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30.7.16

La Neige et La Cendre (Outlander #6)



En 1772, à l'aube de la révolution américaine, le brûlot de la rébellion flambe déjà : à Boston, des cadavres gisent dans les rues et, dans l'arrière-pays de la Caroline du Nord, des cabanes s'embrasent dans la forêt. Au-dessus de la maison de Fraser's Ridge, où vivent Jamie et sa famille, une ombre grandit... La colonie tout entière est en émoi, et le gouverneur Josiah Martin a besoin d'une personnalité charismatique capable d'unir l'arrière-pays et d'apaiser les ressentiments des colons et des Indiens. De l'avis de tous, Jamie est l'homme de la situation. Mais les choses ne sont pas si simples : tout comme sa fille Brianna et Roger, son gendre, Claire sait que, d'ici à trois ans, on tirera le premier coup de feu dont l'écho retentira partout dans le monde. Et que la guerre se soldera par l'indépendance. Et, par-dessus tout, plane la menace révélée par une coupure de journal, retrouvée par Claire dans une gazette du XXè siècle, faisant état de la destruction de la maison de Fraser's Ridge et du décès de ses occupants, Jamie et Claire...


Mon avis
" Un pavé qui est fini laborieusement mais vivement le prochain ! "
★ ★ ★

Les torches éclairent la pénombre, la famille Fraser sait que c'est une question de temps. Ils entendent déjà le compte à rebours...
Une chose est sûre que lorsque l'on commence Outlander, il faut s'attendre à changer régulièrement de position et à attraper de vilaines courbatures !
Avec plus de 1500 pages, La Neige et la Cendre promettait des rebondissements mais malheureusement ce sont surtout des longueurs que j'ai rencontré dans celui-ci.

Lors du tome précédent, j'avais déjà trouvé que certains passages s'éternisaient mais là, je crois que ce sont des chapitres entiers qui ne servent pas à grand chose ! M'étant trop familiarisée avec les personnages, j'ai eu l'impression que l'auteure allait dans la facilité. L'impression que Diana GABALDON voulait faire dans le sensationnel avec quelques scènes troublantes et horripilantes, histoire de dire qu'elle ne l'a pas écrit pour rien ! Ce sentiment ne m'a quasiment pas quitté tout au long de la lecture. Même Jamie et Claire n'arrivaient pas à me donner envie de continuer certains passages...

Pourtant, globalement, j'ai aimé ce tome. Ici, le personnage de Roger prend plus d'envergure. Le fait que l'on perce enfin le mystère sur le retour de Ian Junior en est pour beaucoup mais aussi parce que Fergus et Marsali sont présents. On peut facilement imaginer leur implication dans les tomes prochains, ce qui annonce un peu plus d'actions !
La Neige et la Cendre se situe en amont. On ressent la tension qui augmente entre les colons qui se disent "Américains" et les sujets de la Couronne d'Angleterre. Ce tome montre les coulisses d'un évènement majeur marquant le début des États-Unis : la Guerre d'Indépendance. On y apprend l'implication des indiens dans son conflit, les règlements de compte arbitraires...Une façon pour ceux allergique à l'histoire de comprendre un peu ce qui s'est passé. Historiquement c'est très enrichissant et l'auteure une fois de plus maîtrise son sujet.

J'ai perçu ce sixième tome comme un tome de transition avant de rentrer vraiment dans le vif du sujet. C'est pour ça que je ne pourrai pas abandonner la série et que je reste confiante pour la suite.

 Challenges : Ecosse | Les Irréguliers de Baker Street

DE : Diana GABALDON
ÉDITION : J'ai lu (2015)
PAGES : 1531
LANGUE : Français (traduit par Philippe SAFAVI)
FORMAT : Semi Poche
ISBN : 2290099643
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LA CROIX DE FEU, #5
★ ★ ★ ★
LES TAMBOURS DE L'AUTOMNE, #4
★ ★ ★ ★
LE VOYAGE, #3
★ ★ ★ ★
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23.7.16

Along the Infinite Sea (Schuyler Sisters #3)



Each of the three Schuyler sisters has her own world-class problems, but in the autumn of 1966, Pepper Schuyler's problems are in a class of their own. When Pepper fixes up a beautiful and rare vintage Mercedes and sells it at auction, she thinks she's finally found a way to take care of herself and the baby she carries, the result of an affair with a married, legendary politician.

But the car's new owner turns out to have secrets of her own, and as the glamorous and mysterious Annabelle Dommerich takes pregnant Pepper under her wing, the startling provenance of this car comes to light: a Nazi husband, a Jewish lover, a flight from Europe, and a love so profound it transcends decades. [...]


Traduction du résumé
Chacune des soeurs Schuylers a ses propres problèmes mais en automne 1966, les problèmes de Pepper Schuyler sont d'une classe à part. Quand Pepper rénove une belle et rare Mercedes vintage et décide de la vendre, elle pense qu'elle a trouvé une voie pour prendre soin d'elle et du bébé qu'elle attend - le résultat d'une liaison avec un homme politique légendaire et marié.

Mais la nouvelle propriétaire semble avoir des secrets à elle mais comme Annabelle Dommerich - fascinante et mystérieuse prend Pepper enceinte sous son aile, la provenance ahurissante de la voiture éclate au grand jour : un mari Nazi, un amant juif, un vol depuis l'Europe et un amour si profond que cela dépasse les décennies [...]

Mon avis
" Un roman merveilleux qui vous pousse à aller de l'avant ! "
★ ★ ★ ★ ★

Les cheveux au vent dans une vieille voiture, rien ne prédestinait Pepper à rencontrer Annabelle et pourtant, la mise en vente d’une vieille voiture va à jamais changer sa vie. Une rencontre mais deux histoires dans Along The Infinite Sea.

Considéré comme un livre « unique » ce roman peut se lire seul comme un standalone mais je ne vous le recommande pas – d’une de manière très subjective parce que la plume de l’auteure est exquise et qu'elle a un don pour créer des personnages attachants et des intrigues à couper le souffle mais plus objectivement aussi parce qu’il y a des références, des personnages que l’on a déjà pu croiser dans les autres histoires. Dans ce tome, on a la joie de revoir un personnage de L’Été du Cyclone...Je vous laisse le mystère (indice : son prénom commence par N).

Dans le roman de Beatriz WILLIAMS, chaque histoire fait écho l'une avec l'autre pour nous livrer deux histoires et deux fins.
Deux héroïnes qui se rencontrent pour s’aider. Pour Pepper, cette rencontre lui permet d’avoir les conseils de quelqu’un qui semble comprendre son désarroi et pour Annabelle, cette rencontre lui permet d’avoir la force de fouiller dans son passé.
A ma grande surprise, c'est cette histoire qui a effacé un peu l'autre comme si l'histoire de Pepper ne servait qu'à aider Annabelle et non l'inverse.
Toutefois, dès Tiny Little Thing (le tome 2) je m'étais attachée à Pepper. On en apprenait beaucoup à son sujet et on apercevait déjà son côté sensible. Pepper pouvant se traduire "Poivre", on comprend aussi son tempérament. Même si elle est plus en retrait à cause du charisme d'Annabelle, son histoire n'en est pas moins émouvante mais vous l'aurez compris c'est surtout l'histoire d'Annabelle qui m'a touché.
On remonte dans les années 30 au moment où l’Europe s’enflamme et où les extrêmes montent. La rencontre entre Annabelle et Stefan n’est que le début d’un amour que le destin va s’acharner à séparer. Une certaine tension est perceptible.

Beatriz WILLIAMS capte l’intérêt du lecteur qui au supplice redoute la fin. Rien n’est simple et malgré une intrigue qui semble compliquée, l’auteure a su trouver le « je ne sais quoi » qui fait que tout coule de source !
Deux héroïnes dans ce roman qui veulent enfin affronter leurs peurs pour tourner la page. Ce n’est pas pour rien que l’auteure fait une référence à la chanson « Yesterday » du groupe Beatles. En prêtant attention aux paroles, j’ai tout compris «Yesterday all my troubles seemed so far away. Now it looks as though they're here to stay...» (Hier, tous mes ennuis m'ont semblé loin. Maintenant, il semble qu’ils sont ici pour longtemps...)

Après L’Eté du Cyclone, c’est mon préféré. Un troisième tome qui clôt à merveille la saga « Les sœurs Schuylers ».
Le roman mérite son succès et j’espère qu’il sera rapidement traduit en français. Encore une fois, je confirme Beatriz WILLIAMS est une de mes auteurs préférés !

J’ai découvert sur le site de Beatriz WILLIAMS, un arbre généalogique de la famille SCHUYLER, utile pour faire le lien entre tous les romans [➡]

 Challenges : Les filles de Mrs Bennet | Les Irréguliers de Baker Street | Read in English

DE : Beatriz WILLIAMS
ÉDITION : Harper Fiction (2015)
PAGES : 416
LANGUE : Anglais (pas encore traduit)
FORMAT : Paperback
ISBN : 0008134952
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SECRET LIFE OF V. GRANT, #1 ★ ★ ★ ★ ★
TINY LITTLE THING, #2
★ ★ ★ ★ ★
A HUNDRED SUMMERS
COUP DE ♥
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25.4.16

Tiny Little Thing (Schuyler Sisters #2)



In the summer of 1966, Christina Hardcastle -“Tiny” to her illustrious family - stands on the brink of a breathtaking future. Of the three Schuyler sisters, she’s the one raised to marry a man destined for leadership, and with her elegance and impeccable style, she presents a perfect camera-ready image in the dawning age of television politics. Together she and her husband, Frank, make the ultimate power couple: intelligent, rich, and impossibly attractive. It seems nothing can stop Frank from rising to national office, and he’s got his sights set on a senate seat in November.

But as the season gets underway at the family estate on Cape Cod, three unwelcome visitors appear in Tiny’s perfect life: her volatile sister Pepper, an envelope containing incriminating photograph, and the intimidating figure of Frank’s cousin Vietnam-war hero Caspian, who knows more about Tiny’s rich inner life than anyone else [...]


Traduction du résumé
Durant l'été de 1966, Christina Hardcastle - "Tiny" pour son illustre famille - se dresse au bord d'un avenir à lui couper le souffle. Parmi les trois soeurs Schuyler, elle est celle destinée à se marier à un homme fait pour être aux commandes. Avec son élégance et son style impeccable, elle présente bien l'image faite pour les caméras à l'ère de la politique télévisée. Ensemble, elle et son époux, Frank, forment un couple puissant : intelligent, riche, et incroyablement attrayant. Il semble que rien ne peut arrêter Frank de l'ascension au Bureau National, et il a dans son mire un siège au Sénat en Novembre.

Mais alors que la saison débute dans la propriété de la famille à Cape Cod, trois visiteurs indésirables apparaissent dans la vie parfaite de Tiny : sa soeur volatile Pepper, une enveloppe contenant une photographie l'incriminant, et l'intimidant cousin de Frank, héro de la guerre du Vietnam, Caspian, qui en sait plus de la vie riche de Tiny plus que n'importe qui [...]

Mon avis
" Scandaleusement captivant et politiquement incorrect ! "
★ ★ ★ ★ ★

Alors qu'il faut sauver les apparences quel qu'en soit le prix, Beatriz WILLIAMS évoque dans Tiny Little Thing, un revers du monde politique : la manipulation. L'illusion d'une vie parfaite est fragile et les masques tombent dès qu'il faut sortir de l'embarra. Une leçon que va apprendre à ses dépens l'héroïne, Tiny, l'ainé des soeurs Schuyler.

Parmi les Schuyler, Christina était la plus discrète. C'était celle qui allait faire un beau mariage, s'occuper de son foyer. Son passé ne doit en rien empêcher l'ascension politique de Frank, son mari.
L'héroïne semble être représentative du modèle de l'épouse parfaite comme la société des années 60 considérait la femme. Pourtant, Beatriz WILLIAMS ne tombe pas dans la caricature et donne du relief à son personnage. Elle dénonce sans entrer dans la revendication. L'intrigue se place au moment où la femme a tous les moyens pour s'émanciper au grand dam de certains. Lorsque l'on pense aux publicités de cette époque, on voit bien que cette image était inscrite dans leur subconscient.


Une publicité des années 1960, l'époque décrite par l'auteure - "Ne vous inquiétez pas Chérie, vous n'avez pas brûlé la bière!"

Par bien des aspects, je n'ai pu m'arrêter de comparer le destin de Tiny avec la vie de Jackie Kennedy. La comparaison est d'autant plus évidente que toutes deux subissent au quotidien le matraquage médiatique. Toutes les rumeurs prennent des proportions incontrôlables. Le chantage dont fait l'objet la jeune femme est le grain de sable qui peut enrayer la machine. C'est aussi un moyen habille pour l'auteure de nous faire entrevoir un autre versant de la personnalité de Tiny.

Une personnalité que l'on apprend à connaître davantage grâce aux retours arrières. C'est ce que j'aime dans les romans de Beatriz Williams. Le passé éclaire le présent et ici, même si seulement deux années séparent les intrigues, ces deux années sont capitales. On apprend plus sur le personnage principal mais aussi sur d'autres. La psychologie des personnages est poussée à son paroxysme.
Le retour d'un héro de la guerre de Vietnam est aussi le prétexte, d'évoquer cette période sensible pour les américains. La population américaine est divisée. Le soldat n'est plus le héro comme on l'entendait à la fin des deux premières guerres mondiales. L'auteure ne donne pas son avis mais par le biais de ses personnages, laisse entrevoir les deux points de vue. J'ai trouvé intéressant qu'elle en parle et surtout de choisir un des personnages principaux comme "héro de guerre".

L'histoire de Tiny Little Thing est vivifiante parce que l'auteure a compris l'essentiel : tous les personnages de ses romans sont liés. Le lecteur a l'impression de les connaître intimement. Tiny n'apparait pas dans les romans précédents mais elle a été au moins évoquée. Avant même de la connaître, on a un pan de sa personnalité.

Une fois de plus, j'ai été séduite par l'univers de Beatriz Williams et surtout son style. Tiny Little Thing donne assurément envie de connaître plus Pepper, l'autre soeur Schuyler que l'on retrouve dans le prochain roman de Beatriz Williams, Along The Infinite Sea.


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                                          DE : Beatriz WILLIAMS
ÉDITION : William Morrow (2015)
PAGES : 416
LANGUE : Anglais (pas encore traduit)
LIEUX :  Cape Cod, Boston (ÉTATS-UNIS)
PERSONNAGE(S) : Tiny Hardcastle, Franklin Hardcastle, Caspian Harrison, Pepper Schuyler...
THÈMES : Secret | Politique | Héroïne

15.3.16

Murphy's Law (Molly Murphy Mystery #1)


Résumé de l'édition

Molly Murphy always knew she'd end up in trouble, just as her mother predicted. So, when she commits murder in self-defense, she flees her cherished Ireland, under cover of a false identity, for the anonymous shores of late nineteenth-century America. When she arrives in New York and sees the welcoming promise of freedom in the Statue of Liberty, Molly begins to breathe easier. But when a man is murdered on Ellis Island, a man Molly was seen arguing with, she becomes a prime suspect in the crime.

If she can't clear her name, Molly will be sent back to Ireland where the gallows await, so using her Irish charm and sharp wit, she escapes Ellis Island and sets out to find the wily killer on her own. Pounding the notorious streets of Hell's Kitchen and the Lower East Side, Molly undertakes a desperate mission to clear her name before her deadly past comes back to haunt her new future.


En français ?

Traduction personnelle

Molly Murphy a toujours su qu'elle finirait par être ennuyée, juste comme sa mère l'avait prédit. Alors, quand elle commet un meurtre par légitime défense, elle quitte son Irlande chérie, sous la couverture d'une fausse identité, pour les rives anonymes de l'Amérique fin du XIXème siècle. Quand elle arrive à New York et voit bienvenue la promesse de liberté de la Statue de la liberté, Molly commence à respirer facilement. Mais quand un homme est tué sur Ellis Island, un homme avec qui on l'a vu se disputer avec, elle devient le principal suspect dans ce crime.

Si elle ne peut pas effacer son nom, Molly sera renvoyée en Irlande où la potence l'attend. Alors usant de son charme irlandais et son esprit vif, elle s'échappe d'Ellis Island et cherche à trouver elle même le tueur rusé. Martelant les rues notoires d'Hell's Kitchen et du Lower East Side, Molly entreprend une mission désespérée pour effacer son nom avant que son passé "mortel" revient hanter son nouveau futur.

Mon avis           http://unevaliserempliehistoires.blogspot.fr/search/label/Les%20Irreguliers%20de%20Baker%20Street  


Se retrouver sur un bateau pour rejoindre New York voilà un plan que Molly Murphy n'avait pas envisagé mais pourtant elle le sait, elle ne peut plus rejoindre son Irlande natale...Revenir pour se faire arrêter ? Qui comprendra qu'elle a agit sous le coup de la légitime défense?

Dans ce premier tome de la saga Molly Murphy Mystery, l'auteure pose les bases d'une saga qui a d'ores et déjà fait ses preuves chez nos amis les anglais, puisque ce mois-ci, le seizième tome est sortie !
Pour ma part, c'est plutôt le fruit du hasard qui m'a fait découvrir cette saga. La couverture m'a de suite sauté aux yeux et lorsque j'ai vu que c'était considéré comme du "Mystery", je n'ai pas hésité une seule seconde ! Pour celles et ceux qui ignorent encore le genre. Il s'agit le plus souvent d'enquêtes policières historiques dans lesquelles l'un des héros (généralement la femme) n'est pas policier de formation. Lady Darby d'Anna Lee HUBER (ma saga préféré) est une saga du genre mais plus connue en France, la série Lizzie Martin d'Ann GRANGER (éditions 10/18) peut entrer dans cette catégorie.

Pour revenir sur ce roman, je vous avoue que j'ai passé un agréable moment. Tous les ingrédients qui rendent une saga addictive sont présents. Cela tient principalement au fait que l'héroïne a du tempérament. Un brin casse-cou, elle tombe dans des situations improbables. Des situations qui l'amène à rencontrer le policier en charge de l'affaire, Daniel. Une rencontre qui ne se fait pas dans les meilleures circonstances mais une alchimie évidente. Je suis friande de ce genre de duo, c'est aussi en partie une des raisons qui me fait aimer le genre à l'instar, d'un thriller.
le batiment vu interieurUne collection impressionante de valisesDe plus, le pan historique est bien traité. Le début du XXe siècle est marqué par une grande vague de l'immigration aux États-Unis. L'auteure s'y intéresse avec un détail déconcertant. On fait une halte à Ellis Island où tous les immigrés devaient y passer pour une inspection.

Depuis, c'est un musée que l'on peut visiter. Lors de mon premier séjour à New York, j'y avais fait une halte. Il y a une atmosphère assez dérangeante, limite angoissante.
Le bâtiment principal sur l'île où les immigrés devaient faire une halte  (photo prise en 2010)

Rhys BOWEN joue avec les origines de l'héroïne, la communauté irlandaise est très présente à New York. Certaines us et coutumes sont abordés comme la Saint Patrick. Une certaine mafia existe avec à sa tête un homme aux influences politiques considérables qui me font dire qu'on le reverra surement dans les prochains tomes...C'est un peu le grand méchant de l'histoire. 

Le seul bémol dans Murphy's Law, ce sont les facilités qu'a pris dès le départ l'auteure pour nous conduire l'héroïne à bord du bateau ou encore pour les coïncidences qui sont grosses comme une maison. Elle a cherché à être efficace au risque de prendre quelques raccourcis. 
Ceci dit, je pense que je suis trop arrêtée sur des détails et dès que l'on fait abstraction, on se prend au jeu.

L'humour british de Rhys BOWEN n'est pas incisif mais il est présent. Comme ce n'est pas un pavé que l'on tient entre nos mains, on n'a pas le temps de s'ennuyer. Du coup, je me suis laissée séduire par l'histoire sans m'en rendre compte. C'est une belle découverte sans être pour autant un coup de coeur mais aller savoir avec la suite.
Depuis ma lecture de Murphy's Law, le tome 2 et le tome 3 sont rentrés dans ma pile à lire (PAL). On peut les trouver à des prix très attractifs alors pourquoi se priver ? J'ai du retard à rattraper quand même !


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                                          DE : Rhys BOWEN
ÉDITION : Minotaur Books (2013)
PAGES : 240
LANGUE : Anglais (pas encore traduit)
LIEUX :  Ballykillin (IRLANDE) | Liverpool (ANGLETERRE) | New York (ÉTATS-UNIS)
PERSONNAGE(S) : Molly Murphy, Daniel Sullivan...
THÈMES : Enquête | Duo | New York

10.3.16

La Tante de Russie


Résumé de l'édition

Septembre 1899. La jeune Lucie quitte sa terre lorraine pour accomplir son fabuleux destin. Ou comment une orpheline née à Saint-Dizier à la frontière de la Meuse devient, à Saint-Pétersbourg, l'intime de la plus haute aristocratie impériale, la gouvernante des filles du dernier tsar de Russie, les princesses Olga et Tatiana, et l'amante passionnée du chef des cosaques du Don. Autant d'années lumineuses juste avant le chaos, la révolte d'un peuple acculé dont elle comprend pourtant la détresse. Et ses propres drames...

http://unevaliserempliehistoires.blogspot.fr/search/label/Les%20Irreguliers%20de%20Baker%20StreetMon avis                                      


"Kak uzor na okne. Snova proshloe rydom. Kto-ro pel pesnu mne. V zimny vecher kogda-to".
Cette chanson me trotte dans la tête depuis ma lecture...Donnez moi une chapka, une bonne de paire de gants et Peter me voilà (Peter c'est le nom que je donne à Saint-Pétersbourg). L'avez-vous reconnu ? Non ? Et si je vous dis que la version française a été chantée par Hélène Segara ? Mais oui, c'est la chanson du film d'animation Anastasia ! Pourquoi, je vous bassine avec ce dessin animé et quel est le rapport avec le roman ?! Ah ah...justement.

La tante de Russie, c'est l'histoire d'une journaliste Lise qui retrouve le manuscrit de sa tante Lucie. Une tante qui va quitter sa Lorraine natale pour l'inconnu et le froid glacial de la Russie.

Pour être honnête, cette lecture avait mal commencé...A plusieurs reprises j'ai même failli abandonner. Si ma sœur ne me l'avait pas offert (et fait dédicacer), j'aurai stoppé net ma lecture.
Mon reproche tient principalement aux 50 premières pages. L'auteure commence par nous narrer l'histoire de cette journaliste. On n'entre pas tout de suite dans le vif du sujet. Ça aurait pu ne pas être dérangeant. Après tout, on ne peut pas reprocher à l'auteure de vouloir mettre en place l'intrigue et de partager la découverte par l'héroïne de ce fameux roman ; mais ce qui m'a foncièrement gêné, c'est la familiarité du personnage. J'ai eu la sensation que l'auteure considérait que la narratrice était connue du lecteur. Je ne sais pas si c'est du au fait que ce personnage soit récurant dans ses œuvres (il y a des astérisques et des références aux autres romans) mais il ne faut pas oublier que c'est peut être la première fois que l'on fait la connaissance de Lise. Du coup, j'ai eu le sentiment de m'incruster dans la vie de quelqu'un et mon intérêt a vite disparu. Je m'ennuyais littéralement et je trouvais que le nombre de pages rien que sur ce personnage était trop long ! Le titre c'était La Tante de Russie mais où était-elle?

Heureusement, il y a la page 53. On fait un bond dans le passé et on découvre Lucie Thomas. Dès lors, j'ai pu enfin découvrir le talent d'Élise FISCHER. Une partie historique très bien exploitée et il y a une atmosphère qui m'a comme hypnotisée. J'ai même regretté que La tante de Russie soit si court (surtout avec le début que je considère comme du temps perdu). J'en voulais toujours plus !

C'est le parcours de Lucie Thomas qui est ainsi raconté et quel parcours ! Cette orpheline a fait du chemin pour devenir préceptrice. A Nancy, où tout commence, elle rencontre le comte Piotr Viola Narodov. Une histoire d'amour si romantique, si grandiose et peu commune. Des moments à Nancy où je vois avec clarté le parc de la pépinière, son kiosque...
Puis, le départ tant attendu pour la Russie. Un dépaysement totalement réussi. On fait des rencontres à la Une image vivifiante du faste de l'époque se matérialise devant mes yeux. Le point de vue de cette française qui a le privilège de faire la connaissance de la petite Anastasia entre autre, de la famille tsarine...Elle partage leur intimité et partage avec nous ses craintes, ses doutes, tout en ayant après le recul de la tragédie qui va toucher la Russie.
Cour du tsar, on partage des instants.
J'ai été tellement sous le charme de cette partie que j'ai même versé une petite larme.

La tante de Russie fut au final une très bonne découverte. Je ne regrette pas d'avoir persévéré. S'il n'y avait pas eu ce début qui représente quand même 20% du livre...J'aurai pu avoir un coup de cœur ! Ce roman est la preuve qu'il faut toujours laisser une chance à un livre.


                                          DE : Elise FISCHER
ÉDITION : Presses de la Cité (2014)
PAGES : 254
LANGUE : Français
LIEUX : Paris, Saint-Dizier, Nancy (FRANCE) | Saint-Pétersbourg, Tsarkoïe Selo/Pouchkine, Yalta, Lac Orega, île de Kiji (RUSSIE), Kiev (UKRAINE)
PERSONNAGE(S) : Lucie Thomas, Comte Piotr Volia Narodov, Lise...
THÈMES : Russie | Tsar | Témoignage

29.2.16

A Study in Death (Lady Darby Mystery #4)


Résumé de l'édition

Scotland, 1831. After a tumultuous courtship complicated by three deadly inquiries, Lady Kiera Darby is thrilled to have found both an investigative partner and a fiancé in Sebastian Gage. But with her well-meaning—and very pregnant—sister planning on making their wedding the event of the season, Kiera could use a respite from the impending madness.

Commissioned to paint the portrait of Lady Drummond, Kiera is saddened when she recognizes the pain in the baroness’s eyes. Lord Drummond is a brute, and his brusque treatment of his wife forces Kiera to think of the torment caused by her own late husband.
Kiera isn’t sure how to help, but when she finds Lady Drummond prostrate on the floor, things take a fatal turn. The physician called to the house and Lord Drummond appear satisfied to rule her death natural, but Kiera is convinced that poison is the real culprit.

Now, armed only with her knowledge of the macabre and her convictions, Kiera intends to discover the truth behind the baroness’s death—no matter what, or who, stands in her way…


En français ?

Traduction personnelle

Écosse 1831. Après une cour tumultueuse compliquée par trois enquêtes de meurtre, Lady Darby est ravie d'avoir trouver à la fois un partenaire d'investigation et un fiancé en la personne de Sebastian Gage. Mais avec une soeur bien attentionnée et très enceinte qui organise le mariage comme l'événement de la saison, Kiera pourrait avoir besoin d'un sursis de cette folie menaçante.

Commissionner pour peindre le portrait de Lady Drummond, Kiera est attristée quand elle reconnaît la douleur dans les yeux de la Baronne. Lord Drummond est une brute et le traitement qu'il inflige à sa femme, force Kiera à se rappeler les tourments de son défunt mari.
Kiera n'est pas sûre de savoir comment l'aider, mais quand elle trouve Lady Drummond prostrée sur le sol, les choses prennent une tournure fatale. Le médecin appelé à la maison et Lord Drummond semblent convaincu de se prononcer pour une mort naturelle mais Kiera est convaincue que le poison est le véritable coupable.

Maintenant armée par sa connaissance sur les choses macabres et ses convictions, Kiera entend découvrir la vérité derrière la mort de la baronne, peut importe, qui ou quoi se dressera sur son chemin...

http://unevaliserempliehistoires.blogspot.com/search/label/Ecosse%202015 Mon avis           http://unevaliserempliehistoires.blogspot.fr/search/label/Les%20Irreguliers%20de%20Baker%20Street  

ATTENTION RISQUE DE REVELATIONS DANS LE RÉSUMÉ DE L’ÉDITION !

Elle savait qu'elle ne devait pas s'en mêler mais c'est plus fort qu'elle...Les signes ne trompent pas...Elle se doit d'en informer Sebastian Gage.

Au début de ce quatrième opus de la saga, c'est en temps qu'artiste que l'on retrouve la célèbre enquêtrice -bras-droit-amateur-, Kiera Darby. Sollicitée pour faire un portrait d'une baronne, elle ne s'attendait pas, un matin, à la retrouver morte. Le médecin parle d'une mort naturelle mais c'est sans compter l'instinct de la jeune femme et la réaction douteuse du mari, qui font penser à Lady Darby que cette mort est plus que suspecte...

Quel tome ! Avec A Study in Death, Anna Lee HUBER signe mon coup de cœur de la série. Depuis que j'ai découvert cette saga l'année dernière, je suis comme une folle à chaque sortie. Je suis de près l'actualité de l'auteure et je suis même membre d'un groupe mis en place par l'auteure (il y a plusieurs évènements de prévu dont un où l'on va pouvoir lui poser toutes nos questions).

Une nouvelle fois, j'ai eu cette impression de retrouver de vieilles connaissances. On cerne mieux leur caractère. On peut même anticiper les réactions de l'héroïne. Depuis le troisième tome, A Grave Matter, il y a eu une évolution conséquente entre le duo Lady Darby /Gage.
C'est un binôme qui apprend encore à se connaitre mais il y a une réelle complicité. Le charme de l'inspecteur me séduit à tous les coups - s'il existait réellement j'en serai amoureuse. L'apparition de son père, Lord Gage permet d'en apprendre davantage à son sujet mais pas seulement, cela permet aussi de voir notre couple d'un autre point de vue.

L'auteure a compris dans cette saga que même s'il s'agit de résoudre une enquête, il ne faut pas négliger l'entourage des personnages centraux. Et ici, on retrouvera bien entendu la famille de Kiera que l'on connaît depuis le premier tome. Du coup, même si résoudre une enquête est quelque chose de froid, le fait d'évoquer les proches permet de réchauffer en quelque sorte l'atmosphère. Le lecteur passe sur autre chose.

Dans ce quatrième tome, l'aspect historique est moins mis en avant mais je n'en tiens pas rigueur puisque le contexte historique est bien ancré dans mon subconscient depuis les précédents tomes. Et puis, ce n'est pas gênant dans la mesure où j'ai été totalement happée par cette enquête.
Pour moi, c'est la meilleure enquête. Je n'ai pas compris tout de suite qui était le tueur. Il y a eu des rebondissements auxquels je ne m'attendais pas. Les indices ont été distillés intelligemment. L'intrigue elle-même était bien trouvée. Anna Lee HUBER a dosé savamment ses révélations et a vraiment pensé aux petits détails.
Un personnage rencontrait dans le tome précédent refait surface. Cela apporte du poids à l'intrigue générale et je pense même qu'on sera amené à le retrouver dans d'autres tomes. Il a beaucoup de personnalité et permet de voir les bas fonds de la ville d’Édimbourg. J'ai l'intuition que la vie de Lady Darby ne sera pas aussi paisible à ce qu'elle aspire.

Avec A Study in Death, la saga Lady Darby Mystery semble prendre un nouveau virage et je suis plus qu'impatiente de découvrir ce que l'auteure réserve à ses personnages (une sortie est prévue en mai et l'autre en juillet).

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                                          DE : Anna Lee HUBER
ÉDITION : Berkley (2015)
PAGES : 323
LANGUE : Anglais (pas encore traduit)
LIEUX :  Edimbourg (ECOSSE)
PERSONNAGE(S) : Lady Kiera, Sebastian Gage, Lord Gage, Lady Drummond....
THÈMES : Enquête | Duo | Héroïne

20.2.16

The Diviners (The Diviners #1)

Résumé de l'édition

Evie O'Neill has been exiled from her boring old hometown and shipped off to the bustling streets of New York City--and she is pos-i-toot-ly thrilled. New York is the city of speakeasies, shopping, and movie palaces! Soon enough, Evie is running with glamorous Ziegfield girls and rakish pickpockets. The only catch is Evie has to live with her Uncle Will, curator of The Museum of American Folklore, Superstition, and the Occult--also known as "The Museum of the Creepy Crawlies."

When a rash of occult-based murders comes to light, Evie and her uncle are right in the thick of the investigation. And through it all, Evie has a secret: a mysterious power that could help catch the killer--if he doesn't catch her first.


En français ?

Traduction personnelle

Evie O'Neill a été contrainte de quitter sa ville natale ennuyeuse pour être expédiée dans les rues animées de New York - et elle est po-si-ti-ve-ment ravie. New York est la ville des clandestins, du shopping, et du cinéma ! Bientôt, Evie est embarquée avec les filles glamour de Ziegfield et les pickpockets. Le seul hic est qu'Evie doit vivre avec son oncle Will, conservateur du Musée du Folklore américain, de la superstition et de l'occultisme - également connu comme "Le Musée de la vermine".

Quand une série de meurtres occultes est sous les projecteurs, Evie et son oncle sont en plein cœur de l'enquête. Et à travers tout cela, Evie a un secret : un pouvoir mystérieux qui pourrait aider à attraper le tueur - s'il ne la rattrape pas en premier...


Mon avis                                    


Le tempo d’une musique jazzy, le claquement de chaussures sur le parquet. L’insouciance d’une soirée interdite. Bienvenue dans le monde de Libba BRAY ! Une fois que vous y entrez, ce n’est que la dernière page du livre qui vous arrêtera...

En mêlant, la folie de la jeunesse et le spiritisme, The Diviners embarque le lecteur dans le monde d’Evie O'Neill. Une jeune fille de 17 ans qui cache un secret : en touchant les objets, elle apprend des choses sur le propriétaire de cet objet. Don ou malédiction, ce pouvoir va lui causer quelques soucis qui vont l'amener à aller vivre chez son oncle, Will Fitzgerald. J'ai aimé le petit clin d’œil à l’auteur Francis Scott Fitzgerald. Un oncle singulier, propriétaire d’un musée à New York qui traite principalement des choses occultes et qui peut être sollicité afin d'aider sur des enquêtes. Un personnage qui m'a de suite séduite car sous cette apparence de célibataire, incapable d'être une figure paternelle, se cache un homme secret qui a du vécu.

Ce premier tome, The Diviners est un young adult à la fois divertissant et surprenant.
Deux mondes s'opposent dans l’univers que nous peint Libba BRAY. Il est à la fois coloré par les soirées, le mode de vie des années 20 et le lieu : New York, la ville qui ne dort jamais mais il est aussi sombre, avec ces meurtres, ces histoires de fantôme et cet aura apocalyptique !

Dans ce roman, l’auteure m’a surprise car même s'il y a l’insouciance de la jeunesse, il y a aussi beaucoup d’humour. L’héroïne a quelques réactions immatures et quelques tics de langage mais justement, ça nous permet de nous familiariser avec le personnage. Elle semble agir sans réfléchir aux conséquences.
De plus, on ne se contente pas de mettre en avant un personnage mais on l'entoure d'une bande avec pour certains aussi quelques dons et secrets. Seuls les lecteurs sont dans la confidence. Je pense à Sam Lloyd qui veut retrouver sa mère ; Theta qui fuit un passé et qui se cache ; à Jericho, un jeune homme qui habite chez son oncle ou encore Memphis qui a un don de guérison mais qui fait tout pour protéger son petit frère. Une équipe qui ne se rencontre pas par hasard et qui laisse présager aux lecteurs, de multiples péripéties. Des compagnons qui permettent aussi à l'héroïne de se confronter à ses défauts et à apprendre à se responsabiliser avec eux.

L'intrigue développée est saisissante. Il y a des secrets dans les secrets, quelques rebondissements et surtout, on sent bien que l'histoire n'est qu'à son début.
Libba BRAY rappelle que rien n’est parfait, un meurtrier suit des rites...La magie et les meurtres sont liés. C'est l'autre pendant de l'histoire.
Pour un Young Adult, je le trouve assez noir et j’ai eu quelques frissons que je n’aurai pas eu forcément dans un roman dit « policier ». Mêler les deux genres fonctionne parfaitement. L'histoire gagne en crédibilité tant les meurtres m'ont fait penser aux  faits divers qui ont eu lieu au temps des chasses aux sorcières ou encore des meurtres en série de sectes pratiquant la magie noire.

Un très bon tome qui pose les bases de la saga The Diviners. J'ai vraiment envie de connaitre la suite et voir si Libba BRAY arrivera à nouveau à m'hypnotiser !


::1::  ::2::

DE : Libba BRAY
ÉDITION : Little Brown Ome (2012)
PAGES : 578
LANGUE : Anglais (pas encore traduit)
LIEUX : New York, Zenith, Brethren (ÉTATS-UNIS)
PERSONNAGES : Evie O'Neill, Will Fitzgerald, Sam Lloyd, Jericho...
THÈMES : Historique | Magie | Policier

12.2.16

Suite Française


Résumé de l'édition

Écrit dans le feu de l'Histoire, Suite française dépeint presque en direct l'exode de juin 1940, qui brassa dans un désordre tragique des familles françaises de toute sorte, des plus huppées aux plus modestes. Avec bonheur, Irène Némirovsky traque les innombrables petites lâchetés et les fragiles élans de solidarité d'une population en déroute. Cocottes larguées par leur amant, grands bourgeois dégoûtés par la populace, blessés abandonnés dans des fermes engorgent les routes de France bombardées au hasard… Peu à peu l'ennemi prend possession d'un pays inerte et apeuré. Comme tant d'autres, le village de Bussy est alors contraint d'accueillir des troupes allemandes. Exacerbées par la présence de l'occupant, les tensions sociales et les frustrations des habitants se réveillent…

Roman bouleversant, intimiste, implacable, dévoilant avec une extraordinaire lucidité l'âme de chaque Français pendant l'Occupation, enrichi de notes et de la correspondance d'Irène Némirovsky, Suite française ressuscite d'une plume brillante et intuitive un pan à vif de notre mémoire.

Mon avis


N'emporter que le strict nécessaire, s'assurer que tout est en ordre. Les parisiens s’apprêtent à fuir. Fuir les Allemands qui sont aux portes de Paris.
Bien que cela soit un roman, Irène NEMIROVSKI sait de quoi elle parle, au moment, où elle couche les mots sur son carnet, c'est son quotidien qui est ainsi chamboulé.
Écrit au début des années 40, Suite Française, le nom qu'elle pensait donner à sa saga prend forme dans ses notes. Deux tomes composent alors ce livre, cinq étaient prévus mais le destin de l'auteure va en décider autrement . Elle sera déportée en 1942.

Deux livres composent donc Suite Française. Le premier, Tempête en juin, est inspiré de son exode. On fait la connaissance de familles aux différentes conditions sociales.
Il y a la famille Michaud qui émeut le lecteur. On est touché par leur simplicité, par l'amour fusionnelle de ce couple et en même temps, un amour inconditionnel pour leur fils, Jean-Marie - soldat. J'ai tellement aimé la famille Michaud, qu'un tome consacré à ce couple aurait été le bienvenu. 
A contrario, on a la famille Péricand. NEMIROVSKI met l'accent sur cette famille bourgeoise qui s'entête dans des principes académiques. La mère de famille s'indigne des libertés que peuvent prendre ses employés. Heureusement, dans ce genre de famille, il y a toujours le "vilain petit canard" et c'est Hubert qui endosse ce rôle. Un jeune homme qui veut défendre sa patrie alors qu'il n'est pas majeur. L'auteure a encore foi dans la jeunesse de son pays et le montre avec ce personnage.
Mais la richesse de ce tome est que l'auteure propose d'autres portraits aux antipodes les uns des autres comme le couple Corte qui brille par leur égoïsme ou encore Charles Langalet qui est plus attaché à ses biens qu'au reste. Une palette de personnages qui permet de comprendre tous les travers de l'exode.

Dans Tempête en juin, Irène NEMIROVSKI parle aussi de la misère et du manque de ressource dans les villes qui ne sont pas - encore occupées. Certains villages doivent assurer les vivres d'une population qui a quintuplé en moins d'un mois. La France est toujours en guerre, ce ne sont pas que les parisiens qui ont fuit mais ceux de l'Est, du Nord. Les routes parisiennes sont encombrées.
Des rencontres se font en cours de route mais l'auteure n'évoque pas nécessairement dans ce roman, la camaraderie. Le lecteur partage les côtés sordides.

Avec lucidité, l'auteure a bien conscience que tous ne choisissent pas la fuite et préfèrent affronter la venue des Allemands. C'est la seconde histoire, Dolce. Elle évoque l'impensable mais j'oserai dire – l'inévitable, les liaisons de françaises avec l'Occupant. Le lecteur connaît déjà le sort réservé à ces dernières et j'ai aimé que l'auteure ne cherche pas à donner un quelconque jugement.
Au détour d'un chemin, l'écrivaine décide de centrer son histoire sur une famille obligée d’accueillir dans leur demeure un Allemand. On y fait la connaissance de la propriétaire des lieux - Madame Angellier et de sa belle-fille, Lucile ainsi que de l'Allemand, Bruno von Falk, hébergé chez eux.
Une situation délicate qui est peinte avec justesse par l'auteur. Une certaine tension est palpable. J'ai aimé les moments entre Lucile et Bruno, car c'est d'abord leur intérêt pour des choses communes qui les rapproche. C'est l'être humain qui est mis en avant et non la nationalité des protagonistes.

Les Français observent ces montres comme la propagande les nomme mais pourtant, on a beau chercher des yeux rouges ou une fourche, force est de constater qu'en apparence, ils sont comme nous. Ils aiment rire, s'amuser. Ils achètent beaucoup et même lorsque c'est cher. Les français les supportent – certains vont se l'avouer mais d'autres préfèrent penser qu'ainsi ils les appauvrissent.
Le lecteur peut y voir une certaine ironie. On se cherche des excuses parce qu'à un moment donné, il faudra payer les conséquences. Une nouvelle fois, l'auteur arrive à capturer l'essentiel.
Il faut apprendre à vivre avec eux, même si la frustration est grandissante. Les français - les hommes doivent aussi s'habituer à une certaine humiliation. 

Suite française fut une très belle lecture. Même si cela reste une œuvre de fiction, en sachant que l'auteure l'a vécu, on lui accorde toute notre confiance. On ne doute pas des horreurs que l'auteure dépeint, ni du comportement de certains. Je n'ai pas eu de coup de cœur mais ce n'était pas loin. J'ai eu l'impression d'avoir vécu cet évènement avec les personnages.
Le roman a fait l'objet d'une adaptation (que je n'ai pas encore vu), il semblerai que ce film centre toute son intrigue sur Dolce. 

DE : Irène NEMIROVSKY
ÉDITION : folio (2015)
PAGES : 573
LANGUE : Français
LIEUX :  Paris, Orléans, Gien, Nevers, Nîmes, Tours, Bussy, Paray-le-Monial (FRANCE)
PERSONNAGE(S) : Famille Michaud, Famille Péricand, Lucile Angellier...
                                         THÈMES : Témoignage | Seconde Guerre Mondiale | Roman

5.2.16

Léon et Louise


Résumé de l'édition

Léon et Louise n'ont pas vingt ans au moment de leur rencontre dans un petit village français vers la fin de la Première Guerre mondiale. Léon, trop jeune pour partir au front, effectue son service civil en tant qu'assistant-télégraphiste à la gare. Louise assiste le maire - c'est elle qui informe les familles dont le fils est tombé au champ d'honneur. La magie du premier amour sera rapidement brisée. Lors d'une promenade à vélo, ils sont victimes d'une attaque aérienne. Blessés et soignés dans deux hôpitaux différents, ils reviennent au village chacun à leur tour. Mais le maire, jaloux de leur amour, dissimule la vérité, si bien qu'ils se tiennent l'un et l'autre pour morts...

http://unevaliserempliehistoires.blogspot.fr/2015/07/challenge-les-filles-de-mrs-bennet.htmlMon avis                               


Tout a commencé par un trajet en vélo, un simple déplacement et c'est le monde de Louise et de Léon qui est chamboulé. Ils sont jeunes, on n’est qu’à l’aube d’un amour naissant. L'histoire en apparence simple pourrait s'arrêter là mais c'est l’Histoire, celle avec un grand H qui va les rattraper. En effet, alors qu'ils rentraient d'un weekend en amoureux, un obus va tomber sur leur route et tous les deux vont se penser mort...

Avec la plume d’Alex CAPUS, le destin de Léon va prendre vie sous les yeux du lecteur. On le suit à plusieurs moments de sa vie et à chaque fois, il y a l’ombre de Louise qui nous tourmente...Tout aussi mystérieuse, la personnalité de Louise conquit le lecteur et la sagesse de Léon, les attendrit. L'histoire d'amour en apparence n'est pas ordinaire. A chaque décennie, il y a un moment clé qui fait ou pas évoluer leur relation.
Ceci dit, l'auteur fait une halte relativement longue dans les années 40. Paris est sous l'Occupation Allemande et Léon doit assumer tous les tracas de sa famille- famille qu'il a fondé avec une autre femme. Alex CAPUS évoque avec subtilité le cas de ces français qui ont travaillé  pour les Allemands en conservant leur foi patriotique. On n'est pas dans le jugement, on constate. Louise quant à elle, travaille pour l'administration française, lors de la guerre, elle doit quitter le pays pour une mission. Elle nous partage son quotidien sous forme de lettres qu'elle adresse à Léon. Une immersion historique intéressante car on apprend toujours quelque chose. 

Dans Léon et Louise, Alex CAPUS évoque ainsi comme le ferait un conteur, un destin banal mais en pointant du doigts des événements qui rend ce destin assez singulier.
Une certaine ambiance se dégage de ce roman car Léon, c’est un homme du quotidien, pas plus brillant que d’autres mais avec un vrai sens pratique. L’auteur parle dans ce roman de l'histoire de son grand père. Une histoire vraie mais avec la fantaisie et l’imagination sûrement de l’écrivain.

Il ne faut pas s’attendre à une histoire avec de l’action à en revendre mais plutôt à une histoire de famille que l'on raconte au coin d’une cheminée et qui a déjà fait sourire plusieurs générations.
L’auteur a un réel talent pour nous transporter dans son univers. En une phrase, tout est dit. La justesse des mots employés est remarquable. Il faut sûrement saluer le travail du traducteur car à ma grande surprise, j'ai appris que l'auteur écrivait en Allemand !

Avec Léon et Louise, on ne sait pas où va nous emmener Alex CAPUS mais on le suit les yeux fermés et lors du dénouement, on ne souhaite qu'une seule chose retourner au début du livre.
Un coup de cœur pour ce roman parce qu'il est imparfait, simple et honnête.

Notons que James Norton m'a inspiré pour le personnage...

                                         DE : Alex CAPUS
EDITION : Babel (2014)
PAGES : 320
LANGUE : Français (traduit par Emmanuel Güntzburger)
LIEUX : Paris, Cherbourg, Saint-Luc-sur-Cise, Caen, Tréport, Médine, Lacanaie (FRANCE) | SÉNÉGAL
PERSONNAGE(S) : Léon Le Gall, Louise Janvier..
THEMES : Amour | Famille | Société