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31.5.16

Sense and Sensibility



Elinor is as prudent as her sister Marianne is impetuous. Each must learn from the other after they are they are forced by their father's death to leave their home and enter into the contests of polite society. The charms of unsuitable men and the schemes of rival ladies mean that their paths to success are thwart with disappointment but together they attempt to find a way to happiness.


Traduction du résumé
Elinor est aussi prudente que sa soeur impétueuse. Chacune doit apprendre de l'autre après qu'elles aient été forcées - à la suite de la mort de leur père - de quitter leur maison et de faire leurs entrées en société ; les charmes d'hommes inadaptés et les desseins de dames rivales signifient que leurs voies de réussites vont être contrecarrées. Ensemble, elles vont tenter de trouver le chemin du bonheur.

Mon avis
" Deux soeurs, deux histoires de cœur "
★ ★ ★ ★

C'est dans le cadre d'une lecture commune pour le challenge Les filles de Mrs Bennet que j'ai retrouvé l'univers de Raison et Sentiments. Bien qu'Elinor soit une de mes héroïnes préférées de Jane AUSTEN, j'avais complètement oublié les petits détails de ce roman.

Dans Sense & Sensibility, l'inévitable se produit, les Dashwoods sont priés de quitter leur demeure. Ce frère qu'elles n'ont jamais véritablement connu, fait valoir son droit. Au temps de la régence anglaise, quoi de plus naturel ?

Ce qui m'a le plus marqué dans cette relecture, c'est la longueur du début ! J'ai eu du mal à rentrer dans ma lecture, il ne se passait pas grand chose. J'en étais au point de compter les pages, or avec cette auteure c'est quelque chose qui m'arrive rarement. Je pense qu'inconsciemment j'avais mélangé le roman avec l'adaptation qu'en avait fait la BBC.

Pourtant Jane AUSTEN sait y faire avec ses héroïnes, elles ne sont pas épargnées. J'ai éprouvé de la tristesse pour Elinor avec son sens du sacrifice et à certains moments de l’exaspération. Paradoxalement, c'est ce qui me fait dire que les sœurs sont complémentaires, car j'ai eu les mêmes sentiments pour Marianne mais non pour les mêmes raisons. Les deux sœurs Dashwood sont si importantes que l'on oublierait presque qu'elles ont une petite sœur.
Dans ce roman, une fois de plus l'auteure s'amuse à donner une image impitoyable de la Haute Société mais avec son ironie coutumière et dans les traits de certains personnages, elle dénonce la frivolité et la grossièreté. Le message que l'auteure véhicule est tout à son honneur et dans celui-ci, j'avais l'impression qu'elle voulait mettre en avant l'idée que les apparences sont parfois trompeuses.

Malgré quelques craintes, je savais que je retrouverai l'univers dont Jane AUSTEN a le secret. Un univers où les amours qui semblent impossibles le deviennent, des héroïnes qui se marient toujours avec la bonne personne et bien sûr, un style résolument moderne ! Encore aujourd'hui, même si les conventions de l'époque ont changé, je me dis que l'auteure arriverait à trouver les mots justes pour parler de notre société. Je savais également, que je n'arriverai pas à le lâcher (après le début, un peu longuet) et qu'une fois la dernière page atteinte, je serai encore sous le charme de ce roman.

Sense & Sensibility fut une agréable relecture même si elle s'est avéré en deça de ce que je m'en souvenais. Redécouvrir les romans de Jane AUSTEN n'est pas une perte de temps et j'ai déjà dans l'idée de relire Emma.

  Challenge : Read in English #2 | Les filles de Mrs Bennet

                                          DE : Jane AUSTEN
ÉDITION : Random House UK, Vintage (2014)
PAGES : 444
LANGUE : Anglais (a été traduit)
LIEUX : Norland, Barton (ANGLETERRE)
PERSONNAGE(S) : Elinor Dashwood, Marianne Dashwood, Edward Ferrars, Colonel Brandon ...
THÈMES : Amour | Société | Régence

19.12.15

Chroniques de Pemberley


Résumé de l'édition

En refermant le livre ou quand se termine le film "Orgueil et Préjugés" on se demande : "Et après ?" Jane Austen laissa en germe mille conflits, mille aventures dans une Angleterre en pleine mutation et dans un monde où les distances s'amenuisent au fil des années. Tout en respectant les personnages magistralement décrits par la grande dame de la littérature anglaise et même si vous n'avez pas lu son livre, l'auteur vous emmènera à Pemberley, la merveilleuse maison des Darcy où naquit une histoire d'amour qui passionna des générations. Vous verrez comment les difficultés mal enfouies se surmontent... ou non et comment les membres des générations futures seront tantôt acteurs de cette nouvelle ère qui s'ouvre à eux, tantôt victimes d'une société qui voit menacé son mode de vie ancestral.

Mon avis

Une verdure à perte de vue, au loin se dessine une bâtisse aux angles droits. Brute, cette demeure semble froide au premier abord mais dès que l'on s'en approche, les fleurs, le lac, la terrasse donne du cachet à cette propriété. On imagine assez facilement le cri d'enfants déambulant dans les couloirs, le soupir d'amoureux transi dans leur lit, le rire d'une cuisinière qui aime gronder les enfants mais plus que tout voir leurs figures salies par les gâteaux.
Cette demeure est celle du couple Darcy. De nos jours et pour les touristes qui veulent visiter une maison anglaise typique du XIXème, ils ne sont que des étrangers mais à leur époque, le couple Darcy suscitait la jalousie tout comme le respect.

Marie-Laure SÉBIRE avec une aisance certaine pour l'écriture, livre ici une suite romanesque d'Orgueil et Préjugés de Jane AUSTEN. Elle a l'air de s'en excuser et a peur de froisser, les austeniens (comme on appelle ceux qui vouent un culte à Miss AUSTEN) mais elle n'a pas à en rougir. Chroniques de Pemberley est une digne suite – non sans maladresse mais avec une réelle volonté de coller au plus près aux personnalités des personnages esquissés par l'auteure anglaise.

Dans son roman, l'auteure va bien au delà de la simple suite puisqu'elle nous conte sur plusieurs décennies leurs épopées, leurs peines et ce n'est pas rien de dire que la vie à Pemberley n'est pas toute rose. Elle nous croque des moments de vie de la famille Darcy où bals, mariages et mondanités font partis du décor.

La famille s'agrandit, une pléthore de personnages font leur entrée avec à chacun leur personnalité. Ils ont des traits communs avec leurs aïeux mais évoluent aussi avec leur temps. Que l'on veuille ou non, on est tenté par la comparaison et on se demande si Jane AUSTEN aurait pu mettre en scène de tels personnages. Sans avoir la prétention de répondre à la place de l'auteure, je n'ai pas été gênée par la réaction et le caractère de ces « nouveaux » personnages. Au contraire, ils respectaient les coutumes de l'époque et tentaient d'évoluer avec leur temps. J'attache une grande importance au côté historique et j'ai été heureuse de voir que c'était aussi le cas de Marie-Laure SÉBIRE.
La quantité de personnages pourrait poser problème mais dans Chroniques de Pemberley ce n'est pas le cas. L'auteure met l'accent sur chaque personnage, au point d'avoir l'impression de bien les connaître.  J'ai relevé quelques petites maladresses de la part de l'auteure comme celle de se trompait de prénom pour tel ou tel personnage mais puisque qu'on les connait assez bien, on se rend compte rapidement du petit impair.

Des petites coquilles qui n'entament en rien la qualité de la lecture et Chroniques de Pemberley fut une bonne découverte. Bien sûr, la vie à Pemberley n'est pas parfaite, certains personnages pourront vous décevoir mais si vous voulez poursuivre la magie d’Orgueil & Préjugés, ce roman tient toutes ses promesses.

                                          DE : Marie-Laure SEBIRE
                                          ÉDITION : Chiado (2015)
PAGES : 555
LANGUE : Français
LIEUX :  Londres, Lambton, Pemberley, Bournemouth, Rosings, Liverpool, Brighton (ANGLETERRE) | Edimbourg, Loch Ericht, Newcastle (ÉCOSSE) | Dieppe, Beuzeville, Honfleur (FRANCE) | Boston (ÉTATS-UNIS)
PERSONNAGE(S) : Elizabeth Darcy, F. Darcy, Lawrence Darcy, Cédric Darcy, Victoria Darcy...
                                          THÈMES : Romance | Régence | Suite

15.12.15

Pride & Prejudice


Résumé de l'édition

When Elizabeth Bennet meets Mr. Darcy she is repelled by his overbearing pride, and prejudice towards her family. But the Bennet girls are in need of financial security in the shape of husbands, so when Darcy's friend, the affable Mr. Bingley, forms an attachment to Jane, Darcy becomes increasingly hard to avoid. Polite society will be turned upside down in this witty drama of friendship, rivalry, and love—Jane Austen's classic romance novel.

En français ?

Traduction personnelle

Quand Elizabeth Bennet rencontre Mr. Darcy, elle est repoussée par son orgueil apparent (dominant), et le préjugé qu'il a, à l'encontre de sa famille. Mais les filles Bennet ont besoin de la sécurité financière qu'elles trouveront chez leurs maris, aussi quand l'ami de Darcy, l'affable Mr. Bingley, forme un attachement pour Jane, Darcy devient de plus en plus difficile à éviter. La société polie sera renversée dans ce drame plein d'esprit, d'amitié, de rivalité et d'amour.

Mon avis                                                      

Il y a des instants que l'on voudrait capturer pour pouvoir les redécouvrir, les revivre ne serait-ce qu'un court moment. Pride & Prejudice ou Orgueil et Préjugés (en français) est de ces romans qui vous donne cette impression. Tous les personnages vous semblent familier et les retrouver une nouvelle fois, vous rend nostalgique.

J'ai un attachement particulier pour les œuvres de Jane AUSTEN, il m'est très difficile de trouver des défauts (sauf peut être pour Mansfield Park...) et lorsque Elodie du blog Petits Bonheurs et Grandes Lectures a proposé une lecture commune entre les participantes du challenge, je n'ai pas hésité une seule seconde.

Le speech de départ est assez classique pour l'époque. Elizabeth et ses sœurs vivent paisiblement dans leur maison de campagne. La mère, en bonne marâtre cherche à tout prix à faire épouser ses filles de beaux partis. Lorsqu'un nouveau voisin arrive et qu'il s'avère qu'il soit assez fortuné, Mrs. Bennet n'hésite pas une seule seconde à tout faire pour le rencontrer. Le nouvel arrivant est Mr. Bingley. Il est jeune et beau mais plus que tout célibataire. N'étant pas venu seul, les sœurs Bennet vont découvrir que dans l'entourage du bel homme, il y a un certain Mr. Darcy, que tout le monde connaît mais pas forcément pour les bonnes raisons. C'est ici, qu'il y a une réelle originalité avec les histoires de l'époque et qui feront la marque de fabrique de l'auteure. Jane AUSTEN n'a que faire du prince charmant bien sous tout rapport, son héros a du caractère et peut importe au fond s'il peut blesser la vanité des demoiselles. Celui-ci, n'a de cesse de juger rapidement ce qu'il semble considérer comme « le bas monde » et il donne une impression de suffisance.

Jane AUSTEN est maîtresse dans l'art de vous raconter une histoire qui semble compromise sur tous les points, en une histoire d'amour qui traverse les décennies, que dis-je les siècles.
Elle peint le portait de la société anglaise avec un soucis de vérité même si c'est pour la tourner en dérision.
On retrouve la mère prête à tout pour marier ses filles, les nobles anglais qui dénigrent la classe populaire dont est issue la famille Bennet entre autre. Mais plus que tout, pour l'époque, elle arrive par les traits de Mr. Collins par exemple, à évoquer cette volonté de l'ascension sociale ; par ceux de Charlotte, la peur de se retrouver seule lorsque l'on a dépassé un certain âge mais aussi par ceux d'Elizabeth Bennet, une volonté d'indépendance de la femme à toute épreuve.

Écrit durant une période trouble de l'Angleterre – le pays est en guerre - ce roman laisse une emprunte du contexte en y intégrant de jeunes soldats mais aussi en évoquant les habitudes de ceux-ci où certains ont des mœurs contestables. Jane AUSTEN étant contemporaine à cette période, c'est presque comme si elle y insérait une page de son journal. On n'est pas sans ignorer qu'un de ses frères était dans la marine anglaise.
On y découvre les habitudes des anglais de l'époque et la scène de bal devient un indispensable des romans de Jane AUSTEN. C'est souvent à cette occasion que l'on rencontre du monde et que les langues se délient. Les codes sont importants et un geste ou une parole peut vous bannir de la société anglaise.

Pride & Prejudice offre avec cette lecture une idée de la régence anglaise, tout en dénonçant quelques pratiques, us que l'auteure trouvait désuète. L'humour étant l'arme de l'auteure, on se surprend à attendre les joutes oratoires entre les personnages. Les situations complexes dans lesquelles, elle aime faire tomber les protagonistes, semblent perdues d'avance mais c'est sous-estimer le génie de Miss Austen. Il y a toujours une part de surprise même si l'on peut aisément imaginer la fin.

Cette relecture m'a permis de redécouvrir ce roman que je pensais connaître sous le bout des doigts et finalement, ce n'était pas le cas. Peut être est-ce du au fait que je l'ai lu en anglais ? Toujours est-il qu'en le refermant, j'ai eu envie de le recommencer...

                                          DE : Jane AUSTEN
EDITION : Vintage (2014)
PAGES : 443
LANGUE : Anglais (a été traduit)
LIEUX :  Longbourn, Meryton, Netherfield, Hunsford, Lambton, Hertfordshire, Londres (ANGLETERRE)
PERSONNAGE(S) : Elizabeth Bennet, Jane Bennet, Darcy, Bingley...
THEMES : Régence anglaise | Bal | Romantique

27.11.15

Edenbrooke


Résumé de l'édition

En amour, rien ne se passe jamais comme prévu…

Éprise de liberté, Marianne Daventry n’est pas heureuse à Bath. Lorsque sa soeur l’invite à passer l’été à Edenbrooke, la jeune femme n’hésite pas une seconde. Devant parfaire son éducation, condition sine qua non pour pouvoir prétendre à l’héritage de sa grand-mère, Marianne tente désespérément de ne pas se laisser charmer par le maître des lieux, sir Philip, séducteur patenté. Parviendra-t-elle à contenir les élans de son coeur ou succombera-t-elle à son sourire ?

Mon avis


Au temps de la Régence anglaise, une période digne d'un roman de Jane Austen, Julianne DONALDSON nous propose avec cette lecture d'échapper un court laps de temps, la grisaille du mois de novembre pour savourer cette romance historique.

Repéré sur le blog Les petites lectures de Scarlett, Edenbrooke raconte l'histoire de Marianne, une jeune femme invitée à passer quelques jours dans un domaine nommé Edenbrooke. Cette invitation lui permettra de faire la connaissance de la famille propriétaire du domaine mais aussi de retrouver sa sœur jumelle qui s'est éprise du fils à l'occasion d'une soirée.

Bien qu'au départ, j'ai eu des difficultés à m'adapter au style et à l'histoire - je ne voyais pas où l'auteure voulait en venir comme une impression qu'il n'y avait pas véritablement d'intrigue ; ce sentiment s'est vite dissipé et ce roman m'a du coup agréablement surprise.
Marianne est un personnage au tempérament un peu casse cou. Quitter Bath et retrouver sa sœur jumelle, voilà la bonne nouvelle qu'attendait l’héroïne d'Edenbrooke. L'auteure met du temps à intégrer cette jumelle et lorsque celle-ci fait son apparition, une certaine distance entre les soeurs m'a gêné...Ceci dit, le côté "sœur rivale" marche à tous les coups !

Dans le roman de Julianne DONALDSON, on retrouve les codes classiques auxquels on s'attend en lisant ce genre de roman : quiproquos, amour, bal...Certes, Marianne est un brin naïve, téméraire comme le serait des héroïnes de Jane Austen mais il y a eu le petit plus qui donne une ambiance plus gothique à cette romance. 
L'auteure ose faire tomber – au sens littéral comme figuré - notre héroïne dans des embuscades, faire l'objet de spéculation. Il y a un véritable esprit d'aventure et un côté chevaleresque.
Philip, le héros est mystérieux ce qui nous pousse à davantage vouloir en apprendre à son sujet. Il se révèle et on en tombe éperdument amoureuse – je suis faible avec ces histoires surtout lorsqu'il se met à écrire une lettre...A ce stade, la caricature de l'homme parfait, ne gêne plus !
Les passages entre Philip et Marianne sont exquis – tant leurs dialogues que leurs taquineries.

Edenbrooke m'a fait passer un excellent moment, dès qu'on le commence, on est comme attiré vers cette univers qui sent bon la guimauve...mais avec une petite touche épicée. Il y a le petit truc qui fait qu'on savoure notre lecture, que le temps s'écoule sans qu'on lève le nez du livre et qu'on se rend compte à la toute fin que l'on a fini le livre !

Ce roman ayant un succès bien mérité, l'auteure a sorti il y a quelques jours, une petite nouvelle où elle reprend l'histoire d'Edenbrooke mais du point de vue de Philip. 

Heir to Edenbrooke  | Ebook | Anglais | Nov. 2015



DE : Julianne DONALDSON
EDITION : Milady Romance (2014)
PAGES : 360
LANGUE : Français (traduit par Jean-Baptiste BERNET )
LIEUX :  Bath, Edenbrooke* (ANGLETERRE)
PERSONNAGE(S) : Marianne Daventry, Sir Philip...
THEMES : Romance | Régence | Feel-good

30.9.15

We Two : Victoria and Albert


Résumé de l'édition
It was the most influential marriage of the nineteenth century–and one of history’s most enduring love stories. Traditional biographies tell us that Queen Victoria inherited the throne as a naïve teenager, when the British Empire was at the height of its power, and seemed doomed to find failure as a monarch and misery as a woman until she married her German cousin Albert and accepted him as her lord and master. Now renowned chronicler Gillian Gill turns this familiar story on its head, revealing a strong, feisty queen and a brilliant, fragile prince working together to build a family based on support, trust, and fidelity, qualities neither had seen much of as children. The love affair that emerges is far more captivating, complex, and relevant than that depicted in any previous account.

En français ?

Traduction personnelle

C'était le mariage du dix-neuvième siècle le plus influant – et une des plus longues histoires d'amour. Les biographies traditionnelles disent que la Reine Victoria a hérité du trône comme une naïve adolescente, quand l'Empire britannique était au plus haut de ses pouvoirs, et semblait trouver l'échec comme un monarque et la misère comme une femme jusqu'à qu'elle se marie à son cousin Allemand, Albert et l'accepte comme son seigneur et son maître.
Désormais, la renommée chroniqueuse Gillian Gill dépoussière cette histoire (l'a jette par dessus la tête), révélant une forte, bagarreuse et brillante Reine, un prince fragile, travaillant ensemble à construire une famille basée sur le soutien, la croyance, et la fidélité. Des qualités qu'ils n'avaient peu vus durant leur enfance. L'histoire d'amour qui en émerge est plus captivante, complexe et pertinente que ce qui a été vu auparavant.


http://unevaliserempliehistoires.blogspot.com/search/label/Ecosse%202015 Mon avis                          

Le 28 juin 1838 dans l'Abbaye de Westminster, tout le monde retient son souffle. Une jeune femme de 19 ans s'apprête à être couronnée. Elle succède à un oncle, à une famille qui rend méfiant toute une population. Pourtant, sans le savoir, le Royaume-Uni va entrer dans une nouvelle période et de cette période, les contemporains retiendront une histoire d'amour assez unique.
Sans prêter de jugement à savoir si je suis pour ou contre la Monarchie, je reste une grande rêveuse et lire sur près d'un mois, une histoire digne d'un conte de fée, ça ne laisse pas indifférent. Même si on découvre les travers d'un mariage qui semble tout arrangé par l'oncle commun, même s'il s'avère que la Reine préférait son mari plutôt qu'à ses enfants...Ce couple fascine et ce n'est pas le record récent du règne d’Élisabeth II qui  fera oublier cette Reine qui a donné son nom à une Ère !

C'est là l'intérêt de We Two. Plus qu'une biographie sur la Reine, s'en est aussi une sur Albert, s'en est une sur le règne de Victoria à travers l'évolution du couple.
Gillian GILL reprend tous les codes classiques d'une biographie. On a des dizaines de pages sur l'enfance de Victoria, sur celle d'Albert. Des détails qui peuvent ennuyer, celui qui se dit inconditionnel de la famille royale ou comme pour moi, des détails qui fascinent car on pourrait presque s'imaginer observer la scène. Il y a une grande partie sur le début de son règne mais aussi sur l'environnement politique du Pays, sur les différents partis de l'époque.
Gilian GILL met en avant une femme qui a de l'ambition, tout comme son mari. Elle a du mal à renoncer même enceinte à cette condition. Elle doit jongler entre son rôle de souveraine mais aussi de femme, de mère. C'est une personne qui devait fasciner ses contemporains mais qui me fascine également. Elle avait de la présence.
Albert sera quant à lui, toujours considéré comme l'étranger dans ce Pays qu'il a tenté d'adopter. Né en Allemagne, c'est dans la culture et plus précisément les arts, qu'il va tenter durant toute sa vie, mettre à l'honneur. C'était l'homme de l'ombre.

We Two est riche en informations, anecdotes qui peuvent faire sourire ou laisser suspicieuse. Gillian GILL cherche à être au plus près possible de la vérité et ce n'est pas les cinquante pages de notes qui me feront dire le contraire. Elle semble ne laisser aucun doute sur ce qu'elle avance au risque parfois de sembler un peu trop subjective et de prendre des suspicions comme des vérités alors que seul l'intéressé pourrait éclairer sur cette question. C'est l'impression que j'ai eu, notamment lorsqu'elle sous-entend que le prince devait être homosexuel dans la mesure où il préférait rester avec des hommes jusqu'à son mariage, et qu'il n'allait pas courir les femmes. Pour montrer plus d'impartialité, il aurait été plus judicieux de laisser plusieurs suppositions car c'était peut être tout simplement une question de timidité. L'appuyer sur des écrits historiques de tiers ne rend pas cette affirmation plus juste, dans la mesure où peut être qu'à l'époque ses détracteurs percevaient une vérité, là où il n'y en avait pas. Les mauvaises langues ne sont pas apparues au XXIème siècle !

Ceci dit, c'est peut être l'unique limite que j'apporte à cette biographie, tant j'ai aimé la simplicité par laquelle l'auteure nous raconte l'histoire aussi complexe que la monarchie britannique. L'historique de la famille du couple royal est très bien amené, je n'étais pas perdu dans tous les noms. Un petit arbre généalogique au cours de la lecture a été le bienvenu et il était facile de le comprendre.
Le lien qui unit Victoria et Albert est assez atypique pour l'époque mais est résolument moderne de nos jours. Le destin tragique de ce dernier rend cette histoire d'amour romanesque et le culte que la Reine va lui vouer à sa mort, renforce l'idée que ce mariage - bien qu'arrangé, reposait  si ce n'est sur de l'amour, sur une profonde tendresse.

We Two est une biographie que je recommande. N'ayant pas lu d'autres sur cette Reine, j'ignore si d'autres sont plus complètes mais si on veut comprendre la Reine comme épouse et mère de famille, We Two remplie à merveille son rôle.

                                          DE : Gillian GILL
EDITION : Ballantine Books (2009)
PAGES : 466
LANGUE : Anglais (pas encore traduit)
LIEUX : Londres, Île de Wight, Brighton (ANGLETERRE)| Cobourg, Bonn (ALLEMAGNE)| Bruxelles (BELGIQUE) | Château de Balmoral, Édimbourg (ÉCOSSE)| Eu, Boulogne, Paris (FRANCE)
PERSONNAGE(S : /
THEMES : Biographie | Couple royal | Angleterre

13.5.15

The Persuasion of Miss Jane Austen

                                          DE : Shannon WINSLOW
EDITION : CreateSpace Independent Publishing Platform (2014)
PAGES : 256
LANGUE : Anglais (pas encore traduit)
LIEUX : Chawton, Londres, Steventon, Bath, Sidmouth, Godmesham, Winchester (ANGLETERRE) | Venise (ITALIE)
PERSONNAGE(S) : Jane Austen, Capitaine Philippe Devereaux, Cassandra Austen...
THEMES : Suite| Austenerie | Romance
RÉSUMÉ DE L’ÉDITION
What if the tale Jane Austen told in her last, most poignant novel was actually inspired by momentous events in her own life? Did she in fact intend Persuasion to stand forever in homage to her one true love?

While creating Persuasion, Jane Austen also kept a private journal in which she recorded the story behind the story – her real-life romance with a navy captain of her own. The parallel could only go so far, however. As author of her characters’ lives, but not her own, Jane Austen made sure to fashion a second chance and happy ending for Anne and Captain Wentworth. Then, with her novel complete and her health failing, Jane prepared her simple will and resigned herself to never seeing the love of her life again. Yet fate, it seems, wasn’t quite finished with her. Nor was Captain Devereaux.

The official record says that Jane Austen died at 41, having never been married. But what if that’s only what she wanted people to believe? It’s time she, through her own private journal, revealed the rest of her story.
http://unevaliserempliehistoires.blogspot.com/search/label/Read%20in%20englishMON AVIS

           
De nombreux écrivains l'avouent, c'est une partie d'eux-mêmes qui est mis à nu dans leur roman. Comme des esclaves de leur émotion, une histoire va prendre tout une autre tournure en fonction de leur expérience, leur environnement, qu'en serait-il pour Jane Austen ?

Dans The Persuasion of Miss Jane Austen, c'est le défi que s'est lancée Shannon Winslow, l'auteure. En écrivant Persuasion, Jane Austen ne pensait pas au capitaine Wentworth et pour cause, il avait les traits d'un seul et unique homme, le Capitaine Devereaux...
Ce qu'il fait peut être la différence avec tous les dérivés sur les œuvres austenniennes est justement, que ce n'est pas une réécriture de son célèbre roman mais plutôt un pan de la vie de Jane Austen que l'on ne connaitrait pas ! L'auteure propose quelque chose d'innovant en soi.

On retrouve Jane Austen au début de l'écriture de Persuasion, publié à titre posthume, après son décès à l'âge de 41 ans. Pour celles et ceux qui ne le savent pas (encore), Persuasion raconte l'histoire d'Anne Elliott, 27 ans, célibataire. Elle est encore amoureuse du beau Capitaine Wentworth avec lequel elle avait rompu ses fiançailles quelques années plus tôt. Au moment où l'intrigue se passe, Anne revoit le fameux Capitaine mais arrivera-t-il à lui pardonner ?
Jane Austen décide donc de s'inspirer de sa vie pour écrire ce dernier roman. Elle n'arrive pas à oublier son grand amour et ressent le besoin de faire un roman plus intimiste que les précédents.

L'intrigue de The Persuasion of Miss Jane Austen propose de suivre pas à pas, la véritable histoire, si on peut dire de Persuasion. À chaque passage où Jane écrit une scène clé de son œuvre, on comprend qui lui est arrivé la même chose. Sans faire de copier-coller, Shannon WINSLOW nous propose de revoir des personnes de l'entourage de Jane Austen comme sa sœur Cassandra ou son frère Henry et son épouse Eliza.
On fait aussi la connaissance de nouvelles personnes comme le Capitaine Philippe Devereaux, un français qui s'exile en Angleterre à la suite de la Révolution française. Capitaine dans la marine Britannique, il est celui qui va voler le cœur de notre auteure et qui lui inspirera le Capitaine Wentworth. Un personnage charismatique qui a l'orgueil d'un Mr Darcy et l'entêtement d'un Capitaine Wentworth !

Forcément, si vous avez déjà lu Persuasion, vous pouvez avoir peur de la redondance mais il y a quand même quelques différences qui permettent de lire ces passages avec avidité. Même si on connaît l'histoire de Persuasion, ne pas savoir si Jane Austen va connaître cette même fin, est un atout de ce roman.
Shannon WINSLOW ne peut pas non plus changer toute la vie de Jane Austen et doit prendre en compte quelques éléments factuels qui ne peuvent être changés comme sa mort tout simplement et le fait qu'on l'a toujours connu célibataire. Mélanger le réel et le fictionnel peut être risqué mais ici, ça a été fait intelligemment. Il y a quelques facilités mais je suis passée au dessus. C'est tellement compliqué de le faire que je trouve que l'auteure s'en est bien sortie et qu'il aurait été difficile de mieux faire ! 

Néanmoins, ce roman n'est pas une réécriture de Persuasion du point de vue de Jane Austen car il y a une césure dans l'histoire. L'auteure prend le partie à un moment donné, de séparer les deux histoires. La fin du roman Persuasion diffère de la vie de Jane – en positif ou en négatif à vous de le lire pour savoir mais toujours est-t-il, que la suite se révèle donc être inédite pour le lecteur.
Ce second souffle permet de faire douter le lecteur quant à l'issue de l'histoire. Profitant de ce changement, l'auteure peut faire parler davantage son imagination. De nouvelles intrigues se mettent en place et même si par moment, j'ai trouvé quelques longueurs, cette « suite » est satisfaisante.

Avec The Persuasion of Miss Jane Austen, j'ai passé un agréable moment. Le style de Shannon WINSLOW est fluide, le niveau d'anglais est vraiment accessible. Ne cherchez pas à retrouver le style de Jane Austen ! Si le style de Jane Austen était imitable, ça se saurait ! J'ai trouvé que l'auteure respectait bien la période sans pour autant avoir la même complexité d'écriture que les auteurs de cette époque (si vous lisez Jane Austen en anglais, vous me comprendrez...).
Un très bon roman qui a des défauts mais qui ne sont pas insurmontables !

 © Melleaurel


6.3.15

Old Friends & New Fancies

                                          DE : Sybil G. BRINTON
EDITION : Hesperus Press
PAGES : 368
LANGUE : Anglais
LIEUX : Permberley, Bath, Londres, Desborough (ANGLETERRE)
PERSONNAGE(S) : Elizabeth Darcy, Georgiana Darcy, William Price, Mary Crawford...
THEMES : Sequelle | Jane Austen | Romance
RÉSUMÉ DE L’ÉDITION
The first ever Jane Austen sequel written in 1914 follows Elizabeth Bennett, Mr. Darcy, and many other beloved characters embarking on new stages of life, new friendships, and new romances

Taking in all of Jane Austen's preferred locations and backdrops, this very first Austen sequel takes us from London to Bath and, of course, to Pemberley. Picking up where Pride and Prejudice leaves off, Elizabeth and Mr. Darcy are happily married and the new bride has taken it upon herself to match-make for her single family and acquaintance—beginning with her new sister-in-law Georgiana and Colonel Fitzwilliam. Kitty Bennet too remains in the market for a husband, now that she has grown up and sobered up a little. Austen fans will be thrilled to see such a wide palette of characters making their appearances, with personalities from each of her six novels playing a role in clever combinations. The union between Mansfield Park's Tom Bertram and Northanger Abbey's Isabella Thorpe is a wonderful new romance to discover. Yet it is also lovely to encounter once again the familiar tender relationship between Emma and Mr. Knightley. Written in a style truly reminiscent of Austen's and making free use of her characters, Brinton's work is a must read for Austen fans.
http://unevaliserempliehistoires.blogspot.com/search/label/Read%20in%20englishMON AVIS

             Ne passons pas par quatre chemins, si vous n'avez lu aucun roman de Jane Austen, j'ai bien peur que cette lecture vous en révèle un peu trop mais d'un autre côté, si vous n'avez pas envie de découvrir les fabuleux romans de cette auteure (ce que je ne conçois pas...hein ?), cette lecture peut être tout autant divertissante qu'elle l'a été pour ma part.

Austenienne dans l'âme, vous comprenez que dès que j'entends parler d'un roman de Miss Austen ou de dérivés (qui parfois me font penser que l'auteure doit se retourner dans sa tombe mais c'est un autre sujet...), j'ai ce besoin irrépressible si ce n'est de me l'acheter, d'au moins me renseigner à son sujet. Pour celui-ci, c'est un cadeau de ma sœur qui m'a permis de le découvrir et je ne peux que l'en remercier !

Old Friends & New Fancies est considéré outre-Manche comme le premier dérivé des œuvres austeniennes ! Parut pour la première fois en 1914, l'auteure a eu l'audace de réunir tous les protagonistes des romans de Jane Austen autour d'une seule et même intrigue – que je dois reconnaître assez bien menée. Imaginez-vous que Georgiana Darcy se fiance avec le Colonel Fitzwilliam mais que tous deux ne se plaisent pas vraiment dans cette situation...

              En commençant cette lecture, il ne faut pas chercher la plume de Miss Austen à travers les mots de Mme BRINTON car je ne pense pas qu'il y ait un intérêt. Il faut plutôt prendre l'histoire comme une œuvre originale. Avec une aisance, et un anglais très conventionnel, Sybil G. BRINTON arrive à y insérer tous les ingrédients qui se prêtent à ce genre comme des bals (indispensables pour que le beau monde se rencontre), des alliances, des messes basses mais surtout des idylles ; tout en y apportant sa touche personnelle. Elle a ce besoin de redorer le blason à des personnages que le lecteur aurait pu ne pas aimer en lisant les romans de Jane.
Par conventionnel, j'entends que même si l'auteure n'était pas contemporaine de Jane Austen au moment de l'écriture de ce roman, elle a grandi avec ce respect des conventions propres au début du XXème siècle.
Mais s'arrêter à cet aspect de ce roman serait injuste et surtout, de nombreux auteurs ont déjà utilisé ces ingrédients, sans que cela soit vraiment concluant !

              Dans Old Friends & New Fancies, l'idée de départ et en elle-même fabuleuse ! J'ai aimé notamment retrouver le couple Darcy (Orgueil et Préjugés) et voir qu'ils entretenaient une profonde amitié avec le couple Wentworth (Persuasion). 
Bien que l'on retrouve la plupart des personnages principaux des œuvres de Jane Austen, c'est surtout sur les personnages secondaires que Sybil BRINTON s'attache et c'est une des raisons qui m'a fait autant aimer cette lecture. Les faire se rencontrer est efficace car même si l'auteure ajoute quelques éléments pour qu'on se rappelle un peu les personnages, le travail sur la présentation et la découverte des personnages n'est ici pas nécessaire car le lecteur est censé être familiarisé avec eux. J'ai eu cette sensation de retrouver de vieux amis quelques années après !

Un peu réservé et absente dans Orgueil et Préjugés, Georgiana est un des personnages central de cette histoire. Pour celles et ceux qui ne le savent pas (encore), c'est la petite sœur de Mr Darcy.
Je me suis de suite attachée à son personnage. Malgré sa timidité naturelle, elle a un certain charisme et une présence d'esprit qui lui vaut l'admiration de nombreux gentlemans. Deux scènes avec ce personnage ont retourné mon cœur, celle de la bibliothèque et puis celle vers la fin, dans le jardin (je vous laisserai le plaisir de les découvrir...)
Toutefois, un bon roman ne serait rien sans un personnage masculin charismatique qui prend ici les traits d'un certain William Price ! Personnage secondaire dans Mansfield Park, il est le petit frère de Fanny, l'héroïne. Mansfield Park est vraiment le roman que j'aime le moins et pourtant grâce à celui-ci, une relecture ne me déplairait pas et cette fois-ci, je m'attarderai sur d'autres éléments.
Mais d'autres personnages secondaires sont mis en scène, le Colonel Fitzwilliam (cousin de Mr Darcy et Miss Darcy), Kitty Bennett (une des petites sœurs d'Elizabeth) mais aussi James Morland (le frère de Catherine dans Northanger Abbey) ou encore Mary Crawford. D'ailleurs, sur cette dernière, j'ai aimé que l'auteure fasse le point sur ce personnage que l'on rencontre dans Mansfield Park et qui a pu en énerver plus d'un !

           Vous l'aurez compris, dans Old Friends & New Fancies, les rencontres sont à l'honneur. D'ailleurs, nous vous inquiétez si vous avez peur de vous perdre dans les noms, au début du roman, l'auteure donne une liste des personnages que l'on va rencontrer et dans quel roman, on les a déjà aperçu ! 
Quelques histoires d'amour seront au centre des intrigues mais toujours avec cette idée de faire comme le fait si bien Miss Austen, en sorte que l'impossible devienne possible, que les quiproquos prennent un sens et qu'au final, nous soyons heureux pour les personnages que l'on aime tout au long du roman !

              Même si on peut rarement égaler Jane Austen, Sybil G. BRINTON a pour ma part, réussi à relever le défi. Elle a eu l'esprit de ne pas changer les caractères des personnages de Jane Austen, de garder intact les relations des principaux tout en donnant de nouvelles perspectives pour les secondaires !

Grâce à la page Jane Austen lost in France, j'ai appris qu'une traduction française sera disponible au mois de mai aux éditions Milady ! Toujours grâce à cette page et plus précisément grâce à cet article de l'auteure de la page : Tea Time Milady spécial Jane Austen, le titre (provisoire) serait "De Darcy à Wentworth" !


 © Melleaurel

23.1.15

Eugène Onéguine

                                          DE : Alexandre POUCHKINE
EDITION : Folio classique
PAGES : 336
LANGUE : Français
LIEUX : Moscou, Campagne (RUSSIE)
PERSONNAGE(S) : Eugène Onéguine, Vladimir Lenski, Olga & Tatania Larine
THEMES : Romance | Poème | Russie
RÉSUMÉ DE L’ÉDITION

L'héroïne, Tatiana, tombe amoureuse d'un héros byronien, qui tue en duel le fiancé de sa sœur.
Les années passent, Onéguine revient, découvrir qu'il aime passionnément Tatiana, maintenant mariés ; elle l'aime aussi ; que choisira-t-elle ?
MON AVIS
            Eugène Onéguine ou une œuvre russe magistralement orchestrée par Alexandre Pouchkine. Il aura suffit de quelques mots pour me laisser porter par les vers de l'auteur car c'est la particularité de ce roman, l'ensemble du texte est écrit en vers !

Comme une douce mélodie, j'ai été conquise par ce poème si singulier, particulier. Assez perplexe au départ, peut être la peur de ne pas comprendre. Ces craintes ont été vite balayées.
Ce que je considérais comme un défaut c'est-à-dire vivre l'histoire en accélérée en raison des contraintes qu'un tel style peut amener, ne l'a pas été.
Dans une telle composition, on ne peut pas s'attendre à avoir les avantages du poème qui s'entendent par des mots précis, une mélodie et des émotions ; et les avantages d'un roman : de longues descriptions, une mise en place du contexte...Et pourtant, je dois l'avouer l'auteur y est bien arrivé, et ce pari osé a été très bien mené. Dans "ce roman en vers" comme il l'appelait, des dialogues s'y insèrent, le lecteur a assez d'éléments pour s'imaginer les lieux, le contexte et même les personnages. Tous les mots ont leur importance, le superflu n'a pas sa place.
Une fois passée le cap de l'adaptation, j'ai savouré cette lecture et été emportée par la prose de Pouchkine.

          Consigné sur près de 10 ans, ce n'est pas son unique cadeau que nous livre Pouchkine mais son travail le plus considérable. Eugène Onéguine a été écrit totalement en Russe, ce qui était rare à l'époque dans la mesure où le français était la langue la plus parlée et écrit en Russie (je m'entends dans la Haute société).
Un tel travail se ressent dans le choix des mots et même dans le découpage des strophes ! Rythmée comme une œuvre musicale, la fin de chaque chapitre d'Eugène Onéguine permet de découper l'intrigue. 
Je n'imagine pas le supplice pour les lecteurs de l'époque qui devaient attendre au minimum une année pour connaître la suite !
Pouchkine a voulu à travers cette œuvre, faire plaisir aux lecteurs mais aussi, déclarer son amour pour la poésie. Passion qui fait partager avec brio. Quand, je vous dis que je suis conquise !

          Comble de l'histoire, comme si le procédé n'était pas déjà assez périlleux, l'auteur en profite pour s'insérer comme personnage et narrateur de l'histoire !
À l'époque, la critique disait qu'il était en quelque sorte « dans les coulisses, un spectateur et un acteur de son histoire ». Ces interventions sont des petites parenthèses dans ce drame.
Le lecteur comme interlocuteur privilégié de l'auteur, partage avec lui, ses avis, ses confessions d'une jeunesse qu'il revit à travers les yeux de son personnage principal. Une certaine nostalgie y transparaît et ceci est d'autant plus flagrante dans la strophe 40 (page 94-95) lorsqu'il dit « Peut-être (espérance flatteuse) ; Un ignorant dans l'avenir ; Montrant mon illustre effigie ; Dira : C'était un vrai poète ! ».


Eugène & Tatania d'Elena Samokich-Soudkovskaïa | Illustration pour Eugène Onéguine de Lidia Timoshenko.

             Son personnage Eugène est une caricature d'un jeune égoïste mais réaliste qui préfère batifoler et briser des cœurs que de s'engager véritablement. L'auteur disait lui même de son roman « Les tourments secrets du méchant ». Il fait un véritable procès moral à son personnage. On est prévenu, Eugène n'est pas le grand romantique de l'histoire. Abusé par sa vanité, il est prêt à tout même à sacrifier une amitié.
Il faut regarder du côté de Tatania, une jeune fille qui aura le coup de foudre pour cet homme. Elle n'hésitera pas à lui ouvrir son cœur.
Pouchkine relate ici, avec brio les lamentations d'une femme qui se sent repoussée – il y a une scène de bal que j'ai trouvé remarquable et qui m'a suscité un petit pincement au cœur (je n'en dis pas plus) ; le quotidien d'un orphelin à la fortune considérable, les regrets de cet homme. Le lecteur sera amené à éprouver une palette de sentiments contradictoires, oscillant entre la joie, la tristesse, l'inquiétude et l'incompréhension.

            Le lecteur est même poussé à espérer une fin heureuse mais cette fin, il ne l'aura pas car voilà, Pouchkine laisse une fin ouverte. L'histoire se finit par un cliffhanger comme on dirait aujourd'hui. On peut tout imaginer, plusieurs scénarios sont possibles. Il a apposé le mot « FIN » mais pourtant, des historiens montreront qu'il avait préparé quelques chapitres. Malheureusement nous ne serons jamais s'il une suite avait été envisagée et ni même ses contemporains puisque quelques années après la parution du dernier chapitre, Pouchkine est mortellement blessé dans un duel.
Un mythe s'élève autour de cette œuvre et de son poète, comme LERMONTOV, il fait partie du panthéon de mes auteurs russes préférés !

Mention particulière pour la traduction que j'ai trouvé remarquable. Le traducteur Jean-Louis BACKES comme le dit sa préface, a respecté la structure des vers de Pouchkine et de ce fait, a permis à nous cher lecteur de rester le plus proche possible de l’œuvre originale ! J'ai pu lire plusieurs traductions qui circulent sur la toile et celle que j'ai eu entre les mains est de loin la meilleure ou du moins, celle que j'ai préféré.


 © Melleaurel

30.12.14

Il était une fois

                                         DE : Eloisa JAMES
                                         EDITION : J'ai Lu
PAGES :1084
LANGUE : Français
LIEUX : Brighton, Fensmore, Lancashire, Londres (ANGLETERRE) | Pendine (PAYS DE GALLES) | Paris, Wissant (FRANCE) | Craigievar (ECOSSE)
PERSONNAGE(S) : Kate, Prince Gabriel, Linnet, Piers, Olivia, Quin, Theodora, James, Edith et Goran.
THEMES : Contes | Revisité | Romance
RÉSUMÉ DE L’ÉDITION
Il était une fois, il n'y a pas si longtemps...

Une jeune fille opprimée par sa marâtre s'éprend du fiancé de sa soeur...
Une belle audacieuse affronte dans son château un lord monstrueux ...
Une épouse disgracieuse trahie prend sa revanche et se métamorphose en une sublime beauté ...
Voici cinq contes de fées classiques recréés par une auteure à la plume malicieuse et sensuelle , pour notre plus grand plaisir. Cinq histoires d'amour, folles et passionnées pour nous, les femmes d'aujourd'hui, qui sommes d'incorrigibles romantiques, toujours friandes d'aventures, de potions magiques et de princes canailles.

Le livre contient : Au douzième coup de minuit - La belle et la bête - La princesse au petit pois - Une si vilaine duchesse - La jeune fille à la tour
MON AVIS
           Si vous vous voulez retrouver la magie des contes que vous lisiez étant petits(es), passez votre tour ! Car assurément, lorsque vous aurez entre vos mains cette intégrale, vous saurez assez loin de l'image douce et rassurante des contes de votre enfance.

Eloisa JAMES fait le pari de s'approprier de grands classiques et de les "érotiser" afin de les rendre plus moderne. Pari qu'elle va réussir avec plus au moins de succès. Cherchant à évoluer avec le lecteur qui n'a plus 6 ans, fini les bisous qui donnent 17 enfants ! Fini, le prince si parfait que l'on aurait peur de le toucher (et qui a du faire du tort aux jeunes filles qui se reconnaitront) mais aussi fini, la souris qui parle, la citrouille qui se transforme en carrosse...Bref, vous l'aurez compris, Eloisa JAMES donne un bon coup de pieds dans ces histoires et cherche à les rendre plus humaines, voir totalement différentes.

A travers cette intégrale, les éditions J'ai Lu, propose de regrouper les 5 contes que l'auteure a réinterprété :
Au douzième coup de minuit qui est une réinterprétation de Cendrillon.
La Belle et la bête qui est une version - moins bestiale - de devinez ?
La princesse au petit pois qui est une nouvelle version du conte au même nom.
Une si vilaine duchesse qui est une nouvelle version du conte Le vilain petit canard.
La jeune fille à tour qui est la version "plus moderne" et moins "méchante" de Raiponce.

           Globalement, j'ai trouvé qu'au niveau de l'intensité tous les romans se valaient même si La jeune fille à la tour est pour moi, celui de trop.
En lisant les cinq tomes à la suite, le lecteur comprendra vite que l'auteure a quelques tics et à tendance à se répéter notamment au sujet de la description anatomique de la gent masculine. La trame de l'histoire est toujours la même et le lecteur arrive facilement à en venir à la conclusion : "Allez au lit et on se pardonne".
A côté de cela, j'ai apprécié le dépoussiérage de ces contes car c'est une lecture qui se veut "sans prise de tête". Je n'ai ressenti que de la joie pour ces histoires qui se finissent toujours bien même lorsque l'on a un grand doute !
J'ai gloussé comme une adolescente lorsque les scènes devenaient torrides...une vraie bouffée d'oxygène !

Le grand défaut tient au fait que cela veut être de nouvelles interprétations de contes, or parfois, le rappel au conte tient seulement à l'intitulé du tome ! Par exemple pour La belle et la bête, cela tient aux traits caractéristiques des personnages - l'héroïne est magnifique et le héros se comporte comme un bougre, une bête ! Après, il n'y a rien qui nous ferait penser au conte de Suzanne De VILLENEUVE.

         Pour autant, la vraie richesse de ces histoires tient à deux choses : les personnages et les dialogues.
Les personnages qu'ils soient principaux ou secondaires, ils amènent tous un quelque chose à l'intrigue.
   Les femmes, héroïnes de ces romans auront un fort tempérament. Alors qu'elles évoluent au XIXème siècle, elles sont courageuses et ne sont pas des "statues" que l'on brique dans un salon de thé.
Theodora est le personnage féminin qui est sortie du lot pour moi. Héroine, du conte Une si vilaine duchesse, elle doit faire face à la méchanceté de la société car selon cette dernière, elle n'entre pas dans les grilles du standard de son époque.
   Les personnages masculins ont eux aussi leur carte à jouer. Je n'ai pu m'empêcher de les comparer aux personnages des romans de Miss Jane AUSTEN. J'ai trouvé certains très semblables à Mr Darcy d'Orgueil et Préjugés comme le Prince Gabriel (Au douzième coup de minuit) ou le Docteur Piers (La Belle et la bête). Un autre personnage masculin, James (Une si vilaine duchesse) m'a sous certains aspects fait penser au Capitaine Wentworth de Persuasion !
Je n'irai pas jusqu'à dire qu'ils étaient identiques mais sous certains aspects, je ne pouvais m'empêcher de comparer !

Quant aux dialogues, ils étaient délicieux ! Certaines joutes oratoires intensifiaient la lecture. Avec un dialogue, on peut vite tomber dans le pathos au risque parfois de ruiner complétement le livre - sur le moment aucun titre ne me vient mais vous avez déjà du en lire un, où tous les 5 minutes vous leviez les yeux au ciel ! Avec cette intégrale ou même si vous lisez chaque titre séparément, vous n'aurez aucun soucis ! Les dialogues sont bien écrits et semblent "spontanés". J'ai eu cette impression de suivre une conversation en direct ! Un réel plaisir !

          Comme je l'ai dit précédemment, cette intégrale regroupe cinq tomes. Cinq tomes qui ne sont pas forcément tous du même niveau. Je vous propose mon classement qui est bien sûr très subjectif !

#1 La Belle et la Bête (tome 2) : De nombreuses blogueuses l'ont aussi plébiscité. Je ne sais pas si c'est pour les mêmes raisons mais j'ai adoré Piers, le héros de l'histoire. Un homme sûr de lui et de sa virilité qui est un peu butté sur certaines choses - petit aparté : Arrêtons de le comparer à Dr House, please ! - même si l'auteure a dit s'en inspirer...A chaque fois, j'imagine la tête de l'acteur et j'ai un blocage ! Je préfère ma version avec Matt Bomer !
Edith, l'héroine aussi était touchante par sa naïveté. Le rythme de l'histoire a été crescendo, je n'ai pas trouvé le temps long !

#2 Une si vilaine duchesse (tome 4) : Un vrai régal ! J'ai bien cru au coup de cœur jusqu'à une partie qui m'a un peu ennuyé - j'ai même rêvé d'un changement pour vous dire à quel point, cette partie m'a navré ! Les personnages de James et Théodora m'ont de suite conquise puis à un certain moment, celui de Théodora m'a un peu énervé. Il y a eu une cassure et j'ai eu du mal à retrouver la spontanéité du début...puis vers la fin, tout s'est arrangé et j'ai été heureuse une fois de plus !

#3 Au douzième coup de minuit (tome 1) : Surprise par le style de l'auteure, j'ai trouvé que ce n'était pas franchement top au départ (j'ai même accusé - peut être à tort - le traducteur de mal faire son boulot !) puis il y a eu un changement dans l'histoire qui m'a surprise. La rencontre avec le Prince Gabriel a sauvé l'histoire et je n'ai plus quitté l'histoire ! Un très bon tome !

#4 La princesse au petit pois (tome 3) : Quatrième mais pas mauvais. J'ai trouvé que le lien gémellaire était bien traité (je suis très très exigeante sur ce point...allez savoir pourquoi..).
La première rencontre entre Olivia et Quin fera partie de mes préférées. J'en garde un excellent souvenir marqué au fer rouge. Une très bonne histoire qui a la fin était juste un peu lassante... Sinon, pour revenir au conte, je n'ai rien trouvé qui s'en approchait du conte original si ce n'est la montagne de matelas...

#5 La jeune fille à la tour (tome 5) : Le tome de trop ! Même s'il était question d'un beau écossais - à la description qui faisait penser à un certain Jamie Fraser de Outlander, j'ai trouvé que l'histoire manquait d'intrigues ! Il n'y avait plus le piment des tomes précédents ! J'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire et ai été heureuse de le terminer !

                      C'est avec un réel plaisir que j'ai découvert ces histoires même si les contes sont au final que des prétextes. Une lecture idéale et agréable pour de froides soirées d'Hiver !
Je vous propose de retrouver ci-dessous, les liens de deux avis qui m'ont donné envie de me plonger dans ces aventures :
Il était une fois : 5 contes à redécouvrir - Avis de Lavinia
Il était une fois (avis du tome Au douzième coup de minuit) - Avis de Naramaya


 © Melleaurel

26.9.14

Persuasion

DE : Jane AUSTEN
EDITION : Penguin
PAGES : 249
LANGUE : Anglaise (traduction française disponible)
LIEUX : Kellynch, Uppercross (inventés), Lyme & Bath | ROYAUME-UNI
PERSONNAGES : Anne Elliot, Capitaine Wentworth, Lady Russell...
THEMES : Amour | Regret | Historique
RÉSUMÉ DE L’ÉDITION
Twenty-seven-year old Anne Elliot is Austen's most adult heroine. Eight years before the story proper begins, she is happily betrothed to a naval officer, Frederick Wentworth, but she precipitously breaks off the engagement when persuaded by her friend Lady Russell that such a match is unworthy. The breakup produces in Anne a deep and long-lasting regret. When later Wentworth returns from sea a rich and successful captain, he finds Anne's family on the brink of financial ruin and his own sister a tenant in Kellynch Hall, the Elliot estate. Al the tension of the novel revolves around one question: Will Anne and Wentworth be reunited in their love ? 

MON AVIS
Relecture de ce roman de Miss Austen, c'est en anglais que j'ai voulu le redécouvrir. Et quelle surprise ! C'est devenu un coup de coeur !
La spécialité de Jane Austen ? Faire d'une histoire impossible, la plus belle et la plus romantique histoire d'amour. A chaque lecture de ses romans, je me demande comment va-t-elle réussir à démêler l'intrigue ? Encore une fois dans Persuasion, je me le suis demandée. Tout annonce une triste fin et puis, l'auteure a l'idée qui donne un tournant à l'histoire et la fait basculer. Bien que ce soit une histoire d'amour, il faut voir au delà.

Dans Persuasion, c'est le sentiment de regret qui est au cœur de l'intrigue. Le regret pour notre héroïne Anne de ne pas avoir laissé parler son cœur mais plutôt d'avoir suivi l'avis d'une proche de la famille. L'histoire se déroule plusieurs années après la rupture entre Anne et un certain Frederick Wentworth mais la question que l'on se pose, Anne a-t-elle fait le bon choix ? C'est ce que nous verrons tout au long du roman.

Ainsi, Jane Austen en profitera pour évoquer la condition de la femme à cette époque (comme à chaque fois dans ses romans). En effet, au temps de Jane Austen, la femme n'avait droit à aucun héritage (mis à part une dot), elle devait très jeune penser à se marier au risque de devenir vieille fille.
C'est d'ailleurs, ce qui semble attendre Anne Eliott. J'ai eu le sentiment de voir à travers les autres personnages, qu'Anne n'était plus considérée comme attrayante car elle était célibataire et approchait la trentaine !

Persuasion évoque aussi la nécessité de faire un bon mariage. En effet, Anne renonce à son grand amour car aux yeux de Lady Russell, son fiancé n'était pas assez fortuné pour une fille de son rang.
Le personnage de Lady Russell est très important dans cette histoire. C'est la conscience de la société anglaise au XIXème siècle. Elle est encrée dans les mœurs de son époque. C'est elle qui conseille Anne depuis la mort de sa mère.
Anne ne peut pas épouser un "pauvre". Pour autant, c'est un Frederick Wentworth fortuné qu'elle va revoir quelques années après.
J'ai bien aimé la psychologie du personnage. Le capitaine Wentworth, c'est celui qui s'est fait rejeter car il n'était pas assez riche. En faisant fortune, il peut retrouver Anne mais peut-il  lui pardonner ?
Jane Austen donne du relief à son personnage. On voit l'évolution du personnage. Il est tout à la fois rancunier, séducteur, jaloux mais aussi fidèle, respectueux, réservé. On comprend vite aussi qu'en devenant marin, le capitaine a changé de rang. Il est respecté par la haute société.

Il y a d'autres personnages -  c'est d'ailleurs le trait commun des romans de Jane Austen : une profusion de personnages ! Chaque protagoniste a un trait caractéristique. On a le père vaniteux, la sœur qui a besoin de se faire assister, le cousin qui ne pense qu'à son héritage. Autant de personnages qui permettent de cerner la société anglaise mais aussi donner du relief à Anne et au capitaine.

La force de caractère des personnages amènent le lecteur à suivre des situations savoureuses les unes plus que les autres notamment la scène de la lettre écrite par Frederick pour Anne qui m'a donné des frissons. En voici un extrait :

I can listen no longer in silence. I must speak to you by such means as are within my reach. You pierce my soul. I am half agony, half hope. Tell me not that I am too late, that such precious feelings are gone for ever. I offer myself to you again with a heart even more your own than when you almost broke it, eight years and a half ago. Dare not say that man forgets sooner than woman, that his love has an earlier death. I have loved none but you. [...]

Anne & Wentworth de la BBC

Persuasion n'est pas un roman désuet au contraire, je suis sûre qu'il parlera à beaucoup de lectrices. C'est un livre que je vous recommande et j'attends avec impatience vos avis.