avis et la grande question : A-t-elle elle aussi était piégée par ce roman ?


 

DE : Gaelle NOHANT
ÉDITION : Livre de poche (2016)
PAGES : 552
LANGUE : Français
FORMAT : Poche
ISBN : 2253087432
  Une fiction basée sur une histoire vraie...

THE GIRL WHO CAME HOME
★ ★ ★ ★
THE END OF INNOCENCE
★ ★ ★ ★
LE DAHLIA NOIR
★ ★ ★ ★
[+


30.7.16

La Neige et La Cendre (Outlander #6)



En 1772, à l'aube de la révolution américaine, le brûlot de la rébellion flambe déjà : à Boston, des cadavres gisent dans les rues et, dans l'arrière-pays de la Caroline du Nord, des cabanes s'embrasent dans la forêt. Au-dessus de la maison de Fraser's Ridge, où vivent Jamie et sa famille, une ombre grandit... La colonie tout entière est en émoi, et le gouverneur Josiah Martin a besoin d'une personnalité charismatique capable d'unir l'arrière-pays et d'apaiser les ressentiments des colons et des Indiens. De l'avis de tous, Jamie est l'homme de la situation. Mais les choses ne sont pas si simples : tout comme sa fille Brianna et Roger, son gendre, Claire sait que, d'ici à trois ans, on tirera le premier coup de feu dont l'écho retentira partout dans le monde. Et que la guerre se soldera par l'indépendance. Et, par-dessus tout, plane la menace révélée par une coupure de journal, retrouvée par Claire dans une gazette du XXè siècle, faisant état de la destruction de la maison de Fraser's Ridge et du décès de ses occupants, Jamie et Claire...


Mon avis
" Un pavé qui est fini laborieusement mais vivement le prochain ! "
★ ★ ★

Les torches éclairent la pénombre, la famille Fraser sait que c'est une question de temps. Ils entendent déjà le compte à rebours...
Une chose est sûre que lorsque l'on commence Outlander, il faut s'attendre à changer régulièrement de position et à attraper de vilaines courbatures !
Avec plus de 1500 pages, La Neige et la Cendre promettait des rebondissements mais malheureusement ce sont surtout des longueurs que j'ai rencontré dans celui-ci.

Lors du tome précédent, j'avais déjà trouvé que certains passages s'éternisaient mais là, je crois que ce sont des chapitres entiers qui ne servent pas à grand chose ! M'étant trop familiarisée avec les personnages, j'ai eu l'impression que l'auteure allait dans la facilité. L'impression que Diana GABALDON voulait faire dans le sensationnel avec quelques scènes troublantes et horripilantes, histoire de dire qu'elle ne l'a pas écrit pour rien ! Ce sentiment ne m'a quasiment pas quitté tout au long de la lecture. Même Jamie et Claire n'arrivaient pas à me donner envie de continuer certains passages...

Pourtant, globalement, j'ai aimé ce tome. Ici, le personnage de Roger prend plus d'envergure. Le fait que l'on perce enfin le mystère sur le retour de Ian Junior en est pour beaucoup mais aussi parce que Fergus et Marsali sont présents. On peut facilement imaginer leur implication dans les tomes prochains, ce qui annonce un peu plus d'actions !
La Neige et la Cendre se situe en amont. On ressent la tension qui augmente entre les colons qui se disent "Américains" et les sujets de la Couronne d'Angleterre. Ce tome montre les coulisses d'un évènement majeur marquant le début des États-Unis : la Guerre d'Indépendance. On y apprend l'implication des indiens dans son conflit, les règlements de compte arbitraires...Une façon pour ceux allergique à l'histoire de comprendre un peu ce qui s'est passé. Historiquement c'est très enrichissant et l'auteure une fois de plus maîtrise son sujet.

J'ai perçu ce sixième tome comme un tome de transition avant de rentrer vraiment dans le vif du sujet. C'est pour ça que je ne pourrai pas abandonner la série et que je reste confiante pour la suite.

 Challenges : Ecosse | Les Irréguliers de Baker Street

DE : Diana GABALDON
ÉDITION : J'ai lu (2015)
PAGES : 1531
LANGUE : Français (traduit par Philippe SAFAVI)
FORMAT : Semi Poche
ISBN : 2290099643
  Découvre les autres romans de l'auteure...

LA CROIX DE FEU, #5
★ ★ ★ ★
LES TAMBOURS DE L'AUTOMNE, #4
★ ★ ★ ★
LE VOYAGE, #3
★ ★ ★ ★
[+


2.7.16

Lettres à Stella



À la nuit tombée, fuyant la violence de son compagnon, une jeune femme court dans les rues glacées de Londres. Jess n'a nulle part où aller. Surgissant dans une ruelle déserte, elle trouve refuge dans une maison abandonnée. Le lendemain matin, le facteur glisse une lettre mystérieuse par la porte. Incapable de résister à la tentation, Jess ne peut s'empêcher de la lire et se retrouve plongée dans une histoire d'amour d'un autre temps.
1943. Dans une église de Londres bombardée par le Blitz, Stella rencontre Dan, un aviateur américain. Très vite, ils sont irrésistiblement attirés l'un par l'autre. Leur histoire est a priori impossible. Rien ne joue en leur faveur : elle vient de se marier à un pasteur, lui n'a qu'une chance sur cinq de sortir vivant de cette guerre. Perdus et sans repères, la seule chose à laquelle les deux amants peuvent s'accrocher sont les lettres qu'ils s'écrivent, promesses d'un bonheur à venir.
Le temps a passé, le destin est cruel, mais Jess est déterminée à savoir ce qui leur est arrivé. Inspirée par cet amour, portée par son enquête, elle trouvera à son tour les clefs d'un avenir meilleur.


Mon avis
" La plus belle fin qui m'ait été donnée de lire ! "
★ ★ ★ ★ ★

Lorsque l'on ferme un roman parfois il peut se passer des semaines sans qu'on y pense et puis soudain, on se rappelle d'un moment, d'une partie et on se rend compte que le roman ne nous a pas laissé indifférent. C'est le cas avec ce roman de Iona GREY, l'année dernière je l'avais découvert en anglais sous le titre Letters to the lost (mon précédent avis) et bien que je l'avais littéralement dévoré, je ne l'avais pas classé comme coup de cœur. Pourtant une scène me hantait : la scène finale. Cette scène qui peut anéantir un roman comme le surélever. Au moment de ma relecture, je me rappelais encore de chaque détail, de chaque mot et de chaque sensation qui m'avaient parcouru en lisant ce passage...comme si je l'avais moi même vécu.

À l'occasion de sa sortie, les éditions Les Escales m'ont proposé de le relire en français. J'ai tout de suite accepté même si j'avais la crainte d'être déçue par la traduction, que l'histoire perd de sa surprise tout en ayant une seule envie : relire la fin de ce roman.
Et sans passer par quatre chemins, j'ai à nouveau dévoré ce roman. Je n'étais plus au stade de la découverte mais je dois vous avouer que la traduction est réussie. Certes rien ne vaut la plume originale de l'auteure est sur ce point, le roman sera toujours meilleur mais avec cette traduction, j'ai pu saisir plus rapidement certaines nuances qui m'avaient échappées auparavant et j'ai pu ainsi rentrée encore plus dans l'intrigue. Ma lecture m'a semblé plus fluide.
L'histoire bien que connue m'a à nouveau transportée. Deux parcours dans des temps différents qui se lient par la découverte d'une lettre. L'histoire de Stella qui se déroule durant une période fatidique de la Seconde Guerre Mondiale où la vie ne tient littéralement qu'à un fil. Son histoire avec Dan est sans fioriture, un amour simple mais qui persiste. L'histoire de Jess qui nous parle parce que l'héroïne est de notre génération. Elle connaît des déboires qui ne peuvent pas nous laisser insensibles. Une enquête tout au long du roman dont le lecteur a hâte d'en connaître le dénouement.

Mais pour ma part, avec cette relecture en français de Lettres à Stella, je savais que j'arrivai au moment temps attendu qui m'avait bouleversé...Inconsciemment en tournant les pages, j'avais mis en marche un compte à rebours, j'approchais de cette fin que j'avais classé « dans les plus belles qui m'aient été donnée de lire » et encore une fois, j'ai versé ma petite larme ! Ce n'est pas de la tristesse mais surtout des larmes de bonheur. C'est à ce moment là qu'on se rend compte que ce roman nous a malgré nous, marqué et c'est là que je me suis dis que Lettres à Stella était un coup de ❤ .

Pour me replonger dans l'histoire de Lettres à Stella et ne pas le laisser prendre la poussière (à tort) à côté d'autres romans, cette (re)lecture a été faite en commun avec Julie du blog Les petites lectures de Scarlett. Vous pouvez retrouver son avis et comme moi, vous verrez qu'elle n'a pas été insensible à ce roman :



Encore merci aux éditions Les Escales et plus particulièrement Jade pour m'avoir permis de me replonger dans cette histoire qui a traversé le temps mais aussi à Iona GREY pour avoir écrit un des plus beaux romans de ces dernières années.



DE : Iona GREY
ÉDITION : Les Escales (2016)
PAGES : 486
LANGUE : Français (traduit par Alice DELARBRE)
LIEUX : Londres, Cambridge, Southampton, Northampton (ANGLETERRE) | Maine (ÉTATS-UNIS)
PERSONNAGES : Stella Thornton, Dan Rosinski, Jess Moran...

19.5.16

Boston Girl



The Boston Girl, c'est Addie Baum, née en 1900 de parents immigrés polonais, peu préparés et plutôt suspicieux à l'égard de la culture américaine qui tentent d'élever leurs trois filles dans la tradition juive de l'Europe de l'Est. Mais la curiosité et l'intelligence d'Addie la propulse dans un tout autre monde, fait de jupes courtes, de films, de livres et de nouvelles opportunités pour les femmes. Un monde dans lequel une fille termine le lycée, va à l'université, a une carrière et trouve l'amour par elle-même. Le récit commence en 1985, lorsque la petite-fille d'Addie lui demande : " Comment es-tu devenue la femme que tu es aujourd'hui ? " Et Addie, alors âgée de 85 ans, entreprend le récit de sa vie, à partir de 1915, année où elle rejoint un groupe de lecture pour filles, découvre sa voie et se fait des amis qui lui permettent de fuir son quotidien (...)


Mon avis
" Le parcours frais et touchant d'une jeune américaine "
★ ★ ★ ★

Plusieurs fois, sa petite-fille lui pose la question. Difficile de trouver la réponse et puis, tout revient. Si facilement, qu'on se surprend même...

Boston Girl d'Anita DIAMANT est le récit initiatique d'Addie, une américaine issue d'une famille d'immigrés polonais qui apprend au cours de sa vie à s'émanciper, à suivre l'air du temps au grand désarroi de ses parents, encore dans les traditions.

Frais et drôle, Boston Girl est le roman qui nous fait passer un agréable moment. La vie n'est pas un long fleuve tranquille et malgré un parcours semé d’embûche, rien n'arrête l'héroïne. Addie fait une introspection à la suite d'une question posée par une de ses petites-filles. Le prétexte pour revivre avec elle tous les grands événements qui ont marqués la population américaine. Le partager du point de vue d'immigrés donne encore plus poids à certains moments.

Boston Girl se déroule sur plusieurs décennies durant des périodes charnières pour l’héroïne. Chaque moment est bref et l'auteure va à l'essentiel. Bien que ce roman ne s'encombre pas de futilité, j'ai eu des difficultés à m'attacher plus que ça à l'héroïne et j'ai eu l'impression de survoler les moments historiques forts.
Ne vous laissez pas tromper par la légèreté apparente, ce roman est quand même à sa manière, très touchant. Il fait partie de ces romans qui parleront à nombreux lecteurs. Aux plus âgés qui aiment comme l'héroïne nous faire part de leurs anecdotes mais aussi aux "adultes" qui sont à un moment de leur vie où ils ont besoin de faire le point ou encore aux plus jeunes qui ont tout à apprendre. C'est une des grandes surprises de ce roman car il s'est révélé être plus du genre "Young Adult" que ce que je pensais.

Boston Girl est globalement, un très joli roman. Je n'ai pas eu de coup de cœur mais je suis contente de l'avoir lu au moins une fois.



DE : Anita DIAMANT
ÉDITION : Hugo & Cie (2016)
PAGES : 342
LANGUE : Français (traduit par Anne-Sylvie HOMASSEL)
LIEUX : Boston, Gloucester, Cape Ann, Cambridge (ÉTATS-UNIS)
PERSONNAGES : Addie Baum
THÈMES : Rétrospection | Immigration | Femme

14.4.16

L'Enfant du lac



1933. Comment Theo Edevane, adorable poupon de onze mois, a-t-il pu disparaître durant la nuit de la Saint-Jean ? Les enquêteurs remuent ciel et terre, mais l'enfant demeure introuvable. Pour les parents comme pour les filles Edevane, la vie ne sera plus jamais la même après ce drame. La maison du lac, la propriété tant aimée, est fermée et laissée à l'abandon.
Soixante-dix ans plus tard, Sadie Sparrow, jeune détective londonienne en vacances dans les Cornouailles, curieuse et momentanément désœuvrée, s'intéresse à cette mystérieuse disparition. Elle reprend l'enquête, au grand dam de l'une des sœurs aînées de Theo, Alice, devenue écrivain à succès.


Mon avis
" Un des meilleurs Kate MORTON à avoir entre ses mains ! "
★ ★ ★ ★ ★

Si vous suivez un peu Une valise remplie d'histoires, vous n'êtes pas s'en ignorer qu'il s'agit pour moi d'une relecture.
THE LAKE HOUSE (avis du 15/Nov/2015)

En octobre dernier, dès la sortie anglaise de ce roman, je me suis précipitée dessus. A la fin de ma lecture comme avec tous les romans de Kate MORTON, j'ai été bouleversée. Bouleversée au point d'avoir envie de le relire dans les minutes qui ont suivis.Toutefois, je me suis dit que la traduction française serait le bon prétexte pour me replonger dans le roman. Ce souhait a été réalisé lorsque les éditions Presses de la Cité me l'ont généreusement envoyé. Merci, merci ! ♥

J'ai replongé avec délectation dans The Lake House, traduit en français sous le nom L'Enfant du Lac. Un titre bien choisi car il synthétise parfaitement l'univers du roman tout en laissant cette pointe de mystère que l'on retrouve dans chaque roman de Kate MORTON.
Une fois de plus, c'est ce mystère qui nous tient en haleine. Avec précaution, l'auteure nous donne les indices qu'elle veut bien laisser mais le lecteur garde cette part de suspicion.

Connaissant déjà l'intrigue, je me suis arrêtée aux détails. Ce que j'aime dans les romans de Kate MORTON, c'est la place qu'elle donne au passé. Les personnages ont connu les horreurs de la Grande Guerre même si l'accent est mis sur les conséquences de cette guerre. Je suis à chaque fois surprise par la capacité de l'auteure a maîtrisé une histoire qui semble n'avoir aucune fin possible. Elle nous mène par le bout du nez.

La traduction aussi a été à la hauteur de mes espérances ! Ce n'est pas la première fois que je lisais une des traductions d'Anne-Sylvie HOMASSEL, j'ai tous les romans de Kate MORTON en français et malgré le talent de Kate MORTON, il ne faut pas oublier le travail du traducteur. Sans lui, on ne comprendrait pas tous les petits détails que l'on peut omettre ou les petites spécificités propres à chaque langue. De plus, le soin apporté à conserver le rythme de l'histoire est saisissant, je n'ai pas eu l'impression que le texte ait été dénaturé.

L'Enfant du lac est sortie aujourd'hui. Je ne peux que vous encourager à vous le procurer. Il a été un coup de coeur en 2015 et je confirme, c'est un de ses meilleurs romans !


                                          DE : Kate MORTON
ÉDITION : Presses de la Cité (2016)
PAGES : 632
LANGUE : Français (traduit par Anne-Sylvie HOMASSEL)
LIEUX :  Cornwall, Holly Hill, Londres, Oxford (ANGLETERRE) | Warloy-Baillon (FRANCE)
PERSONNAGE(S) : Saddie Sparrow, Alice Edevane, Eleanor, Anthony, Ben...
THÈMES : Secret | Disparition | Famille

2.4.16

Scandaleuse Elisabeth (La Famille d'Arsac #1)


Résumé de l'édition

Paris, 1778. Elisabeth d’Arsac est courtisée par une foule de prétendants. Éprise de liberté, elle veut connaitre l’amour sans les désagréments du mariage. Au bal masqué, elle rencontre un ténébreux inconnu. D’entretiens galants en heureux hasards, elle s’offre à lui. Se rendant compte que sa belle était vierge, Henry n’a plus le choix : il doit demander sa main. Furieuse, elle espère que son père refusera cette union. Contre toute attente, le compte accepte d’accorder sa fille à l’Américain. Mais ce mariage est-il vraiment le piège qu’elle s’imaginait ?

http://unevaliserempliehistoires.blogspot.fr/2015/07/challenge-les-filles-de-mrs-bennet.htmlMon avis            


Un parfum de scandale s’infiltre dans la bourgeoisie française de la fin du XVIIIème siècle. Scandaleuse Elisabeth est l'archétype de la romance que l'on aime : séduction, passion avec le petit grain de folie du personnage principal.
Au risque de déplaire à certains moments aux amoureux de l'Histoire avec un grand H, le premier tome de la saga La Famille d'Arsac, enchantera de nombreux lecteurs par sa fraîcheur, son intrigue et le style de l'auteure qui m'ont séduite dès la première page.

Les grandes lignes sont évidentes, le personnage masculin va finir avec le personnage féminin mais ce qui m'ont plu au commencement de ma lecture, c'est le contexte historique et l'intrigue du roman.
Eléonore FERNAYE place l'intrigue avant la Révolution Française, les classes sociales sont encore bien ancrés mais déjà l’héroïne semble vouloir s'émanciper des contraintes sociales au risque, c'est là que je souligne que ça pourrait déplaire aux amoureux de l'histoire, de paraître un peu trop moderne pour l'époque. La personnalité d'Elisabeth étant tellement forte, que l'on en vient à se demander si une telle personnalité était possible à cette période ! Dommage !
Pour revenir à l'aspect historique, sans avoir la nette impression d'être totalement propulsée au XVIIIème siècle, l'auteure maîtrise les tiques de langage (quelques répétions mais ce n'est pas gênant), les coutumes et les habitudes de cette ère révolue. On n'est pas dans la caricature et à aucun moment, on tombe dans la ringardise et le côté mielleux que l'on pourrait coller – à tort (historiquement on serait surpris) - à cette période. Même si je n'ai rien appris, je n'ai pas non plus eu la sensation que l'auteure prenait pour prétexte le côté historique. On n'y est peut être pas à 100% à cause du caractère des personnages mais on ne l'oublie pas quand même.

Parce que l'intrigue est bien ficelée, la romance titille notre curiosité. On est surpris, l'héroïne prend à revers les codes sociaux : elle refuse des demandes en mariage pour rester autonome. Malgré une attirance pour Henry Wolton, Elisabeth ne semble pas se préoccuper des qu'en-dira-t-on. Il y a des tensions, de la passion mais aussi des incompréhensions. Par passion, je peux vous garantir que c'est osé – je mets en garde celles et ceux qui n'aiment pas les détails sur les scènes passionnelles.

L'auteure sait où elle veut en venir et les dénouements semblent évidents à chaque avancement de la lecture. Une lecture rapide pour passer un bon moment un dimanche soir (ou quand vous voulez).
Avec Scandaleuse Elisabeth, Eléonore FERNAYE est la preuve vivante que la romance française a de beaux jours devant elle. Je ne m’arrêterai pas avec ce premier tome !

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DE : Eléonore FERNAYE
ÉDITION : Milady (2013)
PAGES : 320
LANGUE : Français
LIEUX :  Paris, Passy, Nantes (FRANCE) | Philadelphie (ÉTATS-UNIS)
PERSONNAGE(S) : Elisabeth d'Arsas, Henry Wolton...
THÈMES : Romance | Historique | Héroïne

10.3.16

La Tante de Russie


Résumé de l'édition

Septembre 1899. La jeune Lucie quitte sa terre lorraine pour accomplir son fabuleux destin. Ou comment une orpheline née à Saint-Dizier à la frontière de la Meuse devient, à Saint-Pétersbourg, l'intime de la plus haute aristocratie impériale, la gouvernante des filles du dernier tsar de Russie, les princesses Olga et Tatiana, et l'amante passionnée du chef des cosaques du Don. Autant d'années lumineuses juste avant le chaos, la révolte d'un peuple acculé dont elle comprend pourtant la détresse. Et ses propres drames...

http://unevaliserempliehistoires.blogspot.fr/search/label/Les%20Irreguliers%20de%20Baker%20StreetMon avis                                      


"Kak uzor na okne. Snova proshloe rydom. Kto-ro pel pesnu mne. V zimny vecher kogda-to".
Cette chanson me trotte dans la tête depuis ma lecture...Donnez moi une chapka, une bonne de paire de gants et Peter me voilà (Peter c'est le nom que je donne à Saint-Pétersbourg). L'avez-vous reconnu ? Non ? Et si je vous dis que la version française a été chantée par Hélène Segara ? Mais oui, c'est la chanson du film d'animation Anastasia ! Pourquoi, je vous bassine avec ce dessin animé et quel est le rapport avec le roman ?! Ah ah...justement.

La tante de Russie, c'est l'histoire d'une journaliste Lise qui retrouve le manuscrit de sa tante Lucie. Une tante qui va quitter sa Lorraine natale pour l'inconnu et le froid glacial de la Russie.

Pour être honnête, cette lecture avait mal commencé...A plusieurs reprises j'ai même failli abandonner. Si ma sœur ne me l'avait pas offert (et fait dédicacer), j'aurai stoppé net ma lecture.
Mon reproche tient principalement aux 50 premières pages. L'auteure commence par nous narrer l'histoire de cette journaliste. On n'entre pas tout de suite dans le vif du sujet. Ça aurait pu ne pas être dérangeant. Après tout, on ne peut pas reprocher à l'auteure de vouloir mettre en place l'intrigue et de partager la découverte par l'héroïne de ce fameux roman ; mais ce qui m'a foncièrement gêné, c'est la familiarité du personnage. J'ai eu la sensation que l'auteure considérait que la narratrice était connue du lecteur. Je ne sais pas si c'est du au fait que ce personnage soit récurant dans ses œuvres (il y a des astérisques et des références aux autres romans) mais il ne faut pas oublier que c'est peut être la première fois que l'on fait la connaissance de Lise. Du coup, j'ai eu le sentiment de m'incruster dans la vie de quelqu'un et mon intérêt a vite disparu. Je m'ennuyais littéralement et je trouvais que le nombre de pages rien que sur ce personnage était trop long ! Le titre c'était La Tante de Russie mais où était-elle?

Heureusement, il y a la page 53. On fait un bond dans le passé et on découvre Lucie Thomas. Dès lors, j'ai pu enfin découvrir le talent d'Élise FISCHER. Une partie historique très bien exploitée et il y a une atmosphère qui m'a comme hypnotisée. J'ai même regretté que La tante de Russie soit si court (surtout avec le début que je considère comme du temps perdu). J'en voulais toujours plus !

C'est le parcours de Lucie Thomas qui est ainsi raconté et quel parcours ! Cette orpheline a fait du chemin pour devenir préceptrice. A Nancy, où tout commence, elle rencontre le comte Piotr Viola Narodov. Une histoire d'amour si romantique, si grandiose et peu commune. Des moments à Nancy où je vois avec clarté le parc de la pépinière, son kiosque...
Puis, le départ tant attendu pour la Russie. Un dépaysement totalement réussi. On fait des rencontres à la Une image vivifiante du faste de l'époque se matérialise devant mes yeux. Le point de vue de cette française qui a le privilège de faire la connaissance de la petite Anastasia entre autre, de la famille tsarine...Elle partage leur intimité et partage avec nous ses craintes, ses doutes, tout en ayant après le recul de la tragédie qui va toucher la Russie.
Cour du tsar, on partage des instants.
J'ai été tellement sous le charme de cette partie que j'ai même versé une petite larme.

La tante de Russie fut au final une très bonne découverte. Je ne regrette pas d'avoir persévéré. S'il n'y avait pas eu ce début qui représente quand même 20% du livre...J'aurai pu avoir un coup de cœur ! Ce roman est la preuve qu'il faut toujours laisser une chance à un livre.


                                          DE : Elise FISCHER
ÉDITION : Presses de la Cité (2014)
PAGES : 254
LANGUE : Français
LIEUX : Paris, Saint-Dizier, Nancy (FRANCE) | Saint-Pétersbourg, Tsarkoïe Selo/Pouchkine, Yalta, Lac Orega, île de Kiji (RUSSIE), Kiev (UKRAINE)
PERSONNAGE(S) : Lucie Thomas, Comte Piotr Volia Narodov, Lise...
THÈMES : Russie | Tsar | Témoignage

28.2.16

Le Gardien (Le retour des Highlanders #1)


Résumé de l'édition

Après cinq ans passés à se battre sur le continent, Ian MacDonald revient sur son île natale de Skye, où il trouve son clan en péril. Bien décidé à réparer ses erreurs de jeunesse, il doit déjouer les manigances d’un adversaire sans scrupules, et faire face à Sìleas, l’épouse qu’il a délaissée pour partir au combat. Une surprise attend Ian : la gamine maigrichonne qui le suivait partout comme son ombre et qu’il a dû épouser à la suite d’un malentendu, est devenue une jeune femme aussi ravissante que farouche.

http://unevaliserempliehistoires.blogspot.com/search/label/Ecosse%202015 Mon avis                                      


L'approche des cotes écossaises, la houle des vagues, le sentiment de rentrer chez soi mais pour Ian MacDonald, la crainte. La crainte de retrouver après tant d'années une femme qu'il n'a jamais eu envie d'épouser...
Sìleas, une épouse qui a bien changé depuis, qui s'est sentie humiliée et qui à bien l'intention de lui faire payer.

Une romance comme on s'y attend, sans grande surprise mais j'ose dire, comme on veut et aime lire. Les deux personnages se connaissent depuis des années mais c'est en tant que couple qu'ils doivent se découvrir. Le binôme central est assez charismatique pour susciter notre intérêt. Ceci dit, la manière d'appréhender cette romance a été un peu poussive et répétitive - Je t'aime. Je ne t'aime pas. En fait si je t'aime- Ça peut agacer à la longue et donner envie de jeter le livre mais bon ce n'est pas tellement un point négatif dans la mesure où c'est le genre qui le veut.
En revanche, j'ai été surprise sur un élément : l'auteure ose les détails sur les scènes passionnelles. Surprise dans la mesure où avec cette maison d'édition lorsqu'il mette "Sexy" sur la quatrième de couverture, ben c'est aussi sexy qu'un Jane Austen. Or, ici, sans vulgarité, Margaret MALLORY ne nous épargne pas et je vous avoue que ça réchauffe l'atmosphère - Quoi ?! En Écosse...Il fait froid ! Si si...En plus, j'ai envie de dire, les gênés peuvent sauter les passages...On ne vous force pas à les lire.

Proportionnellement au livre, c'est vrai que la romance est prédominante mais ne résumons pas ce livre à cela car il y a quand même une intrigue.
En effet, Le Gardien est le premier tome d'une série où les personnages vont évoluer sur fond de guerre des clans. Il faut des alliés et Ian, les a déjà. Notre héro évolue aux côtés d'amis d'enfance qui feront tous l'objet d'un tome. Ce sentiment de fraternité est essentiel pour la suite des événements et il faut le reconnaître permet une certaine familiarité entre les personnages qui accroche le lecteur.

Dans ce tome, le pan historique est assez bien exploité sans forcément que cela saute aux yeux. Si l'auteure n'avait pas utilisé pour décor des ruines que l'on peut encore visiter sur l'île, j'en aurai oublié que cela se déroule au XVIème siècle.  
Pour autant, Margaret MALLORY pose dans ce tome, les bases de l'intrigue. Il y a des trahisons, des alliances et des stratégies. Pas nécessairement de rebondissements mais assez d'enjeux pour que l'on soit pris par l'histoire. On sent que l'auteure ne nous révèle pas tout et qu'elle en garde sous le coude. Ce qui fait qu'en toute sincérité, j'ai mis à peine deux jours pour le lire.  

Le Gardien est un bon début même si ce n'est pas exceptionnel. J'ai bien envie de poursuivre ma découverte et de voir si le deuxième tome confirme cette impression.

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                                          DE : Margaret MALLORY
ÉDITION : Milady (2012)
PAGES : 389
LANGUE : Français (traduit par Aldéric Gianoly)
LIEUX : Île de Skye, île de Mull, Stirling  (ECOSSE)
PERSONNAGE(S) : Ian MacDonald, Sìleas, Alex MacDonald, Connor MacDonald...
THÈMES : Highland | Clan | Romance

12.2.16

Suite Française


Résumé de l'édition

Écrit dans le feu de l'Histoire, Suite française dépeint presque en direct l'exode de juin 1940, qui brassa dans un désordre tragique des familles françaises de toute sorte, des plus huppées aux plus modestes. Avec bonheur, Irène Némirovsky traque les innombrables petites lâchetés et les fragiles élans de solidarité d'une population en déroute. Cocottes larguées par leur amant, grands bourgeois dégoûtés par la populace, blessés abandonnés dans des fermes engorgent les routes de France bombardées au hasard… Peu à peu l'ennemi prend possession d'un pays inerte et apeuré. Comme tant d'autres, le village de Bussy est alors contraint d'accueillir des troupes allemandes. Exacerbées par la présence de l'occupant, les tensions sociales et les frustrations des habitants se réveillent…

Roman bouleversant, intimiste, implacable, dévoilant avec une extraordinaire lucidité l'âme de chaque Français pendant l'Occupation, enrichi de notes et de la correspondance d'Irène Némirovsky, Suite française ressuscite d'une plume brillante et intuitive un pan à vif de notre mémoire.

Mon avis


N'emporter que le strict nécessaire, s'assurer que tout est en ordre. Les parisiens s’apprêtent à fuir. Fuir les Allemands qui sont aux portes de Paris.
Bien que cela soit un roman, Irène NEMIROVSKI sait de quoi elle parle, au moment, où elle couche les mots sur son carnet, c'est son quotidien qui est ainsi chamboulé.
Écrit au début des années 40, Suite Française, le nom qu'elle pensait donner à sa saga prend forme dans ses notes. Deux tomes composent alors ce livre, cinq étaient prévus mais le destin de l'auteure va en décider autrement . Elle sera déportée en 1942.

Deux livres composent donc Suite Française. Le premier, Tempête en juin, est inspiré de son exode. On fait la connaissance de familles aux différentes conditions sociales.
Il y a la famille Michaud qui émeut le lecteur. On est touché par leur simplicité, par l'amour fusionnelle de ce couple et en même temps, un amour inconditionnel pour leur fils, Jean-Marie - soldat. J'ai tellement aimé la famille Michaud, qu'un tome consacré à ce couple aurait été le bienvenu. 
A contrario, on a la famille Péricand. NEMIROVSKI met l'accent sur cette famille bourgeoise qui s'entête dans des principes académiques. La mère de famille s'indigne des libertés que peuvent prendre ses employés. Heureusement, dans ce genre de famille, il y a toujours le "vilain petit canard" et c'est Hubert qui endosse ce rôle. Un jeune homme qui veut défendre sa patrie alors qu'il n'est pas majeur. L'auteure a encore foi dans la jeunesse de son pays et le montre avec ce personnage.
Mais la richesse de ce tome est que l'auteure propose d'autres portraits aux antipodes les uns des autres comme le couple Corte qui brille par leur égoïsme ou encore Charles Langalet qui est plus attaché à ses biens qu'au reste. Une palette de personnages qui permet de comprendre tous les travers de l'exode.

Dans Tempête en juin, Irène NEMIROVSKI parle aussi de la misère et du manque de ressource dans les villes qui ne sont pas - encore occupées. Certains villages doivent assurer les vivres d'une population qui a quintuplé en moins d'un mois. La France est toujours en guerre, ce ne sont pas que les parisiens qui ont fuit mais ceux de l'Est, du Nord. Les routes parisiennes sont encombrées.
Des rencontres se font en cours de route mais l'auteure n'évoque pas nécessairement dans ce roman, la camaraderie. Le lecteur partage les côtés sordides.

Avec lucidité, l'auteure a bien conscience que tous ne choisissent pas la fuite et préfèrent affronter la venue des Allemands. C'est la seconde histoire, Dolce. Elle évoque l'impensable mais j'oserai dire – l'inévitable, les liaisons de françaises avec l'Occupant. Le lecteur connaît déjà le sort réservé à ces dernières et j'ai aimé que l'auteure ne cherche pas à donner un quelconque jugement.
Au détour d'un chemin, l'écrivaine décide de centrer son histoire sur une famille obligée d’accueillir dans leur demeure un Allemand. On y fait la connaissance de la propriétaire des lieux - Madame Angellier et de sa belle-fille, Lucile ainsi que de l'Allemand, Bruno von Falk, hébergé chez eux.
Une situation délicate qui est peinte avec justesse par l'auteur. Une certaine tension est palpable. J'ai aimé les moments entre Lucile et Bruno, car c'est d'abord leur intérêt pour des choses communes qui les rapproche. C'est l'être humain qui est mis en avant et non la nationalité des protagonistes.

Les Français observent ces montres comme la propagande les nomme mais pourtant, on a beau chercher des yeux rouges ou une fourche, force est de constater qu'en apparence, ils sont comme nous. Ils aiment rire, s'amuser. Ils achètent beaucoup et même lorsque c'est cher. Les français les supportent – certains vont se l'avouer mais d'autres préfèrent penser qu'ainsi ils les appauvrissent.
Le lecteur peut y voir une certaine ironie. On se cherche des excuses parce qu'à un moment donné, il faudra payer les conséquences. Une nouvelle fois, l'auteur arrive à capturer l'essentiel.
Il faut apprendre à vivre avec eux, même si la frustration est grandissante. Les français - les hommes doivent aussi s'habituer à une certaine humiliation. 

Suite française fut une très belle lecture. Même si cela reste une œuvre de fiction, en sachant que l'auteure l'a vécu, on lui accorde toute notre confiance. On ne doute pas des horreurs que l'auteure dépeint, ni du comportement de certains. Je n'ai pas eu de coup de cœur mais ce n'était pas loin. J'ai eu l'impression d'avoir vécu cet évènement avec les personnages.
Le roman a fait l'objet d'une adaptation (que je n'ai pas encore vu), il semblerai que ce film centre toute son intrigue sur Dolce

DE : Irène NEMIROVSKY
ÉDITION : folio (2015)
PAGES : 573
LANGUE : Français
LIEUX :  Paris, Orléans, Gien, Nevers, Nîmes, Tours, Bussy, Paray-le-Monial (FRANCE)
PERSONNAGE(S) : Famille Michaud, Famille Péricand, Lucile Angellier...
                                         THÈMES : Témoignage | Seconde Guerre Mondiale | Roman

5.2.16

Léon et Louise


Résumé de l'édition

Léon et Louise n'ont pas vingt ans au moment de leur rencontre dans un petit village français vers la fin de la Première Guerre mondiale. Léon, trop jeune pour partir au front, effectue son service civil en tant qu'assistant-télégraphiste à la gare. Louise assiste le maire - c'est elle qui informe les familles dont le fils est tombé au champ d'honneur. La magie du premier amour sera rapidement brisée. Lors d'une promenade à vélo, ils sont victimes d'une attaque aérienne. Blessés et soignés dans deux hôpitaux différents, ils reviennent au village chacun à leur tour. Mais le maire, jaloux de leur amour, dissimule la vérité, si bien qu'ils se tiennent l'un et l'autre pour morts...

http://unevaliserempliehistoires.blogspot.fr/2015/07/challenge-les-filles-de-mrs-bennet.htmlMon avis                               


Tout a commencé par un trajet en vélo, un simple déplacement et c'est le monde de Louise et de Léon qui est chamboulé. Ils sont jeunes, on n’est qu’à l’aube d’un amour naissant. L'histoire en apparence simple pourrait s'arrêter là mais c'est l’Histoire, celle avec un grand H qui va les rattraper. En effet, alors qu'ils rentraient d'un weekend en amoureux, un obus va tomber sur leur route et tous les deux vont se penser mort...

Avec la plume d’Alex CAPUS, le destin de Léon va prendre vie sous les yeux du lecteur. On le suit à plusieurs moments de sa vie et à chaque fois, il y a l’ombre de Louise qui nous tourmente...Tout aussi mystérieuse, la personnalité de Louise conquit le lecteur et la sagesse de Léon, les attendrit. L'histoire d'amour en apparence n'est pas ordinaire. A chaque décennie, il y a un moment clé qui fait ou pas évoluer leur relation.
Ceci dit, l'auteur fait une halte relativement longue dans les années 40. Paris est sous l'Occupation Allemande et Léon doit assumer tous les tracas de sa famille- famille qu'il a fondé avec une autre femme. Alex CAPUS évoque avec subtilité le cas de ces français qui ont travaillé  pour les Allemands en conservant leur foi patriotique. On n'est pas dans le jugement, on constate. Louise quant à elle, travaille pour l'administration française, lors de la guerre, elle doit quitter le pays pour une mission. Elle nous partage son quotidien sous forme de lettres qu'elle adresse à Léon. Une immersion historique intéressante car on apprend toujours quelque chose

Dans Léon et Louise, Alex CAPUS évoque ainsi comme le ferait un conteur, un destin banal mais en pointant du doigts des événements qui rend ce destin assez singulier.
Une certaine ambiance se dégage de ce roman car Léon, c’est un homme du quotidien, pas plus brillant que d’autres mais avec un vrai sens pratique. L’auteur parle dans ce roman de l'histoire de son grand père. Une histoire vraie mais avec la fantaisie et l’imagination sûrement de l’écrivain.

Il ne faut pas s’attendre à une histoire avec de l’action à en revendre mais plutôt à une histoire de famille que l'on raconte au coin d’une cheminée et qui a déjà fait sourire plusieurs générations.
L’auteur a un réel talent pour nous transporter dans son univers. En une phrase, tout est dit. La justesse des mots employés est remarquable. Il faut sûrement saluer le travail du traducteur car à ma grande surprise, j'ai appris que l'auteur écrivait en Allemand !

Avec Léon et Louise, on ne sait pas où va nous emmener Alex CAPUS mais on le suit les yeux fermés et lors du dénouement, on ne souhaite qu'une seule chose retourner au début du livre.
Un coup de cœur pour ce roman parce qu'il est imparfait, simple et honnête.

Notons que James Norton m'a inspiré pour le personnage...

                                         DE : Alex CAPUS
EDITION : Babel (2014)
PAGES : 320
LANGUE : Français (traduit par Emmanuel Güntzburger)
LIEUX : Paris, Cherbourg, Saint-Luc-sur-Cise, Caen, Tréport, Médine, Lacanaie (FRANCE) | SÉNÉGAL
PERSONNAGE(S) : Léon Le Gall, Louise Janvier..
THEMES : Amour | Famille | Société

29.1.16

Lettre d'une inconnue suivi de La ruelle au clair de lune


Résumé de l'édition

Un écrivain viennois apprend en lisant son courrier qu’une femme l’aime en secret d’un amour absolu depuis des années… Une nuit, un voyageur rencontre dans un bar un homme autrefois dominateur, aujourd’hui humilié par une fille à matelots… Ces deux nouvelles publiées en 1922 témoignent de l’art de Stefan Zweig pour dépeindre les tourments de l’amour non partagé, la passion qui brûle les cœurs et détruit les vies…

Mon avis
L'amour est au centre de ces deux nouvelles. Pourtant, ce n'est pas l'amour pur qui pousse Stefan ZWEIG à écrire ces nouvelles. L'auteur Autrichien cherche à faire parler, celui qui blesse,  qui frôle la limite de la folie.

Dans Lettre d'une inconnue, il est question d’une jeune femme perdue, qui a aimé mais qui ne veut rien en retour. Pour elle, l'amour ne se construit pas à deux mais se vit seul. Elle a préféré vivre avec cet amour à sens unique plutôt que de se révéler. Tout dans cette nouvelle montre que c’est un choix assumé
La forme épistolaire de Lettre d’une inconnue permet de le prouver mais aussi permet à l’expéditeur de coucher une sorte de testament. Elle n’est pas confrontée directement à la réaction du destinataire et c’est ce qu’elle veut. Ceci dit, ce procédé trouve vite une limite car assez rapidement, j’ai été agacée par la longueur de cette lettre. On a qu’un seul point de vue et il faut faire confiance au narrateur. Or, ce narrateur semble tout de suite un peu dérangé. Je ressentais le besoin d’une confrontation mais ce n’était clairement par l’intention de l’auteur. 
Pourtant, paradoxalement, j’ai apprécié la façon par laquelle l’auteur évoquait la détresse de cette personne. Stefan ZWEIG ne cherche pas à caricaturer les sentiments de la femme mais montre qu'une personne peut être tourmentée toute sa vie pour ne pas avoir oser. 
Dans cette nouvelle, il ne faut pas s'attendre à une réponse du destinataire, le lecteur peut à loisir s’imaginer ce que l’autre aurait pu répondre et ce n'est pas plus mal. L’auteur semble parler de quelque chose qu’il connait comme le ferait un médecin de l’amour qui chercherait un diagnostic. Une nouvelle qui s'apprécie après coup.

La seconde, La ruelle au claire de lune est totalement différente dans sa forme car il ne s’agit pas d’une lettre. J’ai eu l’impression d’avoir un extrait d’un roman qui raconterait un évènement qui s’est produit dans la vie d’un homme dont on sait peu de chose mais qui patiente dans un port de pêche. En se promenant, il entre dans un bordel mais il assiste aussi à cette occasion à l’humiliation d’un homme. Un homme qui tente de retrouver son épouse qu'il a négligée.
La nouvelle est plus courte que la première, ZWEIG maitrise ici, le rejet de la personne et les conséquences extrêmes d’un tel rejet. Même si le héro de cette nouvelle n’est pas concerné par cet amour, il est le témoin de cet amour « bancale » entre ce couple marié. Rapidement, le mari délaissé montre une part sombre. Il y a un basculement qui s’opère et notre héro préfère l’ignorer. Le lecteur en prend conscience. Il n’a pas l’intention de s’immiscer dans les histoires des autres et il sait que son passage dans cette ville ne va pas durer.
Une histoire dans un cours laps de temps, on s'attend alors à une chute. L’action se déroule sous nos yeux et n’est pas ancrée dans le passé. Cela donne un rythme à l’histoire et du coup, même si cette histoire est plus courte, j’ai eu l’impression de ressentir plus de chose. On ne se pose pas trop de questions, j'ai vécu plus intensément l'histoire.

Ce recueil de deux nouvelles a été relativement une bonne lecture même si pour ma part, ça ne sera pas non plus, celle du siècle. Je suis toujours au même point avec cet auteur, dans l’indécision. Pourtant, quelque chose me pousse à lui  laisser une énième chance avec un roman plus conséquent...Je ne sais pas encore lequel mais je sais qu’il a des œuvres citées en référence. Je verrai bien.


DE : Stefan ZWEIG
ÉDITION : Le livre de poche (2013)
PAGES : 96
LANGUE : Français (traduit par Danièle Valin)
LIEUX :  Vienne, Innsbruck (AUTRICHE) | FRANCE
PERSONNAGE(S) : /
THÈMES : Nouvelles | Passion | Solitude

5.1.16

Le tort du soldat


Résumé de l'édition

Un vieux criminel de guerre et sa fille dînent dans une auberge au milieu des Dolomites et se retrouvent à la table voisine de celle du narrateur, qui travaille sur une de ses traductions du yiddish. En deux récits juxtaposés, comme les deux tables de ce restaurant de montagne, Erri De Luca évoque son amour pour la langue et la littérature yiddish, puis, par la voix de la femme, l’existence d’un homme sans remords, qui considère que son seul tort est d’avoir perdu la guerre…

Le tort du soldat est un livre aussi bref que percutant qui nous offre un angle inédit pour réfléchir à la mémoire si complexe des grandes tragédies du XXe siècle.

Mon avis

Un simple dîner et tout une vie peut basculer. Un simple échange de regard va prendre une tournure funeste.
Ce qui fait l'originalité du roman Le tort du soldat et qu'il s'agit d'un récit à deux voix. On ignore leur identité, ils n'ont pas de nom pour le lecteur. Dans ce très court roman, l'auteur veut apporter une touche mystérieuse au récit qui n'est pas inintéressante.

La première voix qui constitue une sorte de première partie est celle d'un amoureux des mots, de la langue. Depuis quelques temps et après avoir fait la visite de camps de concentration, il traduit en italien des textes en yiddish. Il ne veut pas que cette langue soit perdue. C'est un devoir de mémoire qui lui tient à cœur. Il mène une vie de solitaire. Son intérêt pour la traduction le pousse à prendre son travail partout et même au restaurant où il a coutume de venir. Il ignorait au moment où commence l'histoire pour le lecteur, que cette simple habitude va "déranger" une personne dans la salle.  
C'est le portrait d'un homme touchant. En quelques pages, le lecteur est saisi par la passion dévorante du narrateur. On pourrait presque penser que ce portrait est celui de l'auteur lui même, Erri De LUCA. En fait, un unique narrateur ne m'aurait pas déplu et on aurait pu ainsi en apprendre plus à son sujet.

La personne qui semble agacée est un homme assez âgé au comportant perturbant. Il rejoint sa fille qui n'est autre que le second narrateur de l'histoire. Cette narratrice tente de faire comprendre au lecteur pourquoi elle est restée proche de cet homme. Elle cherche à justifier sa position de "fille de", tout en n'essayant pas d'amoindrir le rôle de son père durant la Seconde Guerre Mondiale.

Elle revient sur sa vie et c'est là que j'ai ressenti ma première de déception. Elle nous partage ses souvenirs au côté de cet homme. Il vit dans la crainte d'être reconnu même s'il a changé physiquement. L'utilisation d'un personnage féminin ne semble pas être l'effet du hasard. L'auteur voulait peut être utiliser sa voix pour alléger l'atmosphère mais justement, je m'attendais plutôt a partagé le point de vue du criminel même si ça pouvait être dérangeant. Ce que je trouvais intéressant toutefois, était l'ajout de quelques anecdotes comme le fait qu'elle n'aie toujours qu'entendu son père chuchoter parce que dans les camps, les gens reconnaissaient les personnes par le son de leur voix.
En revanche, lorsqu'elle racontait sa vie intime, je trouvais que ça cassait un peu le rythme de l'histoire. L'auteur a voulu pousser plus loin dans l'analyse de son personnage pour qu'on puisse tenter de la comprendre mais avec aussi peu de pages, je me demandais si c'était franchement nécessaire.

La seconde déception est liée au fait qu'il n'y ait pas eu de confrontation directe entre les personnages. On ne fait que lire les points de vue. Aucunes paroles ne sont échangées. J'ai presque eu l'impression d'avoir été trompée mais en y réfléchissant, je sais que les dialogues n'aboutiraient à rien...C'est assez paradoxal comme sentiment.  J'en veux à l'auteur de ne pas avoir fait ce que j'aurai été incapable de faire.

Au final, Le tort du soldat n'a pas été aussi percutant pour moi que je le pensais. J'ai fini cette lecture avec un sentiment partagé. J'ai eu besoin de recul pour écrire cet avis. Ceci dit, il reste intéressant et il se peut que pour certain, ce roman plaise davantage.

Je tiens à remercier Livraddict d'avoir permis ce partenariat avec les éditions Folio que je remercie également !


DE : Erri De LUCA
ÉDITION : Folio (2015)
PAGES : 87
LANGUE : Français (traduit par Danièle Valin)
LIEUX :  Les dolomites, Ischia (île) (ITALIE) | Vienne (AUTRICHE)
PERSONNAGE(S) : /
THÈMES : Yiddish | Seconde Guerre Mondiale | Confrontation