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23.7.16

Along the Infinite Sea (Schuyler Sisters #3)



Each of the three Schuyler sisters has her own world-class problems, but in the autumn of 1966, Pepper Schuyler's problems are in a class of their own. When Pepper fixes up a beautiful and rare vintage Mercedes and sells it at auction, she thinks she's finally found a way to take care of herself and the baby she carries, the result of an affair with a married, legendary politician.

But the car's new owner turns out to have secrets of her own, and as the glamorous and mysterious Annabelle Dommerich takes pregnant Pepper under her wing, the startling provenance of this car comes to light: a Nazi husband, a Jewish lover, a flight from Europe, and a love so profound it transcends decades. [...]


Traduction du résumé
Chacune des soeurs Schuylers a ses propres problèmes mais en automne 1966, les problèmes de Pepper Schuyler sont d'une classe à part. Quand Pepper rénove une belle et rare Mercedes vintage et décide de la vendre, elle pense qu'elle a trouvé une voie pour prendre soin d'elle et du bébé qu'elle attend - le résultat d'une liaison avec un homme politique légendaire et marié.

Mais la nouvelle propriétaire semble avoir des secrets à elle mais comme Annabelle Dommerich - fascinante et mystérieuse prend Pepper enceinte sous son aile, la provenance ahurissante de la voiture éclate au grand jour : un mari Nazi, un amant juif, un vol depuis l'Europe et un amour si profond que cela dépasse les décennies [...]

Mon avis
" Un roman merveilleux qui vous pousse à aller de l'avant ! "
★ ★ ★ ★ ★

Les cheveux au vent dans une vieille voiture, rien ne prédestinait Pepper à rencontrer Annabelle et pourtant, la mise en vente d’une vieille voiture va à jamais changer sa vie. Une rencontre mais deux histoires dans Along The Infinite Sea.

Considéré comme un livre « unique » ce roman peut se lire seul comme un standalone mais je ne vous le recommande pas – d’une de manière très subjective parce que la plume de l’auteure est exquise et qu'elle a un don pour créer des personnages attachants et des intrigues à couper le souffle mais plus objectivement aussi parce qu’il y a des références, des personnages que l’on a déjà pu croiser dans les autres histoires. Dans ce tome, on a la joie de revoir un personnage de L’Été du Cyclone...Je vous laisse le mystère (indice : son prénom commence par N).

Dans le roman de Beatriz WILLIAMS, chaque histoire fait écho l'une avec l'autre pour nous livrer deux histoires et deux fins.
Deux héroïnes qui se rencontrent pour s’aider. Pour Pepper, cette rencontre lui permet d’avoir les conseils de quelqu’un qui semble comprendre son désarroi et pour Annabelle, cette rencontre lui permet d’avoir la force de fouiller dans son passé.
A ma grande surprise, c'est cette histoire qui a effacé un peu l'autre comme si l'histoire de Pepper ne servait qu'à aider Annabelle et non l'inverse.
Toutefois, dès Tiny Little Thing (le tome 2) je m'étais attachée à Pepper. On en apprenait beaucoup à son sujet et on apercevait déjà son côté sensible. Pepper pouvant se traduire "Poivre", on comprend aussi son tempérament. Même si elle est plus en retrait à cause du charisme d'Annabelle, son histoire n'en est pas moins émouvante mais vous l'aurez compris c'est surtout l'histoire d'Annabelle qui m'a touché.
On remonte dans les années 30 au moment où l’Europe s’enflamme et où les extrêmes montent. La rencontre entre Annabelle et Stefan n’est que le début d’un amour que le destin va s’acharner à séparer. Une certaine tension est perceptible.

Beatriz WILLIAMS capte l’intérêt du lecteur qui au supplice redoute la fin. Rien n’est simple et malgré une intrigue qui semble compliquée, l’auteure a su trouver le « je ne sais quoi » qui fait que tout coule de source !
Deux héroïnes dans ce roman qui veulent enfin affronter leurs peurs pour tourner la page. Ce n’est pas pour rien que l’auteure fait une référence à la chanson « Yesterday » du groupe Beatles. En prêtant attention aux paroles, j’ai tout compris «Yesterday all my troubles seemed so far away. Now it looks as though they're here to stay...» (Hier, tous mes ennuis m'ont semblé loin. Maintenant, il semble qu’ils sont ici pour longtemps...)

Après L’Eté du Cyclone, c’est mon préféré. Un troisième tome qui clôt à merveille la saga « Les sœurs Schuylers ».
Le roman mérite son succès et j’espère qu’il sera rapidement traduit en français. Encore une fois, je confirme Beatriz WILLIAMS est une de mes auteurs préférés !

J’ai découvert sur le site de Beatriz WILLIAMS, un arbre généalogique de la famille SCHUYLER, utile pour faire le lien entre tous les romans [➡]

 Challenges : Les filles de Mrs Bennet | Les Irréguliers de Baker Street | Read in English

DE : Beatriz WILLIAMS
ÉDITION : Harper Fiction (2015)
PAGES : 416
LANGUE : Anglais (pas encore traduit)
FORMAT : Paperback
ISBN : 0008134952
  Découvre les autres romans de l'auteure...

SECRET LIFE OF V. GRANT, #1 ★ ★ ★ ★ ★
TINY LITTLE THING, #2
★ ★ ★ ★ ★
A HUNDRED SUMMERS
COUP DE ♥
[+] 


20.6.16

The English Girl



When seventeen-year-old Stella Whittaker is offered the chance to study at the Academy of Music in Vienna it's a dream-come-true, made possible by old family friends, Rainer and Marthe Kraus, who offer her a place to live. Seduced by the elegant beauty of the city, Stella explores the magnificent palaces, gardens and fashionable coffee houses, and after a chance meeting in an art gallery, falls in love with Harri Reznik, a young Jewish doctor. But as the threat of war casts a dark shadow over Europe, Stella soon discovers that both the household where she lives, and the city she has come to call home, are not as welcoming as they once seemed.


Traduction du résumé
Lorsqu'à 17 ans, on offre une chance à Stella Whittaker d'étudier à l'Académie de musique de Vienne, son rêve devient réalité mais c'est un rêve possible grâce à de vieux amis de sa famille, Rainer et Marthe Kraus qui lui propose de l'héberger. Séduite par l'élégance de la ville, Stella explore les magnifiques palaces, les jardins et les cafés à la mode. Alors qu'elle visite la galerie d'art, elle tombe amoureuse d'Harri Reznik, un jeune docteur juif. Mais alors que la menace de la guerre jette une ombre sombre au dessus de l'Europe, Stella découvre rapidement que ce soit la maison où elle habite, et la ville qu'elle a considéré comme la sienne, ne sont pas aussi accueillant qu'ils semblent au premier abord.

Mon avis
" Prévisibilités mais une image vivifiante de l'Autriche des années 1930 ! "
★ ★ ★

Les dernières notes de CHOPIN résonnent encore dans la pièce. Stella a tenu sa respiration, malgré les événements, la jeune pianiste se prête à son exercice préféré.

Avec The English Girl, Margaret LEROY donne une image édifiante, fascinante de Vienne. Une belle carte postale décrite avec soin, qui donne envie aux lecteurs de découvrir la ville. Malgré tout, ce n'est pas une image idéalisée de ses habitants que nous propose l'auteure. C'est l'Autrice, des années 1930. La montée du nazisme est imminente tout comme la montée pour le lecteur de l'angoisse. Le contexte qu'il devait y avoir à l'époque est tellement bien retranscrit que j'ai eu mon lot de palpitations.

Ceci dit, le contexte historique - excellemment décrit - n'a pas suffit à me faire davantage aimer le roman. L'héroïne en est pour partie la cause. Stella est certes jeune mais je n'ai pas compris comment l'héroïne faisait pour passer à côté d'évidences, une naïveté qui n'explique pas tout. Il y a aussi cette indifférence pour sa mère qui vit en Angleterre qui m'a surprise tout en sachant l'âge de l'héroïne. J'aurai aimé un semblant d'explication sur ce point.
Même sa relation avec le docteur pouvait devenir exaspérant notamment sur le fait qu'ils faisaient des galipettes à tout bout de champ. Je trouvais dommage que la relation semblait à certains moments ne se résumer qu'à ces moments or, avec un tel contexte historique, il y avait matière à exploiter. J'aurais aimé partager le point de vue de Harri qui semble plus légitime dans ce roman.

De plus, assez rapidement dans The English Girl, j'ai pointé des évidences et malheureusement j'avais vu juste. Cette impression que tout était convenu, un schéma rodé qui ne laissait pas la place au suspens et aux intrigues entremêlées. C'est ce qui a freiné globalement mon enthousiasme mais c'est aussi paradoxalement ce qui m'a poussé à le continuer pour confirmer ce que je pensais.

C'est un roman que je garderai en mémoire tant le contexte historique est richement documenté mais qui est refroidi par les personnages.

  Challenge : Read in English #2

DE : Margaret LEROY
ÉDITION : Sphere (2014)
PAGES : 464
LANGUE : Anglais (pas encore traduit)
LIEUX : Vienne, Innsbruck (AUTRICHE)
PERSONNAGE(S) : Stella Whittaker, Harri Reznik

19.5.16

Boston Girl



The Boston Girl, c'est Addie Baum, née en 1900 de parents immigrés polonais, peu préparés et plutôt suspicieux à l'égard de la culture américaine qui tentent d'élever leurs trois filles dans la tradition juive de l'Europe de l'Est. Mais la curiosité et l'intelligence d'Addie la propulse dans un tout autre monde, fait de jupes courtes, de films, de livres et de nouvelles opportunités pour les femmes. Un monde dans lequel une fille termine le lycée, va à l'université, a une carrière et trouve l'amour par elle-même. Le récit commence en 1985, lorsque la petite-fille d'Addie lui demande : " Comment es-tu devenue la femme que tu es aujourd'hui ? " Et Addie, alors âgée de 85 ans, entreprend le récit de sa vie, à partir de 1915, année où elle rejoint un groupe de lecture pour filles, découvre sa voie et se fait des amis qui lui permettent de fuir son quotidien (...)


Mon avis
" Le parcours frais et touchant d'une jeune américaine "
★ ★ ★ ★

Plusieurs fois, sa petite-fille lui pose la question. Difficile de trouver la réponse et puis, tout revient. Si facilement, qu'on se surprend même...

Boston Girl d'Anita DIAMANT est le récit initiatique d'Addie, une américaine issue d'une famille d'immigrés polonais qui apprend au cours de sa vie à s'émanciper, à suivre l'air du temps au grand désarroi de ses parents, encore dans les traditions.

Frais et drôle, Boston Girl est le roman qui nous fait passer un agréable moment. La vie n'est pas un long fleuve tranquille et malgré un parcours semé d’embûche, rien n'arrête l'héroïne. Addie fait une introspection à la suite d'une question posée par une de ses petites-filles. Le prétexte pour revivre avec elle tous les grands événements qui ont marqués la population américaine. Le partager du point de vue d'immigrés donne encore plus poids à certains moments.

Boston Girl se déroule sur plusieurs décennies durant des périodes charnières pour l’héroïne. Chaque moment est bref et l'auteure va à l'essentiel. Bien que ce roman ne s'encombre pas de futilité, j'ai eu des difficultés à m'attacher plus que ça à l'héroïne et j'ai eu l'impression de survoler les moments historiques forts.
Ne vous laissez pas tromper par la légèreté apparente, ce roman est quand même à sa manière, très touchant. Il fait partie de ces romans qui parleront à nombreux lecteurs. Aux plus âgés qui aiment comme l'héroïne nous faire part de leurs anecdotes mais aussi aux "adultes" qui sont à un moment de leur vie où ils ont besoin de faire le point ou encore aux plus jeunes qui ont tout à apprendre. C'est une des grandes surprises de ce roman car il s'est révélé être plus du genre "Young Adult" que ce que je pensais.

Boston Girl est globalement, un très joli roman. Je n'ai pas eu de coup de cœur mais je suis contente de l'avoir lu au moins une fois.



DE : Anita DIAMANT
ÉDITION : Hugo & Cie (2016)
PAGES : 342
LANGUE : Français (traduit par Anne-Sylvie HOMASSEL)
LIEUX : Boston, Gloucester, Cape Ann, Cambridge (ÉTATS-UNIS)
PERSONNAGES : Addie Baum
THÈMES : Rétrospection | Immigration | Femme

14.4.16

L'Enfant du lac



1933. Comment Theo Edevane, adorable poupon de onze mois, a-t-il pu disparaître durant la nuit de la Saint-Jean ? Les enquêteurs remuent ciel et terre, mais l'enfant demeure introuvable. Pour les parents comme pour les filles Edevane, la vie ne sera plus jamais la même après ce drame. La maison du lac, la propriété tant aimée, est fermée et laissée à l'abandon.
Soixante-dix ans plus tard, Sadie Sparrow, jeune détective londonienne en vacances dans les Cornouailles, curieuse et momentanément désœuvrée, s'intéresse à cette mystérieuse disparition. Elle reprend l'enquête, au grand dam de l'une des sœurs aînées de Theo, Alice, devenue écrivain à succès.


Mon avis
" Un des meilleurs Kate MORTON à avoir entre ses mains ! "
★ ★ ★ ★ ★

Si vous suivez un peu Une valise remplie d'histoires, vous n'êtes pas s'en ignorer qu'il s'agit pour moi d'une relecture.
THE LAKE HOUSE (avis du 15/Nov/2015)

En octobre dernier, dès la sortie anglaise de ce roman, je me suis précipitée dessus. A la fin de ma lecture comme avec tous les romans de Kate MORTON, j'ai été bouleversée. Bouleversée au point d'avoir envie de le relire dans les minutes qui ont suivis.Toutefois, je me suis dit que la traduction française serait le bon prétexte pour me replonger dans le roman. Ce souhait a été réalisé lorsque les éditions Presses de la Cité me l'ont généreusement envoyé. Merci, merci ! ♥

J'ai replongé avec délectation dans The Lake House, traduit en français sous le nom L'Enfant du Lac. Un titre bien choisi car il synthétise parfaitement l'univers du roman tout en laissant cette pointe de mystère que l'on retrouve dans chaque roman de Kate MORTON.
Une fois de plus, c'est ce mystère qui nous tient en haleine. Avec précaution, l'auteure nous donne les indices qu'elle veut bien laisser mais le lecteur garde cette part de suspicion.

Connaissant déjà l'intrigue, je me suis arrêtée aux détails. Ce que j'aime dans les romans de Kate MORTON, c'est la place qu'elle donne au passé. Les personnages ont connu les horreurs de la Grande Guerre même si l'accent est mis sur les conséquences de cette guerre. Je suis à chaque fois surprise par la capacité de l'auteure a maîtrisé une histoire qui semble n'avoir aucune fin possible. Elle nous mène par le bout du nez.

La traduction aussi a été à la hauteur de mes espérances ! Ce n'est pas la première fois que je lisais une des traductions d'Anne-Sylvie HOMASSEL, j'ai tous les romans de Kate MORTON en français et malgré le talent de Kate MORTON, il ne faut pas oublier le travail du traducteur. Sans lui, on ne comprendrait pas tous les petits détails que l'on peut omettre ou les petites spécificités propres à chaque langue. De plus, le soin apporté à conserver le rythme de l'histoire est saisissant, je n'ai pas eu l'impression que le texte ait été dénaturé.

L'Enfant du lac est sortie aujourd'hui. Je ne peux que vous encourager à vous le procurer. Il a été un coup de coeur en 2015 et je confirme, c'est un de ses meilleurs romans !


                                          DE : Kate MORTON
ÉDITION : Presses de la Cité (2016)
PAGES : 632
LANGUE : Français (traduit par Anne-Sylvie HOMASSEL)
LIEUX :  Cornwall, Holly Hill, Londres, Oxford (ANGLETERRE) | Warloy-Baillon (FRANCE)
PERSONNAGE(S) : Saddie Sparrow, Alice Edevane, Eleanor, Anthony, Ben...
THÈMES : Secret | Disparition | Famille

27.2.16

The Pieces We Keep


Résumé de l'édition

Two years have done little to ease veterinarian Audra Hughes’s grief over her husband’s untimely death. Eager for a fresh start, Audra plans to leave Portland for a new job in Philadelphia. Her seven-year-old son, Jack, seems apprehensive about flying—but it’s just the beginning of an anxiety that grows to consume him.

As Jack’s fears continue to surface in recurring and violent nightmares, Audra hardly recognizes the introverted boy he has become. Desperate, she traces snippets of information unearthed in Jack’s dreams, leading her to Sean Malloy, a struggling US Army veteran wounded in Afghanistan. Together they unravel a mystery dating back to World War II, and uncover old family secrets that still have the strength to wound—and perhaps, at last, to heal.


En français ?

Traduction personnelle

Deux ans, c'est peu pour soulager la douleur de la vétérinaire Audra Hughes de la mort prématurée de son mari. Décidée, pour un nouveau départ, Audra envisage de quitter Portland pour un nouvel emploi à Philadelphie. Son fils de 7 ans, Jack semble inquiet au sujet de ce vol - ce ne sera que le début d'une anxiété qui va le consommer.

Comme les peurs de Jack continuent à faire surface dans des cauchemars récurrents et violents, Audra reconnaît à peine le garçon introverti qu'il est devenu. Désespérée, elle trace les bribes d'informations qui sont mises à jour dans les cauchemars de Jack, l'amenant à Sean Malloy, un vétéran de l'armée Américaine blessé en Afghanistan. Ensemble, ils démêlent un mystère datant de la Seconde Guerre Mondiale, et découvrent de vieux secrets de famille qui ont toujours la force de blesser et peut être enfin, guérir.


Mon avis                      



Le bruit de jouets qui sont projetés dans la chambre, les hurlements...Le réveil brutal d'une mère chaque nuit qui doit faire face au cauchemar de son enfant. Que lui arrive-t-il ? Pourquoi dit t-il savoir des choses sur un événement qui s'est produit il y a plusieurs décennies et au matin, tout oublier ?

Dans The Pieces We Keep, Kristina McMORRIS aborde le sujet -discutable- du mort qui ne trouve pas le repos tant que la vérité n'est pas rétablie. Un sujet assez surnaturel qui par sa singularité  m'a poussé à acheter ce roman. Mon unique crainte était qu'il y ait un côté trop spirituel mais cela n'a pas été le cas, l'auteure n'est pas tombée dans ce travers. Ici, il s'agit ni plus ni moins qu'un prétexte pour remonter le fil de l'histoire. Le lecteur est libre de se pencher sur la question s'il le souhaite mais ce n'est pas nécessairement le but. Un point de départ original qui m'a fait tout de suite accrocher.

Dans ce roman, l'auteure se sert du passé pour éclairer le présent en nous emmenant un chapitre sur deux durant la Seconde Guerre Mondiale. Deux intrigues donc liées qui progressent en parallèle.

A travers l'histoire d'Audra qui se déroule de nos jours. On partage le quotidien de cette mère de famille qui doit depuis le décès de son mari, jongler entre sa vie professionnelle et sa vie de famille. Pour elle, les choses vont se compliquer lorsque son fils prétend connaitre des choses sur la Seconde Guerre Mondiale.
On ne peut qu'être touché par cette mère de famille qui ne veut pas faillir. J'ai eu une préférence pour cette intrigue. Cette histoire a beaucoup de nuances car en plus de tenter de percer le mystère autour de son fils, elle doit continuer à tout assumer. Un personnage sincère. Les cauchemars de Jack ne sont que les débuts d'une spirale infernale où tout le monde se sent impliquée : belle famille, école, voisin...
Kristina McMORRIS pense aux conséquences d'une telle situation et avec justesse, ne fait pas plonger le personnage d'Audra dans la caricature de la mère débordée et dépressive. Le ton employé par l'auteure est adéquat, mesuré. Une mère qui ne peut compter que sur le soutien d'une collègue mais aussi sur celui inattendu de Sean, un soldat revenu d'Afghanistan. D'autant plus que ce dernier, pourrait bien être le lien avec le passé.

Un passé que le lecteur découvre également et qui nous aiguille sur le présent. C'est l'histoire de Vivian James. Une jeune américaine qui tombe amoureuse à Londres mais qui est contrainte avec la guerre de rentrer aux États-Unis. Grâce au présent, le lecteur sait qu'il s'est passé un événement tragique - cette connaissance renforce le côté mélodramatique. On veut comprendre qui dans The Pieces We Keep tente de faire passer un message à travers Jack. A plusieurs reprises, j'ai tenté de deviner et j'avoue lors de la révélation, j'ai été surprise !
Même si ce n'est pas l'intrigue que j'ai préféré, ce n'est pas passé loin. Le début était prometteur, il y avait une certaine tension. Toute la partie à Londres a été à la hauteur, l'intrigue commençait à se tisser. Il y avait les premières alertes qui allaient annoncer une période sombre de la capitale. C'est lorsque l'intrigue se déroule aux États-Unis que j'ai moins apprécié. Pourtant, l'auteure a quand même réussi à aborder le sujet des américains qui espionnaient pour le compte de l'Allemagne ou s'est amusée le temps d'un passage à mettre en scène un des personnages de son roman Letters from Home. Mais à côté de cela, j'ai été rapidement déstabilisée par la tournure qu'ont pris les événements. J'avais cherché à trop anticiper et mon imagination s'était un peu emballée. Ça s'est avéré moins compliqué que je le pensais et j'ai été un peu déçue. Ceci dit, la fin sur cette histoire m'a quand même convenu et plus le temps passe et plus, je trouve que c'était la fin la plus appropriée - surement la plus rationnelle.

The Pieces We Keep est un roman qui est au fond un bel hommage aux mères célibataires. J'ai beaucoup apprécié cette lecture même si ce n'est pas le roman que j'ai préféré. Kristina McMORRIS n'a pas fini de me surprendre en abordant le thème de la Seconde Guerre Mondiale car à chaque fois, elle le fait de manière inaccoutumée. C'est une auteure que je continuerai à suivre avec plaisir.

                                          DE : Kristina McMORRIS
EDITION : Kensington (2013)
PAGES : 464
LANGUE : Anglais (pas encore traduit)
LIEUX : Londres (ANGLETERRE) | Portland, Wilsonville, Sherwoord, New York (ÉTATS-UNIS)
PERSONNAGE(S) : Audra Hughes, Jack, Vivian James, Isaak Hemel, Gene Sullivan...
THÈMES : Passé/présent | Seconde Guerre Mondiale | Âme

5.2.16

Léon et Louise


Résumé de l'édition

Léon et Louise n'ont pas vingt ans au moment de leur rencontre dans un petit village français vers la fin de la Première Guerre mondiale. Léon, trop jeune pour partir au front, effectue son service civil en tant qu'assistant-télégraphiste à la gare. Louise assiste le maire - c'est elle qui informe les familles dont le fils est tombé au champ d'honneur. La magie du premier amour sera rapidement brisée. Lors d'une promenade à vélo, ils sont victimes d'une attaque aérienne. Blessés et soignés dans deux hôpitaux différents, ils reviennent au village chacun à leur tour. Mais le maire, jaloux de leur amour, dissimule la vérité, si bien qu'ils se tiennent l'un et l'autre pour morts...

http://unevaliserempliehistoires.blogspot.fr/2015/07/challenge-les-filles-de-mrs-bennet.htmlMon avis                               


Tout a commencé par un trajet en vélo, un simple déplacement et c'est le monde de Louise et de Léon qui est chamboulé. Ils sont jeunes, on n’est qu’à l’aube d’un amour naissant. L'histoire en apparence simple pourrait s'arrêter là mais c'est l’Histoire, celle avec un grand H qui va les rattraper. En effet, alors qu'ils rentraient d'un weekend en amoureux, un obus va tomber sur leur route et tous les deux vont se penser mort...

Avec la plume d’Alex CAPUS, le destin de Léon va prendre vie sous les yeux du lecteur. On le suit à plusieurs moments de sa vie et à chaque fois, il y a l’ombre de Louise qui nous tourmente...Tout aussi mystérieuse, la personnalité de Louise conquit le lecteur et la sagesse de Léon, les attendrit. L'histoire d'amour en apparence n'est pas ordinaire. A chaque décennie, il y a un moment clé qui fait ou pas évoluer leur relation.
Ceci dit, l'auteur fait une halte relativement longue dans les années 40. Paris est sous l'Occupation Allemande et Léon doit assumer tous les tracas de sa famille- famille qu'il a fondé avec une autre femme. Alex CAPUS évoque avec subtilité le cas de ces français qui ont travaillé  pour les Allemands en conservant leur foi patriotique. On n'est pas dans le jugement, on constate. Louise quant à elle, travaille pour l'administration française, lors de la guerre, elle doit quitter le pays pour une mission. Elle nous partage son quotidien sous forme de lettres qu'elle adresse à Léon. Une immersion historique intéressante car on apprend toujours quelque chose. 

Dans Léon et Louise, Alex CAPUS évoque ainsi comme le ferait un conteur, un destin banal mais en pointant du doigts des événements qui rend ce destin assez singulier.
Une certaine ambiance se dégage de ce roman car Léon, c’est un homme du quotidien, pas plus brillant que d’autres mais avec un vrai sens pratique. L’auteur parle dans ce roman de l'histoire de son grand père. Une histoire vraie mais avec la fantaisie et l’imagination sûrement de l’écrivain.

Il ne faut pas s’attendre à une histoire avec de l’action à en revendre mais plutôt à une histoire de famille que l'on raconte au coin d’une cheminée et qui a déjà fait sourire plusieurs générations.
L’auteur a un réel talent pour nous transporter dans son univers. En une phrase, tout est dit. La justesse des mots employés est remarquable. Il faut sûrement saluer le travail du traducteur car à ma grande surprise, j'ai appris que l'auteur écrivait en Allemand !

Avec Léon et Louise, on ne sait pas où va nous emmener Alex CAPUS mais on le suit les yeux fermés et lors du dénouement, on ne souhaite qu'une seule chose retourner au début du livre.
Un coup de cœur pour ce roman parce qu'il est imparfait, simple et honnête.

Notons que James Norton m'a inspiré pour le personnage...

                                         DE : Alex CAPUS
EDITION : Babel (2014)
PAGES : 320
LANGUE : Français (traduit par Emmanuel Güntzburger)
LIEUX : Paris, Cherbourg, Saint-Luc-sur-Cise, Caen, Tréport, Médine, Lacanaie (FRANCE) | SÉNÉGAL
PERSONNAGE(S) : Léon Le Gall, Louise Janvier..
THEMES : Amour | Famille | Société

31.12.15

A Hundred Summers


Résumé de l'édition

Memorial Day, 1938

Lily Dane has returned to Seaview, Rhode Island, where her family has summered for generations. It’s an escape not only from New York’s social scene but from a heartbreak that still haunts her. Here, among the seaside community that has embraced her since childhood, she finds comfort in the familiar rituals of summer.

But this summer is different. Budgie and Nick Greenwald—Lily’s former best friend and former fiancé—have arrived, too, and Seaview’s elite are abuzz. Under Budgie’s glamorous influence, Lily is seduced into a complicated web of renewed friendship and dangerous longing.

As a cataclysmic hurricane churns north through the Atlantic, and uneasy secrets slowly reveal themselves, Lily and Nick must confront an emotional storm that will change their worlds forever…


En français ?

Traduction personnelle

Memorial Day 1938.

Lily Dane est retournée à Seaview, Rhode Island, là où sa famille passe l'été depuis des générations. C'est une façon non seulement d'échapper à la société New Yorkaise mais aussi d'un immense chagrin qui l'a hante toujours. Ici, au bord de la mer parmi la communauté qui l'a connu depuis l'enfance, elle trouve le confort dans les habitudes familières.

Mais cet été est différent. Budgie et Nick Greenwald - l'ancienne meilleure amie et ancien fiancé de Lily - sont arrivés, aussi et l'élite de Seaview parlent. Sous l'influence fascinante de Budgie, Lily est séduite par une réseau (une toile) compliqué(e) d'amitié retrouvée et d'une nostalgie dangereuse.

Alors qu'un ouragan agite le nord par l'Atlantique, des secrets difficiles se révèlent lentement, Lily et Nick doivent se confronter à une tempête émotionnelle qui changera leurs mondes pour toujours…

Mon avis                            

L'atmosphère est électrique sur la côte Est des États-Unis. Une tempête se prépare, la chaleur écrasante tourne la tête des estivants.
Une tempête se prépare aussi dans la vie de Lily Dane, l'héroïne du roman A Hundred Summers de Beatriz WILLIAMS. Comme à chaque Été, elle retrouve la maison familiale. L'année 1938 est particulière pour elle, Budgie, son amie d'enfance est de retour. Elle revient mais ce n'est plus en tant que Budgie Byrne mais Budgie Greenwald. Ce nom n'est pas inconnu à Lily puisque c'est le nom qu'elle aurait du porter avant de rompre ses fiançailles, sept années plus tôt avec Nick...Des retrouvailles qui vont s'annoncer difficiles. 

Avec dextérité, l'auteure remonte le temps pour éclairer le lecteur. On suit, Lily au présent de l'histoire, au temps où l'intrigue continue à se dérouler c'est-à-dire en 1938. Elle doit faire face au couple Greenwald - revoir son ancienne meilleure amie avec son ancien fiancé - tout en essayant de vivre normalement alors qu'autour d'elle, les ragots vont bon train et que de vieilles connaissances ressurgissent dans sa vie. C'est l'occasion pour l'auteure de pointer du doigt, un aspect historique important qui est la montée de l’antisémitisme. Rien n'est dit ouvertement mais les réactions parlent d'elles mêmes. On sent que plus rien ne sera comme avant et que la Seconde Guerre Mondiale n'est pas bien loin.
Mais ce qui apporte une touche intrigante, c'est que l'on retourne aussi en 1931, l'année où il semble qu'il y ait eu un événement qui expliquerait cette situation. Ces retours arrières sont nécessaires et permettent au lecteur de chercher des indices. L'auteur joue alors avec nos nerfs et s'amuse à nous mettre sur diverses pistes.
Cette alternance est bien menée car il permet de saisir la personnalité de chaque personnage mais aussi de voir leur évolution. On tente de démêler le vrai du faux.
De plus comme c'est Lily la narratrice, le lecteur partage alors avec elle tous ses sentiments. On ne peut ignorer l'amour qui persiste entre les deux anciens fiancés mais on jubile aussi lorsqu'elle essaye de "passer à autre chose". On ressent une certaine tension. C'est un procédé qui permet de s'attacher rapidement au personnage (Lily) mais aussi d'une certaine manière de vivre plus intensément l'histoire. J'ai aimé détesté Budgie pour Lily, tout comme essayer de succomber au charme de Graham, un vieil ami.

Plus que l'intrigue, c'est aussi le cadre où nous promène Beatriz WILLIAMS qui donne une atmosphère particulière à la lecture. On imagine facilement les maisons en bois le long de la côte, des arbres pour cacher la vue des curieux, du sable à perte de vue et les vagues qui s'écrasent sur les pilotis de l'unique point gastronomique. Les descriptions sont justes, claires, on entendrait presque avec précision les musiques jouées lors de soirées. D'ailleurs, je vous invite à aller écouter la playlist que propose l'auteure sur son site officiel notamment Blue Moon de Glen GRAY. On se croirait presque dans les années 30.

Pour donner encore plus de poids à l'intrigue, Beatriz Williams fait concorder l’histoire à un cataclysme qui a eu lieu à cette date. La tempête est dans les cœurs mais aussi dans la météo puisque les États-Unis vont vivre un des plus terribles ouragans qui va marquer la mémoire des Américains. Une manière de donner plus de tragique, de dramatique à l'histoire.

A Hundred Summers est un livre sur les conséquences désastreuses des secrets de famille mais c'est aussi un livre plein d'espoir et de tolérance qui séduira plus d'un lecteur. Une relecture que j'ai entrepris avec plaisir et qui se solde avec un énorme coup de cœur ! Une chose est désormais certaine, Beatriz WILLIAMS est l'une de mes auteurs préférés !
Ne vous laissez pas abuser par la couverture, il se lit très bien en Hiver ou pendant les autres saisons...


                                          DE : Beatriz WILLIAMS
EDITION : Berkley (2014)
PAGES : 432
LANGUE : Anglais (a été traduit : L’Été du Cyclone)
LIEUX :  Seaview, Hanover, New York, Berkshires (ÉTATS-UNIS)
PERSONNAGE(S) : Lily Dane, Budgie (Helen) Byrne Greenwald, Nick Greenwald, Graham Pendleton ...
THEMES : Ame sœur | Secret | Années 30

15.11.15

The Lake House


Résumé de l'édition

Living on her family’s idyllic lakeside estate in Cornwall, England, Alice Edevane is a bright, inquisitive, innocent, and precociously talented sixteen-year-old who loves to write stories. But the mysteries she pens are no match for the one her family is about to endure…

One midsummer’s eve, after a beautiful party drawing hundreds of guests to the estate has ended, the Edevanes discover that their youngest child, eleven-month-old Theo, has vanished without a trace. What follows is a tragedy that tears the family apart in ways they never imagined.

Decades later, Alice is living in London, having enjoyed a long successful career as an author. Theo’s case has never been solved, though Alice still harbors a suspicion as to the culprit. Miles away, Sadie Sparrow, a young detective in the London police force, is staying at her grandfather’s house in Cornwall. While out walking one day, she stumbles upon the old estate—now crumbling and covered with vines, clearly abandoned long ago. Her curiosity is sparked, setting off a series of events that will bring her and Alice together and reveal shocking truths about a past long gone...yet more present than ever.


En français ?

Traduction personnelle

Vivant sur une propriété idyllique au bord du lac de sa famille à Cornwall, en Angleterre, Alice Edevane est une brillante, curieuse, innocente et précocement talentueuse jeune fille de 16 ans qui aime écrire des histoires. Ceci dit les mystères (les policiers) qu'elle écrit ne vont pas de paire avec ce que sa famille va endurer...

La veille du solstice d'été, après une fête sur la propriété où il y avait une bonne centaines d'invités, les Edevane découvre que leur plus jeune enfant, Theo, onze mois a disparu sans laisser de trace. Ce qui suit est une tragédie qui déchire la famille vers des chemins qu'elle n'aurait jamais imaginé.

Des décennies plus tard, Alice vit à Londres, après avoir connu une longue carrière couronnée de succès en tant qu'auteur. Le cas de Theo n'a jamais été résolu, bien qu'Alice a de forte soupçon sur le coupable.
Des kilomètres plus loin, Sadie Sparrow, une jeune détective dans les forces de police de Londres, est dans la maison de son grand-père à Cornwall. C'est lors de sa course (sortie) du jour qu'elle tombe sur l'ancien domaine – maintenant en ruine et couverte de vignes qui est clairement abandonné depuis longtemps. Ce qui déclenche une série d'événements qui va lui révéler des vérités choquantes d'un passé lointain qui semblait disparu, mais maintenant encore plus présent que jamais.


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Toute famille a un secret mais comment faire lorsque ce secret est sur le point de resurgir sept décennies après ?
Dans The Lake House de Kate MORTON, nous nous retrouvons devant une propriété abandonnée. Imaginez vous, une vieille demeure au style victorien, des herbes folles qui passent à travers le plancher de la terrasse, sûrement une ou deux fenêtres brisées. La nature a repris son droit. La maison donne sur un lac et autour une foret épaisse qui semble être là pour la tranquillité des habitants. Tout est resté en place dans cette demeure, comme figé dans le temps et seule la poussière trahit l'absence des propriétaires.
En 2003, Sadie, notre héroïne, est détective. L'auteure laisse planer un certain mystère autour celle-ci. On comprend qu'elle s'est trop investie dans une affaire et qu'elle partie en « séjour » chez son grand-père. Elle a quitté Londres pour rejoindre la campagne anglaise.
Son intrusion dans la propriété des Edevane va faire remonter un fait divers non élucidé qui concernait le dernier né de cette grande famille de la région.
En 1933, Theo, un jeune garçon d'un peu moins d'un an, a disparu. Il n'a jamais été retrouvé. Sadie ressent le besoin d'élucider cette histoire, elle ne peut plus faire demi-tour et ignorer cette sinistre affaire. Le lecteur comprend que cette affaire pourrait l'aider à reprendre la confiance qu'elle semblait avoir perdu depuis sa dernière enquête mais Alice, la grande sœur du disparu - maintenant âgée - n'est pas du même avis.


Pris dans un tourbillon, Kate MORTON nous entraîne dans son univers et le seul moyen d'y échapper est de finir ce roman. J'exagère à peine, on veut connaître la suite, on est comme tourmenté par les maux des personnages. Des histoires dans l'histoire vont se révéler car un secret en fait ressusciter d'autres...La famille Edevane est marquée par la tragédie.
Une palette de personnages vont se croiser avec tous, le poids d'un secret. Cette famille n'est pas toute blanche et ses membres ont tous un secret plus ou moins inavouable. Alice, la cadette de la famille sait quelque chose, le lecteur veut la pousser à le révéler.

Comme un jeu de piste, on élabore des hypothèses les plus farfelues, les unes comme les autres. Kate MORTON donne des indices mais le lecteur peut vite aboutir à des conclusions erronées.
On retrouve le jeu du passé/présent qui est un peu la marque de fabrique de l'auteure. Ceci donne une touche encore plus intrigante à l'histoire. Lorsque l'on pense avoir une révélation sur un élément du passé, l'auteure repasse sur Sadie et sur son enquête. C'est assez frustrant.
Tous les mots de l'auteure sont pesés. Rien n'est mis au hasard et c'est à nous de se rappeler certains détails. La grande force de l'auteure est que le lecteur n'est jamais dans la certitude.

Les personnages de The Lake House semblent réels. On ne tombe pas dans la caricature et leur personnalité est affutée. Elle travaille beaucoup leur psychologie. Malgré la quantité de personnages, on arrive très bien à s'en sortir. J'ai eu une préférence pour les parents du jeune garçon. Le père Anthony, soldat durant la Première Guerre Mondiale est revenu avec ses démons. L'auteure a travers ce personnage, parle des ravages de la guerre. Eleanor, la mère a une personnalité plus ambiguë mais à ma grande surprise, c'est le personnage pour lequel j'ai eu le plus d’empathie – il faudra lire le roman pour comprendre où je veux en venir.
Ceci dit tous les personnages de ce roman ont un point commun : l'abandon ou la disparition d'un enfant. Ils sont liés à cette maison et c'est elle, qui les rappelle comme lassée d'être le témoin de ce drame.

The Lake House ne tient pas non plus qu'aux personnages mais à son histoire. L'intrigue peut paraître longue à se mettre en place mais comme dans une toile d'araignée, on est pris au piège. On va de rebondissements en rebondissements sans les voir venir. Le sujet abordé marque longtemps après la lecture. C'est d'ailleurs pour cette raison que ma lecture suivante a été plus légère.
De manière générale, dans les romans de Kate MORTON, l'histoire n'est jamais toute rose. La fin reste positive mais sans être idyllique. J'ai presque envie de vous dire « c'est la vie ».

Le cinquième roman de Kate MORTON est un coup de cœur ! En le refermant, je m'attendais presque à en lire une suite. D'ailleurs, je ne serais pas surprise de retrouver Sadie dans un autre de ses romans. 
C'est un peu l'indispensable à avoir sous son sapin ! Si vous avez aimé ses précédentes œuvres, je suis sûre que comme moi, vous trouverez que c'est un de ses meilleurs, si ce n'est le meilleur. Je ne lui ai trouvé que très peu de défauts et encore, ces défauts sont tellement minimes que ça en devient anecdotique. Dans le cas où vous ne connaîtriez pas cette auteure, je vous conseille vivement d'en lire un  – celui-ci ou un autre (Les Brumes de Riverton et La Scène des souvenirs étant mes préférés). 

Si vous n'avez pas le courage de le lire en anglais...Bonne nouvelle, il devrait sortir en français aux éditions Presses de la cité, le 14 avril 2016 ! (Je remercie encore une fois, les éditions d'avoir répondu à mon mail).


                                          DE : Kate MORTON
EDITION : Mantel, Pan MacMillan (2015)
PAGES : 604
LANGUE : Anglais (version française prévue pour 14/04/16)
LIEUX :  Cornwall, Holly Hill, Londres, Oxford (ANGLETERRE) | Warloy-Baillon (FRANCE)
PERSONNAGE(S) : Saddie Sparrow, Alice Edevane, Eleanor, Anthony, Ben...
THEMES : Disparition | Famille | Secret

6.11.15

The End of Innocence


Résumé de l'édition

It is the twilight of innocence: America 1914. As Europe goes to war, Helen, a Boston bluestocking, begins her studies at Harvard-Radcliffe. Riley, a carefree British playboy more interested in chasing women than studying, sets his sights on her. He is surprised to find his adversary in love is not Helen’s protective brother, but Riley’s own cousin, Wils Brandl. As the roar of war begins to penetrate the quiet walls of Harvard, Wils, a brooding poet and German noble, must return to Europe and face a war for which he is not prepared. Set in Boston and Flanders Fields, Harvard 1914 explores love, war, and a new social imagination.

En français ?

Traduction personnelle

C'est au crépuscule de l'innocence : l'Amérique de l'année 1914. Alors que l'Europe est en guerre, Helen, un bas-bleu (qui a une prétention littéraire) de Boston, débute ses études à l'Université d'Harvard-Radcliffe. Riley, un playboy anglais insouciant plus intéressé par chasser les femmes qu'étudier, fixe son dévolu sur elle. Il est surpris de trouver que son concurrent n'est pas le frère protecteur d'Helen, mais son propre cousin, Wils Brandl. Alors que le grondement de la guerre commence à pénétrer les murs tranquilles d'Harvard, Wils, poète et noble Allemand, doit retourner en Europe et faire face à une guerre pour lequel, il n'est pas préparé. Se déroulant à Boston et dans les champs de Flandres, l'Harvard 1914 explore l'amour, la guerre et un nouvel imaginaire social.


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Les yeux tournés vers l'Europe, on entendrait presque au loin, le bruit sourd du canon. Le canon qui détruit des villes, vies et des familles. L'Europe est devenue le terrain d'une guerre meurtrière.

The End of Innocence prend racine à l'université d'Harvard, où tous les sujets de conversation se tournent vers cette guerre que l'on pense encore courte. Plus particulièrement aux cours de poésies, où Helen, notre héroïne assiste. J'avais en tête les cours du professeur Keating dans Le Cercle des Poètes Disparus. Les étudiants se livrent, disent ce qu'ils pensent.
Helen n'est pas un personnage qui entre dans la caricature de la femme qui cherche à s'émanciper à toux prix, il y a plus de nuances. Helen vit dans l'ombre de sa mère qui fait parler d'elle pour ses frasques. Elle se sent rejeter. Elle aspire à devenir indépendante mais pas à n'importe quel prix. Lors d'une soirée, elle fait la rencontre de Riley, un anglais, étudiant à Harvard. Celui-ci, va tout faire pour la conquérir et va même demander à son cousin, étudiant lui aussi à Harvard de l'aider. Il s'agit de Wils, un allemand. Étudiant en poésie, il se liera d'amitié avec Helen pendant les cours.
Avec cette configuration, le triangle amoureux semble inévitable entre Helen et les deux cousins. Tous les deux sont attirés par cette jeune femme. Ceci dit, à ma grande surprise, ce n'est pas tout à fait le cas puisque l'héroïne va se décider assez rapidement - vers la moitié. Je dois vous avouer que j'ai été heureuse sur ce point parce que les triangles amoureux ne sont pas trop « my cup of tea ». 

Dans ce roman, ce qui est percutant est le climat proche de la paranoïa qui s'empare des États-Unis. Les étudiants étrangers commencent progressivement à partir vers leur Patrie. Wilhem Brandl qui est allemand, sent le poids d'être l'étranger qui n'est plus accepté dans ce Pays qui lui a ouvert les portes quelques années auparavant. Son cousin, Riley, anglais, est certes l'étranger mais il est du bon côté.
Allegra Jordan met bien avant que le statut d'étranger ne s'applique pas de la même façon dans ce contexte. Celui que l'on pourrait trouver qu'il a des mœurs légères pour l'Amérique puritaine est dans la catégorie des gentils alors qu'au contraire celui qui rentre plus dans "le moule" est en raison de sa nationalité directement rangé du côté des indésirables voir même des espions.
On se sent captiver par cette ambiance, on n'a même peur pour Wils à certains moments. C'est une partie de l'intrigue qui m'a bien plu.

De plus, on sait que les cousins sont proches mais qu'ils ne sont pas de la même nationalité. S'ils décident de retrouver leur Pays, ils seront nécessairement ennemis. On est dans l'attente, jusqu'au moment où l'on sait que tous les deux sont au front.
Cette partie était à redouter et Allegra JORDAN sait rendre l'atmosphère lourde. On partage tantôt le point de vue de Riley, tantôt celui de Wils. La crainte qu'ils s'entretuent ne nous quitte plus....On se rappelle alors avec nostalgie que quelques mois plus tôt, l'un n'hésitait pas à aider l'autre...
L'immersion dans les tranchées allemandes ou anglaises était intéressante. L'auteure se sert d'anecdotes historiques avérées. On arrive aisément à s'imaginer les lieux. 
Helen restait aux États-Unis continue de prendre des nouvelles des deux cousins. Elle en aime un mais n'oublie pas l'autre pour autant.

Même si ce roman semble surtout se centrer sur les deux cousins, on ne peut qu'aimer le combat que va livrer cette dernière après la guerre dans les années 30.
C'est la dernière partie de ce roman qui est une belle conclusion car même si ce roman peut paraître court, cette dernière partie peut être interpréter comme un vibrant hommage non pas aux personnages nécessairement (encore une fois, je ne vous dis rien) mais à ceux qui ont réellement quitté les bancs de l'Université en 1914 pour aller se battre. Dans cette partie, le titre de ce roman a pris tout son sens car rétrospectivement pour notre héroïne ou comme pour les contemporains de cette époque, l'année 1914, c'était l'année qui marquait la fin de l'innocence, de la douce insouciance. C'est aussi ici, que l'auteure nous dévoile la raison même de ce roman.

Pour un premier roman, The End of Innocence est un très bon roman. Un peu court pour développer certaines parties mais la raison pour laquelle ce roman a été écrit est vraiment belle, touchante et m'a fait verser quelques larmes. Une bonne raison de vouloir le découvrir.

                                          DE : Allegra JORDAN
EDITION : Sourcebooks Landmark (2015)
PAGES : 320
LANGUE : Anglais (pas encore traduit)
LIEUX :  Ypres(BELGIQUE)| Cambridge, Concord, Lexington, Boston (ÉTATS-UNIS)
PERSONNAGE(S) : Wilhelm von Lützow Brandl (Wils), Helen Brooks, Rhyland Spencer (Riley)
THEMES : Première Guerre Mondiale | Université | Poètes

12.10.15

Kommandant's Girl (Kommandant's Girl #1)


Résumé de l'édition
Nineteen-year-old Emma Bau has been married only three weeks when Nazi tanks thunder into her native Poland. Within days Emma's husband, Jacob, is forced to disappear underground, leaving her imprisoned within the city's decrepit, moldering Jewish ghetto. But then, in the dead of night, the resistance smuggles her out. Taken to Krakow to live with Jacob's Catholic cousin, Krysia, Emma takes on a new identity as Anna Lipowski, a gentile.

Emma's already precarious situation is complicated by her introduction to Kommandant Richwalder, a high-ranking Nazi official who hires her to work as his assistant. Urged by the resistance to use her position to access details of the Nazi occupation, Emma must compromise her safety--and her marriage vows--in order to help Jacob's cause. As the atrocities of war intensify, so does Emma's relationship with the Kommandant, building to a climax that will risk not only her double life, but also the lives of those she loves.

En français ?

Traduction personnelle

Dix-neuf ans Emma Bau n'a été mariée que depuis trois semaines quand les tanks nazis pénètrent dans sa Pologne natale. En quelques jours, Jacob, le mari d'Emma est forcé de disparaître, la laissant s'emprisonner dans le ghetto juif moisi d'une ville décrépit. Mais alors, au milieu de la nuit, la résistance aide à la faire sortir. Amenée à Cracovie pour vivre avec Krysia, la tante catholique de Jacob, Emma prend une nouvelle identité et devient Anna Lipowski.

La situation précaire d'Emma se complique par son introduction au commandant Richwalder, un haut dignitaire Nazi qui l'embauche pour un travail en tant qu'assistante. Exhorté par la résistance d'utiliser sa position pour accéder à des détails de l'occupation Nazi, Emma doit compromettre sa sécurité – et ses vœux de mariage – dans un but d'aider la cause de Jacob. Alors que les atrocités de la guerre s'intensifie, sa relation avec le commandant arrive à un point qui peut risquer non seulement sa double vie, mais aussi la vie de ceux qu'elle aime.



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Avancer, ne pas regarder derrière, continuer, ignorer les vendeurs ambulants qui tentent en ces temps difficiles de vendre ne serait-ce que le tiers de ce qu'ils vendent à l'accoutumer...Surtout ne pas se faire remarquer.
C'est le quotidien d'Emma devenue Anna : une catholique, célibataire vivant chez une tante. Depuis que la Pologne est sous occupation allemande, être juive et mariée à un résistant, ce ne sont pas des choses que l'on peut crier sous tous les toits. D'autant plus, lorsque l'on doit travailler pour eux.

Dans le roman de Pam Jenoff, très rapidement, le lecteur comprend que la situation d'Emma est difficile. La peur d'être reconnue, dénoncée est latent. Cette atmosphère pesante est très bien retranscrite par l'auteure. La tension est palpable. Accepter le poste qu'on lui propose est risqué, c'est la boule au ventre que l'héroïne s'y rend. Elle va rentrer dans la gueule du loup mais le lecteur comme l'héroïne comprend l'enjeu : aider la résistance.
Même si l'action n'est pas spectaculaire, même si il n'y a pas de suspenses insoutenables, on veut savoir ce qu'il se passe, comment l'auteure va mettre fin au « calvaire » d'Emma.

Ce qui rend cette situation encore plus dramatique est qu'Emma, sous le nom d'Anna se rapproche de son supérieur, le commandant Richwalder. Elle connaît l'homme plus que lui ne la connait. C'est la partie "romance" qui m'a laissé assez septique, si ce n'est totalement insensible. Je dois avouer que je suis passée à côté de cette romance parce que justement, il y a un déséquilibre. Emma cache son identité, son mariage. On comprend que son mensonge soit nécessaire, même obligatoire mais d'un autre côté, tout semble faux, manque de sincérité. C'est assez agaçant. La romance est vite passée au second plan pour moi.

Toutefois, cela permet d'introduire le personnage Richwalder. Il commet des actions terribles, mais en dehors de cette guerre, l'homme qu'Emma apprend à connaître (et le lecteur par la même occasion), est différent et très vite, son personnage intrigue. D'autant plus, que Pam Jenoff joue avec nos nerfs et nous livre des révélations sur ce personnage qui change tout. On se demande comment cet homme en est arrivé là. On ne sait pas si on peut l'aimer, avoir de la sympathie ou le détester franchement. On n'arrive pas à comprendre réellement ses intentions et c'est pourquoi, on veut connaître le Richwalder d'avant la guerre. Même si ce n'est pas dans ce roman que l'auteur exhausse ce souhait, elle le fait dans un autre roman :  The Ambassador's Daughter (traduit en France sous le nom La fille de l'Ambassadeur - Mosaïc ).

Dans Kommandant's Girl, c'est le côté historique qui prend le dessus même si ce n'est pas non plus un manuel d'histoire.
Rien que le lieu où se déroule l'intrigue est symbolique. Tout d'abord parce qu'en Pologne, il y a eu le plus grand centre de concentration durant la Seconde Guerre Mondiale, le tristement célèbre Auschwitz. A Cracovie même, la ville où les personnages évoluent ; les Allemands y ont construit un des plus grands ghettos pour juifs. Cette ville a fait aussi l'objet d'attentats revendiqués par les résistants. Comme le rappelle Pam Jenoff, certains quartiers ont même été entièrement soufflés. La répression des nazis envers les juifs étaient terribles mais aussi envers les polonais, qu'ils considéraient comme des Hommes en dessous de leur condition. Les juifs, les résistants sont traqués. Dans ce pays, il y avait une guerre dans la guerre. Parler de la résistance permet aussi de faire comprendre que les polonais (juifs ou non) n'acceptaient pas tous la politique des Allemands.
Cette période sombre pour les polonais qu'ils soient résistants ou non, est bien saisie sous la plume de l'écrivain.
C'est l'occasion aussi d'en apprendre un peu plus sur le rôle de Jacob (le mari d'Emma) dans la résistance. Malgré tout, je trouve que son personnage n'est pas assez exploité et j'aurai aimé avoir son point de vue. Tout comme Richwalder, il m'a intrigué et il m'a suffit d'une seule scène dans ce roman pour me faire aimer ce personnage.

Kommandant's Girl m'a fait passé un très bon moment. Dès que je commençais un chapitre, il m'était difficile de m'arrêter. Je pensais l'aimer pour le côté amour impossible que laisser penser le résumé mais c'est surtout pour le côté historique et le mystère autour des personnages masculins. Un bon roman donc, qui donne envie d'en apprendre plus !

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DE : Pam JENOFF
EDITION : Mira HQN (2013)
PAGES : 395
LANGUE : Anglais (pas encore traduit)
LIEUX : Cracovie (POLOGNE)
PERSONNAGE(S) : Emma Gershmann/ Anna Lipowski, Jacob Bau, Commandant Richwalder Georg...
THEMES : Seconde Guerre Mondiale | Résistance | Pologne