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22.1.15

The Major's Daughter

                                          DE : J.P FRANCIS
EDITION : Plume
PAGES : 400
LANGUE : Anglais
LIEUX : Stark, Ashtabula, Berlin (ÉTATS-UNIS)
PERSONNAGE(S) : Collie Brennan, August Wahrlich, Marie & Amy Chapman, Henry Heights, Estelle Emhoff...
THEMES : Choix | Romance | Seconde Guerre Mondiale
RÉSUMÉ DE L’ÉDITION
Like Snow Falling on Cedars, a stirring tale of wartime love.

April, 1944. The quiet rural village of Stark, New Hampshire is irrevocably changed by the arrival of 150 German prisoners of war. And one family, unexpectedly divided, must choose between love and country.

Camp Stark is under the command of Major John Brennan, whose beautiful daughter, Collie, will serve as translator. Educated at Smith and devoted to her widowed father, Collie is immediately drawn to Private August Wahrlich, a peaceful poet jaded by war. As international conflict looms on the home front, their passion blinds them to the inevitable dangers ahead.

Inspired by the little-known existence of a real World War II POW camp, The Major’s Daughter is a fresh take on the timeless theme of forbidden love.
MON AVIS
            Un seul regard peut suffire pour changer toute une vie. Pour Collie, c'est le jour où les Allemands sont venus à Stark. Pour August, c'est le jour où il a vu la fille du responsable du camp de prisonniers. Pour eux, sans une parole c'était une évidence.

The Major's Daughter semblait dès lors très prometteur, le résumé laissait supposer une histoire d'amour passionnante, une extrême tension et pourtant comme je me suis sentie trahie !
Certes, l'histoire d'amour est présente mais l'auteur ne l'a pas autant exploité comme le faisait présager le synopsis. Pire, l'histoire d'amour a été mise au second plan, à mon grand dam !
Sur 400 pages, les passages où le lecteur pourra retrouver les deux protagonistes, doivent représenter à peine plus du dixième du roman ! J'ai remarqué que son personnage passait plus de temps avec les personnages secondaires qu'avec lui...
Or, ces passages sont divinement beaux – ce qui est d'autant plus frustrant ! J.P FRANCIS réussit par ses mots, sa manière d'écrire à y insuffler, un romantisme très touchant qui ne tombe aucunement dans la niaiserie !
Pour autant, il y a du positif dans ce roman – sinon, il n'aurait pas eu la moyenne me diriez vous et ceci grâce au partage des points de vue des deux amants. 

              Lorsque le lecteur partage le point de vue d'August, il apprend aussi à connaître les conditions de détention des Allemands dans ces camps. Cette partie du livre est indéniablement bien traitée dans la mesure où même s'il s'agit d'une fiction, ce camp a réellement existé ! De plus, même si j'ai déjà eu l'occasion de voir un reportage sur les prisonniers Allemands, le lire, a été une grande première ! L'auteur souligne avec une grande finesse que la guerre n'était pas finie pour tous les prisonniers.



Le camp Stark (photo prise par Allan KOOP) et une photographie de soldats Allemands dans ce camp. 

Les scènes ne sont pas trop dures mais on comprend à quel point la détention peut avoir un impact autant physique que moral sur les prisonniers. Certains nazis n'hésitaient pas à punir sévèrement certains de leur compatriote pour une raison X ou Y, à la connaissance des gardiens qui préféraient ne pas intervenir. A ce stade de la narration, j'ai partagé avec August le stress que conduit une telle condamnation arbitraire ! Le lecteur est témoin mais ne peut pas intervenir !
De plus, contrairement à ce que l'on pourrait penser, ils n'étaient pas forcément détester de tous et notamment de familles américaines qui avaient des origines allemandes. La proximité avec le Canada a aussi, permis à l'auteur de parler des évasions d'Allemands, qui ne mettaient que deux jours à pieds pour rejoindre la frontière !
August est un personnage très attachant, il aura suffit quelques pages pour avoir la sensation de le connaître. Au fil des pages, on en apprend un peu plus sur lui et sur son passé en Autriche. Le seul petit regret – pour titiller - serait peut être que l'on ne partage pas le point de vue de sa famille, ce qui aurait été je pense très intéressant.

             Du point de vue de Collie, l'auteure cherche à démontrer l'impact que la liaison peut avoir sur son entourage. Collie sera amenée à choisir entre l'amour et son Pays ! N'oublions pas qu'au moment où se déroule l'histoire, la Seconde Guerre Mondiale fait rage. C'est un choix qui n'est pas facile à faire et J.P Francis met alors en scène plusieurs personnages qui d'une certaine manière aideront notre héroïne à se décider. Deux personnages notamment ont retenu mon attention et qui ont vraiment leur place dans le récit.

Henry Heights, un américain qui n'est pas insensible au charme de notre héroïne. Henry avait tout pour être le méchant de l'histoire or, ce ne fut pas le cas ou du moins, pas autant que je le pensais ! Un méchant pas vraiment méchant ? Non, merci ! Toutefois, l'entrée de ce personnage était bien judicieux, il a permis d'ajouter une petite touche d'intrigue à l'histoire et d'amener de l'incertitude dans la prévisibilité.
Quant à Estelle, c'est l'amie et confidente de Collie. Elle vit une histoire assez similaireelle tombe amoureuse d'un immigré indien et sera amenée à faire un choix.
J.P Francis parle souvent d'Estelle, pour qu'on comprenne, nous lecteur, le choix que doit faire Collie – Doit-elle choisir le même parcours qu'Estelle ? Les chapitres entiers sur elle ne m'ont pas dérangé même si ce n'est pas à ce à quoi je m'attendais au départ...C'est un personnage qui fait preuve d'une grande maturité au risque d'en souffrir...Je dirai même que sous certains aspects, je l'ai préféré à Collie.

          Avec une préférence pour les moments où j'ai partagé le point de vue de August, les moments avec Collie n'étaient pas inintéressants mais manquaient cruellement d'actions. J'ai eu la sensation que l'auteur jouait la carte de la sureté, sans oser faire prendre de grands risques à ses personnages.
Il faudra attendre les dernières pages qui ont été riches émotionnellement, pour donner une nouvelle tournure à l'histoire. J'ai trouvé dommage, que ce moment soit intervenu trop tardivement dans la narration - même si non plus, je ne le voyais clairement pas au début ! 

J.P FRANCIS par ce roman traite un sujet rarement exploité dans une romance et le fait remarquablement bien. Un magnifique roman qui plaira aux lecteurs amateurs du genre sans toutefois contenter les grands romantiques ou ceux qui rêvent de moments trépidants !

 © Melleaurel

15.1.15

Arrive un vagabond

                                          DE : Robert GOOLRICK
EDITION : Pocket
PAGES : 352
LANGUE : Français
LIEUX : Brownsburg, Lexington (ÉTATS-UNIS)
PERSONNAGE(S) : Charlie Beale, Sam - Will et Alma Haislett, Sylvan Glass...
THEMES : Tragédie | Romance | Après Seconde Guerre Mondiale
RÉSUMÉ DE L’ÉDITION
Brownsburg, Virginie, 1948.
Une petite ville paisible, aux maisons bien alignées. On y vit en bon voisinage, dans la crainte de Dieu et le respect des convenances. Le soir, sous les vérandas, on boit du thé glacé.
Quand arrive un vagabond...
Au volant d'un vieux pick-up déglingué, il s'appelle Charlie Beale et s'attire vite l'affection générale. Celle d'un enfant, d'abord, puis l'amour d'une femme mariée...
La passion vient d'entrer dans Brownsburg, emportant avec elle ce qui pouvait rester de pureté et d'innocence...
MON AVIS
             Un mystère plane autour de Charlie Beale. Qui est cet homme qui va se faire aimer de tous, dans une ville où le pêché n'a pas sa place, où la vie est réglée comme du papier à musique ? À la description de cette ville, j'ai eu l'impression de faire la visite d'une ville témoin américaine où tout est trop beau pour exister.

            Le narrateur de cette histoire est un homme de plus de 60 ans qui a connu cet homme. Il s'agit de Sam Haislett, le fils de Will, le boucher qui engagera notre héros. Il racontera comment alors qu'il n'a pas encore 6 ans, cet homme va entrer dans sa communauté et balayer toutes les conventions. Malgré le fait qu'il soit le narrateur, Robert GOOLRICK ne le fera pas employer la première personne mais utilisera la troisième personne du singulier. Cet emploi stylistique curieux, accentue le côté mystérieux. Il y a un retrait du narrateur. Ce sont des souvenirs d'un enfant que le lecteur découvre, l'accent sera mis sur des événements, des détails que seul un enfant pourrait remarquer.

          Charlie Beale, héros aimé et aimant est le malheureux acteur d'une tragédie contemporaine. Le personnage de  GOOLRICK a toujours avec lui ou à proximité une mallette contenant de l'argent, un set de couteaux. Son personnage adore dormir sous la belle étoile, s'achète des parcelles de terres, connaît peu son frère, était en Europe durant la Seconde Guerre Mondiale mais pourtant, on ne sait rien de lui.
Pourquoi a-t-il avec lui cette valise ? Comment a-t-il fait pour avoir autant d'argent ? A-t-il déjà été marié ? Pourquoi, il ne parle pas de sa famille ? À toutes ces questions, le lecteur ne trouvera aucune réponse !
Ce n'est pas au fond, ce que cherche à faire découvrir l'auteur et ce n'est pas ce que recherche le lecteur. Au départ, je pensais que l'on aurait toutes les réponses, qu'il y aurait au moins une explication et puis je me suis rendue compte à la toute fin, que le fait d'en avoir eu aucune n'a rien changé à l'appréciation que j'ai eu de l'histoire. C'était assez paradoxale !

L'auteur met l'accent sur l'instant T et le passé reste obscure. Il veut que l'on garde à l'esprit, cette idée de confinement, cette atmosphère pesante. J'ai eu cette impression que vous avez déjà du avoir. Celle de poser inlassablement une question en espérant une réponse et puis quand votre interlocuteur, vous demande « Vous pouvez répéter ? », vous lui dîtes « Non, non, rien ».

            Le personnage principal arrivera dans cette petite ville pour pouvoir s'installer car il est fatigué de cette vie (Pourquoi ?). Il recherchera un travail et c'est par ce biais, qu'il s'intégrera.
C'est la famille Haislett, qui le prendra sous son aile, qui va l'aider à s'intégrer. Ce lien avec cette famille bien que sincère, m'a de suite laissée perplexe. J'ai eu cette sensation que tout est factice ! Ils sont un soutien pour cet étranger à cette communauté. Remplient de bienveillance, ils lui font une confiance aveugle.
En revanche, j'ai été émue par la relation entre Charlie et Sam. Un rapport père/fils entre lui et Sam se tisse. Avec beaucoup d'admiration, ce jeune garçon, le voit comme un héros. Ce gosse pourrait mentir pour lui et n'hésitera pas à le faire, lorsque Charlie fera la connaissance de Sylvan. Pire que tout, le jeune Sam sera en quelque sorte la couverture et l'alibi de cette liaison.

               Charlie et Sylvan vivent une parenthèse enchanteresse et c'est du point de vue du jeune garçon qui ne connait rien aux relations charnelles que l'on découvre cette liaison. L'équilibre n'est pas parfait dans ce « couple », Charlie semble plus engagé alors que Sylvan est plus dans le côté charnel. J'ai eu l'impression qu'elle l'aimait mais pas autant que Charlie. Elle aimait plus l'idée que représentait l'adultère que la personne avec qui elle le commettait.
Le personnage de Sylvan est attendrissant, d'une certaine manière. Jeune mais mariée à un homme qui l'a quasiment acheté, elle vit dans la bulle qu'elle s'est créée comme une star hollywoodienne qu'elle espère ressembler. Elle adore aller au cinéma pour ensuite calquer les mimiques des actrices qu'elle a observé ou demandé à son "amie" de lui reproduire certaines robes. Elle n'a qu'une seule amie et encore cette amitié est étrange. En effet, elle se lit d'amitié avec Claudie, une métisse exclue par la communauté noire de la ville et de la communauté blanche. Amitié étrange, car du point de vue de Claudie, il ne s'agit pas d'une amitié mais plutôt d'une entende cordiale alors que pour Sylvan, Claudie est une confidente !
Ce personnage est tellement singulier que c'est sa naïveté et son enfance coupée du monde qui la pousseront à prendre des décisions regrettables pour elle et Charlie.

               Mais comme, on n'est pas dans un conte utopique. L'auteur au moment où l'on s'attend le moins fait basculer ce côté idyllique.
Cela commence avec le procès et les conséquences qu'un tel procès peut avoir sur la vie sociale d'un individu. Ici, la présomption d'innocence n'a pas sa place et malgré, l'issue du procès, l'Homme est condamné non pour ce qu'on lui reproche mais parce qu'il a pêché. Ce n'est pas la justice qui va s'en charger mais les habitants.

Ce renversement de situation m'a surpris. Toute cette partie est prenante. Les mots employés, la manière de l'amener par l'auteur est très juste. Il y a presque un côté poétique (qui est présent depuis le début).
Le lecteur est saisie par la détresse du héros, on espère un dénouement heureux, on lui souhaite même et pourtant, quelle surprise ! Quelle fin ! Je me suis prise littéralement une claque comme abasourdie, j'ai cherché en vain des indices et je n'ai rien trouvé – du moins pas de prime abord et puis, en analysant, bien, c'était logique, tout le laisse penser : le comportement, le caractère du personnage...

           C'est une tragédie contemporaine que nous livre Robert GOOLRICK. Tel un vagabond, le lecteur a fait un petit détour par cette ville et repartira, déconcerté, dérouté.

 © Melleaurel

6.12.14

Grand Central


                                          DE : Melanie BENJAMIN, Jenna BLUM, Amanda HODGKINSON, Pam JENOFF, Sarah JIO, Sarah McCOY, Kristina McMORRIS, Alyson RICHMAN, Erika ROBUCK & Karen WHITE
EDITION : Berkley
PAGES : 356
LANGUE : Anglais
LIEUX : New York (ETATS-UNIS)
PERSONNAGE(S) : -
THEMES : Nouvelles | Après Seconde Guerre Mondiale | Romance
RÉSUMÉ DE L’ÉDITION
A war bride awaits the arrival of her GI husband at the platform…
A Holocaust survivor works at the Oyster Bar, where a customer reminds him of his late mother…
A Hollywood hopeful anticipates her first screen test and a chance at stardom in the Kissing Room…


On any particular day, thousands upon thousands of people pass through New York City’s Grand Central Terminal, through the whispering gallery, beneath the ceiling of stars, and past the information booth and its beckoning four-faced clock, to whatever destination is calling them. It is a place where people come to say hello and good-bye. And each person has a story to tell.

Now, ten bestselling authors inspired by this iconic landmark have created their own stories, set just after the end of World War II, in a time of hope, uncertainty, change, and renewal…
MON AVIS
          Imaginez vous, une scène prise sur le vif dans le hall de la gare Grand Central à New York. De nombreux voyageurs se croisent mais ne se regardent pas...quelques regards se perdent. On entend plusieurs exclamations, certains soldats reviennent du front, ils revoient des amis, un ou plusieurs membres de leur famille, leur amant. D'autres pleurent en secret ceux qu'ils ne reverront plus...On fait un arrêt sur image. Comme une photographie interactive, il suffit de cliquer sur la personne de son choix pour découvrir son histoire.
Un hall de gare est l'endroit parfait pour commencer une histoire et c'est ce que vont faire dix auteurs pour le plus grand plaisir du lecteur !
Mais pas n'importe quel auteur, dix auteures de renoms aux États-Unis : Melanie BENJAMIN, Jenna BLUM, Amanda HODGKINSON, Pam JENOFF, Sarah JIO, Sarah McCOY, Kristina McMORRIS, Alyson RICHMAN, Erika ROBUCK et Karen WHITE.

          Grand Central a pour particularité d'être une anthologie c'est-à-dire un recueil de 10 nouvelles où l'auteur devra respecter un thème « Septembre 1945 dans la gare Grand Central à New York ». Après chaque auteur est libre de faire ce qu'il veut au grès de ses envies.
Alors qu'il aurait été facile d'imaginer, des histoires sur des retrouvailles entre un soldat et sa compagne, Grand Central offre une grande diversité de nouvelles. Il n'y en pas une qui ressemble à une autre.
Le lecteur partagera la souffrance d'un rescapé d'un camp de concentration, l'exile d'une luxembourgeoise qui a honte de son passé, le retour d'un soldat brisé, une aviatrice qui a besoin de faire une dernière chose avant de retourner à la vie civile, un immigré qui tombe amoureux... Autant de personnages qui permettront au lecteur de s'attacher au moins à l'un d'entre eux, à partager des émotions contradictoires, à espérer et à oublier les trahisons du passé.
J'ai apprécié l'imagination de ces auteures, chaque nouvelle a son univers et alors que je pensais me connaître en histoire d'amour sur la Seconde Guerre Mondiale, j'ai quand même été surprise !

          Le petit plus de ce livre est que chaque nouvelle est liée à celle qui la précède. Même si cela est fait finement, il suffira d'une phrase pour comprendre le lien. Les auteures ont pensé à tout car il est vrai que si l'on part du constat que l'action se déroule principalement dans le même lieu, un personnage aurait bien pu rencontrer un autre ! C'est ingénieux et permet de montrer au lecteur, qu'il y a eu un véritable échange entre les auteurs !
Par exemple, j'ai aimé que Peter le personnage central de la deuxième nouvelle (The Lucky One), écoute une musique dans le hall et jette quelques pièces à un musicien. Le musicien en question, c'est Gregori, le personnage central de la première nouvelle (Going Home). Un moment donné, Peter heurte une femme, c'est le personnage central de la troisième nouvelle (The Branch of Hazel)et celle-ci se rappelle avoir croisé un Allemand dans la gare, il s'agissait de Peter.
À chaque nouvelle, j'étais en quête d'indices pour la nouvelle suivante ! J'ai adoré ! Au final, malgré leurs différences, les nouvelles ont toutes un fil conducteur : Grand Central !

          Évidemment, certaines nouvelles sont meilleures que d'autres mais non pas en raison de leur qualité car elles se valent un peu près toutes, mais en raison des émotions qu'elles procureront au lecteur. En effet, chaque nouvelle fait environ 30 pages, l'auteure doit trouver les bons mots pour qu'en peu de phrases finalement, donner autant d'émotions que s'il s'agissait d'un véritable roman. Elles doivent aller à l'essentiel et accrocher le lecteur dès la première page !
Je pourrais vous parler une à une de chaque nouvelle mais je risque de trop vous en révéler et vous gâcher ainsi le plaisir de les découvrir ! Je vais donc m'abstenir. J'ai eu plusieurs coups de cœur – 8 sur 10 (quand même !) dont trois véritablement ont réussi à me transporter au delà de mes espérances :

» The Lucky One de Jenna BLUM – la deuxième nouvelle avec Peter, un rescapé d'un camp de concentration. J'ai versé quelques larmes et il a suffit à peine une page pour que je m'attache à ce personnage ! Un coup de ♥ !

» The Harvest Season de Karen WHITE – la dernière nouvelle avec Will, un soldat de retour dans sa petite bourgade du Sud des États-Unis. J'ai aimé ce personnage qui est encore sonné par la guerre, cherche à oublier les trahisons, essaye de s'adapter aux nombreux changements que sa famille a du faire face durant son absence...

» The Reunion de Kristina McMORRIS - la septième nouvelle avec Virginia, une aviatrice durant la Seconde Guerre Mondiale. J'ai aimé que l'on parle de l'implication de la femme durant la Seconde Guerre Mondiale mais aussi suivre cette aviatrice qui recherche le pardon après la guerre...

Ces trois auteures ont réussi à me toucher, j'ai adoré leur plume. Sans le savoir, j'avais plusieurs romans à elles dans ma wishlist et même un autre roman de Kristina McMORRIS dans ma pile à lire : Letters from Home que je vais m'empresser de mettre dans ma sélection des prochains livres à lire en anglais !
N'étant pas anglophone de naissance, j'aime bien lorsque l'auteur ne cherche pas à faire des phrases compliquées car malgré les quelques années de pratique, il m'arrive encore de ne pas comprendre toutes les subtilités. Le style était simple, les mots percutants.

          Grand Central est un coup de cœur ! En plus, de m'avoir permis de découvrir de nouveaux auteurs, c'est un véritable trésor où l'émotion règne en maître. Mon seul regret au fond, c'est que cela soit seulement un recueil de nouvelles et non de romans !

Crédit photo : Alfred EISENSTAEDT, Farewell to departing troops, April 1943
Source gif :

© Melleaurel

3.12.14

221B Baker Street

                                          DE : Graham MOORE
EDITION : Pocket
PAGES : 512
LANGUE : Français
LIEUX : Norwood, Hindhead, Millhead & Londres (ANGLETERRE) | New York (ETATS-UNIS) | Chutes de Reichenbach (SUISSE)
PERSONNAGE(S) : Arthur Conan Doyle, Bram Stocker, Harold White...
THEMES : Enquêtes | Sherlock | Historique
RÉSUMÉ DE L’ÉDITION
Octobre 1900, Londres. Après avoir reçu un étrange courrier, Conan Doyle se retrouve mêlé à la disparition de plusieurs jeunes filles dans les bas-fonds de la ville. Sur les traces d'un tueur en série, il demande l'assistance d'un de ses amis, l'écrivain Bram Stoker, auteur de Dracula.

Janvier 2009, New York. C'est un grand jour pour Harold White : son article mettant en parallèle les exploits de Sherlock Holmes et la naissance de la médecine légale lui vaut d'être intronisé dans la prestigieuse association des « Baker Street Irregulars ». C'est aussi un grand jour pour ladite association : Alex Cale, l'un de ses membres les plus renommés, vient de retrouver le « Saint-Graal » des fanatiques de Conan Doyle, le fameux tome perdu du journal intime de l'écrivain, couvrant les mois d'octobre à décembre 1900. C'est en effet à cette époque que Conan Doyle, après avoir fait mourir Sherlock Holmes sept ans plus tôt au grand dam de ses admirateurs, a décidé, pour une raison demeurée inconnue, de faire revivre le célèbre détective. Mais Alex Cale est assassiné avant d'avoir pu dévoiler le contenu du fameux journal et Harold, inspiré par l'art de la déduction de son illustre modèle, se lance sur la piste du meurtrier.
MON AVIS
          Bien que je connaissais de nom Sherlock Holmes et son auteur, Arthur Conan Doyle, je ne me suis jamais vraiment intéressée à ce détective et ni à cet auteur. Certes, je connaissais Sherlock et son acolyte par le biais de la série de BBC mais c'était tout. Je lis très peu de policier, alors forcément lorsque je pense en lire un, je m'attends à une enquête même si elle n'est pas extraordinaire, au moins étonnante !

          221B Baker Street avait tous les ingrédients pour être alléchant : un côté historique, la mise en scène de personnes ayant vraiment existées, deux enquêtes pour le prix d'une...Il n'en fallait pas plus !
Dans ce livre, le lecteur suit parallèlement à l'enquête que mène Arthur Conan Doyle en 1900, une autre en 2010 qui est menée par Harold White. Le lecteur se doute que les enquêtes sont liées.
Cependant lorsque l'on fait un tel choix, il faut vraiment avoir deux enquêtes qui tiennent la route et surtout deux enquêtes qui sont du même niveau. Or, dans l’œuvre de Graham MOORE ce n'est pas le cas. Ce qui était un point positif devient un élément qui tire le roman vers le bas ou pour être imagé, dans les tréfonds du Londres du début XXème.

          La première enquête est celle menée par Harold, un jeune membre des "Baker Street Irregulars" – un club qui existe vraiment ! Il cherche à retrouver le meurtrier d'un des membres du club car ce dernier serait en possession d'un journal disparu d'Arthur Conan Doyle. Un mystère plane autour de ce livre et le lecteur se demande mais qui a tué ce membre ? Est ce un autre membre ? Le descendant d'Arthur Conan Doyle qui est aussi à la recherche de ce journal ?
Cette investigation est celle qui est pour moi, la moins aboutie. Même si j'ai été bluffée par le dénouement de l'histoire, tout au long de cette enquête, ça manque cruellement d'actions.
Harold, le héros est fade, affublé d'un chapeau de chasse qui le  rend limite pathétique. Sa description du départ qui me faisait penser au stéréotype de l'adulte qui veut se prendre pour un adolescent, a été confortée au fil des pages. Graham MOORE a voulu en faire un héros alors qu'il n'y paraissait pas de prime à bord sauf qu'en jouant avec les clichés, il n'a pas réussi à le rendre crédible ! J'avais envie de lui dire "Bon, t'arrêtes une minute de jouer ?" J'ai eu du mal à le prendre au sérieux et je trouvais que même la manière de lui confier l'enquête était trop belle pour être vrai.
S'agissant de son acolyte Sarah, elle est amenée tellement de manière suspecte que même si on ne le veut pas, le lecteur est obligé de se méfier d'elle. Le lecteur sait qu'on va apprendre quelque chose sur elle et du coup, je me suis trop attachée à de petits détails la concernant pour apprécier pleinement certaines scènes.
          Quant à l'intrigue en elle-même, vers la fin, il y a eu un bon rebondissement mais tout au long, tout était prévisible. Le changement de lieu, passer des États-Unis à l'Angleterre, n'apporte rien ! Il y avait trop les codes d'une enquête classique que l'on retrouve dans les séries policières américaines : une poursuite, une filature, une scène clé qui a été vandalisée, une personne qui se déguise en ouvrier... Ça manquait cruellement d'originalité ! 
D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si Graham MOORE avant d'être écrivain était scénariste. De plus l'auteur, à un moment donné s'est trop attardé sur un détail anodin pour que moi lectrice (paranoïaque peut être) ne pense pas me méfier !
La trame de l'histoire était lisible, comme un mode d'emploi, on pouvait suivre étape par étape la manière de procéder de l'auteur.

       J'ai été soulagée de constater que conjointement à cette enquête et alternativement à chaque chapitre, il y en avait une autre, celle de 1900.
Dans cette enquête, c'est Arthur Conan Doyle qui joue le pseudo détective avec en guest-star Monsieur Bram Stocker (le papa de Dracula).
Le côté "réaliste" a un certain attrait même si les dialogues et quelques évènements n'ont pas existé ou comme l'auteur s'explique se sont déroulés quelques années après.
L'ambiance 1900 a joué un grand rôle dans le fait que cette enquête m'a beaucoup plu et que je n'ai pas renoncé à ce roman. Il y avait encore dans les rues de Londres, les lampes à gaz. Je m'imaginais bien cette lumière tamisée qui enveloppait les rues sinistres et les rues joyeuses de Londres. On est au début de l'évolution des techniques policières comme la prise des empreintes...
Conan DOYLE est victime d'un attentat par le biais d'une lettre piégée, il pense que son meurtrier veut attirer son attention car il aurait commis d'autres meurtres : ceux de filles suffragettes.
L'idée de départ était excellente, cela permettait de combiner l'histoire avec un grand H et l'enquête policière. Pourtant, cette enquête s'est essoufflée et le responsable est l'auteur lui même, qui a pris le partie de donner un caractère exécrable à Arthur Conan Doyle. Au départ, c'était amusant, à la longue épuisant !
J'ai été hors de moi lorsque "le personnage" d'Arthur Conan Doyle (voir photo) donnait ses impressions sur les femmes  – j'ai eu l'impression de découvrir un auteur misogyne ! Après quelques recherches, le point de vue d'Arthur Conan Doyle sur la place de la femme ressemblait un peu à ce que l'auteur nous décrivait dans ce livre. Pourtant, j'aime prendre du recul avec ce que la presse avait dit à l'époque et ce que l'auteur (Arthur) pensait vraiment. On ne le sera jamais mais bon, j'ai une certaine méfiance quand on voit, avec quelle facilité on peut en sortant du contexte vous faire dire des choses abominables !
Même si Graham MOORE a du faire de nombreuses recherches, a essayé d'être au plus juste sur le comportement du célèbre auteur, j'ai au fils des pages de moins en moins aimé Arthur Conan Doyle et fini par être un peu déçue ! Mais comme je le dis, précédemment, il faut prendre tout cela avec des pincettes !
Ensuite, j'ai regretté la manière dont l'enquête se clôture comme un soufflet qui monte dans le four et qui retombe à la sortie ! Que c'est dommage ! Pourquoi se donner autant de mal pour ne pas trouver un tueur à la hauteur de l'histoire !
Au final, j'aurai préféré que l'auteur se penche plus sur l'enquête de 1900. Comme, il a du inventer quelques faits, autant carrément oser une fin extraordinaire, non ?
[SPOILER] Pourquoi ne pas faire de Bram STOCKER, le tueur ? Ça aurait été osé mais aussi justifiable par sa quête d'histoires sanguinaires ! [SPOILER]

221B Baker Street est un bon roman qui plaira aux fans du célèbre détective mais il y a trop d'imperfections pour le rendre indispensable. Je ne pense pas lire d'autres romans de cet auteur – s'il y en a ;  mais pour autant, il m'a donné envie de me plonger dans les aventures de Sherlock Holmes. Alors, au moins avec cette lecture je n'aurais pas eu la sensation de perdre totalement mon temps.

Source gifs : * / *

© Melleaurel

19.10.14

Le Talisman (Outlander #2)

Résumé de l'édition
1968. À la mort de son mari, l'historien Frank Randall, le Dr Claire Beauchamp-Randall emmène sa fille Brianna en Écosse, sur les lieux mêmes où, vingt ans plus tôt, elle a vécu d'extraordinaires aventures. Là, elle révèle à sa fille le terrible secret qu'elle n'a jamais dévoilé depuis qu'elle fut retrouvée inanimée au pied d'un menhir, dans un ancien site mégalithique... après trois années d'une absence inexpliquée.

1744. Après avoir fui l'Écosse où ils sont hors la loi, Claire et son jeune époux Jamie se sont réfugiés en France. Ils attendent un heureux événement, mais une menace plane sur leur bonheur : la terrible répression qui attend les Highlanders si le prince Charles-Édouard Stuart persiste dans ses projets d'invasion de l'Écosse. Claire et Jamie décident donc de tout faire pour modifier le cours de l'Histoire et empêcher ce massacre...

Mon avis 
Une semaine après avoir quitté les deux héros du tome 1, je me précipitai pour commencer cette lecture. J'étais encore imprégnée de l'atmosphère du tome précédent.

Dès le début, le tome 2 (en fait tome 3 et 4) m'a laissé un peu perplexe. Alors que l'intrigue du tome précédent finissait en 1744, ici on commence directement en 1968 !
Cette partie est vraiment émouvante, elle est riche en révélations – certaines bonnes, d'autres moins mais surtout la question que le lecteur se pose : Pourquoi Claire est là en 1968 ? 
C'est l'intrigue principale de ce tome ! Claire va nous l'expliquer, va l'expliquer à Brianna et à Roger.
Brianna et Roger sont les deux grands nouveaux personnages de la saga. Brianna est la fille de Claire. On fait sa connaissance mais l'auteure n'en parle pas plus que cela et surement pas assez dans ce tome pour se faire une idée de ce personnage ! Je l'ai trouvé sympathique mais c'est tout.
Roger n'est pas censé, nous être inconnu. On a déjà fait sa connaissance dans le tome 1 (Le chardon et le tartan) – Rappelez vous le jeune garçon en 1946, chez le révérend Wakefield ? Dans ce tome, il a bien grandi puisqu'il est professeur d'Histoire ! C'est un personnage prometteur que nous présente Diana GABALDON. Il a une personnalité atypique (il a tendance à se parler à lui même) et j'ai eu l'impression de voir « un savant fou » - j'espère que dans les prochains tomes, on en apprendra plus ! De bons moments en perspective, je suis déjà conquise !

Comme je le disais précédemment, Claire explique les raisons de sa présence. On sait qu'il s'est écoulé 20 ans, qu'elle est partie en 1746 et est réapparue en 1948. 
Pour nous expliquer le pourquoi du comment, l'auteure nous fait retourner en 1744. J'ai relevé deux grandes périodes dans cette partie. 

La première est celle en France. L'auteure plonge Claire et Jamie dans les intrigues du Paris du XVIIIème. On rencontre les grands noms de l'histoire française, on rencontre le Roi de France, Louis XV – je n'étais pas d'accord avec la présentation que nous faisait l'auteure de ce Roi. Louis XV était pour l'époque considérait comme un bel homme et là dans ce tome, il est décrit comme un homme à la limite de la répugnance !
Mais ce n'est pas un Paris idéalisé avec tous ses fastes mais un Paris sombre où la magie n'est pas loin que nous présente Diana GABALDON. J'ai bien aimé toute cette période, j'ai eu l'impression de rentrer dans les décors d'un épisode de Nicolas LE FLOCH ! Les ruelles sombres, les intrigues à la Cour, l'occultisme, les conspirations sont les grands ingrédients de cette partie.
Claire encore une fois enchaine les scènes loquaces, les répliques de Jamie sont irrésistibles et souvent très drôles. J'ai ressentie une bonne complicité entre les deux personnages, comme si je l'ai connaissais depuis des années !

 
Charles Edouart STUART & Louis XV

Ici, Jamie et Claire ont une seule mission : empêcher Charles Édouard STUART, le prétendant aux couronnes Anglaise et Écossaise de venir faire un coup d’état. Claire et Jamie penseront alors empêcher le massacre des Highlanders qui aura lieu en 1786.
Malgré tout, vers la fin, de cette partie, je trouvais que les intrigues s'épuisaient un peu. Il y en avait tellement, qu'à la fin je me disais « trop d'actions tue l'action » ! Certaines solutions étaient prévisibles, des intrigues étaient passées à la trappe.

J'ai été heureuse lorsque Claire et Jamie ont quitté la France pour l’Écosse. C'est pour moi, la seconde partie.
J'avoue que le début était un peu plat. J'ai pris tellement l'habitude de voir nos personnages dans des situations extraordinaires que lorsqu'il y a eu un peu de routine dans leur vie, j'ai eu l'impression de m'enliser dans la boue de Lallybroch.
Et puis, heureusement, il y a un bouleversement et là commence une des meilleures parties de ce tome : la guerre !
Qui dit guerre, dit actions mais aussi tensions, angoisses. On vit à travers le regard de Claire, une des plus grandes périodes de l'histoire écossaise.
Des promesses sont faites, des choix vont s'imposer pour nos deux héros. Il y a encore de nombreuses révélations et toutes les intrigues que je pensais prévisibles à Paris ne le sont plus. Je me suis rendue compte que j'ai aimé voir ce que l'auteur me montrait.

La surprise fait place à la peur car on est en 1746 et le retour au XXème siècle de Claire se fait de plus en plus imminent...Les pages défilaient à un rythme effréné. J'appréhendai la fin, je voulais faire durer le plaisir et en même temps n'arrivait plus à attendre...
Diana GABALDON joue avec nos nerfs, on retourne en 1968. A peine remis du choc de ce tome, l'auteure nous fait une nouvelle révélation ! J'ai imaginé l'effroi des lecteurs lors de la première parution de ce tome.
Bon, j'avoue que cette révélation ne m'a pas trop surprise dans la mesure où je savais qu'il y aurait un autre tome...

Le Talisman est un très bon tome malgré quelques prévisibilités et longueurs. Ce n'est toujours pas un coup de cœur mais pourtant, dès que le tome 3 sort, je cours me l'acheter et n'hésiterai pas à abandonner mes lectures en cours ! 

Pour finir cet article, je vous mets en lien un blog que j'ai découvert et que j'adore "Le petit MAG en KILT". Tous les mercredis et dimanches, il y a le rendez-vous "La presse à imprimer de Jamie FRASER", un vrai plaisir et surtout de nombreuses informations relatives à la série qui s'est inspirée des romans.

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                                      DE : Diana GABALDON
EDITION : J'ai lu (intégrale)
PAGES : 947
LANGUE : Française
LIEUX : Iverness, Edimbourg, Broch Mordha, Culloden, St Kilda, Lallybroch, Stirling, Kerse, Prestonpans, Travent, Beaufort, Livingstone, Tavistock, Bellhurst, Craigh na Dun | ECOSSE & Le Havre, Paris, Versailles, Argentan, Fontaine Bleau | FRANCE
PERSONNAGES : Claire Fraser, Jamie Fraser, Brianna Randall, Roger                                               Wakefield...
                                     THEMES : Amour | Fantastique | Histoire | XVIIIème

4.10.14

Le chardon et le tartan (Outlander #1)

Résumé de l'édition
1945. Claire passe ses vacances en Écosse, où elle s'efforce d'oublier la Seconde Guerre mondiale auprès de son mari, tout juste rentré du front. Au cours d'une balade, la jeune femme est attirée par un mégalithe, auquel la population locale voue un culte étrange. Claire aura tôt fait d'en découvrir la raison : en s'approchant de la pierre, elle se volatilise pour atterrir au beau milieu d'un champ de bataille. Le menhir l'a menée tout droit en l'an de grâce 1743, au cœur de la lutte opposant Highlanders et Anglais. Happée par ce monde inconnu et une nouvelle vie palpitante, saura-t-elle revenir à son existence d'autrefois ? Le début d'une série incontournable!

Mon avis 
Devenue un peu la lecture incontournable de la rentrée, vous n'avez pas pu ignorer le phénomène Outlander. Parut en 1996 au début  des années 90 en France, c'est depuis l'arrivée de la série et de sa nouvelle réédition chez J'ai lu, que le phénomène s'est accentué (mon petit doigts me dit que l'acteur sur la couverture, n'a pas laissé beaucoup de lectrices indifférentes).
Pour ma part, c'est grâce à tachas que j'ai découvert ce roman. Après, m'avoir poussé depuis des semaines à me l'acheter et après avoir vu sur internet tout l'engouement des fans sur la série (et les photos de l'acteur qui joue Jamie), je me suis laissée tenter.
Mon avis sera peut être une énième louange de ce tome mais tant pis, c'est un peu le rôle de mon blog, donner mon avis !

Le chardon et le tartan est le premier tome de la saga. Il regroupe les deux premiers livres : La Porte de pierre et Le Bûcher des sorcières.
Ce tome est coupé en 7 petits livres avec chacun un nom qui nous permet de nous situer dans les différentes étapes de l'intrigue. Chaque livre est découpé par différents chapitres avec tous un titre, qui nous annonce un peu la couleur sans trop en révéler.
Le découpage en lui même ne m'a pas dérangé, en revanche, je regrette que l'édition ne nous précise pas quand le premier roman finit et quand le second commence.

Ce tome, c'est un peu l'entrée en matière de la saga. Diana GABALDON nous plante le décor et les intrigues.
L'histoire en elle-même est originale. Une anglaise du XXème siècle se retrouve coincée au XVIIIème. Elle atterrit juste au moment où il y a des tensions entre d'une part l'Ecosse et d'autre part, l'Angleterre.
Claire, notre héroïne, venant du futur a la chance de connaître certains points de l'histoire. Elle peut s'en servir pour aider et peut être épargner la vie de personnes auxquelles elle s'attache.
En revanche, on comprend vite le revers de la médaille : elle risque de changer l'histoire, être considérée comme une sorcière.
Autant de points qui font douter Claire et le lecteur. La question que je me pose : est ce que l'auteure va nous éclairer sur ce choix dans les prochains tomes ?
Ce premier tome, c'est aussi un petit entraperçu de l’Écosse. J'ai aimé découvrir une nouvelle culture qui m'a toujours fasciné notamment lorsqu'il est question des contes et des légendes. Plusieurs chansons ont accompagné ma lecture :  

  • Skye Boat Song de Laura Wright : c'est la chanson du générique de la série mais avec une autre chanteuse.
  • My Bonnie Lies Over the Ocean de Laura Wright : cette chanson a baigné toute mon enfance. Mon père la chantait souvent quand j'étais petite (je pensais que c'était une chanson allemande et non écossaise pour que vous imaginiez un peu l'accent de mon père )
  • Homeland de Nolwenn Leroy.
Pour autant, les personnages d'Outlander sont le socle du roman. Comme tout bon roman, il faut des gentils et un méchant.  
Du côté des gentils, il y a Claire, Jamie et Frank.

Claire, c'est un peu madame tout le monde. Je trouve que l'on peut vraiment être en empathie avec son personnage. Elle est moderne car elle vient d'un autre siècle mais pas seulement. Elle a vraiment du caractère et est forcément en décalage avec les mœurs du XVIIIème. Au XXème, Claire était une infirmière durant la Seconde Guerre Mondiale. Au XVIIIème, elle est considérée par certains comme un médecin alors que pour d'autres, surement comme une sorcière. Toutes ses réactions sont justes. Je n'ai jamais eu le sentiment que Diana GALBADON idéalisait son personnage.
Claire est interprétée par Caitriona BALFE.
 
Jamie, c'est le beau roux. Bien qu'il semble être très très beau et doté de beaux attributs (no comment ), c'est avant tout son humour qui le rend attendrissant. Il a toujours la petite phrase qui fait mouche mais je suis quand même sur la réserve avec ce personnage. Il a l'air tellement parfait, que j'ai peur d'être déçu par la suite...à voir.
Jamie est interprété par Sam HEUGHAN.

À travers ce tome, on voit le rapprochement de Claire et de Jamie. Il y a beaucoup de tensions entre ses deux personnages, une certaine fusion. L'auteure a su être originale notamment en faisant d'une pierre deux coups avec l'idée du mariage. Derrière ce mariage, on comprend vite la place des personnages et les enjeux d'une telle alliance.

Quant à Frank, on le découvre surtout au début. C'est le mari de Claire, il semble être un grand passionné, un peu gauche mais même s'il n'a été présent qu'aux premières pages de l'histoire, il possède tous les attraits d'un très bon personnage. Il semblerai que dans la série, on en apprend plus sur Frank.
Frank est interprété par Tobias MENZIES. Pour celles et ceux qui aiment Jane Austen, vous pouvez reconnaître notre Mr Eliott de la BBC...

Du côté du méchant (car il en faut toujours un !), il y a Jonathan Randall. C'est le capitaine aux goûts très douteux (le viol et la torture sont ses dadas) mais qui n'est autre qu'un ancêtre de Frank, le mari de Claire. D'ailleurs, Claire est troublée par la ressemblance entre ce capitaine et son époux. Surnommé Black Jack, il recherche assidument Jamie. C'est le personnage que l'on aime détester.
Le capitaine Black Jack est interprété par Tobias MENZIES (encore lui).

Mais attention, c'est la force de ce roman, il faut se méfier de chaque personnage. Le plus gentil n'est pas nécessairement celui sur lequel il faut compter. Le doute peut s'installer rapidement, l'univers décrit est très pesant. Je pense de suite aux oncles de Jamie, Dougal et Colum Mackenzie. Je sens qu'on n'aura pas fini d'entendre parler d'eux...

Bien entendu, d'autres personnages sont importants. Geillis, jugée sorcière - SPOILER : Claire se rendra compte tardivement qu'elle venait peut être elle aussi du futur.. Jenny, la sœur de Jamie et son époux, Ian.
Laoghaire, amoureuse de Jamie peut être elle aussi un danger pour le couple.

C'est un premier tome plein de rebondissements que j'ai découvert. Il a été une révélation mais peut être pas un coup de cœur (bien qu'il ne soit pas passé loin...). Diana GABALDON est une conteuse hors pair qui nous fait voyager littéralement dans le temps. Le roman est rythmé, à la fin, j'ai même eu du mal à redescendre sur terre...

Maintenant que le tome est fini, je ne pense pas regarder tout de suite la série. Je vais surement attendre la sortie des dvds et surtout, je vais essayer prendre de l'avance avec la lecture des tomes prochains (pas comme je l'avais fait pour Game of thrones).


Et vous alors, êtes vous « prest » à le lire ? Et si vous l'avez lu, vous en avez pensé quoi ?

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                                      DE : Diana GABALDON
EDITION : J'ai lu (intégrale)
PAGES : 852
LANGUE : Française
LIEUX : Inverness, Craigh na Dun, Leoch, Fort William, Lallybroch, Fort Wentworth | ECOSSE & Abbaye de Sainte-Anne-de-Beaupré | FRANCE
PERSONNAGES : Claire Fraser (Randall), Jamie Fraser, Frank Randall, Capitaine Jack Randall...
THEMES : Amour | Fantastique | Histoire | XVIIIème

29.9.14

Star Cursed (The Cahill Witch Chronicles #2)

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DE : Jessica SPOTSWOOD
EDITION : Penguin
PAGES : 367
LANGUE : Anglaise (traduction française disponible)
LIEUX : New London (New England) | ETATS-UNIS
PERSONNAGES : Cate, Tess, Maura Cahill, Finn Balestra ...
THEMES : Amour | Sorcière | Prophétie | XIXème
RÉSUMÉ DE L’ÉDITION
Cate Cahill sacrificed her home, her friends and her fiance to protect her sisters, and now one of them is turning against her...
The Sisterhood desperately needs Cate to come into her prophesied powers to fight against the ever-growing Brotherhood. A war-thirsty Sister offers to help her find answers - if Cate is willing to endanger everyone she loves.
Meanwhile, Maura will do anything to lead the witches to victory. Even if it means sacrifices. Even if it means overthrowing Cate. Even if it means all-out war.

MON AVIS
Après un premier tome qui m'avait conquise alors qu'a priori ce n'était pas mon genre de lecture, je peux vous affirmer sans grande surprise que ce tome m'a tout autant plu.

L'intrigue de Star Cursed se déroule quelques semaines après la fin du premier tome. On retrouve Cate chez l'ordre des sœurs. Pour ceux qui n'auraient pas lu le premier opus, l'ordre des sœurs c'est une communauté de sœurs (au sens religieux du terme) qui se dévouent corps et âmes à la cause des frères (autre ordre que l'on découvre dans le premier tome) mais aussi grosso modo aux pauvres et orphelins.
Comme il s'agit d'un nouveau lieu, Jessica SPOTSWOOD est obligée dès le début, de tout décrire, nous présenter les nouveaux personnages notamment Soeur Inez, la sœur aux méthodes discutables ou encore, Soeur Cora, la directrice de l'ordre.
Cette nécessité casse d’emblée le rythme de l'histoire. Toutefois, cette description est indispensable dans la mesure où l'action se déroulera principalement dans l'établissement et/ou avec les Soeurs.

L'action se met en place véritablement lorsque Cate retrouve ses sœurs (Tess et Maura) et son amoureux éconduit Finn devenu Frère. L'auteure nous dévoile un peu plus leur personnalité.
Finn, c'est la personne sur laquelle Cate peut s'appuyer, il est tolérant. Tess est la plus secrète, la plus mystérieuse mais surement la plus intelligente des trois sœurs. Quant à Maura, elle est plus sombre, très influençable. Dès fois, j'ai eu envie de la secouer mais au fond, je pense qu'elle peut nous étonner.
La passion entre Cate et Finn m'a beaucoup touché. On est témoin d'un amour qui s'intensifie alors qu'au contraire, on assiste également à une rivalité grandissante entre Cate et Maura. C'est autant d'éléments qui annoncent des moments explosifs. 

Le tome 1 posait les bases de la prophétie. Le mystère ici s’épaissit. L'auteure nous pousse à nous poser mille questions. J'ai du élaborer une dizaine de théories sans pour autant être sûr à 100% et j'avoue qu'à la fin de ce tome, je ne sais toujours pas quoi penser ! J'ai été jusqu'à me demander si par "soeurs", il fallait le comprendre au sens "familial" du terme - pour vous dire à quel point j'ai été loin.

Le rythme de l'histoire va aller crescendo à partir de la révélation de Tess (mystère...). J'ai tourné les pages à un rythme effréné. Jusqu'à la fin qui m'a encore une fois surprise, j'ai hâte de voir comment l'auteure va réussir à "retourner" la situation. Je me suis dit que Jessica SPOTWOOD avait encore de la réserve et je suis sûr que ça augure une bonne suite (et fin).

Malgré les quelques petits défauts que j'ai trouvé - j'ai appris que les françaises avaient eu le droit de vote à la fin du XIXème siècle !  (seulement depuis 1944 - première élection en 1945) ; Star Cursed est un très bon tome, il y a assez d'actions pour ne pas s'ennuyer et avancer dans l'histoire même si le début est un peu long.