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8.11.14

La famille Finnegan #3 : L'Indomptable

                                      DE : Jennifer DONNELLY
EDITION : Pocket
PAGES : 701
LANGUE : Français
LIEUX : Londres, Portsmouth, Cambridge, Oxford, Binsey (UK)| Rongbuk (TIBET / CHINE) | Hedjaz, Damas (ARABIE) | Paris (FRANCE) | KENYA
PERSONNAGES : Willa Alden, Seamus Finnegan, Max von Brandt…
THEMES : Amour | Première Guerre Mondiale | Espionnage
RÉSUMÉ DE L’ÉDITION
À l'aube de la Première Guerre mondiale, des sommets de l'Himalaya aux déserts ottomans, des rues bouillonnantes de Londres aux théâtres du Paris de la Belle Époque, une saga époustouflante, le destin captivant d'une héroïne exceptionnelle, prête à tout pour étancher sa soif de découvertes et de passions.
Depuis l'accident d'escalade qui l'a laissée infirme, Willa Alden ne décolère pas. Pourquoi Seamus Finnegan, l'homme qu'elle aimait, lui a-t-il sauvé la vie pour mieux l'abandonner ? Une vie sans aventures vaut-elle encore la peine ?
Renoncer n'est pas dans la nature de l'indomptable Willa. Devenue photographe, elle parcourt le monde, capte la splendeur des montagnes tibétaines, filme la révolte arabe et tente d'oublier Seamus dans les bras du troublant Max von Brandt.

La mort de son père la rappelle en Angleterre. Dans la capitale bruissante des rumeurs du conflit mondial, Willa retrouve le fougueux Seamus. Entre eux renaît un amour fou, dévastateur, impossible.
Car Max von Brandt s'apprête à dévoiler son vrai visage. Pris en étau entre les services secrets anglais et allemands, les amants pourront-ils vivre leur histoire au grand jour ?

MON AVIS
Une nouvelle fois c'est avec plaisir que je me suis plongée dans les aventures de la famille Finnegan. Ce tome est surtout centré sur Willa Alden, une amie d'enfance de Seamus Finnegan. Le tome 2 (L'Ange de Whitechapel) n'avait pas fini sur une note positive pour ce couple et c'était dans l'attente d'en savoir plus que je commençais celui-ci.

Bien que l'intrigue principale soit vraiment prévisible, j'ai été happée par la plume de l'écrivaine.
Ce tome semblait a priori traiter principalement de la Première Guerre Mondiale pourtant l'auteure nous parle uniquement de 1914, avant déclaration de la guerre et ensuite, seulement de la dernière année, 1918. Le côté historique a permis certains rebondissements mais le traiter dans tous ses aspects n'avaient ici aucun intérêt. Ça aurait ralenti le rythme et le lecteur aurait vite abandonné ! Même si je suis fan de tous les romans parlant en long et en large de cette guerre, pour ce roman, je n'ai pas été gênée. C'est l'histoire d'amour qui prime et il y a beaucoup trop de petites intrigues mises en place.

On peut le dire une des spécialités de Jennifer DONNELLY, c'est d'amener plusieurs intrigues tout en se servant d'un évènement historique. Ici, l'intrigue tournait autour de l'espionnage durant la guerre.
Le reproche que je pourrais faire à ce tome, est que le lecteur pouvait à l'avance anticiper le dénouement des intrigues et ainsi, avoir la sensation d'être en avance sur les personnages ! 
J'ai trouvé dommage par exemple que pour résoudre un des problèmes, elle s'est servie de la grippe espagnole... J'ai eu le sentiment que pour faire vite, elle a choisi la facilité. C'était attendu.
Pour autant, bien que cela un point négatif, j'ai quand même été conquise par L'Indomptable. L'atmosphère du roman laisse toujours le doute planer...et puis il y avait les personnages.

Les personnages sont les piliers du roman. On retrouve l'ensemble de la famille Finnegan, la grande soeur Fiona qui était au coeur du tome 1 (L'insoumise), le cadet Sid qui était au centre du tome 2.
On suit l'évolution de cette famille et forcément, dès le début du tome 3, je suis conquise par ces personnages. J'avais le sentiment de les connaître et de retrouver un peu la famille.
Pour rappel, le tome 1 se déroulait à la fin du XIXème siècle, on connaissait Seamus lorsqu'il était tout petit, on le quitte (à la fin du tome 3), il en a plus de 30 ans !
C'est un personnage que j'ai beaucoup aimé, en plus d'être décrit comme un bel homme (un roux aux yeux clairs...), Seamus a de grands principes et respecte son entourage. Il a un côté chevaleresque qui pourra séduire plus d'une lectrice ! Notamment, lors d'une scène en 1918...

Quant au personnage de Willa Alden, il ne peut pas laisser le lecteur indifférent. C'est un personnage qui a beaucoup de courage et qui doit faire face tous les jours avec son handicap (je n'en parle pas plus au risque de faire des révélations sur le tome précédent). Elle a du caractère, est persévérante et a l'âme d'une aventurière. Bien qu'elle ait une part sombre, c'est un personnage qui se recherche. Willa doit oublier l'ancienne et apprendre à vivre avec la nouvelle.
A travers son personnage, Jennifer DONNELLY fait passer un message aux lecteurs. Pour le coup, tous mes petits tracas semblaient dérisoires !

Il y a aussi un personnage qui m'a beaucoup intrigué dans ce tome, c'est Max von Brandt, un allemand assez mystérieux.
Il a tous les traits du méchant à la mode "DONNELLY" comme elle les décrivait dans les deux autres tomes. On aime le détester et pourtant, j'ai trouvé que c'était le personnage le plus abouti. J'ai même limite commencé à m'attacher à lui ! Une bonne surprise ! C'est un personnage complexe et l'adjectif qui me vient en tête est "intrigant". Un roman sur ce personnage serait vraiment super.

L'Indomptable est un bon tome pour clôturer cette trilogie. Même si le côté historique n'est pas le cœur de l'histoire, j'ai fermé ce tome sur une note positive. Jennifer DONNELLY a le don de nous raconter une histoire qui se finit toujours bien, tout en nous assenant le doute durant la lecture...Une fois de plus, bien jouée !  Ce n'est pas une trilogie parfaite mais je vous la recommande.


© Melleaurel

19.10.14

Le Talisman (Outlander #2)

Résumé de l'édition
1968. À la mort de son mari, l'historien Frank Randall, le Dr Claire Beauchamp-Randall emmène sa fille Brianna en Écosse, sur les lieux mêmes où, vingt ans plus tôt, elle a vécu d'extraordinaires aventures. Là, elle révèle à sa fille le terrible secret qu'elle n'a jamais dévoilé depuis qu'elle fut retrouvée inanimée au pied d'un menhir, dans un ancien site mégalithique... après trois années d'une absence inexpliquée.

1744. Après avoir fui l'Écosse où ils sont hors la loi, Claire et son jeune époux Jamie se sont réfugiés en France. Ils attendent un heureux événement, mais une menace plane sur leur bonheur : la terrible répression qui attend les Highlanders si le prince Charles-Édouard Stuart persiste dans ses projets d'invasion de l'Écosse. Claire et Jamie décident donc de tout faire pour modifier le cours de l'Histoire et empêcher ce massacre...

Mon avis 
Une semaine après avoir quitté les deux héros du tome 1, je me précipitai pour commencer cette lecture. J'étais encore imprégnée de l'atmosphère du tome précédent.

Dès le début, le tome 2 (en fait tome 3 et 4) m'a laissé un peu perplexe. Alors que l'intrigue du tome précédent finissait en 1744, ici on commence directement en 1968 !
Cette partie est vraiment émouvante, elle est riche en révélations – certaines bonnes, d'autres moins mais surtout la question que le lecteur se pose : Pourquoi Claire est là en 1968 ? 
C'est l'intrigue principale de ce tome ! Claire va nous l'expliquer, va l'expliquer à Brianna et à Roger.
Brianna et Roger sont les deux grands nouveaux personnages de la saga. Brianna est la fille de Claire. On fait sa connaissance mais l'auteure n'en parle pas plus que cela et surement pas assez dans ce tome pour se faire une idée de ce personnage ! Je l'ai trouvé sympathique mais c'est tout.
Roger n'est pas censé, nous être inconnu. On a déjà fait sa connaissance dans le tome 1 (Le chardon et le tartan) – Rappelez vous le jeune garçon en 1946, chez le révérend Wakefield ? Dans ce tome, il a bien grandi puisqu'il est professeur d'Histoire ! C'est un personnage prometteur que nous présente Diana GABALDON. Il a une personnalité atypique (il a tendance à se parler à lui même) et j'ai eu l'impression de voir « un savant fou » - j'espère que dans les prochains tomes, on en apprendra plus ! De bons moments en perspective, je suis déjà conquise !

Comme je le disais précédemment, Claire explique les raisons de sa présence. On sait qu'il s'est écoulé 20 ans, qu'elle est partie en 1746 et est réapparue en 1948. 
Pour nous expliquer le pourquoi du comment, l'auteure nous fait retourner en 1744. J'ai relevé deux grandes périodes dans cette partie. 

La première est celle en France. L'auteure plonge Claire et Jamie dans les intrigues du Paris du XVIIIème. On rencontre les grands noms de l'histoire française, on rencontre le Roi de France, Louis XV – je n'étais pas d'accord avec la présentation que nous faisait l'auteure de ce Roi. Louis XV était pour l'époque considérait comme un bel homme et là dans ce tome, il est décrit comme un homme à la limite de la répugnance !
Mais ce n'est pas un Paris idéalisé avec tous ses fastes mais un Paris sombre où la magie n'est pas loin que nous présente Diana GABALDON. J'ai bien aimé toute cette période, j'ai eu l'impression de rentrer dans les décors d'un épisode de Nicolas LE FLOCH ! Les ruelles sombres, les intrigues à la Cour, l'occultisme, les conspirations sont les grands ingrédients de cette partie.
Claire encore une fois enchaine les scènes loquaces, les répliques de Jamie sont irrésistibles et souvent très drôles. J'ai ressentie une bonne complicité entre les deux personnages, comme si je l'ai connaissais depuis des années !

 
Charles Edouart STUART & Louis XV

Ici, Jamie et Claire ont une seule mission : empêcher Charles Édouard STUART, le prétendant aux couronnes Anglaise et Écossaise de venir faire un coup d’état. Claire et Jamie penseront alors empêcher le massacre des Highlanders qui aura lieu en 1786.
Malgré tout, vers la fin, de cette partie, je trouvais que les intrigues s'épuisaient un peu. Il y en avait tellement, qu'à la fin je me disais « trop d'actions tue l'action » ! Certaines solutions étaient prévisibles, des intrigues étaient passées à la trappe.

J'ai été heureuse lorsque Claire et Jamie ont quitté la France pour l’Écosse. C'est pour moi, la seconde partie.
J'avoue que le début était un peu plat. J'ai pris tellement l'habitude de voir nos personnages dans des situations extraordinaires que lorsqu'il y a eu un peu de routine dans leur vie, j'ai eu l'impression de m'enliser dans la boue de Lallybroch.
Et puis, heureusement, il y a un bouleversement et là commence une des meilleures parties de ce tome : la guerre !
Qui dit guerre, dit actions mais aussi tensions, angoisses. On vit à travers le regard de Claire, une des plus grandes périodes de l'histoire écossaise.
Des promesses sont faites, des choix vont s'imposer pour nos deux héros. Il y a encore de nombreuses révélations et toutes les intrigues que je pensais prévisibles à Paris ne le sont plus. Je me suis rendue compte que j'ai aimé voir ce que l'auteur me montrait.

La surprise fait place à la peur car on est en 1746 et le retour au XXème siècle de Claire se fait de plus en plus imminent...Les pages défilaient à un rythme effréné. J'appréhendai la fin, je voulais faire durer le plaisir et en même temps n'arrivait plus à attendre...
Diana GABALDON joue avec nos nerfs, on retourne en 1968. A peine remis du choc de ce tome, l'auteure nous fait une nouvelle révélation ! J'ai imaginé l'effroi des lecteurs lors de la première parution de ce tome.
Bon, j'avoue que cette révélation ne m'a pas trop surprise dans la mesure où je savais qu'il y aurait un autre tome...

Le Talisman est un très bon tome malgré quelques prévisibilités et longueurs. Ce n'est toujours pas un coup de cœur mais pourtant, dès que le tome 3 sort, je cours me l'acheter et n'hésiterai pas à abandonner mes lectures en cours ! 

Pour finir cet article, je vous mets en lien un blog que j'ai découvert et que j'adore "Le petit MAG en KILT". Tous les mercredis et dimanches, il y a le rendez-vous "La presse à imprimer de Jamie FRASER", un vrai plaisir et surtout de nombreuses informations relatives à la série qui s'est inspirée des romans.

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                                      DE : Diana GABALDON
EDITION : J'ai lu (intégrale)
PAGES : 947
LANGUE : Française
LIEUX : Iverness, Edimbourg, Broch Mordha, Culloden, St Kilda, Lallybroch, Stirling, Kerse, Prestonpans, Travent, Beaufort, Livingstone, Tavistock, Bellhurst, Craigh na Dun | ECOSSE & Le Havre, Paris, Versailles, Argentan, Fontaine Bleau | FRANCE
PERSONNAGES : Claire Fraser, Jamie Fraser, Brianna Randall, Roger                                               Wakefield...
                                     THEMES : Amour | Fantastique | Histoire | XVIIIème

12.10.14

Birdsong

                                      DE : Sebastian FAULKS
EDITION : Vintage Books
PAGES : 503
LANGUE : Anglaise (traduction disponible)
LIEUX : Amiens, Beaucourt, Auchonvillers, Plombières, Grenoble, St Rémi-de-Provence, Béthune, Albert, Colincamps, Arras, Boulogne, Rouen - FRANCE | Ypres, Bruxelles - BELGIQUE & Londres, Twickenharm, Folkestone, Burnham Market, Buckinghamshire - UK
PERSONNAGES : Stephen Wraysford, Isabelle Azaire, Michael Weir...
                                     THEMES : Amour | Histoire | Première Guerre Mondiale
RÉSUMÉ DE L’ÉDITION
A novel of overwhelming emotional power, Birdsong is a story of love, death, sex and survival. Stephen Wraysford, a young Englishman, arrives in Amiens in northern France in 1910 to stay with the Azaire family, and falls in love with unhappily married Isabelle. But, with the world on the brink of war, the relationship falters, and Stephen volunteers to fight on the Western Front. His love for Isabelle forever engraved on his heart, he experiences the unprecedented horrors of that conflict - from which neither he nor any reader of this book can emerge unchanged.

MON AVIS
Le bruit des bombardements résonne encore…Le souffle court je referme ce roman. Je mets quelques minutes à m’en remettre, j’ai encore les yeux inondés de larmes…Bien que ce soit une relecture, je suis encore surprise par cette histoire - Est-ce parce que je la redécouvre dans sa langue originale ?
Les mots de Sebastian FAULKS sont simples, on sait que l’histoire sera honnête. Cet auteur a la capacité en quelques mots de nous conter l'essentiel.

Le récit de Birdsong commence en 1910 en France. La population ignore encore que leur Pays sera le terrain jeu d’un des plus grands massacres du XXème siècle. Flotte dans l’air l’innocence des habitants d’Amiens. C’est dans ce contexte que Stephen, un anglais arrive dans cette ville. Envoyé par son patron pour commencer des pourparlers avec l’entreprise d’un certain Monsieur Azaire, il ignore encore que ça va changer sa vie. Il est jeune, à peine 20 ans, il fonctionne encore par instinct. Il ne se pose pas de questions, il veut profiter de la vie. Pour autant, Stephen est discret, il est assez mystérieux. On ne sait presque rien de lui, juste que son enfance a été marquée par une série de drame. Tout au long du récit, j'ai noté l'évolution de ce personnage. Stephen n'est pas parfait et l'auteur nous montre que les épreuves de la vie peuvent changer un homme. C'est un personnage qui n'est pas lisse et peut avoir des réactions extrêmes.

Dans la maison des Azaire, il rencontre Isabelle qui est de 9 ans son ainée. Elle est discrète, très marquée par les conventions. C’est l’épouse du dirigeant de l’entreprise française. Elle est malheureuse et à besoin de changement. Elle élève les enfants de son époux qu'il a eu avec sa précédente épouse. La fille ainée de son mari n'a que 4 ans de différence avec Stephen. J'avoue que je n'ai pas trop aimé Isabelle, je l'ai trouvé assez froide.
Pourtant, commence entre eux deux, un amour passionnel. Toute cette période est intéressante car ici FAULKS parle du premier grand amour. Il alterne les points de vue, on peut ainsi comprendre ce que pense chaque personnage. On comprend, la maturité d’Isabelle par rapport à Stephen. On comprend, la sincérité de l’amour que porte Stephen pour Isabelle mais on comprend aussi l’ignorance complète de Monsieur Azaire sur cette relation.

On pressent une tragédie et pourtant, on a encore de l’espoir. Il y a une certaine idée d’urgence dans cette relation. Cette urgence peut s'expliquer par la soudaineté de cette relation.
Avec une grande habilité, FAULKS nous rappelle, que dans 4 ans, tout ce qui sera construit peut être détruit. Il y a un passage dans lequel, les personnages prennent le train et l'auteur nous cite les nombreux arrêts de cette gare. Sur le moment à ma première lecture, je n'avais pas réagi alors que j'avais sous mes yeux, le nom de lieux où de nombreuses batailles se dérouleront : Verdun, Beaucourt…

Et puis comme si on voulait nous torturer, la narration fait un saut en 1916. Isabelle l’a quitté en 1910 pour une raison obscure. Stephen est anéanti. Cette partie, je pense pourra un peu ennuyer ceux qui n'aiment pas trop les récits historiques. Il faut le rappeler, le 2/3 du livre se déroule pendant le premier conflit mondial ! Le décor principal reste la tranchée !
L’histoire d’amour n’est qu’une ombre derrière cette tragédie et pourtant, c’est ce qui pousse Stephen a avancé. C’est son moteur. On veut savoir si l’histoire se termine bien entre lui et Isabelle. Vont-ils se revoir pendant le conflit ou après à la fin du conflit ?

Sebastian FAULKS décrit très précisément les conditions de vie des soldats britanniques. On découvre de nombreux soldats. Ce n’est pas sans intérêt car du coup le lecteur rentre dans l’intimité de ces soldats. On a peur comme eux, lorsqu’il faut se préparer à une attaque. On pleure lorsque certains apprennent de mauvaises nouvelles. J’ai eu l’impression d’être un acteur du récit, d’être le témoin de cette tragédie sans pouvoir empêcher le malheur. J’ai été touchée par Michael Weir, le meilleur ami de Stephen au front mais aussi par Brennan, un simple soldat et par Jack Firebrace.
Certains passages nous tiennent en haleine surtout celui qui se déroule en 1918…J’ai même pleuré de joie ! La description de la scène est tellement parfaite, que j’ai suffoqué, j’avais la bouche sèche et les larmes coulaient.

Toutefois, Sebastian FAULKS prend le parti pris à certain moment de nous envoyer à la fin des années 70 où on fait la rencontre, Elizabeth la petite-fille de Stephen. Elizabeth a besoin de comprendre son passé, elle interroge des anciennes connaissances de son père.
Au départ, je n’ai pas très bien compris pourquoi l’auteur passer en quelque sorte du coq à l’âne et puis, j’ai compris que tout partait d’une lettre que Stephen va envoyer lorsqu’il est au front – je nous vous en dit pas plus au risque de spoiler.
On retournera quand même en 1917 et 1918 pour comprendre les choix de Stephen.
La construction du roman est assez complexe et c’est difficile de vous l’expliquer mais cette alternance vers la moitié du roman permet d’accentuer le mystère sur les éventuelles retrouvailles des deux amants. Du moins, c’est ce que j’ai ressenti. Pleins de petits indices m’ont fait penser que je pouvais anticiper la fin et répondre à la grande question du départ mais c’était sous-estimer l'écrivain.

Sebastian FAULKS est arrivé à travers cette histoire à évoquer plusieurs thèmes : l’amour, l’horreur de la guerre, le traumatisme, la camaraderie. Tous les éléments qui ont permis à Stephen de tenir, de survivre.
Ce roman est un coup de cœur, il est bouleversent et je ne peux que confirmer ce que dit un critique du Sunday Express « This book is so powerful that as I finished it I turned to the front to start again ». (Ce livre est tellement puissant lorsque je l’ai fini, je suis retourné au début pour le recommencer).

Adaptation faite en 2012 par la BBC One

Malheureusement ce livre est très difficile à trouver en français, n’étant plus édité, les prix que l’on trouve sur le net sont assez exorbitants, si vous avez l’occasion de le trouver pas cher, n’hésitez pas ou sinon je vous conseille d’attendre demain (13/10/14) et de passer sur mon blog, je vous réserve une petite surprise

4.10.14

Le chardon et le tartan (Outlander #1)

Résumé de l'édition
1945. Claire passe ses vacances en Écosse, où elle s'efforce d'oublier la Seconde Guerre mondiale auprès de son mari, tout juste rentré du front. Au cours d'une balade, la jeune femme est attirée par un mégalithe, auquel la population locale voue un culte étrange. Claire aura tôt fait d'en découvrir la raison : en s'approchant de la pierre, elle se volatilise pour atterrir au beau milieu d'un champ de bataille. Le menhir l'a menée tout droit en l'an de grâce 1743, au cœur de la lutte opposant Highlanders et Anglais. Happée par ce monde inconnu et une nouvelle vie palpitante, saura-t-elle revenir à son existence d'autrefois ? Le début d'une série incontournable!

Mon avis 
Devenue un peu la lecture incontournable de la rentrée, vous n'avez pas pu ignorer le phénomène Outlander. Parut en 1996 au début  des années 90 en France, c'est depuis l'arrivée de la série et de sa nouvelle réédition chez J'ai lu, que le phénomène s'est accentué (mon petit doigts me dit que l'acteur sur la couverture, n'a pas laissé beaucoup de lectrices indifférentes).
Pour ma part, c'est grâce à tachas que j'ai découvert ce roman. Après, m'avoir poussé depuis des semaines à me l'acheter et après avoir vu sur internet tout l'engouement des fans sur la série (et les photos de l'acteur qui joue Jamie), je me suis laissée tenter.
Mon avis sera peut être une énième louange de ce tome mais tant pis, c'est un peu le rôle de mon blog, donner mon avis !

Le chardon et le tartan est le premier tome de la saga. Il regroupe les deux premiers livres : La Porte de pierre et Le Bûcher des sorcières.
Ce tome est coupé en 7 petits livres avec chacun un nom qui nous permet de nous situer dans les différentes étapes de l'intrigue. Chaque livre est découpé par différents chapitres avec tous un titre, qui nous annonce un peu la couleur sans trop en révéler.
Le découpage en lui même ne m'a pas dérangé, en revanche, je regrette que l'édition ne nous précise pas quand le premier roman finit et quand le second commence.

Ce tome, c'est un peu l'entrée en matière de la saga. Diana GABALDON nous plante le décor et les intrigues.
L'histoire en elle-même est originale. Une anglaise du XXème siècle se retrouve coincée au XVIIIème. Elle atterrit juste au moment où il y a des tensions entre d'une part l'Ecosse et d'autre part, l'Angleterre.
Claire, notre héroïne, venant du futur a la chance de connaître certains points de l'histoire. Elle peut s'en servir pour aider et peut être épargner la vie de personnes auxquelles elle s'attache.
En revanche, on comprend vite le revers de la médaille : elle risque de changer l'histoire, être considérée comme une sorcière.
Autant de points qui font douter Claire et le lecteur. La question que je me pose : est ce que l'auteure va nous éclairer sur ce choix dans les prochains tomes ?
Ce premier tome, c'est aussi un petit entraperçu de l’Écosse. J'ai aimé découvrir une nouvelle culture qui m'a toujours fasciné notamment lorsqu'il est question des contes et des légendes. Plusieurs chansons ont accompagné ma lecture :  

  • Skye Boat Song de Laura Wright : c'est la chanson du générique de la série mais avec une autre chanteuse.
  • My Bonnie Lies Over the Ocean de Laura Wright : cette chanson a baigné toute mon enfance. Mon père la chantait souvent quand j'étais petite (je pensais que c'était une chanson allemande et non écossaise pour que vous imaginiez un peu l'accent de mon père )
  • Homeland de Nolwenn Leroy.
Pour autant, les personnages d'Outlander sont le socle du roman. Comme tout bon roman, il faut des gentils et un méchant.  
Du côté des gentils, il y a Claire, Jamie et Frank.

Claire, c'est un peu madame tout le monde. Je trouve que l'on peut vraiment être en empathie avec son personnage. Elle est moderne car elle vient d'un autre siècle mais pas seulement. Elle a vraiment du caractère et est forcément en décalage avec les mœurs du XVIIIème. Au XXème, Claire était une infirmière durant la Seconde Guerre Mondiale. Au XVIIIème, elle est considérée par certains comme un médecin alors que pour d'autres, surement comme une sorcière. Toutes ses réactions sont justes. Je n'ai jamais eu le sentiment que Diana GALBADON idéalisait son personnage.
Claire est interprétée par Caitriona BALFE.
 
Jamie, c'est le beau roux. Bien qu'il semble être très très beau et doté de beaux attributs (no comment ), c'est avant tout son humour qui le rend attendrissant. Il a toujours la petite phrase qui fait mouche mais je suis quand même sur la réserve avec ce personnage. Il a l'air tellement parfait, que j'ai peur d'être déçu par la suite...à voir.
Jamie est interprété par Sam HEUGHAN.

À travers ce tome, on voit le rapprochement de Claire et de Jamie. Il y a beaucoup de tensions entre ses deux personnages, une certaine fusion. L'auteure a su être originale notamment en faisant d'une pierre deux coups avec l'idée du mariage. Derrière ce mariage, on comprend vite la place des personnages et les enjeux d'une telle alliance.

Quant à Frank, on le découvre surtout au début. C'est le mari de Claire, il semble être un grand passionné, un peu gauche mais même s'il n'a été présent qu'aux premières pages de l'histoire, il possède tous les attraits d'un très bon personnage. Il semblerai que dans la série, on en apprend plus sur Frank.
Frank est interprété par Tobias MENZIES. Pour celles et ceux qui aiment Jane Austen, vous pouvez reconnaître notre Mr Eliott de la BBC...

Du côté du méchant (car il en faut toujours un !), il y a Jonathan Randall. C'est le capitaine aux goûts très douteux (le viol et la torture sont ses dadas) mais qui n'est autre qu'un ancêtre de Frank, le mari de Claire. D'ailleurs, Claire est troublée par la ressemblance entre ce capitaine et son époux. Surnommé Black Jack, il recherche assidument Jamie. C'est le personnage que l'on aime détester.
Le capitaine Black Jack est interprété par Tobias MENZIES (encore lui).

Mais attention, c'est la force de ce roman, il faut se méfier de chaque personnage. Le plus gentil n'est pas nécessairement celui sur lequel il faut compter. Le doute peut s'installer rapidement, l'univers décrit est très pesant. Je pense de suite aux oncles de Jamie, Dougal et Colum Mackenzie. Je sens qu'on n'aura pas fini d'entendre parler d'eux...

Bien entendu, d'autres personnages sont importants. Geillis, jugée sorcière - SPOILER : Claire se rendra compte tardivement qu'elle venait peut être elle aussi du futur.. Jenny, la sœur de Jamie et son époux, Ian.
Laoghaire, amoureuse de Jamie peut être elle aussi un danger pour le couple.

C'est un premier tome plein de rebondissements que j'ai découvert. Il a été une révélation mais peut être pas un coup de cœur (bien qu'il ne soit pas passé loin...). Diana GABALDON est une conteuse hors pair qui nous fait voyager littéralement dans le temps. Le roman est rythmé, à la fin, j'ai même eu du mal à redescendre sur terre...

Maintenant que le tome est fini, je ne pense pas regarder tout de suite la série. Je vais surement attendre la sortie des dvds et surtout, je vais essayer prendre de l'avance avec la lecture des tomes prochains (pas comme je l'avais fait pour Game of thrones).


Et vous alors, êtes vous « prest » à le lire ? Et si vous l'avez lu, vous en avez pensé quoi ?

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                                      DE : Diana GABALDON
EDITION : J'ai lu (intégrale)
PAGES : 852
LANGUE : Française
LIEUX : Inverness, Craigh na Dun, Leoch, Fort William, Lallybroch, Fort Wentworth | ECOSSE & Abbaye de Sainte-Anne-de-Beaupré | FRANCE
PERSONNAGES : Claire Fraser (Randall), Jamie Fraser, Frank Randall, Capitaine Jack Randall...
THEMES : Amour | Fantastique | Histoire | XVIIIème

26.9.14

Persuasion

DE : Jane AUSTEN
EDITION : Penguin
PAGES : 249
LANGUE : Anglaise (traduction française disponible)
LIEUX : Kellynch, Uppercross (inventés), Lyme & Bath | ROYAUME-UNI
PERSONNAGES : Anne Elliot, Capitaine Wentworth, Lady Russell...
THEMES : Amour | Regret | Historique
RÉSUMÉ DE L’ÉDITION
Twenty-seven-year old Anne Elliot is Austen's most adult heroine. Eight years before the story proper begins, she is happily betrothed to a naval officer, Frederick Wentworth, but she precipitously breaks off the engagement when persuaded by her friend Lady Russell that such a match is unworthy. The breakup produces in Anne a deep and long-lasting regret. When later Wentworth returns from sea a rich and successful captain, he finds Anne's family on the brink of financial ruin and his own sister a tenant in Kellynch Hall, the Elliot estate. Al the tension of the novel revolves around one question: Will Anne and Wentworth be reunited in their love ? 

MON AVIS
Relecture de ce roman de Miss Austen, c'est en anglais que j'ai voulu le redécouvrir. Et quelle surprise ! C'est devenu un coup de coeur !
La spécialité de Jane Austen ? Faire d'une histoire impossible, la plus belle et la plus romantique histoire d'amour. A chaque lecture de ses romans, je me demande comment va-t-elle réussir à démêler l'intrigue ? Encore une fois dans Persuasion, je me le suis demandée. Tout annonce une triste fin et puis, l'auteure a l'idée qui donne un tournant à l'histoire et la fait basculer. Bien que ce soit une histoire d'amour, il faut voir au delà.

Dans Persuasion, c'est le sentiment de regret qui est au cœur de l'intrigue. Le regret pour notre héroïne Anne de ne pas avoir laissé parler son cœur mais plutôt d'avoir suivi l'avis d'une proche de la famille. L'histoire se déroule plusieurs années après la rupture entre Anne et un certain Frederick Wentworth mais la question que l'on se pose, Anne a-t-elle fait le bon choix ? C'est ce que nous verrons tout au long du roman.

Ainsi, Jane Austen en profitera pour évoquer la condition de la femme à cette époque (comme à chaque fois dans ses romans). En effet, au temps de Jane Austen, la femme n'avait droit à aucun héritage (mis à part une dot), elle devait très jeune penser à se marier au risque de devenir vieille fille.
C'est d'ailleurs, ce qui semble attendre Anne Eliott. J'ai eu le sentiment de voir à travers les autres personnages, qu'Anne n'était plus considérée comme attrayante car elle était célibataire et approchait la trentaine !

Persuasion évoque aussi la nécessité de faire un bon mariage. En effet, Anne renonce à son grand amour car aux yeux de Lady Russell, son fiancé n'était pas assez fortuné pour une fille de son rang.
Le personnage de Lady Russell est très important dans cette histoire. C'est la conscience de la société anglaise au XIXème siècle. Elle est encrée dans les mœurs de son époque. C'est elle qui conseille Anne depuis la mort de sa mère.
Anne ne peut pas épouser un "pauvre". Pour autant, c'est un Frederick Wentworth fortuné qu'elle va revoir quelques années après.
J'ai bien aimé la psychologie du personnage. Le capitaine Wentworth, c'est celui qui s'est fait rejeter car il n'était pas assez riche. En faisant fortune, il peut retrouver Anne mais peut-il  lui pardonner ?
Jane Austen donne du relief à son personnage. On voit l'évolution du personnage. Il est tout à la fois rancunier, séducteur, jaloux mais aussi fidèle, respectueux, réservé. On comprend vite aussi qu'en devenant marin, le capitaine a changé de rang. Il est respecté par la haute société.

Il y a d'autres personnages -  c'est d'ailleurs le trait commun des romans de Jane Austen : une profusion de personnages ! Chaque protagoniste a un trait caractéristique. On a le père vaniteux, la sœur qui a besoin de se faire assister, le cousin qui ne pense qu'à son héritage. Autant de personnages qui permettent de cerner la société anglaise mais aussi donner du relief à Anne et au capitaine.

La force de caractère des personnages amènent le lecteur à suivre des situations savoureuses les unes plus que les autres notamment la scène de la lettre écrite par Frederick pour Anne qui m'a donné des frissons. En voici un extrait :

I can listen no longer in silence. I must speak to you by such means as are within my reach. You pierce my soul. I am half agony, half hope. Tell me not that I am too late, that such precious feelings are gone for ever. I offer myself to you again with a heart even more your own than when you almost broke it, eight years and a half ago. Dare not say that man forgets sooner than woman, that his love has an earlier death. I have loved none but you. [...]

Anne & Wentworth de la BBC

Persuasion n'est pas un roman désuet au contraire, je suis sûre qu'il parlera à beaucoup de lectrices. C'est un livre que je vous recommande et j'attends avec impatience vos avis.