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21.5.16

Fall of Poppies : Stories of Love and The Great War



November 11, 1918. After four long, dark years of fighting, the Great War ends at last, and the world is forever changed. For soldiers, loved ones, and survivors, the years ahead stretch with new promise, even as their hearts are marked by all those who have been lost.

As families come back together, lovers reunite, and strangers take solace in each other, everyone has a story to tell.

In this moving, unforgettable collection, nine top historical fiction authors share stories of love, strength, and renewal as hope takes root in a fall of poppies.


Traduction du résumé
11 Novembre 1918. Après quatre longues sombres années de bagarres, la Grande Guerre touche à sa fin, et le monde est pour toujours changé. Pour les soldats, les premiers amours, et les survivants, les années vont vers de nouvelles promesses, même si leurs coeurs sont marqués par tous ceux qui ont disparu.

Alors que des familles se retrouvent, des amants se réunissent, et des étrangers trouvent du réconfort l'un avec les autres; chacun a une histoire à raconter.

Dans cette émouvante, inoubliable collection, neuf auteurs de fictions historiques partagent leurs histoires d'amour, de force et d'espoir retrouvé qui prend racine dans la chute des coquelicots.

Mon avis
" Un recueil de nouvelles émouvantes et captivantes "
★ ★ ★ ★ ★

11 heures, le 11 novembre. Les cloches sonnent à nouveau. On entend au loin « C'est la fin ! » mais la fin de quoi ?

Fall of Poppies, c'est le travail d'Heather Webb, auteure et passionnée d'Histoire qui entourait d'auteures, d'amies nous propose cette anthologie qui a pour thème : la Première Guerre Mondiale. Pas facile pour cette instigatrice de réunir autant d'auteurs de romans historiques reconnus et pour ces auteurs - en général - de donner son histoire, sa version de ce moment qui marquait la fin de cette terrible guerre.
Pourtant avec Fall of Poppies, le pari a été relevée haut la main, tant j'ai été séduite par les nouvelles même si toutes ne se valent pas. Chaque histoire traite un aspect différent de cette période sans entrer dans des détails rébarbatifs. On survole des thèmes que l'on n'aborde pas nécessairement à l'école. Dans ce recueil, c'est surtout l'histoire de cœur qui prime : l'amour d'une mère, d'une femme, d'une amie. Un véritable coup de cœur !

Cette anthologie est composée de 9 nouvelles. Sans mettre dans un ordre particulier - j'ai préféré conserver celui du livre - je vais vous laisser un résumé et vous dire en quelques lignes ce que j'en ai pensé de chacune. Mon TOP 4 (si on peut le dire) figure dedans, je mettrai un ♥ à côté.

The Daughter of Belgium par Marci JEFFERSON
Alors que les Allemands se retirent de Bruxelles, une jeune femme qui habite avec sa fille dans un hôpital pour les blessés de guerre, cherche un moyen pour quitter la ville.
Un très bon suspense tout au long de cette nouvelle mais dommage que la fin soit prévisible et trop rapidement achevée. L'impression que tout va trop vite.

The Record Set Right par Lauren WILLIG ♥
Soixante ans après, une femme quitte le Kenya pour l'Angleterre et part retrouver un ami de longue date. C'est l'occasion de mettre fin à un malentendu.
Quelle surprise ! J'ai découvert la plume de l'auteure et j'ai été envoûtée. Je suis si triste qu'il ne s'agit pas d'un roman tellement il y avait matière à développer...Un coup de cœur ! Ça fait déjà 1 mois que je l'ai lu et j'y pense encore..C'est dire!

All for the Love of You par Jennifer ROBSON *
La rencontre entre Daisy, une américaine qui vit à Paris avec un soldat qui a perdu une partie de son visage. Bénévolement, elle aide à peindre sur les masques destinés à ces soldats.
Rencontrée dans le roman Moonlight Over Paris de l'auteure, j'étais curieuse de connaître plus sur ce personnage surtout connaissant déjà à l'avance d'autres éléments de cette intrigue. Comme le sentiment avec cette nouvelle que la boucle était bouclée et que ce roman était désormais entier. Une très belle histoire avec le souci coutumier de l'auteure sur les détails.

After You've Gone par Evangeline HOLLAND
Une femme fait la rencontre d'étrangers comme elle qui essayent de profiter de leur dernier instant à Paris avant de rentrer chez eux.
L'auteure donne les traits à son personnage d'une femme courageuse qui malgré les malheurs de la guerre, semble rester digne. Je n'ai pu m'empêcher d'imaginer Josephine Baker dans les traits de l'héroïne. Un point de vue inédit de la Guerre.

Something Worth Landing For par Jessica BROCKMOLE ♥
Un jeune américain avant sa première mission décide d'épouser une inconnue qu'il a à peine rencontré.
Rythmée par des lettres de cette inconnue et la situation de ce jeune homme, cette nouvelle est touchante et drôle. On s'attache rapidement à cet américain qui s'est mis dans une situation pas si invraisemblable à cette période.

Hour of the Bells par Heather WEBB *
Une missive et c'est tout le monde de cette mère de famille qui s'écroule.
Une nouvelle qui met en avant l'amour d'une mère qui n'a en tête que le désir de vengeance. Jusqu'à la dernière ligne, on ne sait pas si elle va aller au bout de ses desseins et la fin m'a beaucoup ému.

An Americain Airman in Paris par Beatriz WILLIAMS * ♥
Octavian est à Paris. C'est la fin de la guerre, il veut profiter de l'ambiance mais son passé semble le rattraper surtout depuis qu'il a perdu une photographie. Tout semble lié à cette photo.
Avec cette nouvelle, Beatriz WILLIAMS nous présente un des nouveaux personnages principaux de son prochain roman : A Certain Age. Une belle entrée en la matière qui m'a donné envie de me le pré-commander ! Ambiance années 20 au rendez-vous !

The Photograph par Kate KERRIGAN
Une photographie est retrouvée un siècle plus tard et l'histoire semble se répéter.
L'histoire ne m'a pas assez captivé, il manquait le petit plus qui fait la différence. Dommage.

Hush par Hazel GAYNOR * ♥
Une sage femme met au monde un enfant le 11 novembre à quelques minutes de 11heures. Au même moment, on suit l'histoire de son fils qui est au front et dans les tranchés.
Le rythme est saisissant. On est en haleine. On espère, on a peur et c'est surtout la question de l'expression « Un mort, une naissance ? » va t-elle ici se concrétiser ?

Pour tous les auteurs où il y a une étoile (*), cela signifie que j'ai déjà chroniqué sur le blog, un de leur roman. Vous pouvez retrouvez la liste dans la partie En fonction de l'auteur.

  Challenge : Read in English #2
                                          DE : Heather WEBB et co.
ÉDITION : William Morrow (2016)
PAGES : 354
LANGUE : Anglais (pas encore traduit)
LIEUX :  New York, Mississippi (ÉTATS-UNIS) | Bruxelles (BELGIQUE) | KENYA | Paris, Romorantin, Belford, Strasbourg, Rembercour (FRANCE) | Londres, Brinsworth (ANGLETERRE) | Dublin (IRLANDE)
PERSONNAGE(S) : /
THÈMES : Anthologie | Amour | Grande Guerre

19.5.16

Boston Girl



The Boston Girl, c'est Addie Baum, née en 1900 de parents immigrés polonais, peu préparés et plutôt suspicieux à l'égard de la culture américaine qui tentent d'élever leurs trois filles dans la tradition juive de l'Europe de l'Est. Mais la curiosité et l'intelligence d'Addie la propulse dans un tout autre monde, fait de jupes courtes, de films, de livres et de nouvelles opportunités pour les femmes. Un monde dans lequel une fille termine le lycée, va à l'université, a une carrière et trouve l'amour par elle-même. Le récit commence en 1985, lorsque la petite-fille d'Addie lui demande : " Comment es-tu devenue la femme que tu es aujourd'hui ? " Et Addie, alors âgée de 85 ans, entreprend le récit de sa vie, à partir de 1915, année où elle rejoint un groupe de lecture pour filles, découvre sa voie et se fait des amis qui lui permettent de fuir son quotidien (...)


Mon avis
" Le parcours frais et touchant d'une jeune américaine "
★ ★ ★ ★

Plusieurs fois, sa petite-fille lui pose la question. Difficile de trouver la réponse et puis, tout revient. Si facilement, qu'on se surprend même...

Boston Girl d'Anita DIAMANT est le récit initiatique d'Addie, une américaine issue d'une famille d'immigrés polonais qui apprend au cours de sa vie à s'émanciper, à suivre l'air du temps au grand désarroi de ses parents, encore dans les traditions.

Frais et drôle, Boston Girl est le roman qui nous fait passer un agréable moment. La vie n'est pas un long fleuve tranquille et malgré un parcours semé d’embûche, rien n'arrête l'héroïne. Addie fait une introspection à la suite d'une question posée par une de ses petites-filles. Le prétexte pour revivre avec elle tous les grands événements qui ont marqués la population américaine. Le partager du point de vue d'immigrés donne encore plus poids à certains moments.

Boston Girl se déroule sur plusieurs décennies durant des périodes charnières pour l’héroïne. Chaque moment est bref et l'auteure va à l'essentiel. Bien que ce roman ne s'encombre pas de futilité, j'ai eu des difficultés à m'attacher plus que ça à l'héroïne et j'ai eu l'impression de survoler les moments historiques forts.
Ne vous laissez pas tromper par la légèreté apparente, ce roman est quand même à sa manière, très touchant. Il fait partie de ces romans qui parleront à nombreux lecteurs. Aux plus âgés qui aiment comme l'héroïne nous faire part de leurs anecdotes mais aussi aux "adultes" qui sont à un moment de leur vie où ils ont besoin de faire le point ou encore aux plus jeunes qui ont tout à apprendre. C'est une des grandes surprises de ce roman car il s'est révélé être plus du genre "Young Adult" que ce que je pensais.

Boston Girl est globalement, un très joli roman. Je n'ai pas eu de coup de cœur mais je suis contente de l'avoir lu au moins une fois.



DE : Anita DIAMANT
ÉDITION : Hugo & Cie (2016)
PAGES : 342
LANGUE : Français (traduit par Anne-Sylvie HOMASSEL)
LIEUX : Boston, Gloucester, Cape Ann, Cambridge (ÉTATS-UNIS)
PERSONNAGES : Addie Baum
THÈMES : Rétrospection | Immigration | Femme

20.2.16

The Diviners (The Diviners #1)

Résumé de l'édition

Evie O'Neill has been exiled from her boring old hometown and shipped off to the bustling streets of New York City--and she is pos-i-toot-ly thrilled. New York is the city of speakeasies, shopping, and movie palaces! Soon enough, Evie is running with glamorous Ziegfield girls and rakish pickpockets. The only catch is Evie has to live with her Uncle Will, curator of The Museum of American Folklore, Superstition, and the Occult--also known as "The Museum of the Creepy Crawlies."

When a rash of occult-based murders comes to light, Evie and her uncle are right in the thick of the investigation. And through it all, Evie has a secret: a mysterious power that could help catch the killer--if he doesn't catch her first.


En français ?

Traduction personnelle

Evie O'Neill a été contrainte de quitter sa ville natale ennuyeuse pour être expédiée dans les rues animées de New York - et elle est po-si-ti-ve-ment ravie. New York est la ville des clandestins, du shopping, et du cinéma ! Bientôt, Evie est embarquée avec les filles glamour de Ziegfield et les pickpockets. Le seul hic est qu'Evie doit vivre avec son oncle Will, conservateur du Musée du Folklore américain, de la superstition et de l'occultisme - également connu comme "Le Musée de la vermine".

Quand une série de meurtres occultes est sous les projecteurs, Evie et son oncle sont en plein cœur de l'enquête. Et à travers tout cela, Evie a un secret : un pouvoir mystérieux qui pourrait aider à attraper le tueur - s'il ne la rattrape pas en premier...


Mon avis                                    


Le tempo d’une musique jazzy, le claquement de chaussures sur le parquet. L’insouciance d’une soirée interdite. Bienvenue dans le monde de Libba BRAY ! Une fois que vous y entrez, ce n’est que la dernière page du livre qui vous arrêtera...

En mêlant, la folie de la jeunesse et le spiritisme, The Diviners embarque le lecteur dans le monde d’Evie O'Neill. Une jeune fille de 17 ans qui cache un secret : en touchant les objets, elle apprend des choses sur le propriétaire de cet objet. Don ou malédiction, ce pouvoir va lui causer quelques soucis qui vont l'amener à aller vivre chez son oncle, Will Fitzgerald. J'ai aimé le petit clin d’œil à l’auteur Francis Scott Fitzgerald. Un oncle singulier, propriétaire d’un musée à New York qui traite principalement des choses occultes et qui peut être sollicité afin d'aider sur des enquêtes. Un personnage qui m'a de suite séduite car sous cette apparence de célibataire, incapable d'être une figure paternelle, se cache un homme secret qui a du vécu.

Ce premier tome, The Diviners est un young adult à la fois divertissant et surprenant.
Deux mondes s'opposent dans l’univers que nous peint Libba BRAY. Il est à la fois coloré par les soirées, le mode de vie des années 20 et le lieu : New York, la ville qui ne dort jamais mais il est aussi sombre, avec ces meurtres, ces histoires de fantôme et cet aura apocalyptique !

Dans ce roman, l’auteure m’a surprise car même s'il y a l’insouciance de la jeunesse, il y a aussi beaucoup d’humour. L’héroïne a quelques réactions immatures et quelques tics de langage mais justement, ça nous permet de nous familiariser avec le personnage. Elle semble agir sans réfléchir aux conséquences.
De plus, on ne se contente pas de mettre en avant un personnage mais on l'entoure d'une bande avec pour certains aussi quelques dons et secrets. Seuls les lecteurs sont dans la confidence. Je pense à Sam Lloyd qui veut retrouver sa mère ; Theta qui fuit un passé et qui se cache ; à Jericho, un jeune homme qui habite chez son oncle ou encore Memphis qui a un don de guérison mais qui fait tout pour protéger son petit frère. Une équipe qui ne se rencontre pas par hasard et qui laisse présager aux lecteurs, de multiples péripéties. Des compagnons qui permettent aussi à l'héroïne de se confronter à ses défauts et à apprendre à se responsabiliser avec eux.

L'intrigue développée est saisissante. Il y a des secrets dans les secrets, quelques rebondissements et surtout, on sent bien que l'histoire n'est qu'à son début.
Libba BRAY rappelle que rien n’est parfait, un meurtrier suit des rites...La magie et les meurtres sont liés. C'est l'autre pendant de l'histoire.
Pour un Young Adult, je le trouve assez noir et j’ai eu quelques frissons que je n’aurai pas eu forcément dans un roman dit « policier ». Mêler les deux genres fonctionne parfaitement. L'histoire gagne en crédibilité tant les meurtres m'ont fait penser aux  faits divers qui ont eu lieu au temps des chasses aux sorcières ou encore des meurtres en série de sectes pratiquant la magie noire.

Un très bon tome qui pose les bases de la saga The Diviners. J'ai vraiment envie de connaitre la suite et voir si Libba BRAY arrivera à nouveau à m'hypnotiser !


::1::  ::2::

DE : Libba BRAY
ÉDITION : Little Brown Ome (2012)
PAGES : 578
LANGUE : Anglais (pas encore traduit)
LIEUX : New York, Zenith, Brethren (ÉTATS-UNIS)
PERSONNAGES : Evie O'Neill, Will Fitzgerald, Sam Lloyd, Jericho...
THÈMES : Historique | Magie | Policier

5.2.16

Léon et Louise


Résumé de l'édition

Léon et Louise n'ont pas vingt ans au moment de leur rencontre dans un petit village français vers la fin de la Première Guerre mondiale. Léon, trop jeune pour partir au front, effectue son service civil en tant qu'assistant-télégraphiste à la gare. Louise assiste le maire - c'est elle qui informe les familles dont le fils est tombé au champ d'honneur. La magie du premier amour sera rapidement brisée. Lors d'une promenade à vélo, ils sont victimes d'une attaque aérienne. Blessés et soignés dans deux hôpitaux différents, ils reviennent au village chacun à leur tour. Mais le maire, jaloux de leur amour, dissimule la vérité, si bien qu'ils se tiennent l'un et l'autre pour morts...

http://unevaliserempliehistoires.blogspot.fr/2015/07/challenge-les-filles-de-mrs-bennet.htmlMon avis                               


Tout a commencé par un trajet en vélo, un simple déplacement et c'est le monde de Louise et de Léon qui est chamboulé. Ils sont jeunes, on n’est qu’à l’aube d’un amour naissant. L'histoire en apparence simple pourrait s'arrêter là mais c'est l’Histoire, celle avec un grand H qui va les rattraper. En effet, alors qu'ils rentraient d'un weekend en amoureux, un obus va tomber sur leur route et tous les deux vont se penser mort...

Avec la plume d’Alex CAPUS, le destin de Léon va prendre vie sous les yeux du lecteur. On le suit à plusieurs moments de sa vie et à chaque fois, il y a l’ombre de Louise qui nous tourmente...Tout aussi mystérieuse, la personnalité de Louise conquit le lecteur et la sagesse de Léon, les attendrit. L'histoire d'amour en apparence n'est pas ordinaire. A chaque décennie, il y a un moment clé qui fait ou pas évoluer leur relation.
Ceci dit, l'auteur fait une halte relativement longue dans les années 40. Paris est sous l'Occupation Allemande et Léon doit assumer tous les tracas de sa famille- famille qu'il a fondé avec une autre femme. Alex CAPUS évoque avec subtilité le cas de ces français qui ont travaillé  pour les Allemands en conservant leur foi patriotique. On n'est pas dans le jugement, on constate. Louise quant à elle, travaille pour l'administration française, lors de la guerre, elle doit quitter le pays pour une mission. Elle nous partage son quotidien sous forme de lettres qu'elle adresse à Léon. Une immersion historique intéressante car on apprend toujours quelque chose. 

Dans Léon et Louise, Alex CAPUS évoque ainsi comme le ferait un conteur, un destin banal mais en pointant du doigts des événements qui rend ce destin assez singulier.
Une certaine ambiance se dégage de ce roman car Léon, c’est un homme du quotidien, pas plus brillant que d’autres mais avec un vrai sens pratique. L’auteur parle dans ce roman de l'histoire de son grand père. Une histoire vraie mais avec la fantaisie et l’imagination sûrement de l’écrivain.

Il ne faut pas s’attendre à une histoire avec de l’action à en revendre mais plutôt à une histoire de famille que l'on raconte au coin d’une cheminée et qui a déjà fait sourire plusieurs générations.
L’auteur a un réel talent pour nous transporter dans son univers. En une phrase, tout est dit. La justesse des mots employés est remarquable. Il faut sûrement saluer le travail du traducteur car à ma grande surprise, j'ai appris que l'auteur écrivait en Allemand !

Avec Léon et Louise, on ne sait pas où va nous emmener Alex CAPUS mais on le suit les yeux fermés et lors du dénouement, on ne souhaite qu'une seule chose retourner au début du livre.
Un coup de cœur pour ce roman parce qu'il est imparfait, simple et honnête.

Notons que James Norton m'a inspiré pour le personnage...

                                         DE : Alex CAPUS
EDITION : Babel (2014)
PAGES : 320
LANGUE : Français (traduit par Emmanuel Güntzburger)
LIEUX : Paris, Cherbourg, Saint-Luc-sur-Cise, Caen, Tréport, Médine, Lacanaie (FRANCE) | SÉNÉGAL
PERSONNAGE(S) : Léon Le Gall, Louise Janvier..
THEMES : Amour | Famille | Société

29.1.16

Lettre d'une inconnue suivi de La ruelle au clair de lune


Résumé de l'édition

Un écrivain viennois apprend en lisant son courrier qu’une femme l’aime en secret d’un amour absolu depuis des années… Une nuit, un voyageur rencontre dans un bar un homme autrefois dominateur, aujourd’hui humilié par une fille à matelots… Ces deux nouvelles publiées en 1922 témoignent de l’art de Stefan Zweig pour dépeindre les tourments de l’amour non partagé, la passion qui brûle les cœurs et détruit les vies…

Mon avis
L'amour est au centre de ces deux nouvelles. Pourtant, ce n'est pas l'amour pur qui pousse Stefan ZWEIG à écrire ces nouvelles. L'auteur Autrichien cherche à faire parler, celui qui blesse,  qui frôle la limite de la folie.

Dans Lettre d'une inconnue, il est question d’une jeune femme perdue, qui a aimé mais qui ne veut rien en retour. Pour elle, l'amour ne se construit pas à deux mais se vit seul. Elle a préféré vivre avec cet amour à sens unique plutôt que de se révéler. Tout dans cette nouvelle montre que c’est un choix assumé. 
La forme épistolaire de Lettre d’une inconnue permet de le prouver mais aussi permet à l’expéditeur de coucher une sorte de testament. Elle n’est pas confrontée directement à la réaction du destinataire et c’est ce qu’elle veut. Ceci dit, ce procédé trouve vite une limite car assez rapidement, j’ai été agacée par la longueur de cette lettre. On a qu’un seul point de vue et il faut faire confiance au narrateur. Or, ce narrateur semble tout de suite un peu dérangé. Je ressentais le besoin d’une confrontation mais ce n’était clairement par l’intention de l’auteur. 
Pourtant, paradoxalement, j’ai apprécié la façon par laquelle l’auteur évoquait la détresse de cette personne. Stefan ZWEIG ne cherche pas à caricaturer les sentiments de la femme mais montre qu'une personne peut être tourmentée toute sa vie pour ne pas avoir oser. 
Dans cette nouvelle, il ne faut pas s'attendre à une réponse du destinataire, le lecteur peut à loisir s’imaginer ce que l’autre aurait pu répondre et ce n'est pas plus mal. L’auteur semble parler de quelque chose qu’il connait comme le ferait un médecin de l’amour qui chercherait un diagnostic. Une nouvelle qui s'apprécie après coup.

La seconde, La ruelle au claire de lune est totalement différente dans sa forme car il ne s’agit pas d’une lettre. J’ai eu l’impression d’avoir un extrait d’un roman qui raconterait un évènement qui s’est produit dans la vie d’un homme dont on sait peu de chose mais qui patiente dans un port de pêche. En se promenant, il entre dans un bordel mais il assiste aussi à cette occasion à l’humiliation d’un homme. Un homme qui tente de retrouver son épouse qu'il a négligée.
La nouvelle est plus courte que la première, ZWEIG maitrise ici, le rejet de la personne et les conséquences extrêmes d’un tel rejet. Même si le héro de cette nouvelle n’est pas concerné par cet amour, il est le témoin de cet amour « bancale » entre ce couple marié. Rapidement, le mari délaissé montre une part sombre. Il y a un basculement qui s’opère et notre héro préfère l’ignorer. Le lecteur en prend conscience. Il n’a pas l’intention de s’immiscer dans les histoires des autres et il sait que son passage dans cette ville ne va pas durer.
Une histoire dans un cours laps de temps, on s'attend alors à une chute. L’action se déroule sous nos yeux et n’est pas ancrée dans le passé. Cela donne un rythme à l’histoire et du coup, même si cette histoire est plus courte, j’ai eu l’impression de ressentir plus de chose. On ne se pose pas trop de questions, j'ai vécu plus intensément l'histoire.

Ce recueil de deux nouvelles a été relativement une bonne lecture même si pour ma part, ça ne sera pas non plus, celle du siècle. Je suis toujours au même point avec cet auteur, dans l’indécision. Pourtant, quelque chose me pousse à lui  laisser une énième chance avec un roman plus conséquent...Je ne sais pas encore lequel mais je sais qu’il a des œuvres citées en référence. Je verrai bien.


DE : Stefan ZWEIG
ÉDITION : Le livre de poche (2013)
PAGES : 96
LANGUE : Français (traduit par Danièle Valin)
LIEUX :  Vienne, Innsbruck (AUTRICHE) | FRANCE
PERSONNAGE(S) : /
THÈMES : Nouvelles | Passion | Solitude

29.12.15

Paris est une fête


Résumé de l'édition

Miss Stein et moi étions encore bons amis lorsqu'elle fit sa remarque sur la génération perdue.
Elle avait eu des ennuis avec l'allumage de la vieille Ford T qu'elle conduisait, et le jeune homme qui travaillait au garage et s'occupait de sa voiture - un conscrit de 1918 - n'avait pas pu faire le nécessaire, ou n'avait pas voulu réparer en priorité la Ford de Miss Stein. De toute façon, il n'avait pas été sérieux et le patron l'avait sévèrement réprimandé après que Miss Stein eut manifesté son mécontentement.
Le patron avait dit à son employé : " Vous êtes tous une génération perdue. " " C'est ce que vous êtes. C'est ce que vous êtes tous, dit Miss Stein. Vous autres, jeunes gens qui avez fait la guerre, vous êtes tous une génération perdue. "

Mon avis
La pluie ne cesse de tomber sur Paris. Les gouttes caressent la vitre du bistrot. Un couple vient de rentrer. Mouillés les amoureux ignorent les gens autour d'eux. L'homme aide la femme – son épouse peut être, sa maitresse probablement - à retirer son manteau. Assis à une table, un homme avec une barbe blanchie par le temps, les fixe. Jusqu'à maintenant il était plongé dans ses notes. Il est déconcentré et sait qu'il n'arrivera plus à reprendre le fil de son histoire. Plutôt que de partir, il préfère rester et se souvenir du temps où encore jeune, pas encore écrivain connu, il habitait Paris.

C'est l'image d'Ernest HEMINGWAY que j'ai eu de suite en tête, une fois après avoir refermé Paris est une fête. Je l'ai ressorti de ma bibliothèque lorsqu'Eliza du blog Lectures and co a proposé une lecture commune à la suite des terribles évènements qui ont touché notre cher Pays. Je ne suis absolument pas dans les temps mais je voulais quand même vous partager mon ressenti.

Paris est une fête est plus une rétrospection de l'auteur. Le lecteur retrouve le jeune Ernest dans les années 20, lorsqu'il était journaliste et rêvait de gagner sa vie en tant qu'écrivain. Il était déjà marié à Hadley et avait un fils.
On est plongé dans l'intimité du couple même si l'auteur reste HEMINGWAY et que l'on sait qu'il y a une part un peu fictive, fantasmée de sa vie. À travers ce roman, il donne l'impression de chercher à réparer le tort qu'il a causé à sa première épouse. C'est un couple qui vit dans des conditions misérables mais qui a un goût pour la vie et donne la sensation de se contenter de peu. Ils savent la chance qu'ils ont eu de sortir de la première guerre indemne et de vivre à Paris. HEMINGWAY se démène pour que sa famille ait un toit sous la tête, un peu de nourriture. Il a toujours pour ambition de devenir écrivain et peut compter sur le soutien des habitants de la ville Lumière comme la célèbre propriétaire de Shakespeare & Company qui l'aide même financièrement. 


Qui ne connait pas cette célèbre librairie ?! J'ai pour coutume dès que je monte sur Paris de passer par ici...Je ne ressors pas forcément avec un livre mais c'est pour l'atmosphère. J'ai l'impression de rentrer dans la caverne d'Ali Baba.
 
Au lieu de chapitre, le roman ressemble plus à une série d'épisodes comme on retrouverait dans un quotidien. On sent la patte du journaliste. À chaque épisode correspond à un moment, une période, une rencontre. L'avantage d'un tel procédé et que l'on peut facilement interrompre notre lecture et reprendre même quelques jours après.
Le cercle d'HEMINGWAY est composé d'artistes eux aussi expatriés : peintres, poètes, écrivains. Ezra POUND est un de ces intimes, tout comme Gertrud STEIN ou encore le couple FITZGERALD. Les moments où l'on retrouve ce couple sont vraiment très drôles. Le lecteur n'arrive pas à savoir où est la limite entre la réalité et la fiction mais c'est tellement bien écrit que l'on se dit que cela peut être possible.
HEMINGWAY parle de son cercle et on en oublierait presque que celui qui dit apprendre de ces personnes deviendra l'un des écrivains les plus connus de cette période et même après. On est à l'aube de sa carrière. Dans les années 20, il a envie d'apprendre, de tester des expériences.

Ce roman est un hommage à la ville où tout à commencer pour l'auteur. C'est le plus personnel mais pas le meilleur. Paris est une fête est un bon livre si l'on veut connaître un peu plus la personnalité complexe de l'auteur mais aussi connaître sa manière de procéder pour écrire quelque chose. Ceci dit, si je devais vous recommander un de ses romans, ça ne serait pas nécessairement celui-ci mais plutôt L'Adieu aux armes. 


C'est mon quartier préféré de Paris. Je pourrais y passer la journée. A chaque fois, je découvre de nouvelles rues, recoin. La cathédrale Notre-Dame semble majestueuse, plus on s'en approche et plus on a la sensation d'être d'un autre temps.  


                                          DE : Ernest HEMINGWAY
ÉDITION : Folio (2012)
PAGES : 352
LANGUE : Français (traduit par Marc Saporta)
LIEUX :  Paris, Lyon, Chalon-sur-Saône (FRANCE) | Schruns (AUTRICHE)
PERSONNAGE(S) : Ernest Hemingway, Hadley Hemingway...
THÈMES : Paris | Lost Generation | Souvenir

24.12.15

Moonlight Over Paris (#3)


Résumé de l'édition

It’s the spring of 1924, and Lady Helena Montagu-Douglas-Parr has just arrived in France. On the mend after a near-fatal illness, she is ready to embrace the restless, heady allure of the City of Lights. Her parents have given her one year to live with her eccentric aunt in Paris and Helena means to make the most of her time. She’s quickly drawn into the world of the Lost Generation and its circle of American expatriates, and with their encouragement, she finds the courage to pursue her dream of becoming an artist.

One of those expats is Sam Howard, a journalist working for the Chicago Tribune. Irascible, plain-spoken, and scarred by his experiences during the war, Sam is simply the most fascinating man she has ever met. He’s also entirely unsuitable.

As Paris is born anew, rising phoenix-like from the ashes of the Great War, Helena realizes that she, too, is changing. The good girl she once was, so dutiful and obedient, so aware of her place in the world, is gone forever. Yet now that she has shed her old self, who will she become, and where, and with whom, does she belong…?


En français ?

Traduction personnelle

C'est le Printemps de 1924 et Lady Helena Montagu-Douglas Parr est juste arrivée en France. Sur la voie de la guérison après une maladie quasi fatale, elle est prête à embrasser l'agitation, l'allure grisante de la Ville Lumière. Ses parents lui ont donné 1 an pour vivre avec sa tante excentrique à Paris et Helena va mettre en oeuvre les moyens de tirer le meilleur de son temps. Elle est rapidement aspirée dans le monde de la Génération Perdue, de son cercle d'expatriés Américains et avec leurs encouragements, elle trouve le courage de poursuivre son rêve de devenir artiste.

Un de ces expatriés est Sam Howard, un journaliste travaillant pour le Chicago Tribune. Irascible , franc, et marqué par ses expériences pendant la guerre , Sam est tout simplement l'homme le plus fascinant qu'elle n'a jamais rencontré . Il est aussi tout à fait inapproprié.

Comme Paris naît de nouveau, comme un phénix des cendres de la Grande Guerre , Helena se rend compte qu'elle aussi , est en train de changer. La bonne fille, qu'elle était autrefois - respectueuse et obéissante, si consciente de sa place dans le monde, est partie pour toujours. Maintenant qu'elle s'est débarrassée de son ancien elle, Que va-t-elle devenir, et où ? Et à qui, va-t-elle appartenir ?

Mon avis                                         


Dans les années 1920, la Ville Lumière cherche à nouveau à briller de mille feux. La Première Guerre Mondiale semble loin mais lorsque l'on s'arrête un peu, on y voit encore les stigmates : certains mutilés airent dans les halls de marchés. Les étrangers cherchent à renouer avec le passé de cette ville et de nombreux américains s'y installent. Le nouveau Paris veut montrer qu'il n'est plus un traumatisé. La joie, la fête renouent avec ses habitants. De nombreuses soirées où les mœurs se libèrent font leur apparition, les artistes cherchent à apprivoiser cette ville qui jadis faisait rêver...

Avec cette soif de changement, Jennifer ROBSON embarque l'héroïne dans le Paris festif mais aussi avant-gardiste. Helena est une fille de bonne famille, personne ne connaît son passé sauf sa tante, une grande extravertie qui est bien intégrée dans la Capitale française.
En arrivant à Paris, elle veut participer à cet enthousiasme collectif mais surtout elle veut tenter sa chance : devenir peintre.
L'auteure nous convie dans le monde des artistes, où rêver est encore permis. On s'installe dans les ateliers de l'Académie de CZERNY.
Elle veut découvrir la vraie vie sans que ses parents soient sur son dos. A 28 ans, elle a une soif de liberté qui se justifie facilement avec son âge. On ne fait pas la connaissance d'une héroïne naïve. Le lecteur en a déjà entendu parlé dans les deux autres romans de l'auteure (Somewhere in France et After The War is Over) mais on ne la connait pas assez. Ce roman peut vraiment être lu indépendamment !
Helena a tout du personnage qui veut dépoussiérer les codes du passé tout en ayant le cœur sur la main. Ses nouveaux amis ne sont pas de son rang mais peut importe. Elle veut vivre de son art. C'est sa maladie lui a ouvert les yeux mais surtout lui a permis de tenter des choses qu'elle ne pensait pouvoir faire un jour.
Sa rencontre avec Sam est un de ces événements qui vont la pousser à se surpasser. Cet américain arrive à la pousser dans ses retranchements mais il ne semble pas tout dévoiler.
Une histoire d'amour nous pend au nez, mais contrairement à l'idée que l'on pourrait avoir ce n'est pas ce que l'auteure cherche à mettre en avant.

Jennifer ROBSON arrive avec facilité à nous faire embarquer dans le Paris des années 20 où l'on peut croiser à tout moment Ernest HEMINGWAY, le couple FITZGERALD ou lorsque l'on veut lire un bon roman anglais tomber sur la propriétaire de la librairie Shakespeare and Company. En mêlant la fiction et la réalité, j'ai été saisie par cette ambiance si particulière de la Lost Generation. Ils ont connu les horreurs de la guerre et veulent désormais faire fi des convenances.
Le roman est rythmé par ces rencontres mais aussi par les soirées. Les protagonistes vivent au jour le jour. C'est vraiment ce qui ressort de cette période. Paris se dessine sous nos yeux, Jennifer ROBSON nous promène au fil des quartiers. C'est un Paris bohème comme on le fantasme, on l'aime.

Moonlight Over Paris fut une très belle lecture qui m'a permis de voguer le long de la Seine. C'est un roman qui donne le sourire, on se perd dans les années 20 et c'est tout simplement ce que je recherchais.

Un énorme Merci à Jennifer ROBSON pour l'envoi de ce roman ! Il ne sort qu'en janvier et j'ai été très fière de pouvoir le lire en avance ! 

Bientôt sortira Fall of Poppies, une anthologie sur la Première Guerre Mondiale. La nouvelle de Jennifer ROBSON concerne un des personnages...J'ai hâte !

Je tente un nouveau rendez-vous, juste en dessous, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez ! C'est comme un petit "bonus" ! 


RECETTE / MACARONS
à la framboise et chocolat/noisette
with raspberry and chocolate/hazelnut


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                                          DE : Jennifer ROBSON
EDITION : William Morrow P.S. (19/01/2016)
PAGES : 352
LANGUE : Anglais (pas encore traduit)
LIEUX : Londres(ANGLETERRE)| Antibes, Paris (FRANCE) | New York (ÉTATS-UNIS)
PERSONNAGE(S) : Helena Parr, Sam Howard, Étienne Moreau, Mathilde Renault...
THEMES : Romance | Historique | Années folles.

8.9.15

Mauvais Genre

DE : Chloé CRUCHAUDET
EDITION : Delcourt (2013)
PAGES : 160
LANGUE : Français
LIEUX : Paris (FRANCE)
PERSONNAGE(S) : Paul/Suzanne Grappe, Louise Landy
THEMES : Bande dessinée | Première Guerre Mondiale | Désertion
Résumé de l'édition

Paul et Louise s'aiment, Paul et Louise se marient, mais la Première Guerre mondiale éclate et les sépare. Paul, qui veut à tout prix échapper à l'enfer des tranchées, devient déserteur et retrouve Louise à Paris. Il est sain et sauf, mais condamné à rester caché dans une chambre d'hôtel. Pour mettre fin à sa clandestinité, Paul imagine alors une solution : changer d'identité. Désormais il se fera appeler... Suzanne. Entre confusion des genres et traumatismes de guerre, le couple va alors connaître un destin hors norme.

Mon avis                          
Une démarche maladroite, une attitude un peu gauche, quelques mots murmuraient du bout des lèvres, c'est le quotidien de Paul depuis qu'il a déserté.
Celui qui se pavanait tel un coq dans une basse cour lors des bals du village, doit perché sur des talons hauts, masquer sa virilité, disparaître et devenir une femme.


Inspirée d'une histoire vraie, cette bande dessinée de Chloé CRUCHAUDET est comme un album remplie de vieilles photos qui nous raconte l'histoire de ce couple si ordinaire, qui voit son destin basculer aux premières heures de la Première Guerre Mondiale. Paul fait le choix de déserter, un acte si simple aux conséquences si lourdes.

Ce n'est pas un roman mais une bande dessinée. J'ai une image assez réductrice de la bande dessinée et j'avoue que de prime abord, si j'ai voulu Mauvais Genre, c'était surtout pour le graphisme de la couverture et l'originalité de l'histoire (quand même). Je ne m'attendais donc pas forcément à lire quelque chose de profond. Pourtant très vite, je me suis prise au jeu. Le peu de pages de ce livre, véhicule des messages forts. Tolérance de cette femme qui ne rejette pas son mari alors qu'aux yeux de tous s'est un lâche. Pardon de la part de cette femme qui voit son mari changer, se prendre au jeu de la travestie. Un amour inconditionnel qui la pousse à accepter l'impensable pour son couple, pour lui. 
Pourtant, on le sent tous, jusqu'où cette dévotion pour cet homme, ira-t-elle ? Louise est une femme très douce, qui n'aime pas s'imposer. Elle sacrifie tout pour Paul, se prête à ses jeux, disparaît lorsqu'il devient Suzanne. De son côté, Paul semble perdu, traumatisé mais c'est son égoïsme qui énerve. C'est la curiosité pousse le lecteur à vouloir connaître le fin mot de l'histoire car une part de nous, sait très bien qu'une telle situation ne peut perdurer. En une heure à peine, on boucle cette lecture...Dommage.

Tout va trop vite. J'ai à certains moments perdu mes repères historiques. On ne comprend pas vraiment comment à quel moment, il s'engage, à quel moment il déserte. On ne sait pas en quelle année l'histoire se finit. Pour vivre cette histoire plus intensément, il aurait fallu plus de mots mais le format ne le permettait pas. C'est là que l'on retrouve la vraie limite d'un tel format. Sur le fond, j'ai un avis assez mitigé - certes l'histoire est dramatique, poignante mais la rapidité à laquelle on la lit m'a laissé sur ma faim. C'est un peu comme si, vous étiez dans la bibliothèque de la Belle et la Bête mais qu'il fallait faire le tour en 5 minutes !
Chloé CRUCHAUDET a du faire des choix et à axer son œuvre sur le couple, plus que sur le contexte. C'est un choix qui se défend.

Mais soit, le plus important, ce qui doit être réussie (à mon sens) c'est le graphisme et dans Mauvais Genre, c'est le cas ! Quel graphisme ! J'ai été hypnotisée, subjuguée. Les personnages sont charismatiques. Les couleurs choisies correspondent parfaitement avec le thème abordé. Le noir et le blanc sont les couleurs dominantes. Il y a quelques pointes de rouge ou de bleu pour accentuer certains détails comme les lèvres maquillées de Paul ou le drapeau tricolore lors du défilé des poilus. Rien n'agresse le regard. J'aurai presque envie de découper une page et la mettre sous cadre ! Certaines parties de l'anatomie sont dessinées sans pour autant tomber dans la vulgarité. Les paysages se fondent au profit des personnages...Il y a bien quelques bulles avec du paysage mais souvent, l'accent est mis sur l'expression du personnage : sa colère, sa tristesse, son désespoir...Tous les traits sont précis.
Un style de graphisme en adéquation avec l'idée que l'on se fait des années 1910...Des traits fins comme on retrouve dans les publicités de Mode. 


Un graphisme qui m'a séduite au point de me dire que je suis quand même contente d'avoir cette bande dessinée dans ma bibliothèque et qui me pousse à vous conseiller d'aller en librairie ou à la bibliothèque juste pour regarder quelques pages.

A noter, que si on veut plus de précisions, il suffit de se procurer le livre La garçonne et l'assassin de Fabrice VIRGILI et Danièle VOLDMAN. Qui est le livre sur lequel l'illustratrice s'est appuyée. 

 © Melleaurel

5.7.15

Romain (Les Crèvecoeur #2)

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                                          DE : Antonia MEDEIROS
EDITION : La Bourdonnaye (2014)
PAGES : 230
LANGUE : Français
LIEUX : Paris, Bayeux (FRANCE) 
PERSONNAGE(S) : Germain Crèvecoeur, Edith Crèvecoeur, Romain Crèvecoeur
THEMES : Famille | Historique | Héritage
Résumé de l'édition
Le monde étrange dans lequel grandit Germain Crèvecœur est peuplé de silences, de secrets de famille, de chaussures usées qu’on adule, d’une Chinoise édentée cachée dans un placard et d’une tapisserie légendaire. Prisonnier de Romain et d’Édith – un père à la folie fétichiste et une mère à l’amour excessif –, Germain cultive sa différence et recherche dans l’amertume de sa jeunesse le bonheur et la force d’aimer. Son incroyable parcours fascine, de son enfance à son adolescence, de son apprentissage à la découverte de la sensualité, de l’horreur de la mutilation à la magie de la création. En cela, Romain a marqué son fils de son empreinte indélébile. Entre passions et intrigues familiales, la saga des Crèvecœur est un hymne à la beauté féminine autant qu’un voyage dans le cœur meurtri d’un homme à la sensibilité unique, qui pensait soigner son âme au fond d’une bottine pour dame.
Mon avis

Après avoir lu Édith (le premier tome) avec délectation, j'ai décidé tout naturellement de poursuivre mon incursion dans le monde assez sordide de la famille Crèvecoeur.
Toujours aussi riche en poésie et pauvre en pages, Romain, le tome 2 de la saga Crèvecoeur est le livre qui nous permet d''en apprendre davantage sur le lègue de Germain à son fils, Raphaël.

Intitulé comme le prénom du père de Germain, le choix de ce titre n'est pas nécessairement là, pour nous faire connaître davantage ce personnage mais surtout pour comprendre comment Romain a « quitté » l'univers de son fils.
À le comportement de Romain, le lecteur arrive à sonder le caractère imprévisible et cruel d'un tel homme. Alors qu'on l'on se demande comment Romain peut vivre aussi librement, ce personnage brille par son manque d'implication et d'affection. Il est dans sa bulle. On découvre quelques aspects de sa personnalité, un certain malaise en découle...

Toujours dans cette idée de nous faire comprendre le choix de Germain au début du tome 1, Antonia MEDEIROS nous initie dans la jeunesse de Germain. C'est un grand pan du tome 2. Entre rêve et désillusion, on découvre le lien fusionnel entre la mère et son fils mais aussi, on quitte Bayeux pour la capitale. Ce déménagement apporte son lot de péripéties pour le jeune homme à en devenir.
Ce que j'ai apprécié dans ce tome est que bien qu'il n'y ait pas forcément de suspense insoutenable, de mystères incroyables, l'auteur nous fait juste « découvrir » un bout de vie d'un homme à la destiné funeste. Germain apprend beaucoup de sa vie à Paris, il a vite compris qu'il ne faut pas brûler les étapes. Il y a une belle leçon a tiré du comportement de ce personnage.  Dans la vie, on n'a peut être pas toutes les cartes en main pour réussir et pourtant il faut toujours s'accrocher car au bout, on arrivera à ce que l'on désire !

Romain est un aperçu de la vie de Germain. On n'a pas encore toutes les réponses à nos questions. J'attendais des révélations qui se pressentaient dans le premier tome mais qui ne sont pas - encore ? - venus. La fin de ce tome se termine par une transition dans la vie du jeune homme, la Seconde Guerre Mondiale marquera probablement le troisième tome qui porte le nom de Germain. Raphaël aura-t-il toutes les clés de son passé ?

J'ai reçu ce second tome en service presse. Je remercie une nouvelle fois l'auteure, Antonia MEDEIROS pour sa confiance mais aussi les éditions La Bourdonnaye.

INFO : Lors de mon avis sur le tome 1, je parlais de la couverture que je trouvais moyenne car la photo était trop petite. Tout à l'heure, en allant sur le site de la maison d'éditions, j'ai remarqué que la couverture avait changé, que la photo était en grand format ! Je ne sais pas si le changement a été fait avant ou après mon article mais dans tous les cas, je la trouve juste magnifique !!! Superbe nouvelle !


 © Melleaurel

23.6.15

After the War is Over (#2)


Résumé de l'édition
With the Great War finally at an end, life must go on for those who have survived. Charlotte Brown witnessed the devastation war wrought as a nurse, but after the war she decides to resume her career as a social worker in Liverpool. There she helps others to better their lives, even as she struggles to forge a future of her own. Charlotte is fortunate to have friends old and new to guide her, including the women at her boarding house, her colleagues, and a radical young newspaper editor with romantic hopes.

But a chance encounter with Edward, her dearest friend’s brother, pulls Charlotte back into the past. Once charming and infuriatingly arrogant, the new Earl of Cumberland has become another casualty of the war. Still, Charlotte sees the specter of the captivating man he once was, and she knows he could offer her a life far different from the one she has now. But being the wife of aristocrat comes with a price the independent young woman can’t bear to pay.

As the country seethes with unrest, and post-war euphoria flattens into bitter disappointment, Charlotte must make an impossible choice: keep her freedom, or turn her back on the only man she has ever loved ?
http://unevaliserempliehistoires.blogspot.com/search/label/Read%20in%20englishMon avis


ATTENTION RISQUE DE SPOILER SUR LE TOME 1 !

Les soldats sont de retour, le 11 novembre dernier à 11h, les cloches sonnaient à nouveau, la guerre était finie. Silence dans les rues, les femmes qui ont du reprendre le travail d'hommes s'arrêtent quelques instants. Certaines pleurent leur mari, amant, enfant qu'elles ne reverront plus, d'autres de joie et d'impatience de les retrouver.
Charlotte Brown certainement faisait parti de ces femmes. Celle dont on ne connaissait que peu de chose dans Somewhere in France, devient le temps de ce tome, l'héroïne.

C'est à Liverpool qu'on la retrouve. Après avoir vécu durant la guerre à Londres où elle officiait en tant que nurse, elle retrouve le poste qu'elle occupait depuis 1911 mais depuis l'armistice, tout a changé.

Jennifer ROBSON nous fait découvrir un peuple trahit par les politiques. La multiplication des grèves, la violence envers les femmes par d'anciens soldats, la pauvreté des ménages sont devenus les lots de soucis quotidien de nombreux anglais.
Charlotte, en tant qu'assistance d'une suffragette, essaye comme elle peut d'aider ces gens. Passion de son travail au détriment de sa vie personnelle. Par bien des aspects, Charlotte a le tempérament de Vera BRITTAIN, son implication politique ne fait que renforcer cette idée.
L'auteure centre son intrigue sur cette héroïne. On apprend, qu'après 3 ans à Oxford passée avec succès, la jeune fille ne peut prétendre à un diplôme parce que c'est une femme. Charlotte tombe sur une annonce pour devenir préceptrice. Même si ce poste est nettement inférieur à ce qu'elle pourrait avoir si elle était un homme, elle accepte. C'est grâce à cet emploi, que Charlotte fait la connaissance de Lily mais surtout d'Edward.

A l'heure où l'histoire se déroule, Charlotte vit dans une pension avec d'autres locataires. Des colocataires aux tempérament différents mais surtout on aime à savoir ce qu'elles ont fait durant la Guerre comme Rosie, l'infirmière ou encore la mystérieuse Meg, veuve de guerre.
Tour à tour, on se met à vibrer aux rires et pleurs de ces femmes qui ont droit à leur bonheur. La place de la femme est au centre de ce roman, la plupart du temps, au détriment de la romance.

La guerre n'a pas non plus épargnée la famille Ashford. Edward est revenu du front différent aussi bien moralement que physiquement. C'est un homme de principe qui étouffe de sa condition. Il veut donner un sens à sa vie et arrêter de faire ce que l'on attend de lui. Sa relation est particulière avec Charlotte. Cette relation, le pousse à prendre conscience de ses privilèges. Certains flashbacks permettent de prendre toute la mesure de cette amitié.
Là aussi l'auteure évoque un autre point, connu pour les historiens. J'aime beaucoup les romans qui traitent de l'après guerre car souvent, ce sont des personnages qui ont les nerfs à vif que l'on retrouve. Le garçon timide peut devenir le pire des saligauds et vice-versa. La guerre ne faisait pas de différence entre les classes sociales.

Le rythme de l'histoire est un peu ce qui à fait défaut à ce tome, ça a été en dents-de-scie. Le début bien que nécessaire, manquait cruellement de rebondissements. Je m'attendais à de la romance et j'ai du attendre pour en avoir. À partir du moment, où Charlotte rencontre la famille Ashford - c'est-à-dire la première fois et les autres moments, le roman devient nettement meilleur. Charlotte paraît moins insensible, moins froide. Néanmoins, vers la fin, à nouveau, j'ai regretté quelques facilités dans l'histoire. Elle m'a semblé trop vite expédiée.

After the War is Over est quand même un très bon tome, qui m'a cependant moins convaincu que Somewhere in France.
Jennifer ROBSON écrit un troisième tome, j'ignore s'il s'agira d'une suite à ses œuvres mais on peut déjà connaître le titre : Moonlight over Paris. La publication est prévue pour janvier 2016. Peut-être un tome sur les années folles en compagnie du petit frère d'Edward et de Lily ??


::1::  ::2::  ::3:
                                          DE : Jennifer ROBSON
EDITION : William Morrow P.S. (2013)
PAGES : 400
LANGUE : Anglais (pas encore traduit)
LIEUX : Londres, Cumbria, Liverpool, Euston, Oxford, Haverthwaite, Cawdale, Penrith, Wells (ANGLETERRE)
PERSONNAGE(S) : Charlotte Brown, Lord Edward Ashford, Lily Ashford, Robbie Fraser...
THEMES : Romance | Historique | Post Première Guerre Mondiale.