Affichage des articles dont le libellé est LC. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est LC. Afficher tous les articles

10.8.16

La part des flammes



Mai 1897. Pendant trois jours, le Tout-Paris se presse à la plus mondaine des ventes de charité. Les regards convergent vers la charismatique duchesse d’Alençon. Au mépris du qu’en-dira-t-on, la princesse de Bavière a accordé le privilège de l’assister à Violaine de Raezal, ravissante veuve à la réputation sulfureuse, et à Constance d’Estingel, qui vient de rompre brutalement ses fiançailles. Dans un monde d’une politesse exquise qui vous assassine sur l’autel des convenances, la bonté de Sophie d’Alençon leur permettra-t-elle d’échapper au scandale ? Mues par un même désir de rédemption, ces trois rebelles verront leurs destins scellés lors de l’incendie du Bazar de la Charité.


Mon avis
« Ce roman est un classique avant même de traverser les siècles »
★ ★ ★ ★ ★

La fumée dense ne permet pas de voir à plus d'un mètre devant soi. Prises au piège, les malheureuses du Bazar de la Charité ne peuvent compter que sur leur bonne étoile.
D'après une histoire vraie, La part des flammes de Gaelle NOHANT remonte le temps et emmène le lecteur en mai 1897. Les distingués de la Capitale se presse pour cette vente de charité. Y être membre, c'est comme toucher du bout des doigts un rêve. On est reconnu et estimé. Pourtant en 1897, la tragédie va l'emporter : un feu s'y déclenche. Une partie des organisateurs et des visiteurs (la majorité des femmes) vont périr ou vont à jamais se retrouver mutilée. Avant ce roman, je n'avais jamais entendu parler de cette histoire, j'étais dans l'inconnu et dans l'attente. Un sentiment que c'était même tombé dans l'oubli. Depuis, j'ai fais quelques recherches et c'est effroyable de lire les coupures de journaux ou comme le témoigne la couverture Le Petit Journal.

Dans cette fiction de Gaelle NOHANT, c'est le destin de trois femmes que l'on découvre. Violaine de Raezal, tout juste veuve, elle est mise à l'écart par ses beaux enfants et la société. Être bénévole pour ce personnage serait l'occasion de prendre une petite revanche sur les qu'en-dira-t-on. Constance d'Estingel, impertinente et malheureuse, cherche un sens à ses aspirations. Au risque d'être à dos avec ses parents, elle rompt ses fiançailles avec le charismatique Lazlo de Nérac. L'auteure a su lui donner l'image d'un noble romantique et torturé, poète dans l'âme et aspirant à la République comme on pourrait se l'imaginer à cette époque. Sophie d'Alençon quant à elle est le seul personnage qui ait vraiment existé. Sans lui donner une personnalité qui ne concorderait pas avec ce que l'on pourrait savoir d'elle, ce personnage est mystérieux et c'est l'histoire avec un grand H qui la définit.

Durant la lecture de La part des flammes, on a l'impression d'être consumée par l'histoire, que seule la dernière page permettrait de reprendre son souffle. J'ai été de surprise en surprise car en lisant le résumé on peut se faire une certaine idée de l'intrigue. Je ne m'attendais pas à ça. L'intrigue parle en effet de l'incendie - les descriptions donnent le ton de cette tragédie mais plus que tout l'auteure traite avec justesse des conséquences de cette incendie sur nos personnages mais aussi sur la société. On y voit les excès, de ceux qui profitent de personnes affaiblies - je pense au psychiatre qui se sert de ce drame pour ces études.

Ce roman est plus qu'un roman historique, c'est un roman sur la société et la perception des gens sur un tel drame.
Au final avec La part des flammes, les 552 pages semblent peu et on regretterai presque que Gaelle NOHANT n'ait pas la plume prolixe de Victor HUGO. L'impression de tenir entre les mains, un classique avant même de traverser les siècles. Plus qu'un coup de coeur pour un roman, est-ce possible ?

J'ai partagé cette lecture avec Fanny du blog Dans le Manoir aux livres. Je vous invite à retrouver son avis et la grande question : A-t-elle elle aussi était piégée par ce roman ?


 

DE : Gaelle NOHANT
ÉDITION : Livre de poche (2016)
PAGES : 552
LANGUE : Français
FORMAT : Poche
ISBN : 2253087432
  Une fiction basée sur une histoire vraie...

THE GIRL WHO CAME HOME
★ ★ ★ ★
THE END OF INNOCENCE
★ ★ ★ ★
LE DAHLIA NOIR
★ ★ ★ ★
[+


20.2.16

The Diviners (The Diviners #1)

Résumé de l'édition

Evie O'Neill has been exiled from her boring old hometown and shipped off to the bustling streets of New York City--and she is pos-i-toot-ly thrilled. New York is the city of speakeasies, shopping, and movie palaces! Soon enough, Evie is running with glamorous Ziegfield girls and rakish pickpockets. The only catch is Evie has to live with her Uncle Will, curator of The Museum of American Folklore, Superstition, and the Occult--also known as "The Museum of the Creepy Crawlies."

When a rash of occult-based murders comes to light, Evie and her uncle are right in the thick of the investigation. And through it all, Evie has a secret: a mysterious power that could help catch the killer--if he doesn't catch her first.


En français ?

Traduction personnelle

Evie O'Neill a été contrainte de quitter sa ville natale ennuyeuse pour être expédiée dans les rues animées de New York - et elle est po-si-ti-ve-ment ravie. New York est la ville des clandestins, du shopping, et du cinéma ! Bientôt, Evie est embarquée avec les filles glamour de Ziegfield et les pickpockets. Le seul hic est qu'Evie doit vivre avec son oncle Will, conservateur du Musée du Folklore américain, de la superstition et de l'occultisme - également connu comme "Le Musée de la vermine".

Quand une série de meurtres occultes est sous les projecteurs, Evie et son oncle sont en plein cœur de l'enquête. Et à travers tout cela, Evie a un secret : un pouvoir mystérieux qui pourrait aider à attraper le tueur - s'il ne la rattrape pas en premier...


Mon avis                                    


Le tempo d’une musique jazzy, le claquement de chaussures sur le parquet. L’insouciance d’une soirée interdite. Bienvenue dans le monde de Libba BRAY ! Une fois que vous y entrez, ce n’est que la dernière page du livre qui vous arrêtera...

En mêlant, la folie de la jeunesse et le spiritisme, The Diviners embarque le lecteur dans le monde d’Evie O'Neill. Une jeune fille de 17 ans qui cache un secret : en touchant les objets, elle apprend des choses sur le propriétaire de cet objet. Don ou malédiction, ce pouvoir va lui causer quelques soucis qui vont l'amener à aller vivre chez son oncle, Will Fitzgerald. J'ai aimé le petit clin d’œil à l’auteur Francis Scott Fitzgerald. Un oncle singulier, propriétaire d’un musée à New York qui traite principalement des choses occultes et qui peut être sollicité afin d'aider sur des enquêtes. Un personnage qui m'a de suite séduite car sous cette apparence de célibataire, incapable d'être une figure paternelle, se cache un homme secret qui a du vécu.

Ce premier tome, The Diviners est un young adult à la fois divertissant et surprenant.
Deux mondes s'opposent dans l’univers que nous peint Libba BRAY. Il est à la fois coloré par les soirées, le mode de vie des années 20 et le lieu : New York, la ville qui ne dort jamais mais il est aussi sombre, avec ces meurtres, ces histoires de fantôme et cet aura apocalyptique !

Dans ce roman, l’auteure m’a surprise car même s'il y a l’insouciance de la jeunesse, il y a aussi beaucoup d’humour. L’héroïne a quelques réactions immatures et quelques tics de langage mais justement, ça nous permet de nous familiariser avec le personnage. Elle semble agir sans réfléchir aux conséquences.
De plus, on ne se contente pas de mettre en avant un personnage mais on l'entoure d'une bande avec pour certains aussi quelques dons et secrets. Seuls les lecteurs sont dans la confidence. Je pense à Sam Lloyd qui veut retrouver sa mère ; Theta qui fuit un passé et qui se cache ; à Jericho, un jeune homme qui habite chez son oncle ou encore Memphis qui a un don de guérison mais qui fait tout pour protéger son petit frère. Une équipe qui ne se rencontre pas par hasard et qui laisse présager aux lecteurs, de multiples péripéties. Des compagnons qui permettent aussi à l'héroïne de se confronter à ses défauts et à apprendre à se responsabiliser avec eux.

L'intrigue développée est saisissante. Il y a des secrets dans les secrets, quelques rebondissements et surtout, on sent bien que l'histoire n'est qu'à son début.
Libba BRAY rappelle que rien n’est parfait, un meurtrier suit des rites...La magie et les meurtres sont liés. C'est l'autre pendant de l'histoire.
Pour un Young Adult, je le trouve assez noir et j’ai eu quelques frissons que je n’aurai pas eu forcément dans un roman dit « policier ». Mêler les deux genres fonctionne parfaitement. L'histoire gagne en crédibilité tant les meurtres m'ont fait penser aux  faits divers qui ont eu lieu au temps des chasses aux sorcières ou encore des meurtres en série de sectes pratiquant la magie noire.

Un très bon tome qui pose les bases de la saga The Diviners. J'ai vraiment envie de connaitre la suite et voir si Libba BRAY arrivera à nouveau à m'hypnotiser !


::1::  ::2::

DE : Libba BRAY
ÉDITION : Little Brown Ome (2012)
PAGES : 578
LANGUE : Anglais (pas encore traduit)
LIEUX : New York, Zenith, Brethren (ÉTATS-UNIS)
PERSONNAGES : Evie O'Neill, Will Fitzgerald, Sam Lloyd, Jericho...
THÈMES : Historique | Magie | Policier

15.12.15

Pride & Prejudice


Résumé de l'édition

When Elizabeth Bennet meets Mr. Darcy she is repelled by his overbearing pride, and prejudice towards her family. But the Bennet girls are in need of financial security in the shape of husbands, so when Darcy's friend, the affable Mr. Bingley, forms an attachment to Jane, Darcy becomes increasingly hard to avoid. Polite society will be turned upside down in this witty drama of friendship, rivalry, and love—Jane Austen's classic romance novel.

En français ?

Traduction personnelle

Quand Elizabeth Bennet rencontre Mr. Darcy, elle est repoussée par son orgueil apparent (dominant), et le préjugé qu'il a, à l'encontre de sa famille. Mais les filles Bennet ont besoin de la sécurité financière qu'elles trouveront chez leurs maris, aussi quand l'ami de Darcy, l'affable Mr. Bingley, forme un attachement pour Jane, Darcy devient de plus en plus difficile à éviter. La société polie sera renversée dans ce drame plein d'esprit, d'amitié, de rivalité et d'amour.

Mon avis                                                      

Il y a des instants que l'on voudrait capturer pour pouvoir les redécouvrir, les revivre ne serait-ce qu'un court moment. Pride & Prejudice ou Orgueil et Préjugés (en français) est de ces romans qui vous donne cette impression. Tous les personnages vous semblent familier et les retrouver une nouvelle fois, vous rend nostalgique.

J'ai un attachement particulier pour les œuvres de Jane AUSTEN, il m'est très difficile de trouver des défauts (sauf peut être pour Mansfield Park...) et lorsque Elodie du blog Petits Bonheurs et Grandes Lectures a proposé une lecture commune entre les participantes du challenge, je n'ai pas hésité une seule seconde.

Le speech de départ est assez classique pour l'époque. Elizabeth et ses sœurs vivent paisiblement dans leur maison de campagne. La mère, en bonne marâtre cherche à tout prix à faire épouser ses filles de beaux partis. Lorsqu'un nouveau voisin arrive et qu'il s'avère qu'il soit assez fortuné, Mrs. Bennet n'hésite pas une seule seconde à tout faire pour le rencontrer. Le nouvel arrivant est Mr. Bingley. Il est jeune et beau mais plus que tout célibataire. N'étant pas venu seul, les sœurs Bennet vont découvrir que dans l'entourage du bel homme, il y a un certain Mr. Darcy, que tout le monde connaît mais pas forcément pour les bonnes raisons. C'est ici, qu'il y a une réelle originalité avec les histoires de l'époque et qui feront la marque de fabrique de l'auteure. Jane AUSTEN n'a que faire du prince charmant bien sous tout rapport, son héros a du caractère et peut importe au fond s'il peut blesser la vanité des demoiselles. Celui-ci, n'a de cesse de juger rapidement ce qu'il semble considérer comme « le bas monde » et il donne une impression de suffisance.

Jane AUSTEN est maîtresse dans l'art de vous raconter une histoire qui semble compromise sur tous les points, en une histoire d'amour qui traverse les décennies, que dis-je les siècles.
Elle peint le portait de la société anglaise avec un soucis de vérité même si c'est pour la tourner en dérision.
On retrouve la mère prête à tout pour marier ses filles, les nobles anglais qui dénigrent la classe populaire dont est issue la famille Bennet entre autre. Mais plus que tout, pour l'époque, elle arrive par les traits de Mr. Collins par exemple, à évoquer cette volonté de l'ascension sociale ; par ceux de Charlotte, la peur de se retrouver seule lorsque l'on a dépassé un certain âge mais aussi par ceux d'Elizabeth Bennet, une volonté d'indépendance de la femme à toute épreuve.

Écrit durant une période trouble de l'Angleterre – le pays est en guerre - ce roman laisse une emprunte du contexte en y intégrant de jeunes soldats mais aussi en évoquant les habitudes de ceux-ci où certains ont des mœurs contestables. Jane AUSTEN étant contemporaine à cette période, c'est presque comme si elle y insérait une page de son journal. On n'est pas sans ignorer qu'un de ses frères était dans la marine anglaise.
On y découvre les habitudes des anglais de l'époque et la scène de bal devient un indispensable des romans de Jane AUSTEN. C'est souvent à cette occasion que l'on rencontre du monde et que les langues se délient. Les codes sont importants et un geste ou une parole peut vous bannir de la société anglaise.

Pride & Prejudice offre avec cette lecture une idée de la régence anglaise, tout en dénonçant quelques pratiques, us que l'auteure trouvait désuète. L'humour étant l'arme de l'auteure, on se surprend à attendre les joutes oratoires entre les personnages. Les situations complexes dans lesquelles, elle aime faire tomber les protagonistes, semblent perdues d'avance mais c'est sous-estimer le génie de Miss Austen. Il y a toujours une part de surprise même si l'on peut aisément imaginer la fin.

Cette relecture m'a permis de redécouvrir ce roman que je pensais connaître sous le bout des doigts et finalement, ce n'était pas le cas. Peut être est-ce du au fait que je l'ai lu en anglais ? Toujours est-il qu'en le refermant, j'ai eu envie de le recommencer...

                                          DE : Jane AUSTEN
EDITION : Vintage (2014)
PAGES : 443
LANGUE : Anglais (a été traduit)
LIEUX :  Longbourn, Meryton, Netherfield, Hunsford, Lambton, Hertfordshire, Londres (ANGLETERRE)
PERSONNAGE(S) : Elizabeth Bennet, Jane Bennet, Darcy, Bingley...
THEMES : Régence anglaise | Bal | Romantique

8.5.15

Alan Turing, l'énigme

DE : Andrew HODGES
EDITION : Michel Lafon (2014)
PAGES : 700
LANGUE : Français
LIEUX : ANGLETERRE | ETATS-UNIS
PERSONNAGE(S) : /
THEMES : Biographie | Seconde Guerre Mondiale | Mathématicien
RÉSUMÉ DE L’ÉDITION

Génie de l’informatique et héros de la Seconde Guerre mondiale, Alan Turing est célèbre pour avoir décrypté les communications codées de l’armée allemande en venant à bout d’Enigma, la machine de chiffrement utilisée par les nazis, réputée inviolable. 

MON AVIS                                                                                        HAPPY V-E DAY !

UN MESSAGE "SECRET" S'EST GLISSÉ DANS L'AVIS !
       Après le succès de Imitation Game, le nom d'Alan Turing ne devrait pas vous êtes inconnu. Grand mathématicien, il est celui qui va inventer l'ordinateur maisCsurtout permettre de décrypter les codes Allemands de la machine Enigma... Décryptage qui permettra en partie le succès du débarquement enONormandie et tout simplement au succès du second conflit mondial.
Ça, c'est ce que vous savez depuis le film (ou par la presse) mais soyons honnête, peu de gens voir personne ne savaient qui il était avant ! Moi, la première je l'aiNdécouvert grâceCà la bande d'annonce du film !

N'étant pas crédule au pointOde croire qu'il ressemblait à Benedict Cumberbatch (Sherlock de la BBC pour les intimes), ma curiosité m'a poussé àUmettre la biographie d'Andrew Hodges dansRma wishlist.S
Malgré cette envie irrépréhensible de le lire ; le format, le1nombre de pages (700) et le genre (une biographie) m'ont très vite découragé !
L'occasion de le lire s'est présentée lorsque Kincaid m'a proposé une lecture commune. J'aiEcommencé la lecture de cette biographie autour du 20 avril...pour ne l'a finirRque le 1er mai avec une seule envie : le jeter par la fenêtre ou pire le brûler ! Pourquoi, j'en suis venu à cette extrémité ?! Remontons un peu dans le temps...bon, pas à ma naissance...mais revenons, à la lecture de cette biographie...

Dès leJdépart, Andrew HODGES pose les traitsUde la personnalité d'Alan Turing. JeuneIgarçon issu de la classe bourgeoise anglaise, il grandit en pension, le procheLqu'il voit le plus estLson grand frère. Même s'il entretient des correspondances avec sesEparents, ils ne les voient pas et pour cause, ils sont en Inde ! Tout au longTde ses études, il est en décalage avec ce que ses professeurs lui demandent et le travail qu'il fournit.
C'est un génie qui n'arrive pas à2trouver sa place. Il est0en marge de la société élitiste de son université. Sur le coup, j'ai pensé à un1passage de This of Paradise de Francis Scott FITEGERALD. L'auteur5parle d'Amaury Blaine, son personnage principal.

He was resentful against all those in authority over him, and this, combined with a lazy indifference toward his work, exasperated every master in school. He grew discouraged and imagined himself a pariah; took to sulking in corners and reading after lights. With a dread of being alone he attached a few friends, [but since they were not among the elite of the school, he used them simply as mirrors of himself, audiences before which he might do that posing absolutely essential to him]. He was unbearably lonely, desperately unhappy.” 

"Il était plein de ressentiment contre tous ceux qui avaient de l'autorité sur lui, et ceci, était combiné avec une indifférence paresseuse envers son travail, qui a exaspéré chaque maître à l'école. Il a grandi, découragé et s'imaginant lui même un paria; pris à bouder dans les coins et lire à l'extinction des feux. Avec la crainte d'être seul il s'était attaché à quelques amis, [...] Il était (insupportablement) solitaire, désespérément malheureux".

C'est une personne à l'esprit torturé et un grand solitaire qui ne cache pas son orientation sexuelle ...malgré le fait qu'à son époque, c'était un sujet très controversé, même un délit ! Cette biographie d'Andrew HODGES permet aussi de saisir l'enjeu et les conséquences d'un tel aveu dans le quotidien d'Alan Turing. C'est un homme qui est sur le devant de la scène à la fin des années 40, un homme qui dérange par sa manière de vivre...Comme il ne veut pas être comme tout le monde, il doit cacher quelque chose.
Indéniablement,  le point positif de cette biographie est qu'il n'y a pas de tabou sur le "Qui est Alan Turing ?" Tous les aspects négatifs de la personne : son irritabilité, son individualisme sont contrebalancés par des aspects positifs, un humour à couper au couteau, un être blessé qui a su rebondir. Ça permet dans une certaine mesure de comprendre la fin « tragique » du personnage à la personnalité aussi singulière que la sienne.

Malheureusement, dans cette biographie, je vous résume à peu de choses ce que l'on sait sur sa vie personnelle (j'ai quand même omis certaines révélations pour ne pas vous décourager...). Pour le reste, ce ne sont que de longs exposés sur des théories mathématiciennes à vous arracher les cheveux ! Curieuse de nature, ce n'était pas un aspect qui me dérangeait au début de ma lecture mais
après 700 pages et 500 sur des théories - les plus alambiqués les unes aux autres, j'ai totalement décroché !
J'étais à deux doigts de me remettre en question...même les notions les plus élémentaires en mathématiques ne suffisaient pas ! Cette lecture est devenue assez excluante et parlera plus à des personnes qui évoluent dans le milieu (ingénieurs et co.) ou de grands amoureux du film qui veulent prolonger la magie en allant jusqu'à apprécier ces théories !

Avec un livre aussi volumineux, je m'attendais à plus d'anecdotes. Ça n'a pas été le cas mais on ne peut pas enlever non plus le travail important qu'a du entreprendre d'Andrew HODGES pour faire cette biographie. La révélation sur le décryptage d'Enigma n'a été publique qu'une cinquantaine d'années après !

Est ce que Kincaid a été convaincue par cette lecture ? Bientôt son avis sur cette lecture.

- - - - - - - L E   F I L M - - - - - - -
Pour ne pas rester sur une petite déception, j'ai quand même regardé le film ! Je ne vais pas jusqu'à dire que j'ai adoré le film au point de m'acheter d'autres livres sur Turing mais pendant 1h40, je n'ai pas vu le temps passer. Je l'aurai d'autant plus apprécier si je n'avais pas repéré pour le coup le côté trop scénarisé du film ! En effet, sur la couverture de la biographie d'Andrew HODGES, il était dit que le film s'en était inspiré...Inspiré c'est le mot car vous savez avec Hollywood, même si la vie d'Alan Turing était digne d'un bon scénario, apparemment pour les scénaristes, ce n'était pas assez : certaines tensions entre les collaborateurs ont été inventées ou au moins exagérées ! On peut prendre des libertés quand l'histoire est romancée, quand c'est une histoire vraie, je suis un peu plus gênée...
Dans le film, on a été jusqu'à intégrer un personnage qui a existé mais qui n'a jamais collaboré avec eux ! J'ai eu l'impression qu'il fallait en remettre une couche !
Mais bon, comme le film ne parle pas en long et en large de théories mathématiciennes, qu'ils ont bien vulgariser le travail de Turing, j'ai passé un agréable moment !
Imitation Game (2014) de Morten Tyldium |
 © Melleaurel