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22.1.15

The Major's Daughter

                                          DE : J.P FRANCIS
EDITION : Plume
PAGES : 400
LANGUE : Anglais
LIEUX : Stark, Ashtabula, Berlin (ÉTATS-UNIS)
PERSONNAGE(S) : Collie Brennan, August Wahrlich, Marie & Amy Chapman, Henry Heights, Estelle Emhoff...
THEMES : Choix | Romance | Seconde Guerre Mondiale
RÉSUMÉ DE L’ÉDITION
Like Snow Falling on Cedars, a stirring tale of wartime love.

April, 1944. The quiet rural village of Stark, New Hampshire is irrevocably changed by the arrival of 150 German prisoners of war. And one family, unexpectedly divided, must choose between love and country.

Camp Stark is under the command of Major John Brennan, whose beautiful daughter, Collie, will serve as translator. Educated at Smith and devoted to her widowed father, Collie is immediately drawn to Private August Wahrlich, a peaceful poet jaded by war. As international conflict looms on the home front, their passion blinds them to the inevitable dangers ahead.

Inspired by the little-known existence of a real World War II POW camp, The Major’s Daughter is a fresh take on the timeless theme of forbidden love.
MON AVIS
            Un seul regard peut suffire pour changer toute une vie. Pour Collie, c'est le jour où les Allemands sont venus à Stark. Pour August, c'est le jour où il a vu la fille du responsable du camp de prisonniers. Pour eux, sans une parole c'était une évidence.

The Major's Daughter semblait dès lors très prometteur, le résumé laissait supposer une histoire d'amour passionnante, une extrême tension et pourtant comme je me suis sentie trahie !
Certes, l'histoire d'amour est présente mais l'auteur ne l'a pas autant exploité comme le faisait présager le synopsis. Pire, l'histoire d'amour a été mise au second plan, à mon grand dam !
Sur 400 pages, les passages où le lecteur pourra retrouver les deux protagonistes, doivent représenter à peine plus du dixième du roman ! J'ai remarqué que son personnage passait plus de temps avec les personnages secondaires qu'avec lui...
Or, ces passages sont divinement beaux – ce qui est d'autant plus frustrant ! J.P FRANCIS réussit par ses mots, sa manière d'écrire à y insuffler, un romantisme très touchant qui ne tombe aucunement dans la niaiserie !
Pour autant, il y a du positif dans ce roman – sinon, il n'aurait pas eu la moyenne me diriez vous et ceci grâce au partage des points de vue des deux amants. 

              Lorsque le lecteur partage le point de vue d'August, il apprend aussi à connaître les conditions de détention des Allemands dans ces camps. Cette partie du livre est indéniablement bien traitée dans la mesure où même s'il s'agit d'une fiction, ce camp a réellement existé ! De plus, même si j'ai déjà eu l'occasion de voir un reportage sur les prisonniers Allemands, le lire, a été une grande première ! L'auteur souligne avec une grande finesse que la guerre n'était pas finie pour tous les prisonniers.



Le camp Stark (photo prise par Allan KOOP) et une photographie de soldats Allemands dans ce camp. 

Les scènes ne sont pas trop dures mais on comprend à quel point la détention peut avoir un impact autant physique que moral sur les prisonniers. Certains nazis n'hésitaient pas à punir sévèrement certains de leur compatriote pour une raison X ou Y, à la connaissance des gardiens qui préféraient ne pas intervenir. A ce stade de la narration, j'ai partagé avec August le stress que conduit une telle condamnation arbitraire ! Le lecteur est témoin mais ne peut pas intervenir !
De plus, contrairement à ce que l'on pourrait penser, ils n'étaient pas forcément détester de tous et notamment de familles américaines qui avaient des origines allemandes. La proximité avec le Canada a aussi, permis à l'auteur de parler des évasions d'Allemands, qui ne mettaient que deux jours à pieds pour rejoindre la frontière !
August est un personnage très attachant, il aura suffit quelques pages pour avoir la sensation de le connaître. Au fil des pages, on en apprend un peu plus sur lui et sur son passé en Autriche. Le seul petit regret – pour titiller - serait peut être que l'on ne partage pas le point de vue de sa famille, ce qui aurait été je pense très intéressant.

             Du point de vue de Collie, l'auteure cherche à démontrer l'impact que la liaison peut avoir sur son entourage. Collie sera amenée à choisir entre l'amour et son Pays ! N'oublions pas qu'au moment où se déroule l'histoire, la Seconde Guerre Mondiale fait rage. C'est un choix qui n'est pas facile à faire et J.P Francis met alors en scène plusieurs personnages qui d'une certaine manière aideront notre héroïne à se décider. Deux personnages notamment ont retenu mon attention et qui ont vraiment leur place dans le récit.

Henry Heights, un américain qui n'est pas insensible au charme de notre héroïne. Henry avait tout pour être le méchant de l'histoire or, ce ne fut pas le cas ou du moins, pas autant que je le pensais ! Un méchant pas vraiment méchant ? Non, merci ! Toutefois, l'entrée de ce personnage était bien judicieux, il a permis d'ajouter une petite touche d'intrigue à l'histoire et d'amener de l'incertitude dans la prévisibilité.
Quant à Estelle, c'est l'amie et confidente de Collie. Elle vit une histoire assez similaireelle tombe amoureuse d'un immigré indien et sera amenée à faire un choix.
J.P Francis parle souvent d'Estelle, pour qu'on comprenne, nous lecteur, le choix que doit faire Collie – Doit-elle choisir le même parcours qu'Estelle ? Les chapitres entiers sur elle ne m'ont pas dérangé même si ce n'est pas à ce à quoi je m'attendais au départ...C'est un personnage qui fait preuve d'une grande maturité au risque d'en souffrir...Je dirai même que sous certains aspects, je l'ai préféré à Collie.

          Avec une préférence pour les moments où j'ai partagé le point de vue de August, les moments avec Collie n'étaient pas inintéressants mais manquaient cruellement d'actions. J'ai eu la sensation que l'auteur jouait la carte de la sureté, sans oser faire prendre de grands risques à ses personnages.
Il faudra attendre les dernières pages qui ont été riches émotionnellement, pour donner une nouvelle tournure à l'histoire. J'ai trouvé dommage, que ce moment soit intervenu trop tardivement dans la narration - même si non plus, je ne le voyais clairement pas au début ! 

J.P FRANCIS par ce roman traite un sujet rarement exploité dans une romance et le fait remarquablement bien. Un magnifique roman qui plaira aux lecteurs amateurs du genre sans toutefois contenter les grands romantiques ou ceux qui rêvent de moments trépidants !

 © Melleaurel

10.12.14

Brothers in battle, Best of friends


                                          DE : Bill GUARNERE & Edward HEFFRON
                                          EDITION : Berkley
PAGES : 320
LANGUE : Anglais
LIEUX : Philadelphie, Georgie, Fort Gustis (ETATS-UNIS) | Camden, Aldbourne, Slapton Sands, Chester, Londres (ANGLETERRE) | Sainte Mère Eglise, Culaille, Carentan, Mourmelon-Le-Grand, Haguenau, Joigny (FRANCE) | Son, Eindhoven, Neumen, Nijmegen, Arnhem (HOLLANDE) | Bastogne, Foy (BELGIQUE) | Düsseldorf, Landsberg (ALLEMAGNE) | Berchlesgarden, Saalfelden et Kaprun (AUTRICHE)
                                         PERSONNAGE(S) : Bill GUARNERE, Edward (Babe) HEFFRON...
                                         THEMES : Témoignage | Seconde Guerre Mondiale | Band of brothers
RÉSUMÉ DE L’ÉDITION
Tom Hanks introduces the rousing story of two inseparable friends and soldiers portrayed in the HBO miniseries Band of Brothers.

William "Wild Bill" Guarnere and Edward "Babe" Heffron were among the first paratroopers of the U.S. Army-members of an elite unit of the 101st Airborne Division called Easy Company. Arguably the bravest, most efficient, physically fit, and tight-knit group of soldiers the Army has ever produced, the unit was called upon for every high-risk operation of the war, including D-Day, Operation Market Garden in Holland, the Battle of the Bulge, and the capture of Hitler's Eagle's Nest in Berchtesgaden.

Both fought side-by-side-until Guarnere lost his leg in the Battle of the Bulge nd was sent home. Heffron went on to liberate concentration camps and rake Hitler's Eagle's Nest hideout. United by their experience, the two reconnected at the war's end and have been the best of friends ever since. Their story is a tribute to the lasting bond forged between comrades in arms-and to all those who fought for freedom.
MON AVIS
          Ils s'étaient engagés car ils voulaient être avec les meilleurs. À la fin de la guerre, tout le monde disait qu'ils étaient des héros. Le succès en 2001 de la série "Band of brothers" qui s'est inspirée de cette compagnie, va dépasser les frontières.
Mais qui sont-ils ? À travers leur témoignage, deux anciens soldats de la Easy, Bill GUARNERE et Edward HEFFRON, vont essayer d'avoir voix au chapitre. Tout de suite, oubliez le mot « héros », comme ils le rappelleront à plusieurs reprises, les véritables héros sont ceux qui se sont engagés mais qui ne sont jamais revenus. Eux, ils ont juste eu de la chance.

          À travers ce témoignage, on rentre dans l'intimité de ces deux protagonistes. Tous les deux venaient du sud de Philadelphie (le quartier pauvre de cette ville), tous les deux voulaient être des paratroopers c'est-à-dire faire partie de l'élite dans l'armée, sauter en parachute. Ils se rencontreront après le débarquement en Normandie que l'un fera, Bill GUARNERE et que l'autre ne fera pas. À la suite de cette rencontre va naitre une amitié qui se finira 70 ans plus tard à la mort de ces deux témoins.

Le début du témoignage commence par une présentation en bonne et due forme de leur vie, celle juste avant l'engagement. Même si en général, je ne suis fan du déballage de la vie privée – d'ailleurs, c'est ce qui m'avait exaspérer lors de la lecture du témoignage d'Eric LOMAX ; ici, je n'ai pas été gênée. Bill GUARNERE et Edward HEFFRON n'entrent pas trop dans les détails. On apprend que Bill est une véritable tête brulée, ce qui expliquera les différentes situations durant la guerre et qu'Edward au contraire, est plus timide, plus réservé et qu'il a été élevé dans une famille où la religion est vraiment importante.
J'ai d'autant plus apprécié cette partie, car elle est riche en informations sans pour autant alourdir la lecture. Elle n'est pas très longue, c'est juste assez.

          Le moment le plus palpitant et surement le plus attendu est celui du récit de leur guerre. Comme si je regardais à nouveau des épisodes de la série Band of brothers, je retourne en Angleterre, en France, en Hollande, en Belgique... Si le lecteur recherche le côté technique, il peut passer son tour. En revanche, pour le côté humain, il trouvera tout ce qu'il recherche dans une telle lecture.
Durant toute cette lecture, je n'ai pu m'empêcher d'imaginer la tête des acteurs et non des véritables protagonistes. Ça a donné un nouvel élan à ma lecture et j'ai donc eu cette impression de les connaître. D'ailleurs, le lecteur verra que la série est très proche de la réalité même si certaines situations pour être plus « hollywoodienne », n'apparaissent pas au moment où elles se sont vraiment réalisées.
De plus, le point de vue de Bill et d'Edward a permis de comprendre ce qu'ils ressentaient. J'ai découvert que Bill était vraiment rancunier des français et avait été déçu de la manière où ils avaient été accueillis par ces derniers contrairement aux hollandais.
Sans tabou, ils racontent tout, même s'il faut casser le mythe du G.I qui n'a rien à se reprocher. Ces anecdotes peuvent parfois déranger mais la plupart du temps sont vraiment amusantes. J'ai plusieurs fois ri et apprécier les anecdotes.
Le style utilisait est simple, sans détour. Il permet au lecteur d'avoir la sensation, que les deux auteurs content l'histoire de vive voix.
L'histoire est écrit avec toute la modestie que j'attendais de la part de ces deux personnes. En aucune façon, ils n'ont cherché à être larmoyant.

          Ce témoignage se finit par ce qu'ils sont devenus après cette guerre. J'ai beaucoup aimé cette partie car lors de mes multiples visionnages de la série, je regrettais qu'on n'en sache pas plus sur eux après la guerre. Tout comme la première partie, celle-ci n'est pas longue. Le petit plus est qu'ils parlent des acteurs qui les incarnent et expliquent comment ils les ont rencontré. Comme si, au final, ce n'est pas la fiction qui dépassait la réalité mais bien, la réalité qui a dépassé la fiction.

» Edward HEFFRON s'est éteint le 1er décembre 2013. Le 8 mars 2014, c'est Bill GUARNERE qui l'a suivit. HEFFRON avait dit à l'époque, que s'il arrivait quelque chose à Bill, il le suivrait.

» Le véritable Babe HEFFRON fait une courte apparition dans la série en tant que figurant. Cette scène se déroule lorsqu'ils sont en Hollande.

» Avant de commencer cette lecture. J'ai lu "Manuel d'instruction à l'usage des américains débarquant en France" (éditions Equateurs). Une reproduction en deux langues (français et anglais) du guide qui était donné aux jeunes soldats. Une lecture agréable et amusante de l'idée que se faisait les américains sur les français !



© Melleaurel

6.12.14

Grand Central


                                          DE : Melanie BENJAMIN, Jenna BLUM, Amanda HODGKINSON, Pam JENOFF, Sarah JIO, Sarah McCOY, Kristina McMORRIS, Alyson RICHMAN, Erika ROBUCK & Karen WHITE
EDITION : Berkley
PAGES : 356
LANGUE : Anglais
LIEUX : New York (ETATS-UNIS)
PERSONNAGE(S) : -
THEMES : Nouvelles | Après Seconde Guerre Mondiale | Romance
RÉSUMÉ DE L’ÉDITION
A war bride awaits the arrival of her GI husband at the platform…
A Holocaust survivor works at the Oyster Bar, where a customer reminds him of his late mother…
A Hollywood hopeful anticipates her first screen test and a chance at stardom in the Kissing Room…


On any particular day, thousands upon thousands of people pass through New York City’s Grand Central Terminal, through the whispering gallery, beneath the ceiling of stars, and past the information booth and its beckoning four-faced clock, to whatever destination is calling them. It is a place where people come to say hello and good-bye. And each person has a story to tell.

Now, ten bestselling authors inspired by this iconic landmark have created their own stories, set just after the end of World War II, in a time of hope, uncertainty, change, and renewal…
MON AVIS
          Imaginez vous, une scène prise sur le vif dans le hall de la gare Grand Central à New York. De nombreux voyageurs se croisent mais ne se regardent pas...quelques regards se perdent. On entend plusieurs exclamations, certains soldats reviennent du front, ils revoient des amis, un ou plusieurs membres de leur famille, leur amant. D'autres pleurent en secret ceux qu'ils ne reverront plus...On fait un arrêt sur image. Comme une photographie interactive, il suffit de cliquer sur la personne de son choix pour découvrir son histoire.
Un hall de gare est l'endroit parfait pour commencer une histoire et c'est ce que vont faire dix auteurs pour le plus grand plaisir du lecteur !
Mais pas n'importe quel auteur, dix auteures de renoms aux États-Unis : Melanie BENJAMIN, Jenna BLUM, Amanda HODGKINSON, Pam JENOFF, Sarah JIO, Sarah McCOY, Kristina McMORRIS, Alyson RICHMAN, Erika ROBUCK et Karen WHITE.

          Grand Central a pour particularité d'être une anthologie c'est-à-dire un recueil de 10 nouvelles où l'auteur devra respecter un thème « Septembre 1945 dans la gare Grand Central à New York ». Après chaque auteur est libre de faire ce qu'il veut au grès de ses envies.
Alors qu'il aurait été facile d'imaginer, des histoires sur des retrouvailles entre un soldat et sa compagne, Grand Central offre une grande diversité de nouvelles. Il n'y en pas une qui ressemble à une autre.
Le lecteur partagera la souffrance d'un rescapé d'un camp de concentration, l'exile d'une luxembourgeoise qui a honte de son passé, le retour d'un soldat brisé, une aviatrice qui a besoin de faire une dernière chose avant de retourner à la vie civile, un immigré qui tombe amoureux... Autant de personnages qui permettront au lecteur de s'attacher au moins à l'un d'entre eux, à partager des émotions contradictoires, à espérer et à oublier les trahisons du passé.
J'ai apprécié l'imagination de ces auteures, chaque nouvelle a son univers et alors que je pensais me connaître en histoire d'amour sur la Seconde Guerre Mondiale, j'ai quand même été surprise !

          Le petit plus de ce livre est que chaque nouvelle est liée à celle qui la précède. Même si cela est fait finement, il suffira d'une phrase pour comprendre le lien. Les auteures ont pensé à tout car il est vrai que si l'on part du constat que l'action se déroule principalement dans le même lieu, un personnage aurait bien pu rencontrer un autre ! C'est ingénieux et permet de montrer au lecteur, qu'il y a eu un véritable échange entre les auteurs !
Par exemple, j'ai aimé que Peter le personnage central de la deuxième nouvelle (The Lucky One), écoute une musique dans le hall et jette quelques pièces à un musicien. Le musicien en question, c'est Gregori, le personnage central de la première nouvelle (Going Home). Un moment donné, Peter heurte une femme, c'est le personnage central de la troisième nouvelle (The Branch of Hazel)et celle-ci se rappelle avoir croisé un Allemand dans la gare, il s'agissait de Peter.
À chaque nouvelle, j'étais en quête d'indices pour la nouvelle suivante ! J'ai adoré ! Au final, malgré leurs différences, les nouvelles ont toutes un fil conducteur : Grand Central !

          Évidemment, certaines nouvelles sont meilleures que d'autres mais non pas en raison de leur qualité car elles se valent un peu près toutes, mais en raison des émotions qu'elles procureront au lecteur. En effet, chaque nouvelle fait environ 30 pages, l'auteure doit trouver les bons mots pour qu'en peu de phrases finalement, donner autant d'émotions que s'il s'agissait d'un véritable roman. Elles doivent aller à l'essentiel et accrocher le lecteur dès la première page !
Je pourrais vous parler une à une de chaque nouvelle mais je risque de trop vous en révéler et vous gâcher ainsi le plaisir de les découvrir ! Je vais donc m'abstenir. J'ai eu plusieurs coups de cœur – 8 sur 10 (quand même !) dont trois véritablement ont réussi à me transporter au delà de mes espérances :

» The Lucky One de Jenna BLUM – la deuxième nouvelle avec Peter, un rescapé d'un camp de concentration. J'ai versé quelques larmes et il a suffit à peine une page pour que je m'attache à ce personnage ! Un coup de ♥ !

» The Harvest Season de Karen WHITE – la dernière nouvelle avec Will, un soldat de retour dans sa petite bourgade du Sud des États-Unis. J'ai aimé ce personnage qui est encore sonné par la guerre, cherche à oublier les trahisons, essaye de s'adapter aux nombreux changements que sa famille a du faire face durant son absence...

» The Reunion de Kristina McMORRIS - la septième nouvelle avec Virginia, une aviatrice durant la Seconde Guerre Mondiale. J'ai aimé que l'on parle de l'implication de la femme durant la Seconde Guerre Mondiale mais aussi suivre cette aviatrice qui recherche le pardon après la guerre...

Ces trois auteures ont réussi à me toucher, j'ai adoré leur plume. Sans le savoir, j'avais plusieurs romans à elles dans ma wishlist et même un autre roman de Kristina McMORRIS dans ma pile à lire : Letters from Home que je vais m'empresser de mettre dans ma sélection des prochains livres à lire en anglais !
N'étant pas anglophone de naissance, j'aime bien lorsque l'auteur ne cherche pas à faire des phrases compliquées car malgré les quelques années de pratique, il m'arrive encore de ne pas comprendre toutes les subtilités. Le style était simple, les mots percutants.

          Grand Central est un coup de cœur ! En plus, de m'avoir permis de découvrir de nouveaux auteurs, c'est un véritable trésor où l'émotion règne en maître. Mon seul regret au fond, c'est que cela soit seulement un recueil de nouvelles et non de romans !

Crédit photo : Alfred EISENSTAEDT, Farewell to departing troops, April 1943
Source gif :

© Melleaurel

13.11.14

The Railway Man

                                      DE : Eric LOMAX
EDITION : W. W Norton & Company
PAGES : 288
LANGUE : Anglais
LIEUX : Edimbourg, Inverness, Stromness (ECOSSE)| Scarborough, Berwick-upon-tweed, Catterick, Great Leights (ANGLETERRE) | Bombay, Calcutta (INDE) | Keppel, Changi (SINGAPOUR) | Kanchanaburi, Bangkok (THAILANDE) | GHANA | JAPON
PERSONNAGE(S) : Eric Lomax
                                      THEMES : Témoignage | Seconde Guerre Mondiale | Prisonnier
RÉSUMÉ DE L’ÉDITION
During the second world war Eric Lomax was forced to work on the notorious Burma-Siam Railway and was tortured by the Japanese for making a crude radio.
Left emotionally scarred and unable to form normal relationships Lomax suffered for years until, with the help of his wife Patti and the Medical Foundation for the Care of Victims of Torture, he came to terms with what had happened and, fifty years after the terrible events, was able to meet one of his tormentors.

The Railway Man is an incredible story of innocence betrayed, and of survival and courage in the face of horror.

MON AVIS
La Seconde Guerre Mondiale fait rage en Europe, Eric LOMAX un jeune écossais s'engage dans l'armée Britannique. Ce qui était pour lui un devoir héroïque va très vite devenir un cauchemar. Il sera fait prisonnier des japonnais et ceci jusqu'à la fin de la guerre.
Avec ce témoignage, Eric LOMAX veut nous faire partager son calvaire, essayer d'oublier. Eric a été torturé durant sa captivité.

J'ai eu envie de lire ce livre, lorsqu'un matin je suis tombée sur la bande d'annonce d'un film, The Railway Man. Colin FIRTH était l'interprète principal. En faisant quelques recherches, j'ai appris que le film s'inspirait directement d'un témoignage. Ni une, ni deux, je me suis procurée le livre. La bande d'annonce laissait présager des moments intenses, de la violence certes mais aussi des moments émouvants...

C'est dans cet état d'esprit que j'ai commencé ma lecture et très vite, j'ai déchanté ! Dès le début, l'auteur nous raconte sa jeunesse, sa rencontre avec sa première femme, sa passion pour les trains. Ce qui nécessite tout au plus une vingtaine de pages prend dans ce livre des dimensions extraordinaires - 70 pages !! Sur un livre qui ne compte que 290 pages, j'ai eu le sentiment dès le départ d'avoir été assommée ! C'est devenu lassant surtout qu'il traite principalement de sa passion pour les trains. Lorsque l'on veut lire un témoignage sur la guerre, on veut que l'histoire commence même si ce n'est pas par la captivité au moins par la guerre !

De plus, comme je le remarquerai par la suite, c'est le style de LOMAX qui m'a un peu dérangé. Les termes employés, la construction des phrases, la ponctuation choisie rendent le style impersonnel. Comme si l'auteur lui même était détaché et qu'il était un spectateur de sa propre vie. Le style manque de finesse, le jeune écossais intrépide semblait froid.


Le grand tournant dans le livre, c'est la période de sa captivité. Cette partie était intense, les mots pour le coup étaient justes. Peu de mots ont réussi à me mettre mal à l'aise lorsqu'il y décrit les tortures que les japonais lui infligent. Le lecteur rentre enfin dans l'intimité de ce soldat.
Il ne faut pas croire qu'il a été tout le temps torturé. Eric LOMAX nous partage son quotidien. On découvre les camps où il est tour à tour enfermé, les cellules dans lesquels il reste parfois sans voir la lumière, sans avoir la possibilité de parler avec celui qui partage sa cellule. Le lecteur apprend que LOMAX cherche à s'évader et qu'il a lui même fait une carte. Il apprend aussi que les détenus cherchent coute que coute à aller à l'hôpital où la détention même si elle n'est pas parfaite et toujours meilleure. Les prisonniers font aussi de nombreux travaux qui les laissent dans des états épouvantables.
J'ai enfin partagé les doutes, la peur de l'auteur, il était temps ! C'est un homme brisé par ses blessures qui rentrera au Royaume-Uni.
Mais voilà, il y a des "mais". Eric LOMAX parle très peu de ses codétenus, le lien fraternel qui devrait se créer n'est pas écrit, n'est pas ressenti. Je m'attendais si ce n'est ce lien fraternel, au moins à de la solidarité comme celle que l'on retrouve chez les soldats de la Easy Company (Band of brothers pour les ignorants ^^).
L'adaptation cinématographique met en scène un certain FINLEY qui n'est pas présent dans le livre ! Si le cinéma, lui invente un ami...ce n'est pas bon signe ! L'absence de dialogues a surement joué un rôle. Il n'y a aucune anecdote amusante qui aurait pu alléger l'ambiance.
De plus, cette partie s'est révélée très pauvre dans la mesure où elle ne représente à peine la moitié du livre !

Comme les montagnes russes, après cette partie, c'était la dégringolade. Je me suis ENNUYÉE ! Le récit aurait pu largement se terminer avant mais non, Eric LOMAX raconte son "après captivité".
Comme un exutoire à ses maux, il recherche l'interprète qui traduisait ses propos lors de ses tortures. Il fini par le retrouver 50 ans plus tard et part à sa rencontre. Cette rencontre qui aurait pu être intéressante ne l'est pas.
En effet, tout au long du livre, Eric faisait part au lecteur de sa haine pour cet interprète. Il semblai froid et pourtant, au moment de la confrontation, c'est un homme malade, qui a été traumatisé par la guerre, qui a essayé de se racheter, que le lecteur découvre. L'échange même entre les deux hommes ressemblait plus à des retrouvailles entre des amis perdus de vue !
Évidemment, je ne m'attendais pas à une rencontre musclée mais au moins, que LOMAX une fois pour tout dit en face tout ce qu'il pensait !

Cette lecture fut décevante, le manque d’empathie que j'ai eu pour l'auteur a surement contribué à ce sentiment. Eric LOMAX a peut être réussi à tirer un trait sur son passé grâce à ses mémoires, ça sera au moins une chose positive qui sortira de ce livre.
Il me reste plus qu'à regarder la version "hollywoodienne" de ce témoignage...

© Melleaurel

2.11.14

The Soldier's Wife

DE : Margaret LEROY
EDITION : Hyperion Books
PAGES : 392
LANGUE : Anglaise (pas encore traduit)
LIEUX : Île de Guernesey
PERSONNAGES : Vivienne de la Mare, Gunther Lehmann...
THEMES : Amour | Seconde Guerre Mondiale | Occupation | Quotidien
RÉSUMÉ DE L’ÉDITION
As World War II draws closer and closer to Guernsey, Vivienne de la Mare knows that there will be sacrifices to be made. Not just for herself, but for her two young daughters and for her mother-in-law, for whom she cares while her husband is away fighting. What she does not expect is that she will fall in love with one of the enigmatic German soldiers who take up residence in the house next door to her home. As their relationship intensifies, so do the pressures on Vivienne. Food and resources grow scant, and the restrictions placed upon the residents of the island grow with each passing week. Though Vivienne knows the perils of her love affair with Gunther, she believes that she can keep their relationship and her family safe. But when she becomes aware of the full brutality of the Occupation, she must decide if she is willing to risk her personal happiness for the life of a stranger.

MON AVIS
L'histoire commence en 1940, les Allemands sont à Cherbourg. L'île de Guernesey est juste située entre la France et l'Angleterre. Les habitants de cette île n'ignorent pas que les Allemands convoitent cette île. De suite, le ton est donné. On ressent l'angoisse des habitants, on apprend que certains s'enfuient sur de vieux bateaux pour rejoindre leur patrie, l'Angleterre. On sait que les Allemands vont occuper cette île, mais quand ? Il y a une certaine tension, les insulaires répandent des rumeurs. Les actes de vandalismes se multiplient.

L'auteure en profite pour nous présenter, l’héroïne du roman, Vivienne de la Mare. Le lecteur apprend à la connaître au fur et à mesure, Margaret LEROY distille quelques bribes sur son passé - celui qui a commencé sur l'île. Vivienne est anglaise, elle a quitté l'Angleterre pour Eugène son mari. Alors, qu'Eugène est engagé dans l'armée anglaise, Vivienne élève ses deux filles, Blanche 14 ans et Millie 4 ans. Elle habite une petite maison avec sa belle-mère. Cette belle-mère atteinte de la maladie d’Alzheimer ne lui facilite pas la vie. L'auteure brosse le portrait d'une femme mélancolique, qui n'est pas heureuse dans son ménage mais qui tient le coup pour ses deux filles. De temps en temps, l'auteure donne quelques informations sur son couple, assez pour nous faire une idée. Je me suis tout de suite attachée à ce personnage, j'ai aimé ses attentions envers ses filles. J'ai partagé avec elle, ses angoisses, ses doutes. On pourrait penser qu'elle n'a pas de caractère, pourtant, la psychologie du personnage est plus complexe. C'est un personnage réfléchi qui ne se précipite pas.

Les Allemands arrivent sur l'île. J'ai eu une montée d'angoisse, la manière dont l'auteure amène cette partie est remarquable, la scène était parfaite ! Margaret LEROY n'épargne rien sous l'occupation. Elle évoque les collaborateurs, le camps des travailleurs, la barbarie des nazis, les flirts entre les soldats et les jeunes filles de l'île, la peur de certains soldats de repartir au front mais aussi les résistants, les dénonciations, les corbeaux. Tout ce qui a pu se passer durant cette guerre est évoqué. Tous les habitants y sont impliqués à leur manière, en commençant par l'aîné Blanche qui est vendeuse, Johnnie, l'ami d'enfance de cette dernière, même les amis de la famille De la Mare ont eu un rôle.
Le simple fait d'accepter du chocolat par un allemand, suscite de nombreuses interrogations : Vont-ils le (personnage) prendre pour un collaborateur ? Doit-il l'accepter ? Comment cet Allemand a réussi à se le procurer ?
Tous ces aspects sont bien traités, il y a juste les détails qu'il faut. Le fait que cela se déroule sur une île augmente cette sensation de claustrophobie, les habitants ne peuvent pas y échapper. Ils doivent faire avec, quelque soit le prix que cela peut couter, ils n'ont aucune issue.
En revanche, le contre coup est qu'il y a trop de petites intrigues pour un roman qui ne compte que 400 pages et qui balaye 6 ans ! Le lecteur n'est pas totalement en haleine, chaque intrigue n'est pas poussée jusqu'au bout. Pourtant, le rythme ne s’essouffle pas, j'ai continué inlassablement à tourner les pages, prête à poursuivre cette histoire.

 

Durant l'occupation, on fait la connaissance de Gunther, celui qui va faire chavirer le cœur de Vivienne. C'est un personnage très mystérieux, on sait très peu de chose sur lui. On apprend qu'il est marié, qu'il a un seul fils de 17 ans qui est aussi au front. Il se sent chez lui sur l'île et non à Berlin avec sa femme.
Margaret LEROY à travers ce personnage, évoque ceux qui n'ont pas voulu cette guerre, qui la subissent.
Sa relation avec Vivienne ne m'a pas transcendé. J'ai regretté que l'auteure est perdu de vue cette romance, au point de la faire passer au second plan.
Il y a au final très peu de scènes. Il manque le piquant que le résumé laissait promettre. Ce côté "amour impossible" est un peu fade, j’espérai des moments vraiment palpitants (ce ne sont pas les idées qui manquaient...). Pourtant au début, ça avait bien commencé, Vivienne refoulait ses sentiments, le lecteur pouvait sentir l'électricité dans l'air mais tout s'est arrêté dès que les deux protagonistes ont ouvert leur cœur, l'histoire n'a plus trop évolué.
Néanmoins, ne pensez pas que je n'ai pas été touchée par cette histoire d'amour, au contraire ! D'une certaine manière, je l'ai trouvé attendrissante et j'ai été heureuse pour Vivienne. J'ai réalisé (à contrecoup) que l'auteure avait pris en compte la maturité des personnages : ils ont une famille, ils sont posés. Bien que cela ne soit pas le genre de romance que j'attendai, la fin du roman m'a vraiment émue et surtout, la dernière phrase qui a été un petit choc...

A côté, de cette ambiance et de cette romance, ce que j'ai vraiment apprécié dans The Soldier's Wife, c'est la description du lieu. Le fait que cela se déroule sur une île a surement accentué le côté "cocooning", folklorique. J'ai cru être transportée dans un lieu qui est un mélange entre les cottages anglais et les pleines écossaises (pour vous faire une idée). Ma curiosité a été piquée au vif.
Je suis tombée amoureuse de cette île alors que je n'ai jamais mis un pied dessus. Lorsque je lisais les descriptions, je me voyais bien avec une tasse de thé, en train d'écrire une histoire sur une machine à écrire et à entendre, le bruit de la bûche qui crépite dans la cheminée (et oui, quand je rêve je ne fais pas les choses à moitié...il y avait aussi Matt BOMER mais ça, c'est une autre histoire...).

The Soldier's Wife est une très belle histoire même s'il semble que l'histoire d'amour soit un prétexte pour évoquer le quotidien des habitants sous l'Occupation. Margaret LEROY a un style vraiment accrocheur, j'ai été conquise par sa plume et je suis curieuse de lire d'autres romans de cette auteure.
Pour ceux qui se poseraient la question, le niveau en anglais est vraiment abordable !

© Melleaurel